Clairvaux-les-Lacs est une commune française du département du Jura, dans la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté, dans le Massif du Jura, au débouché d'une petite reculée qui incise le plateau de Champagnole, où se situent notamment ses deux lacs, au bord desquels est situé le village.

L'implantation de l'homme sur les bords des lacs de Clairvaux s'est faite dès le Néolithique, où un riche patrimoine de cette période est découvert au début du . Le site est inscrit le sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.

Ses habitants s'appellent les Clairvaliens et les Clairvaliennes. Géographie Localisation

Clairvaux-les-Lacs est située dans le massif du Jura, dans la partie orientale de la combe d'Ain et au débouché d'une petite reculée qui incise le plateau de Champagnole, où se situent les deux lacs de Clairvaux d'origine glaciaire.

Communes limitrophes

Géologie et relief Le village et les deux lacs se situent dans une petite reculée creusée par le glacier jurassien à l'origine des deux lacs. On trouve deux torrents : le Drouvenant, dont la gorge se situe au pied du village et l'Augeon, le torrent alimentant les deux lacs qui traverse le village, avant de creuser une autre gorge qui rejoint celle du Drouvenant à hauteur de la tour du château. À l'est, un plateau forestier, sur lequel se situe le village d'Hautecour, qui monte progressivement jusqu'à des altitudes d'environ , dominant le val du Drouvenant, au-dessus de Châtel-de-Joux. À l'ouest le territoire descend sur la combe d'Ain vers une altitude de .

Le territoire de la commune occupe une superficie de ha dont 467 ha de bois.

Les deux lacs ont, quant à eux, une surface respective de 64 et 21 ha. Autour du Grand Lac s'est développé dès les années 1950, un important centre touristique : 4 campings-caravaning de une étoile à quatre étoiles, tous les loisirs aquatiques : baignades, activités nautiques (planche à voile, voile, pédalos), pêche...

Le village est bâti sur des sédiments morainiques datant de la glaciation de Würm, dont les lacs en sont un autre résidu. Le plateau forestier de Champagnole est constitué de calcaires datant du Kimméridgien, du Ptérocérien et de l'Oxfordien. Ces calcaires sont recouverts par les sédiments morainiques aux altitudes les plus basses du plateau (entre 600 et ), puis les calcaires apparaissent à l'affleurement sur les altitudes plus élevées. Les deux lacs sont entourés d'un anneau de dépôts lacustres divers et de tourbes. La partie occidentale de la commune située dans la combe d'Ain est constituée de résidus glacio-lacustres du Würm et de sédiments morainiques correspondant à l'ancienne langue glaciaire d'Orgelet. Les contreforts des collines séparant la combe d'Ain de la combe des lacs claivaliens correspondent aux anciennes moraines, tandis que les collines en elles-mêmes sont constituées de marno-calcaires de l'Oxfordien et de l'Argovien, recouverts par endroits par des dépôts morainiques. Au nord du village, la vallée du Drouvenant est composée d'alluvions divers associés par endroits à des sédiments glacio-lacustres du WürmCarte géologique de la France consultée sur le site du BRGM..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat semi-continental et le climat de montagne. et est dans la région climatique Jura, caractérisée par une forte pluviométrie en toutes saisons ( à ), des hivers rigoureux et un ensoleillement médiocre.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Cogna à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Clairvaux-les-Lacs est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (46 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (46,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (46 %), prairies (17,9 %), terres arables (14,9 %), zones urbanisées (9,7 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (6 %), zones humides intérieures (2,7 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (2,6 %), zones agricoles hétérogènes (0,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Habitat et logement En 2018, le nombre total de logements dans la commune était de 910, alors qu'il était de 897 en 2013 et de 898 en 2008.

Parmi ces logements, 77,7 % étaient des résidences principales, 13,3 % des résidences secondaires et 9 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 57,3 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 38,2 % des appartements..

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Clairvaux-les-Lacs en 2018 en comparaison avec celle du département du Jura et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (13,3 %) supérieure à celle du département (10,3 %) et à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation de ces logements, 54,1 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (54,5 % en 2013), contre 65,8 % pour le département du Jura et 57,5 % pour la France entière..

+ Le logement à Clairvaux-les-Lacs en 2018. Typologie Clairvaux-les-Lacs Jura. France entière. Résidences principales (en %)77,779,882,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)13,310,39,7 Logements vacants (en %)99,98,2

Qualité de l'environnement

La plage du Grand lac obtient régulièrement le Pavillon Bleu d'Europe pour la qualité des eaux de baignade.

