Ronald Dion DeSantis, dit Ron DeSantis, né le à Jacksonville (Floride), est un homme politique américain, membre du Parti républicain.
Militaire et avocat de profession, il est initialement proche du mouvement libertarien Tea Party.
De 2013 à 2018, il est élu du district congressionnel de Floride à la Chambre des représentants des États-Unis. Il appartient au groupe ultraconservateur Freedom Caucus.
Il est élu gouverneur de Floride de justesse en 2018 face au démocrate Andrew Gillum, puis est largement réélu en 2022. En tant que gouverneur, il refuse de restreindre les libertés contre le Covid-19, réduit les dépenses publiques, facilite le port d'armes et s'affiche en adversaire résolu du « wokisme ».
En , il annonce sa candidature aux primaires républicaines pour l'élection présidentielle de 2024. Il retire sa candidature en après être arrivé en deuxième position lors du caucus de l'Iowa, derrière l’ancien président Donald Trump, auquel il se rallie.
Situation personnelle vignette|DeSantis et sa famille le soir de l'élection gouvernorale de 2022 en Floride
Famille Né le à Jacksonville, en Floride, de Ronald DeSantis, installateur de télévisions, et Karen Rogers, infirmière, il est d'origine italienne. Ses huit arrière-grands-parents sont tous nés en Italie., originaires de villages situés dans les provinces de Avellino (Castelfranci), Campobasso (Castelbottaccio), Caserte (Sessa Aurunca) et L'Aquila (Bugnara, Cansano, Pacentro et Pratola Peligna)..
Il a une sœur, Christina Marie DeSantis, qui travaillait comme consultante pour KPMG. Elle meurt au Royaume-Uni en 2015 à l'âge de trente ans..
Vie privée Ron DeSantis est catholique. Depuis 2010, il est marié avec Jill Casey Black, qui était animatrice d'émission télévisée dans les médias. Le couple a trois enfants.
Études et carrière professionnelle Après des études d'histoire à l'université Yale, il devient pendant un an coach sportif et professeur d'histoire dans un lycée privé de Géorgie.
Il intègre ensuite la faculté de droit de Harvard et en sort diplômé en 2005.
Ron DeSantis s'engage dans l'armée à partir de 2004., et il est conseiller juridique pour la Marine américaine.. Il est notamment envoyé en Irak en 2007. Il la quitte en 2010 tout en restant réserviste. Il devient notamment rédacteur dans des journaux conservateurs.
Parcours politique
Représentant des États-Unis vignette|upright|Portrait officiel de Ron DeSantis en tant que représentant des États-Unis (2013).
Lors des élections de 2012, il est candidat à la Chambre des représentants des États-Unis dans le de Floride. Il remporte la primaire républicaine avec 39 % des voix, son plus proche adversaire, Fred Costello, étant à 23 %.. Il est élu représentant avec 57,2 % des suffrages face à la démocrate Heather Beaven. Il est réélu pour un deuxième mandat en 2014, réunissant 62,5 % des voix..
Il annonce en sa candidature à l'élection sénatoriale de 2016, pour succéder à Marco Rubio, qui se présente aux primaires présidentielles républicaines.. Après son retrait des primaires, Rubio décide de se représenter au Sénat. DeSantis choisit alors d'être candidat à un nouveau mandat à la Chambre des représentants. En raison d'un redécoupage des circonscriptions, son domicile de Ponte Vedra Beach passe dans le . Il se représente cependant dans le , où résident la plupart de ses électeurs.. Il déménage en conséquence dans le comté de Flagler. Lors de la primaire républicaine, il doit à nouveau affronter Fred Costello, ainsi que G. G. Galloway, qui sont déjà candidats avant son retour dans la circonscription.. Il arrive largement en tête avec 61 % des suffrages.. Il remporte un troisième mandat face au démocrate Bill McCullough en novembre 2016, avec 59 % des voix.
Le , il est présent à l’entraînement de l’équipe républicaine de baseball du Congrès, qui est la cible d’une fusillade au cours de laquelle son collègue Steve Scalise est blessé.
