L'église Saint-Nicolas est une église catholique paroissiale située à Fresnoy-en-Thelle, dans le département de l'Oise, en France. Ses abords austères et sans grand caractère cachent un édifice de qualité du second quart du et de la première moitié du , qui est resté en partie inachevé, et a été malmené par le remaniement néo-classique de la façade, en 1758, et la démolition des parties hautes du clocher, après 1842. Elles ont été reconstruites sans style réel. Cependant, le transept, dont le croisillon sud n'a apparemment jamais été construit, et le chœur rectangulaire forment un ensemble homogène de la dernière période romane. Voûtées d'ogives dès l'origine, ces trois travées constituent un intéressant témoignage de la transition successive vers le style gothique. Ainsi, les arcs-doubleaux sont déjà en arc brisé, et les piliers fasciculés, bien hiérarchisés, présentent des colonnettes à chapiteaux très fines. La nef romane n'existe plus : elle fut remplacée par la construction actuelle à la période gothique flamboyante. En cohérence avec le transept incomplet, elle n'est accompagnée que d'un unique bas-côté, au nord. Les cinq grandes arcades qui font communiquer les deux vaisseaux sont particulièrement représentatives de la création flamboyante de la région. Le voûtement d'ogives, initialement prévu comme l'indiquent les contreforts à l'extérieur, n'a finalement jamais été exécuté. Associé à la paroisse du Mesnil-en-Thelle après le concordat de 1801, Fresnoy-en-Thelle est aujourd'hui affilié à la paroisse Saint-Louis-en-Thelle avec siège à Chambly, et des messes dominicales anticipées y sont célébrées environ deux fois par an à 18 h 30.

Localisation thumb|left|Vue depuis le sud.

L'église Saint-Nicolas est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, en pays de Thelle, dans la commune de Fresnoy-en-Thelle, au centre du village, rue de Lamberval / rue de Morangles. La première s'approche de la façade occidentale par le sud-ouest, et la deuxième arrive devant l'élévation méridionale depuis le sud. À partir du carrefour des deux routes, la rue de Lamberval passe devant la façade et longe l'élévation septentrionale, tout en s'éloignant successivement. Devant la façade, il y a une différence de niveau entre l'église et la rue, qui est compensée par un mur de soutènement. Il faut donc gravir onze marches d'escalier pour accéder au portail occidental, et un escalier existe également devant le portail latéral sud, mais une rampe à l'intention des personnes à mobilité réduite y a été aménagée à côté. Si l'angle sud-est de l'église est mitoyen d'une propriété privée, l'édifice est globalement bien dégagé, et bien visible de tous les côtés. L'ancien cimetière entourant l'église a été converti en pelouse, et contribue à sa mise en valeur. À l'est, le terrain est délimité par un muret, qui ne représente pas d'obstacle à la vue, et jouxte la mare municipale aménagée en lieu de détente. La mare, l'église et les maisons environnantes forment ainsi un ensemble pittoresque.

Histoire

La date de fondation de la paroisse n'est pas connue. Sous l'Ancien Régime, elle relève du doyenné de Beaumont-sur-Oise, de l'archidiaconé de Clermont et du diocèse de Beauvais. Le collateur de la cure est le prieur de Saint-Martin-des-Champs (prieuré clunisien situé à Paris). D'après Louis Graves, il se substitue au prieur de Beaumont, au moment que le prieuré de Beaumont est réuni à Saint-Martin-des-Champs. Le patron de la paroisse est saint Nicolas de Myre, mais le patron primitif aurait été saint Léonor, en raison du lien avec le prieuré de Beaumont.. Ce saint est aujourd'hui inconnu. thumb|upright|Statue de saint Nicolas, patron de l'église, au-dessus du portail occidental.