Clairvaux est citée comme une des communes de France les plus touchées par les dépôts radioactifs de la catastrophe de Tchernobyl en 1986La Voix du Jura, 11 mai 2006.

En 2011, des prélèvements de sédiments au petit lac mettent en évidence la présence de DDT (pesticide polluant organique persistant), de PCB (isolant électrique écotoxique), d'hydrocarbures et de métaux lourdsLe Progrès, 7 décembre 2011..

Toponymie La première mention de Clairvaux date de 1089 qui parle d'une donation à l'abbaye de Cluny par un religieux nommé Hugues de Chatillon. L'origine du nom provient de Clara-Vallis, ce qui signifie la « vallée claire », terme utilisé au pour désigner certains noms de lieux. Une autre hypothèse serait que « Cler » correspond à clérical ou à claire, alors que « volx » ou « valx » correspond à un dérivé de « volere » qui marque la volonté, plus qu'une vallée ; le nom Clairvaux date de la période des croisades et aurait alors subi une influence religieuse..

Les orthographes successives du nom furent Clervaux, Clervolx, Clervaux, Clairvaux puis Clairvaux-du-JuraAttesté en 1898 : Jules Sicard. Clairvaux du Jura, station climatique : la Franche-Comté pittoresque. Hachette Livres BnF, 1898, réédition 2013. ., Clairvaux-les- Vaux-d'Ain et enfin Clairvaux-les-Lacs à partir de 1930Roger Brunet, Trésor du terroir - Les noms de lieux de la France, CNRS Editions, Paris 2016. ..

La commune, jusqu'alors dénommée Clairvaux, est renommée Clairvaux-les-Lacs en 1930Décret du , Journal officiel du 12 mars 1930, , sur Légifrance.

Histoire Préhistoire et Antiquité

Le canton de Clairvaux-les-Lacs possède un riche patrimoine néolithique représenté surtout par de nombreuses cités lacustres situées, entre autres, sur la rive nord du Grand Lac de Clairvaux. Des fouilles en cours concernent un village du Néolithique moyen (4000 ).

En juin 2011, les sites palafittiques de Clairvaux sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO annuel d'informations de la Communauté de communes du Pays des lacs, janvier 2012, p.38...

Moyen Âge

Du au , la baronnie de Clairvaux fait partie du comté de Scoding, Située aux confins du comté de Bourgogne et de la Terre de Saint-Claude (ou de Condat, ou de St-Oyand), elle est donc tiraillée entre plusieurs influences ou suzerainetés : le comte de Bourgogne, spécialement sa parentèle de la maison de Chalon-Arlay ; le sire de Salins (famille fondue à la fin du dans les sires de Broyes-Commercy — cf. Gaucher — avec le Mont-Rivel, Chaux-des-Crotenay et Château-Villain, puis au dans les Chalon d'Arlay) ; et les abbés d'Abondance, de St-Claude, de Balerne, de Grandvaux, de Bonlieu...

La première trace écrite de Clairvaux remonte à 1089. Les plus anciens registres de l'état civil datent de 1640.

Le village avait un château datant du , qui est démantelé vers 1668 après la signature du traité d'Aix-la-Chapelle. Il ne reste actuellement de ce château que la tour, qui a été amputée de deux étages, la chapelle castrale Notre-Dame de l'Isle, quelques parties de la muraille et des morceaux de tours qu'un œil attentif peut déceler sur des bâtiments du centre-ville.

Les barons de Clairvaux appartiennent d'abord à la famille de Cuiseaux ou Cuisel, qui avait aussi Mont-Saint-Sorlin, Virechâtel, et le château de Joux en paréage avec l'abbé de St-Claude: ainsi Renaud, Hugues, quatre Pons/Ponce de Cuiseaux, et Humbert de Cuiseaux aux . Au début du , les deux filles d'Humbert, Nicole et Marguerite de Cuiseaux, se partagent sa succession (leur frère Etienne, encore présent en 1301, étant disparu) : alors que Nicole épouse Hugues II d'Usie et reçoit Mont-Saint-Sorlin, Vertamboz et Charcier, sa sœur Marguerite de Cuiseaux, † après 1344, obtient Clairvaux et Châtel-de-Joux, qu'elle transmet à son mari Jean de Faucogney-Villersexel, † en mai 1319, fils d'Aymon de Villersexel et petit-fils d'Aymon III de Faucogney.