Gouverneur de Floride Élection En , Donald Trump fait savoir sur Twitter qu'il pense que DeSantis ferait . Plusieurs milliardaires républicains, tels que Sheldon Adelson ou Rebekah Mercer, lui apportent alors leur soutien. Le , DeSantis annonce officiellement sa candidature au poste de gouverneur de Floride sur la chaîne Fox News, où il intervient fréquemment.. Il remporte la primaire républicaine avec près de vingt points d'avance sur le commissaire à l'Agriculture de Floride Adam Putnam. Le suivant, il démissionne de son poste de représentant pour se consacrer à sa campagne.. Au soir de l'élection, le , déjouant la plupart des pronostics et des sondeurs, il bat son adversaire démocrate, Andrew Gillum, le maire de Tallahassee..
Début de mandat Durant ses premiers mois en fonction, DeSantis pousse des réformes populaires en Floride : l'extension des chèques éducation, la protection de l'environnement, notamment via la lutte contre l'efflorescence algale et l'interdiction de la fracturation hydraulique dans les Everglades, la légalisation du cannabis médical ou encore l'importation de médicaments en provenance du Canada ; seul son soutien à une loi visant à armer les enseignants est débattu. En , entre 58 %. et 65 % des électeurs approuvent son action comme gouverneur.. Il est alors l'un des dix gouverneurs les plus populaires du pays.
Pandémie de Covid-19 vignette|Ron DeSantis avec le secrétaire à la Défense des États-Unis, Mark Esper, en 2020. En 2020, aux débuts de la pandémie de Covid-19, il tarde à ordonner un confinement, la Floride étant dépendante des revenus issus du secteur touristique. Critiqué pour sa réponse désordonnée face à l’épidémie, il est alors l'un des rares gouverneurs du pays à voir sa popularité décliner au début de la crise sanitaire..
Cependant, contrairement aux États dirigés par les démocrates, qui mettent en place des confinements sévères, il ne favorise pas des mesures aussi strictes. Le taux de mortalité lié à la maladie en Floride (qui compte pourtant le plus fort taux de retraités et de personnes âgées) est notamment inférieur à celui de l'État de New York dirigé par le démocrate Andrew Cuomo et l'économie se porte également nettement mieux.. Cependant, certains États ayant imposé de fortes restrictions ont un taux de mortalité plus faible que la Floride, comme la Californie., tandis que des experts estiment que les différences entre les États, notamment en matière de pauvreté, de densité et de climat, rendent des comparaisons difficiles.
En , DeSantis demande à la Cour suprême de l'État de Floride de mettre en place un grand jury pour enquêter sur les crimes et les torts causés par les vaccins contre la Covid-19, et en particulier, sur de potentiels effets secondaires cachés par les entreprises pharmaceutiques ainsi que sur des manipulations de l'opinion des professionnels de la santé. Il crée aussi un Public Health Integrity Committee, comprenant de nombreux opposants au confinement, à la vaccination des enfants et aux exigences fédérales de vaccination pour contre-carrer le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Les termes de sa demande à la Cour suprême sont jugés flous et Anthony Fauci, conseiller médical de la Maison-Blanche, critique la politisation de la question vaccinale, estimant que les vaccins ont sauvé la vie d'environ 3,2 millions d'Américains pendant la pandémie de Covid-19.
Réélection aisée en 2022 Le , Ron DeSantis est réélu gouverneur de Floride avec plus de 59 % des voix, face à son adversaire démocrate Charlie Crist. Il l'emporte de près de 20 points sur Charlie Crist, une avance inédite dans cet État depuis 40 ans. Dans un discours qu’il donne quelques minutes après l’annonce de sa victoire, il déclare que cette élection « redéfinit la carte politique » et estime que pour lui « le combat ne fait que commencer ».
Primaires présidentielles républicaines de 2024
Hausse de sa popularité au sein du Parti républicain À partir de 2021, Ron DeSantis est souvent décrit comme possible candidat du Parti républicain à l'élection présidentielle de 2024.