La construction de l'église actuelle commence au second quart du par l'abside et le transept, qui sont globalement conservés en l'état. Louis Graves et Eugène Müller considèrent ces parties comme romanes, ce qui se justifie tant par la sculpture ses chapiteaux, que par la facture archaïque des voûtes, qui sont en fer à cheval et dépourvues d'formerets. En 1842 encore, quand écrit Louis Graves, il y avait en outre le clocher roman bien caractérisé pour confirmer cette datation. Ses fenêtres, déjà en arc brisé à l'instar des arcs-doubleaux, étaient sous-divisées en deux étroites arcades par des colonnettes. Les angles de l'étage de beffroi étaient agrémentés de colonnettes, et ses murs se terminaient par une corniche plate reposant sur des modillons sculptés de têtes grimaçantes. Il n'y avait pas de flèche de pierre... En somme, le clocher de Fresnoy-en-Thelle appartenait donc au même groupe qu'Allonne, Auger-Saint-Vincent, Auvillers, Béthisy-Saint-Martin, Bonneuil-en-Valois, Catenoy, Cauffry, Chamant, , Glaignes, Heilles, Jaux, Labruyère, Marissel, Marolles, , Morienval (tour occidentale), Néry, Orrouy, Saintines, Saint-Vaast-de-Longmont et Warluis ; .. Comme à Bresles et Hermes, ce clocher n'a pas survécu, et fut rebâti avec un diamètre réduit et sans style réel dans le courant de la deuxième moitié du . Dans son étude sur les débuts du voûtement d'ogives dans l'Oise, Dominique Vermand ne cite pas Fresnoy-en-Thelle, tout en remarquant qu'il ne prétend pas à l'exhaustivité. Il est possible que l'auteur considère les parties orientales de l'église Saint-Denis comme n'étant pas antérieures au milieu du , ce qui n'empêche pas qu'elles présentent bien des caractéristiques des voûtes romanes analysées dans l'étude (Bornel, Bury, Cauvigny, Crouy-en-Thelle, Foulangues, Ully-Saint-Georges…). Le voûtement d'ogives précoce n'a rien d'inhabituel dans le Beauvaisis, mais en dehors des influences purement locales., on ne doit pas négliger, en l'occurrence, des liens avec le chantier de l'abside de Saint-Martin-des-Champs, entamée vers 1135, et considérer comme précurseur du style gothique..

Sous la guerre de Cent Ans, l'église est sans doute endommagée ou manque au moins d'entretien, ce qui motive la reconstruction totale de la nef au , en lieu et place d'une reconstruction très partielle, comme à Arthies, Boury-en-Vexin, Lierville, Le Perchay, Ully-Saint-Georges, Vaudancourt, etc. Le seul élément bien caractérisé de la nef et de son bas-côté sont les grandes arcades. Eugène Müller a encore suggéré qu'elles pourraient dater du ou du , mais Monique Richard-Rivoire a démontré depuis que leur profil d'un gros boudin entre deux fines moulures concaves n'apparaît pas avant le début du . Les églises flamboyantes plus anciennes présentent des moulures prismatiques plus complexes ; .. À l'instar de plusieurs églises voisines, dont Belle-Église, la façade est en partie refaite au , et plus précisément en 1758, dans un style néo-classique sobre. Les plafonds plats de la nef et du bas-côté, et la reconstruction paupérisante du croisillon nord remontent probablement à la même époque (, dit Louis Graves). La dernière mutation que connaît l'église Saint-Nicolas est la démolition des parties hautes du clocher roman, signalée ci-dessus. En ce qui concerne l'histoire de la paroisse, elle n'a pas encore fait l'objet de publications. Depuis la Révolution française, le doyenné de Beaumont n'existe plus dans sa forme ancienne, et est partagé entre deux diocèses. Fresnoy-en-Thelle reste toutefois dans le diocèse de Beauvais, qui correspond désormais au territoire du département de l'Oise. Le concordat de 1801 n'autorise qu'une unique paroisse par canton, les autres étant considérées comme succursales. À ce titre, Fresnoy-en-Thelle est rattaché à la succursale du Mesnil-Saint-Denis (aujourd'hui, Le Mesnil-en-Thelle). Aujourd'hui, Fresnoy-en-Thelle est affilié à la paroisse Saint-Louis-en-Thelle avec siège à Chambly, qui rassemble les communes de l'ancien canton de Neuilly-en-Thelle jadis comprises dans le doyenné de Beaumont. Cette paroisse réunit quatorze églises, et les célébrations du dimanche sont réservées à deux parmi eux, ce qui ne laisse que la messe anticipée du samedi à 18 h 30 pour les douze restantes. La fréquence des messes ne dépasse donc pas deux à trois par an..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Régulièrement orientée, avec toutefois une nette déviation de l'axe vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan cruciforme incomplet. Elle se compose d'une grande nef rectangulaire, non articulée, séparée de son unique bas-côté au nord par six grandes arcades ; d'une croisée du transept servant de base au clocher ; d'un croisillon nord ; d'un chœur rectangulaire d'une seule travée, terminé par un chevet plat ; et d'une petite chapelle carrée dans l'angle entre croisillon nord et chœur. Elle a été transformée en sacristie. Une cage d'escalier occupe l'angle nord-ouest du bas-côté. La nef, le bas-côté et la chapelle sont simplement plafonnés. Les deux travées du transept et l'abside sont voûtés d'ogives. L'on accède à l'église par le portail occidental de la nef, ou par un portail latéral au sud de la cinquième travée. Nef et bas-côtés sont recouverts ensemble par une toiture unique rampants, avec un pignon symétrique en façade. Le croisillon et le sanctuaire possèdent des toits en bâtière perpendiculaires au clocher, et la chapelle est munie d'un toit en appentis prenant appui contre le croisillon. Le clocher est coiffé d'une pyramide en charpente. La couverture est réalisée en tuiles plates du pays, sauf pour le toit du clocher, qui est revêtu d'ardoise.

