Rodolphe Constant Maximin Salis, né le à Châtellerault (Vienne)Acte de naissance en date du . et mort le à Naintré (Vienne), est un cabaretier français.
Il est le créateur, animateur, et propriétaire du célèbre cabaret parisien Le Chat noir.
Biographie
Fils d'un limonadier de Châtellerault, Rodolphe Salis, arrivé à Paris en 1872 à la sortie du régiment, s'installe au Quartier latin, à l'hôtel de Rome, rue de Seine. Il fonde « l'école vibrante ou iriso-subversive de ChicagoThéâtre populaire de Châtellerault : Autour du Chat noir. », pour donner de l'importance à son groupe artistique et surtout pour inspirer confiance aux éditeurs d'imageries religieuses. Il fabriquait en effet, pour vivre, des chemins de croix et autres objets de piété qu'il peignait en série avec des amis.
vignette|gauche|Portrait de Rodolphe Salis.
Pour associer l'art et le débit de boisson, il a l'idée de créer un café . En 1883, il réalise un dessin, intitulé Des discours ?, pour illustrer la pièce, Le Rêve d'un Viveur, de Jean-Louis Dubut de Laforest, il est publié dans le recueil de la pièce..
Le , en grande pompe, Salis déménage du 84, boulevard Rochechouart pour emménager dans le nouveau local situé au 12, rue Laval (aujourd'hui Victor-Massé) et y installe son second cabaret Le Chat noir, animé par Pere Romeu., dans les locaux du peintre Alfred Stevens, où sont jouées des pièces pour un théâtre d'ombres imaginé par Henri RivièreBlandine Bouret, « Mémoires des lieux. Les ateliers du bas-Montmartre. II : autour de la place Pigalle », La Gazette de l'Hôtel Drouot, , 2001, ..
Cette migration a été décrite dans diverses revues d'époque. On y pouvait lire que le portrait du gentilhomme des Grisons par La Gandara était porté en triomphe au milieu des hallebardiers.. La Gandara fit les portraits charges de la plupart des chansonniers du Chat Noir (Goudeau, Rivière, Salavy, Somm, Moréas, Willette, Jouy, Baroy, Croes…). On retrouve ces dessins dans le livre d'or du cabaret conservé à la Bibliothèque historique de la ville de Paris.
Salis avait rencontré quelque temps auparavant Émile Goudeau, qu'il avait convaincu de transférer dans son établissement ses Hydropathes, lesquels se réunissaient jusqu'alors sur la rive gauche. Très rapidement, les poètes et les chansonniers qui se produisent au Chat noir attirent la meilleure clientèle de Paris. On y vient avant tout pour les reparties spirituelles, qui fusent souvent aux dépens des clients, interpellés d'un ou d'un à un nouveau client visiblement accompagné de sa femme. Un soir, le futur roi Édouard VII y est apostrophé en ces termes :
Tous les vendredis, un déjeuner est l'occasion de préparer les spectacles et la revue humoristique. D'une pingrerie légendaireJournal Le Châtelleraudais, décembre 20O7., Rodolphe Salis trouve toutes les excuses du monde pour ne pas payer son personnel, ses fournisseurs et ses artistes. Le succès aidant, il demande même à être payé par ceux qu'il accueille au Chat noir. Mais son bagout, son sens de l'organisation, sa personnalité exceptionnelle attirent dans son établissements les artistes de toute sorte et un public toujours plus nombreux. Il a l'idée de jouer de la musique dans son cabaret en y installant un piano (Jean-Pierre Thiollet, « Hommage à Salis le Grand »), in 88 notes pour piano solo, Neva Éditions, 2015, ., innovation alors interdite, ce qui lui permet de prendre l'avantage sur la concurrence et surtout de provoquer la naissance de la chanson de cabaret.
vignette|Portrait de Rodolphe Salis, par Antonio de La Gandara.
, écrit Laurent Tailhade,
Dans les années 1890, il se lance dans des tournées dans toute la France, louant les théâtres et établissements où il se produit, encaissant toutes les recettes et refusant souvent, sous divers prétextes, de payer le prix de la location de la salle.
Il est inhumé au cimetière Saint-Jacques de ChâtelleraultTombe de Rodolphe Salis (2018)..
Publications Les Contes du Chat Noir, Paris, La Librairie illustrée.
Hommages
Dans le département de la Vienne, plusieurs rues portent son nom (à Châtellerault, Naintré et Marigny-Brizay).
Au 68, boulevard de Clichy à Paris est posée une plaque mentionnant :
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Edmond Deschaumes, « Le Cabaret du Chat noir », Revue encyclopédique, 1897. Anne de Bercy, Armand Ziwès, À Montmartre… le soir, Grasset, 1951. Mariel Oberthür, Musée d'Orsay, Le Chat noir, 1881-1897 : exposition présentée au Musée d'Orsay du au , Réunion des musées nationaux, 1992. Mariel Oberthür, Le cabaret du Chat Noir à Montmartre (1881-1897), Genève, éditions Slatkine, 2007, Laurent Tailhade, Petits Mémoires de la vie, éd. BiblioBazaar, 2008.
Liens externes
Espace Cabaret du Chat Noir au Grand Atelier à Châtellerault. Philippe Autrive, « Rodolphe Salis » sur lafertealais.com.
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