Alors qu'il se présente comme héritier politique de Donald Trump après la défaite de ce dernier à l'élection présidentielle de 2020, il bénéficie d'une bonne image au sein de l'électorat républicain, notamment en raison de sa gestion lors de la pandémie de Covid-19. En 2021, Donald Trump déclare que s'il devait se présenter à l'élection présidentielle de 2024, il envisagerait certainement de choisir Ron DeSantis comme candidat à la vice-présidence, soulignant qu'il est et qu'il a accompli . Dans l'hypothèse où l'ancien président renoncerait à briguer un second mandat, les sondages placent régulièrement DeSantis en tête des intentions de vote aux primaires républicaines.
Mais ses rapports personnels avec Donald Trump se détériorent progressivement, dès lors qu'il apparaît de plus en probable que les deux hommes brigueront tous deux l'investiture républicaine. L'ancien président commence alors à critiquer DeSantis en privé, allant même jusqu'à le décrire comme « ingrat et sans personnalité ». Des proches de Trump l'attaquent alors en des termes injurieux sur les réseaux sociaux et lui conseillent de « rester en Floride ».
Annonce de candidature et difficultés de campagne Le , Ron DeSantis annonce sa candidature aux primaires présidentielles républicaines, transmettant son dossier à la Commission électorale fédérale. Quelques heures auparavant, il a signé un projet de loi abrogeant l'obligation de démissionner de son mandat de gouverneur s'il lançait une campagne présidentielle.
thumb|Logo de Ron DeSantis pour l'élection présidentielle de 2024. Il se déclare candidat dans un entretien avec le directeur général de Twitter, Elon Musk, l'un de ses soutiens. Son annonce sur Twitter rencontre d'importants problèmes techniques. Son lancement de campagne est moqué par Donald Trump et le président en exercice, Joe Biden, et ce alors qu'il a perdu de beaucoup de sa popularité après sa réélection comme gouverneur de l'État de Floride six mois plus tôt. Sa déclaration de candidature est qualifiée d'échec par certains observateurs.
Les premiers mois de sa campagne ne permettent pas à DeSantis de remonter dans les sondages. Les mesures sur lesquelles il fait campagne (opposition au mouvement woke, restriction du droit à l'avortement...) ne semblent pas attirer les électeurs républicains. Par ailleurs, il multiplie les maladresses et sa personnalité jugée terne ne lui permet pas de convaincre les militants républicains. Dans son État de Floride, il accuse même un retard de vingt points sur Trump dans les enquêtes d'opinion. En , il a déjà dû licencier plus d'un tiers de ses collaborateurs de campagne.. Néanmoins, il obtient des dizaines de millions de dollars de financement entre mai et juillet, bénéficiant notamment de l'appui des républicains de Wall Street qui cherchent une alternative à Donald Trump.
Lors du caucus de l'Iowa du , DeSantis arrive en deuxième position avec 21,2 % des voix (et 9 délégués sur 40), loin derrière Donald Trump (51 % des voix et 20 délégués) mais devant Nikki Haley (19,1 % des voix et 8 délégués). Avec la large victoire de Trump, DeSantis est sous pression d'une partie des républicains, comme le conseil de la rédaction du Wall Street Journal, qui lui demande d'abandonner sa campagne pour laisser Nikki Haley affronter Trump seule. Confronté à des sondages qui le placent à 4 ou 6 % dans la primaire du New Hampshire (prévue le ), DeSantis décide de ne plus faire campagne dans cet État mais de se concentrer sur la (qui se déroulera le ) et de licencier une partie de son équipe.
Abandon et soutien à Donald Trump Le , deux jours avant la primaire du New Hampshire, Ron DeSantis annonce arrêter sa campagne et apporte son soutien à Donald Trump.
Prises de position
Ligne politique Ron DeSantis est considéré comme un républicain conservateur et nationaliste. Initialement proche du Tea Party, il est membre du groupe parlementaire Freedom Caucus au Congrès.