Le Petit traité de l'antiquité et singularités de Bretagne Armorique est une œuvre écrite par Roch Le Baillif au . Le titre complet est Petit traité de l'antiquité et singularités de Bretagne Armorique. En laquelle se trouve bains curons la Lepre, Podagre, Hydropisie, Paralisie, Ulcères et autres maladies....
Historique
Il est paru en 1577. Ce traité fait partie du Démostérion mais se trouve séparé du reste par un titre particulier qui occupe la page 161books.google.fr. La dernière ligne du volume porte : .
C'est à Rennes que Le Baillif rédige cet opuscule, et c'est de là aussi qu'il entreprend la publication d'une série d'ouvrages, qui lui vaudront les censures de la Faculté de médecine. Il se crée des amitiés dans la ville : le sieur de Rengerard, et le sieur de la Monneraye RiautLorsqu'on procède en juin 1601 au prisage et à la répartition des terres de la succession de Jeanne Perraud, veuve de Noël du Fail et de Judes de Saint-Pern, l'un des priseurs nobles est Pierre Riault, seigneur de la Monneraye (Régis de L'Estourbeillon, Archives de la Morlaye, ). Maistre Pierre Riault, sieur de la Monneraye est qualifié procureur sur un document de 1581 (Rennes, Archives municipales 459, f 42 v°). qui lui apportent divers minéraux et fossiles découverts dans les environs de Rennes.
Contenu
Le texte, dont le titre date du , constitue un bref inventaire des admirables singularités de Bretagne. L'auteur le dédie de la province. Il ajoute qu'il .
Il semble néanmoins que Roch Le Baillif ne connaissait qu'une infime partie de la Bretagne. En effet, ses observations se rapportent d'une part, au territoire de la seigneurie des Salles de Rohan et, d'autre part, à un point très localisé des environs de Rennes.
Analyse
Première singularité La première singularité est signalée de la manière suivante : Aux environs du Salles de Rohan..
Ces pierres sont les mâcles ou ChiastolitesLes plus grands cristaux connus selon Catalogue des Minéraux du Morbihan, paru à Vannes en 1883 sembleraient être cantonnés dans les schistes ordoviciens métamorphisés aux Salles de Rohan.. De grands cristaux de chiastolite (andalousite) sont développés dans les schistes ordoviciens. Ils se présentent en prismes de section presque carrée. Ces pierres, appelées pendant des siècles macles, sont abondantes aux Salles de Rohan, à tel point que les vicomtes de Rohan placèrent sept macles d'or sur leur blason ; leurs descendants en ajoutèrent deux supplémentaires à partir du milieu du Louis Chauris, Minéraux de Bretagne, Les éditions du Piat, 2014, [].
Roch Le Baillif était en 1573 médecin d’Henri de Rohan.
Sources Le Baillif cherche à retrouver les traces d'une minière d'argent qu'un seigneur de Rohan aurait jadis trouvée les parages des Salles de Rohan. Il remarque certaines sources ou petites fontaines. , écrit-il, , il déclare leur .
Première source Le Baillif indique avoir trouvé .
Sa conclusion est que l'eau de cette source a la vertu, par bain ou étuve, de .
Deuxième source Le Baillif indique avoir trouvé une deuxième source près de la précédente colline. Elle est . Il y a trouvé : .
Troisième source Le Baillif indique avoir trouvé une troisième source :
Source de Saint-Méen Il fait seulement mention de la source de Saint-Méen-le-Grand, laquelle .
Une fontaine guérissait autrefois certaines maladies cutanées. Elle est encore l'objet de nombreux pèlerinages jusqu'au <ref>A. Orain, Géographie d'Ille-et-Vilaine.</ref>.
Métaux et pierres précieuses
Métaux En étudiant les sources, Le Baillif prétend y avoir reconnu l'argent, l'antimoine, le cuivre et l'étain, métaux renfermés dans le Massif Armoricain. Il indique tout le bien que l'on peut attendre des eaux passantes par les métaux, c'est-à-dire : sel, soufre et liqueur.
Ainsi celles , mais si elles emportent . Et plus loin il dit encore : . S'il s'agit de thermes contenant .
