Le Miracle du soleil, ou la danse du soleil, () est un phénomène céleste qui aurait été observé le à Fátima à midi (heure solaire, ou heure légale), dans le cadre des apparitions mariales de Fátima par à (certaines estimations donnent .), pendant environ dix minutes à Cova da Iria, près de Fátima, au Portugal. La survenue d'un « miracle » (sans en préciser la nature) sur ce lieu aurait été annoncée par les pastoureaux de Fátima trois mois à l'avance. Quoique seuls des articles de presse postérieurs au mentionnent cette prédiction, d'autres documents, tels que plusieurs comptes-rendus d'interrogatoires de Lucie attesteraient que la fillette parlait déjà à l'avance d'un « miracle pour que tous croient » prévu pour la sixième et dernière apparition, soit au mois d'octobre. Ces documents sont apparus après la danse solaire du , leur caractère prophétique est donc sujet à caution.. Les témoignages de l'assistance, couverts par la presse, ont donné lieu à de multiples articles de journaux durant les semaines suivantes.

Les participants décrivent plusieurs phases successives durant lesquelles ils auraient observé le soleil sous forme , tournant dans le ciel et projetant des couleurs, (bleu, vert, orange et toutes les couleurs de l'arc-en-ciel) tant sur les nuages que sur le paysage et la foule rassemblée. Puis le soleil se serait mis à avant de reprendre normalement sa place dans le ciel. Cette dernière phase aurait grandement impressionné voire terrorisé la population. Pour sa part, Lucie dos Santos, présente sur les lieux, a déclaré ne pas avoir vu cette « danse du soleil ». En revanche, elle dit avoir vu la Sainte Famille à proximité du « soleil immobile ».

Dans une période de tension politique au Portugal, cet événement a entraîné une avalanche d'articles de presse (enthousiastes ou critiques) ainsi qu'un nombreux qui ont été publiés durant plusieurs mois. L'Église catholique a ouvert une enquête sur les apparitions mariales à Fatima, mais, si elle a reconnu les apparitions mariales, elle n'a pas tiré de conclusion définitive sur la réalité du phénomène solaire ni sur le caractère miraculeux ou non de l'événement.

Il a fallu attendre près de pour que des chercheurs se penchent sur la question. L'hypothèse retenue par plusieurs scientifiques (Stanley Jaki, Carlos Fiolhais, Arthur Wirowski) est celle d'un phénomène météorologique complexe. D'autres chercheurs (Auguste Meessen, Gérard de Sède, Kevin McClure) ont émis différentes hypothèses : phénomènes solaires, hallucination collective, problème rétinien (dont rétinopathie), jusqu'à l'apparition d'un objet volant non identifié. Quoi qu'il en soit, aucune activité inhabituelle de l'astre solaire n'a été relevée par des scientifiques, et la plupart des scientifiques s'accordent sur le fait qu'il ne peut s'agir d'un phénomène astronomique.

Si la du est la première à avoir été signalée par des témoins, depuis cette date, de nombreuses personnes, seules ou en groupe, ont déclaré avoir vu (ou revu) un phénomène solaire semblable, sur ce même lieu, ou non.

Le Miracle du soleil Étymologie Les termes utilisés pour décrire ce phénomène trouvent leur origine dans la presse et dans les mots utilisés par la foule pour . Le mot de a été utilisé dès avant l'événement, car les avaient annoncé un qui prouverait la véracité des apparitions qu'ils disaient avoir vues, et du . Un article du journal O Século du L'article du journal du 23 juillet est reproduit en page 4 du bulletin de Fatima de 1967 ; le texte est disponible ici (en pt) ou traduit ici mentionne que la foule s'était rendue le sur ce lieu dans l'espoir d'un miracle (dans l'esprit du journaliste, il s'agissait vraisemblablement du miracle de l'apparition mariale aux enfants, quoiqu'elle ne fût alors visible pour personne si ce n'est eux). Pour Stanley Jaky, ce terme de est le plus adapté pour parler de ce phénomène, même si certains rationalistes refusent de l'utiliser.. Sur le plan religieux, ce terme est car l’Église catholique ne s'est jamais prononcée officiellement sur le caractère ou non du phénomèneContrairement à une tradition, parfois bien établie, L’Église catholique n'a pas enquêté sur la du phénomène céleste (Voir ). La officielle des apparitions de Fatima en 1930 a souvent été interprétée comme une reconnaissance du caractère du phénomène solaire, alors que ce n'est pas le cas.. rappelle pour sa part que ..

