John Liptrot Hatton, né le – mort le , est un compositeur, chef d'orchestre, pianiste, accompagnateur et chanteur britanniqueVoir 'John Liptrot Hatton', Musical Times 50 (1909), ..

Début de carrière Hatton naît à Liverpool au sein d'une famille musicienne où son père et son grand-père sont violonistes. Bien que largement autodidacte en tant que musicien, il devient l'élève de Michael Maybrick (oncle du chanteur et compositeur Stephen Adams), lui-même professeur du père de , et étudie à l'académie d'un certain M. Molyneux. À l'âge de 16 ans il est organiste aux églises de et Childwall et à l'église catholique de Liverpool. (lors d'une audition pour Woolton, il joue une chanson des rues intitulée All round my Hat, faisant allusion à son propre nom William Smart, Musical Memories (Sonnenschein, London 1888) (réimprimé par Cambridge University Press 2013), XVIII: John Liphot Hatton, . Ce livre est à l'origine de l'erreur d'écriture du nom « Liptrot »). Un homme aux multiples talents et doté de beaucoup d'humour assiste aux auditions et le fait connaître sur la scène artistique de Liverpool C. Santley, Student and Singer: The Reminiscences of Charles Santley (Edward Arnold, Londres 1892), .. Hatton se rend par la suite à Londres en tant que membre de la compagnie de Macready au théâtre de Drury Lane, où il paraît dans une distribution emmenée par Macready et Kean dans Othello de Shakespeare en J.A. Fuller Maitland, 'Hatton, John Liptrot', dans L. Stephen et S. Lee (éds.), Dictionary of National Biography vol. 25 (Elder Smith & Co., Londres 1891), .. Santley rapporte que Hatton tient le rôle de Joe Blueskin (qui chante Jolly Nose) dans la pièce Jack Sheppard lorsqu'elle est montée de façon indépendante au Liver Theatre (le Little Liver) à Liverpool, en même temps que la production à Londres (en 1839) dans laquelle tient le même rôle : Hatton remporte un tel succès que la production de Londres disparaît quand il vient à LiverpoolSantley, Student and Singer, .. À la même époque, il se fait connaître comme musicien : en 1835 Thomas Attwood écrit à Mendelssohn :

Le compositeur à Londres et Vienne Durant la saison d'hiver 1842 à 1843, il dirige les chœurs de la série de l'opéra anglais au Théâtre Royal, Drury Lane et en sa première opérette, Queen of the Thames, ou The Anglers (livret d'Edward Fitzball), est représentée 6 fois avec succès. Cette opérette contient le madrigal The merry bridal bells interprété par Miss Romer, M. H Phillips et M. AllenPublié par D'Almaine & Co, London 1843, voir worldcat.. , l'éminent basse allemand est membre de la compagnie : sur sa suggestion, Hatton écrit une œuvre plus ambitieuse, Pascal Bruno , encore une fois sur un texte de Fitzball. Hatton et Staudigl la présentent à Vienne en avec Staudigl dans le rôle principal. L’œuvre reçoit un accueil mitigé et n'est pas présentée à Londres mais la chanson Revenge – seule partie publiée – est rendue très populaire en Angleterre par Staudigl. Fitzball, constatant que son texte a été présenté en allemand sans son consentement, (l'affiche nommant « Herr Fixball » comme l'auteur anglais), est obligé d'accepter la situation mais il semble que cet incident met fin à son association avec HattonE. Fitzball, Thirty-Five Years of a Dramatic Author's Life, 2 vols (T Newby, London 1859), II, 159–60.. Cependant, Vienne admire le jeu de piano de Hatton, en particulier les fugues de J.S. Bach qu'il joue de mémoire. Tandis qu'il est à Vienne, il saisit l'occasion d'étudier le contrepoint auprès de Sechter.

Peu de temps après, il compose un certain nombre de chansons sur le modèle du style des classiques allemands, dont dix-huit chansons sur des textes de Thomas Oliphant, qui a commandé les chansons, avec traductions en allemand. Oliphant est collectionneur de musique et entre 1840 et 1849, il recense les manuscrits et imprime les collections de musique du British Museum. Il est « sans égal comme collectionneur de madrigaux de peu d'importance » et ses collections personnelles sont dispersées après sa mort en 1873 en près de 600 lotsAlec Hyatt King, Some British Collectors of Music, c. 1600–1960 (Cambridge University Press 1963), passim .. Les chansons de Hatton recueillies par Oliphant sont publiées en Angleterre sous le pseudonyme « P.B. Czapek » (allusion au mot hongrois Hat (chapeau) pour « Hatton »), et deviennent la propriété d'Oliphant comme le deviennent d'autres droits d'auteur de HattonFuller-Maitland, 'Hatton, John Liptrot', Old D.N.B. Simpson, A Century of Ballads, .. Parmi les arrangements de Hatton pour Oliphant figurent Streamlet gently flowing, Autumn reflections, The goldsmith's daughter et My days have been so wondrous free.

En 1846, il chante au festival de Hereford et interprète également un concerto pour piano de Mozart. À peu près à cette époque, il entreprend des tournées de concert avec Sivori, Vieuxtemps et autres, concerts durant lesquels il est à la fois accompagnateur et pianiste solo. Il donne également des divertissements mono-dramatiques comme dans cette description d'un concert dans les Assembly Rooms à Peckham en :

Bien que différent en cela – à cette occasion –, Hatton n'a pas interprété beaucoup de ses propres compositions, ce style de divertissement avec discours, chansons et un clavier avec accessoires avait été mis au point par Charles Dibdin plus de cinquante ans auparavant dans son Entertainments Sans SouciG. Hogarth (Ed.), The Songs of Charles Dibdin, Chronologically Arranged, with Notes Historical, Biographical and Critical, with a Memoir of the Author, 2 vols. (G.H. Davidson, London 1842, 1848), vol 1, . : Hatton était certainement bien conscient de l'exemple de Dibdin.