Pierres précieuses Les pierres précieuses comme l'émeraude ; le saphir est remède à la peste et à l'anthrax; la cornaline arrête tout flux de sang. Enfin
Minéraux, roches et fossiles de Bretagne Les dernières pages du traité de Le Baillif sont consacrées à des observations sur les . Il faut y comprendre des minéraux, des roches, des fossiles et aussi . Dans les environs immédiats des sources décrites, il rencontra encore le cristal., l'amiante., le talc. et le jaspe..
Le Baillif parle de la pierre Istricus, de la crapaudine, de la pierre ponce, et de la « langue de serpent (Telum Jovis) » les suivantes : la pierre Astacus, la Serpe de Saturne, et la Dent armorique. Il déclare dans son traité : .
Pour Germain BaudreBulletin de la Société géologique et minéralogique de Bretagne, 1925., ce que Le Baillif prenait pour des pierresIstricus, Crapaudine, Astacus, Serpe de Saturne, Dent armorique., n'était autre chose que des fossiles trouvés dans les faluns de Saint-Grégoire. Il reste plus réservé sur la Langue de Serpent.
Pierre Istricus Il s'agit d' . La désignation est insuffisante et ne permet pas d'identifier la pierre Istricus. La marque en forme d'étoile fait penser néanmoins pour Germain Baudre aux oursins trouvés dans les faluns.
Crapaudine
Il s'agit de
Germain Baudre y associe les dents de poissons de la famille des Sparidae que l'on trouve dans les faluns: Chrysophrys et Rhabdosargus.
Pierre Astacus Il s'agit de .
La pierre Astacus s'identifie avec la pierre d'écrevisse. C'est vraisemblablement une dent de poisson comme la crapaudine, mais différente quant à la forme.
La serpe de Saturne .
Pour Germain Baudre, cette dénomination, serpe ou faucille de Saturne, peut être appliquée aux côtes de Metaxytherium medium assez communes à Saint-GrégoireIl indique que les genres indiqués par Le Baillif peuvent s'appliquer, mâle : à la côte bien débarrassée de sa gangue calcaire et pourvue de sa patine brune; femelle à la côte recouverte d'une gangue plus ou moins épaisse, faite de minuscules débris coquilliers, laquelle a en effet la couleur du plâtre. Quant à la section, elle laisse apparaître une teinte conforme à celle indiquée par Le Baillif..
La dent Armorique .
Pour Germain Baudre, il peut s'agir de dents de Metaxytherium medium.
La langue de Serpent .
Il est possible — probable même — pour Germain Baudre que les exemplaires remis par le sieur de Rengerard, étaient des dents de squales fossiles « de la couleur de l'ungle des sanguins » pareilles à celles des faluns de Saint-Grégoire. Pour Marcel Baudoin, le terme Telum Jovis plaide en faveur d'une interprétation de la langue de Serpent en pointe de flèche du NéolithiqueIl indique que les Haches sont dites Pierres de foudre, c'est-à-dire Pierres de Jupiter tonnant (Jovis). .
Pierre dite Cochlias Roch Le Baillif signale la pierre dite CochliasLimaçon. trouvée, dit-il . Cette pierre mise en usage avait, paraît-il, la vertu d'empêcher la génération du calcul.
Bibliographie
F. Jouon de Longrais, Informations du Sénéchal de Rennes contre les Ligueurs, 1589 (Mémoire de la Société d'Archéologie d'Ille-et-Vilaine, 1911-1912). Germain Baudre, Les singularités de Bretagne-Armorique. D'après un traité du , Bulletin de la Société géologique et minéralogique de Bretagne, 1925. Marcel Baudoin, A propos des singularités de Bretagne-Armorique, Bulletin de la Société géologique et minéralogique de Bretagne, 1927. Roch Le Baillif, Petit traité de l'antiquité et singularités de Bretagne Armorique'', édition critique et annotée par Hervé Baudry, Paris, Classiques Garnier, 2010
Notes et références
Catégorie:Livre paru au XVIe siècle Catégorie:1577 en France Catégorie:Livre sur la Bretagne