thumb|Languier en corail portant des langues de serpent (), Vienne, trésor de l'ordre teutonique, Inv.-Nr. K-037.

La langue de serpent est une pierre précieuse formée par la fossilisation d'une dent de requin ou provenant d'une flèche du néolithique et qui, dans l'imaginaire des gens, avait pour fonction de détecter les poisons et un pouvoir de guérison contre les morsures des serpents. On l'appelle aussi glossopètre (langue en pierre). Aux , on désignait parfois sous le nom de pierre d'hirondelle des dents de squales fossilesPaul DelaunayLe nom pierre d'hirondelle, pierre de Sassenage était aussi donné à des masses ovoïdes de calcédoine ou quartz agate roulé.. Ces langues pouvaient être suspendues à une pièce d'orfèvrerie en forme d'arbre nommée Définition de languier sur le site du CNRTL..

Utilisation Elle est principalement utilisée à partir du Moyen Âge. Dans l'inventaire des biens meubles d'Alix de Frolois, abbesse de Jouarre, dressé en 1369, on trouve parmi d'autres pièces précieuses, une langue de serpent.

On croyait qu'une langue de serpent pouvait déceler la présence du poison dans un breuvageArchives de l'art français, Paris, Baur, 1874-1875, .. On s'en servait également pour faire l'essai du selLa Curne de Sainte Palaye, « Langue de Serpent », in: Dictionnaire historique de l'ancien langage françois.. C'était donc un objet précieux ainsi qu'en témoignent encore des comptes dans lesquels on peut lire cette mention :

Plusieurs origines La langue de serpent n'est pas toujours une dent fossile de requins. Conrad Gesner. — Tiguri, 1545. indique dès le : « Sunt qui « Glossopetras » etiam dictas, Cerannis lapidibus cognatas putant. Nô figura, sed substatia durissima solidiffimaque utrique et splendida superficie, sed magis in Glossopetris : quas audio a misnensibus etian » Donnerteil vocari : ale Italis autem « Saete », id est SAGITTAS ! » — Traduction de Marcel Baudoin dans « Les Haches polies dans l'Histoire jusqu'au ». Bull. Soc. Anthrop. de Paris, 1904, , . Ulisse Aldrovandi confirme Musaeum metallicum, Bologne, 1648. en indiquant que Les dessins de Michele MercatiMetallotheca. 1717-1719 montrent des « POINTES DE FLÈCHES, de l'époque Néolithique ».

Les pointes de flèches ont été aussi appelées en Italie Langues de Saint Paul (Linga di San Polo), par christianisation du Dragon astronomique, constellation polaire représentée par un serpentErnest Wickersheimer : La Pierre de Saint-Paul (Langues de Serpent de l'Ile de Malte). — Bolt. d. Istit. Stor. Italiano, delle Arte Sanitaria, etc. 1923.. Marcel Baudoin indique que la plupart des pièces italiennes viennent des Abruzzes, où on les appelle Lingue di S. Paolo. Dans les Landes, comme au Japon, ces pointes de flèches sont des pierres de tonnerreFig. 37, 38 et 39 d'Émile Cartailhac ..

Armorique La langue de serpent est indiquée au dans le Petit traité de l'antiquité et singularités de Bretagne Armorique de Roch Le Baillif.

On peut aussi trouver dans la Description historique, topographique et naturelle de la Bretagne du président de Robien, au , dans une planche du volume 4, deux dents dont l'une, dentelée, appartient sans aucun doute au Carcharodon. Le renseignement fourni par la légende est le suivant : .

Le trésor des ducs de Bretagne, inventorié en 1490, contenait un certain nombre de ces amulettes :

Ces objets précieux . L'éditeur de cette description a donné, en outre, la note suivante :

La langue de serpent était encore l'objet au , à TalensacDéclaration de . d'une superstifion très populaire. On croyait en effet qu'en introduisant le précieux talisman dans la manche d'un conscrit, entre le vêtement et la peau, il avait le pouvoir, le jour du tirage au sort l'heureux possesseur de l'objet employé, lequel n'était autre chose qu'une dent de squale fossile.

Notes et références

Annexes Bibliographie Germain Baudre, « Les singularités de Bretagne-Armorique. D'après un traité du », Bulletin de la Société géologique et minéralogique de Bretagne, 1925. Marcel Baudoin, « À propos des singularités de Bretagne-Armorique », Bulletin de la Société géologique et minéralogique de Bretagne, 1927.

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