Première tournée américaine De 1848 à 1850, Hatton est en Amérique et en 1848, donne plusieurs concerts publics et privés à New York. Le par exemple, au Apollo Theatre, il interprète ses propres chansons comiques ainsi que des œuvres de Haendel, Field et Alessandro Scarlatti. À Pittsburgh en Pennsylvanie cette même année, il partage la scène avec Stephen Foster. « Les critiques (américains) contemporains déplorent l'incapacité du public à apprécier son grand art ». Il flatte le public à l'occasion : à Boston, où il est devenu membre de la Handel and Haydn Society, il interprète des fugues de Bach et un concerto pour piano de Mendelssohn mais chante aussi Christmas Sleigh Ride en jouant du piano et agitant des grelots de traîneau, tout cela au grand amusement de la fouleVera Brodsky Lawrence, Strong on Music: The New York Music Scene in the Days of George Templeton Strong (1995), .. Il est dit que le lendemain il devait diriger une représentation de l'oratorio Elias de Mendelssohn (créé en 1846) au cours de laquelle, le baryton étant indisposé, Hatton dans les numéros correspondants se tourna vers le public à partir de la tribune du chef d'orchestre et a lui-même chanté le rôle-titreB. Levison and F. Farrer, Classical Music's Strangest Concerts and Characters: Extraordinary But True Tales of Harmony and Discord (Anova Books, 2007), ..

Auteur-compositeur et accompagnateur Hatton compose à cette époque différentes chansons sur des poèmes de Robert Herrick (dont son fameux To Anthea), Ben Jonson et Charles Sedley qui sont publiées jusqu'en 1850J.L. Hatton, Songs and Poems by Herrick, Ben Jonson and Sedley (Brewer & Co., London 1850). Read at Hathi Trust. Les autres deviennent la propriété de Thomas OliphantE.g. Fair Daffodils, we weep to see (R. Addison & Co., London 1848).. Dans sa préface du mois d', Hatton dit qu'elles ont été écrites

C'est aussi durant les années 1840 qu'il écrit Simon the Cellarer (qu'il vend à Oliphant pour un billet de ). Cette pièce est incorporée dans l'opéra Diamond cut diamond de Henri Drayton en 1859 Brian C. Thompson, 'Henri Drayton, English opera and Anglo-American relations, 1850–72', Journal of the Royal Musical Association 136 , à .. Charles Santley, qui soutient To Anthea et Simon the Cellarer et les chante avec Hatton à l'accompagnementSimpson, A Century of Ballads, ., vit assez longtemps pour les enregistrer deux fois au début du , ce qui préserve la mémoire de son association avec le compositeurSantley les enregistre une première fois en 1904 pour la Gramophone and Typewriter Company (10-inch G & Ts, To Anthea 2-2864 et Simon the Cellarer 2-2862), voir John R. Bennett, Voices of the Past, A Catalogue of Vocal Recordings from the English Catalogues of The Gramophone Company (etc) (Oakwood Press, 1955), et ensuite pour la Columbia Records..

Hatton est un des grands accompagnateurs de son temps et durant les années 1850, il effectue des tournées en compagnie de Mario et Grisi W. Smart, Musical Memories, . et Sims Reeves. Pour Mario il compose sa fameuse chanson Good-night, sweetheart, good-night, l'instruisant dans la prononciation des mots et le formant à la musique avant qu'elle soit déposée sur manuscritW. Smart, Musical Memories, .. C'est cette chanson et Com'è gentil extrait de Don Pasquale, qui deviennent les deux chansons favorites les plus associées avec Mario. Hatton entreprend une tournée avec Reeves en 1850 avant de retourner brièvement en AmériqueFuller Maitland, 'Hatton, John Liptrot', Old D.N.B. et se produit à Dublin, Belfast et Manchester en sa compagnie en 1853, tournée à l'occasion de laquelle, à Dublin, Reeves chante Good-night, sweetheart pour la première foisC.E. Pearce, Sims Reeves, Fifty Years of Music in England (Stanley Paul & Co, Londres 1924), .. Mario la chante de façon suave et avec un accent italien, de manière à briser les cœurs ; Reeves la rend vigoureuse et émouvanteSmart, Musical Memories, ..

Reeves, en raison de l'apparence de Hatton avec le haut du crâne chauve et des franges autour, l'appelle « Le Sultan ». Hatton a l'habitude d'interpréter une chanson comique, The little fat man, censée être une saynète sur lui-mêmeSimpson, A Century of Ballads, .. Quand, par exemple, il l'a chante devant la « Leeds Rational Recreation Society » en , il interprète également La ci darem la mano avec D'Anteny, donne sa propre chanson Day and Night et termine avec O ruddier than the cherry de Haendel, (extrait dAcis and Galatea). La « Leeds Madrigal and Motet Society » interprète son Sailors Beware!D. Russell, Popular Music in England 1840–1914: A Social History (Manchester University Press 1997), .. Hatton a toujours été très varié dans ses activités. En 1856, sa cantate profane Robin Hood sur un texte de George Linley, est donnée au festival de BradfordJ. L. Hatton and G. Linley, Robin Hood, A Cantata (Metzler & Co., London 1879). Lire ici en IMSLP. Malgré la collaboration tardive de Hatton avec John Oxenford sur des opéras-ballades, elle ne doit pas être confondue avec l'opéra Robin Hood de George Alexander Macfarren sur un livret d'Oxenford, produit au cours des années 1860..