Le terme de a été utilisé par tous les témoins pour décrire l'objet céleste vuLe terme (et le concept) d' n'existant pas à l'époque. Ce concept apparaît après la Seconde Guerre mondiale, près de après cet événement.. Or certains témoins mettront en doute qu'il s'agisse réellement du soleil, estimant que sa ne correspondait pas à celle de l'astre solaire.. Et Stanley Jaki reconnaît que s'il s'était réellement agi du soleil , .. La communauté scientifique s'accorde sur le fait que Voir le chapitre sur la Tentatives d'explication scientifique.. L'utilisation de ce terme de est donc lui aussi un .

Le terme de a été utilisé par Avelino de Almeida, dans le titre de son article publié le , dans le journal O Seculo. Il l'a tiré (d'après lui), de la réaction de la foule, lors de l'événement, foule qui essayait d'exprimer par des mots ce qu'elle avait vu..

Le terme de (en français) sera utilisé dans un article (en portugais) d'Avelino de Almeida, deux semaines après l'événement pour décrire la . Cette expression ne semble pas avoir été reprise par la suite.

Le contexte Contexte politique En 1910 une révolution a renversé la monarchie portugaise et mis en place un gouvernement républicain radical . Le parti radical a déclaré parvenir, par les mesures anti-religieuses qu'il a prises (laïcisation de l'université, interdiction de l'enseignement religieux, saisie des églisesSi les bâtiments des églises sont saisis par le gouvernement (qui s'en déclare propriétaire), l'État n'en interdit néanmoins pas l'accès aux fidèles et aux prêtres....) à . À titre d'exemple, Sebastião de Magalhães Lima, grand maître du Grand Orient lusitanien, avait déclaré que dans le pays., et le ministre de la Justice, Alfoso Costa avait déclaré au Parlement qu'avec . Deux tentatives de coup d'État ont lieu entre 1910 et 1917, avec pour objectif de restaurer la monarchie, accentuant les tensions entre les partis radicaux de gauche et les partis de droite (mais aussi l’Église catholique). En 1917, il y a dans le pays, doublé d'un effondrement de l'économie..

Signe de cette tension politique générale, et sur en particulier, différents ont lieu à Fatima avant et après la date du : le de Fatima sont arrêtés par les autorités civiles et mis en prison durant deux jours, provoquant un début d'émeute populaire ; avant l'événement d'octobre, des bruits courent disant que des groupuscules anarchistes viendraient le 13 jeter des bombes sur les fidèles rassemblés à Fatima. Cette menace d'attentat est prise au sérieux par un certain nombre de participants. ; le le est profané, et le la chapelle des apparitions (construite en 1919) est ; le les autorités civiles interdisent tout rassemblement ou pèlerinage sur le lieu des apparitions, le gouverneur mobilise les forces armées pour interdire l'accès à Fatima lors du pèlerinage national prévu plus tard. Mais le , se présentent et forcent le passage, franchissant les barricades et des fossés pleins d'eau pour se rendre devant la chapelle des apparitions.

Sur le plan religieux, la hiérarchie catholique (les évêques du pays et bon nombre de prêtres), voient d'un œil très négatif les apparitions de Fatima, et le (ils ne croient pas à la véracité des témoignages et considèrent qu'il s'agit d'une supercherie), et le sont encore en 1920.. Une bonne partie du clergé (les prêtres) est relativement critique elle aussi... Très peu seront présents sur le site le Quelques-uns seront néanmoins présents comme reporté dans des témoignages. Voir . Mais le curé de la paroisse et ceux des environs sont absents, leur évêque leur ayant . Voir ..