Intérieur Nef et bas-côté thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Grandes arcades.

La nef est une salle rectangulaire assez spacieuse, qui n'est pas éclairée depuis l'ouest, mais reçoit le jour par cinq baies en arc brisé du côté sud, la cinquième travée contenant le portail étant dépourvue de fenêtre. Aujourd'hui, la nef est bien moins élevée que large, et ses murs se terminent par une corniche moulurée assez encombrante (sauf à l'ouest), qui coupe malheureusement le sommet de l'arc triomphal ouvrant sur la croisée du transept. Cet état date de la reconstruction de 1758. Auparavant, le vaisseau devait être recouvert d'une charpente en carène renversée, comme à Bornel, où l'ancien état a été restitué au début de la nef, tandis que le reste demeure également pourvu d'un plafond plat tout à fait lisse. Si les murs latéraux n'étaient donc pas plus élevés, le volume représenté par les combles était en grande partie rattaché à l'espace intérieur, et l'arc triomphal était entièrement visible. Mais lors de la reconstruction flamboyante, l'on avait d'emblée renoncé à donner à la nef deux niveaux d'élévation, avec donc un étage de murs aveugles au-dessus des grandes arcades, ou éventuellement un étage de fenêtres hautes. Ces nefs à un unique niveau d'élévation munies néanmoins de bas-côtés sont relativement rares, mais avec Asnières-sur-Oise et Bornel, deux autres exemples existent dans le voisinage, et l'on peut également citer Avilly-Saint-Léonard et Lierville. Bien souvent, l'on se contente d'un unique bas-côté à la période flamboyante, par exemple à Armancourt, Avilly-Saint-Léonard, Belle-Église, Courteuil, Écouen, Mont-l'Évêque, Neuilly-sous-Clermont, Lierville, Rivecourt, Villeneuve-sur-Verberie, sans tenir compte des églises à double nef, avec deux vaisseaux d'importance plus ou moins équivalente. Pour des raisons évidentes d'optimisation d'éclairage par la lumière naturelle, le placement du bas-côté au nord est fréquent, et la nef à bas-côté unique s'impose ainsi comme un compromis économique pour éviter à la fois l'obscurité des nefs aveugles largement dominants à la période flamboyante, et les frais de construction de deux bas-côtés. Si les murs gouttereaux sont de faible hauteur, les voûtes des bas-côtés ne sont pas indispensables pour assurer un contrebutement suffisant.