Enfin, la déclaration d'apparitions mariales dans le pays (la première depuis plusieurs siècles)L'ouvrage de J. Bouflet et P. Boutry qui recense toutes les apparitions mariales dans le monde depuis le n'indique qu'une seule apparition au Portugal en 1492 à Cós avant celle de Fatima (voir ), alors qu'en France, uniquement au , on compte de nombreuses apparitions reconnues par l’Église (La Salette, Lourdes, Pontmain, rue du Bac...)., alors que la Vierge Marie avait, trois siècles plus tôt, été déclarée par le roi João IVLe roi Jean IV de Portugal, en 1646, avait fait don de sa couronne officiellement à Notre-Dame de la Conception (Nossa Senhora da Conceição). Après cette date, aucun roi du Portugal ne portera sur sa tête la couronne royale... pouvait être considéré comme au gouvernement qui avait démis et expulsé le dernier roi du Portugal sept ans plus tôt.

Les apparitions de Fátima thumb|Les trois de Fátima (Lucie dos Santos, Francisco Marto et Jacinthe Marto). Le phénomène du survient dans le cadre des apparitions mariales de Fátima en 1917. Trois jeunes bergers (de sept à dix ans), Lucie dos Santos, Francisco Marto et Jacinthe Marto, disent avoir vu le . La nouvelle se répand rapidement et est très vite associée à la Vierge Marie. Si de nombreuses personnes se montrent sceptiques, très vite des curieux viennent assister aux qui se répètent tous les mois, même si personne , et que seuls les enfants disent . Lors de la (le ), Lucia demande à pour que les gens croient à ces apparitions. La promet un miracle pour le mois d'octobre et demande de revenir chaque mois, le 13 du mois, sur ce même lieu...

Lors de la (le ), accompagnent déjà les . La promet à nouveau un pour la prochaine rencontre le .

Le matin du , Avelino de Almeida, rédacteur en chef du journal O SéculoCe journal est connu pour être ., publie un article ironique sur les apparitions de Fátima où il ne voit que superstition et supercherie. Il se rend néanmoins sur place pour assister au miracle annoncé. Au petit matin, une foule très importante se dirige vers la Cova da Iria, le lieu des apparitions. Les estimations du nombre de spectateurs varient de pour Avelino de Almeida.. jusqu'à pour le Joseph Garrett, ancien professeur de mathématiques à l'Université de Coimbra, également présent ce jour-là....

Dans la foule, avec les se trouvent aussi des nobles, des ingénieurs, des médecins, des notaires ainsi que des journalistesÀ noter la présence du photo-reporter Joshua Benoliel, cité par des témoins, mais qui semble-t-il n'a laissé aucun récit ou témoignage écrit. Voir . et un photographeJudah Ruah, photographe pour le journal O Seculo qui fournira les clichés publiés sur cette journée.. Le ciel est complètement couvert par les nuages et il tombe une pluie incessante. La pluie a transformé le lieu en un vaste bourbier et les pèlerins ou curieux sont trempés jusqu’aux os et transis de froid. Les enfants arrivent avec leur famille et commencent à réciter le chapelet.. À midi, bien que la pluie continue toujours de tomber, Lucie demande de fermer les parapluies, retirer les chapeaux, et s’agenouiller sur le sol. La foule lui obéit, malgré la pluie qui se poursuit.. Peu de temps après, les enfants voient leur apparaître.. L'apparition se présente alors à Lucie comme étant Notre-Dame du Rosaire.. et lui demande de faire bâtir une chapelle en son honneur ; elle demande également la conversion des pécheurs.. Elle annonce la fin de la guerre pour le jour même du miracle, c'est-à-dire pour le , erreur dont elle se justifiera dans ses mémoire, expliquant que « C’est peut-être parce que j’étais préoccupée de me rappeler les innombrables grâces que j’avais à demander à Notre Dame, que j’ai fait l’erreur de comprendre que la guerre finissait le jour même du 13 »..

Les annonces dans la presse