Étrepigney est une commune française située dans le département du Jura, dans la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants sont nommés les Estrepignaciens.

Géographie Localisation Étrepigney est un petit village situé à de Dole et de Besançon, délimité par la forêt de Chaux au sud et le Doubs au Nord.

Communes limitrophes

Relief vignette|La vallée du Doubs vignette|Crue du Doubs Le village d'Étrepigney qui a été construit sur une terre gagnée sur la forêt se trouve à une altitude de alors que la plaine du Doubs se trouve à .

Hydrographie Deux ruisseaux traversent Étrepigney : La Chirelle, alimentée par les eaux de la forêt et les eaux pluviales des riverains, le traverse direction Sud Nord. En partie canalisée et recouverte de dalles, elle se jette dans la Doulonne au lieu-dit le Pontot ; La Doulonne, de direction est ouest, va grossir les eaux du Doubs au lieu-dit La Morte près d'Orchamps.

Voies de communication et transport Étrepigney est traversée par la départementale 76 reliant Orchamps à Fraisans par la rive gauche du Doubs. Étant tracée dans la plaine du Doubs et bien que formant digue à certains endroits, celle-ci se trouve souvent fermée à la circulation lors des crues du Doubs.

La gare d'Orchamps ou de Ranchot est à avec plusieurs correspondances pour Dole ou Besançon par jour.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Jura, caractérisée par une forte pluviométrie en toutes saisons ( à ), des hivers rigoureux et un ensoleillement médiocre.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Dole à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Étrepigney est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Besançon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (82,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (82,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (69,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (12,4 %), prairies (10,6 %), terres arables (4,9 %), zones urbanisées (1,6 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Estrepigney au .

Il représente le type toponymique gallo-roman Sterpiniacu, fondé sur le bas latin *sterpinium (non attesté) « terrain plein de souches » ou sterpina, idem (cf. wallon sterpine « défrichement, défriché »)Albert_Carnoy, « Le "défrichement" dans la toponymie belge », in Revue internationale d'onomastique, 1961, 13-2, p. 90 (lire en ligne sur Persée) ou éventuellement sur l'anthroponyme gallo-roman Sterpinius, dérivés tous deux du latin stirps qui signifie « origine, souche, racine, rejeton » (cf. français extirper, anciennement estreper, littéralement « retirer la souche » cf. italien sterpo, stirpe ; espagnol estirpe), et suivi dans les deux cas du suffixe gallo-roman, d'origine gauloise, -acum.

Il existe une homonymie étymologique avec les communes du Nord de la France du type (Hauts-de-France, Estrepignies 1269 - Somme, Sterpiniacum 977), Étrépagny (Normandie, Sterpiniacum 628 - 644, Stirpiniacus 661), ainsi qu'en Belgique Sterpenich (forme germanisée). Ce type toponymique ne se rencontrant apparemment qu'au nord du domaine d'oïl, il doit s'agir d'une formation caractéristique de l'oïl septentrional.

Histoire vignette|Le clocher De l'an 1000 à 1700 En 1120, le pape Calixte II, né à Quingey, confirme, par une bulle, à l'abbaye Saint-Paul de Besançon, la possession de l'église d'ÉtrepigneyDictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté de A. Rousset, tome III, 1854. (Sous le patronage de Saint Étienne). Étrepigney fait alors partie du comté de Bourgogne..

La seigneurie d'Étrepigney appartient tout d'abord à la famille de Rans, puis à la famille SalenoveJean Rousseau, Histoire d'Étrepigney, de La Bretenière et de Plumont, .. Quant au hameau de Cinq cens et sa motte féodale (y compris d'ailleurs Plumont), il était tenu en arrière-fief par la famille de Cinq cens.

À la fin du XVIe siècle, la seigneurie d'Étrepigney tombe aux mains de la chambre des comptes de Dole.

De 1634 à 1644, la guerre de Dix Ans décime la population à cause de la famine et d'une épidémie de peste. On estime que les 2/3 des Francs-Comtois sont morts pendant cette guerre. La démographie repart en 1652 et le village accueille des étrangers (on note 18 patronymes savoyards, dont la famille Besson de Lullin)Jean Rousseau: Histoire d'Étrepigney, de La Bretenière et de Plumont Page 45.

De 1700 à 1850

Après l'annexion de la Franche-Comté par la France en 1678, celle-ci se trouve rattachée au domaine royal. En 1698, Louis XIV vend la seigneurie d'Étrepigney à Claude François Matherot de Preigney, conseiller au parlement de Besançon.

Dès 1630, les actes notariés font apparaître la poterie comme activité principale à Étrepigney. Les affaires sont florissantes, grâce à une qualité d'argile reconnue de tous .Cette qualité est tellement réputée qu'en 1729, les potiers d'Étrepigney sont obligés d'engager des gardes pour éviter les vols de terre.

En 1742, le potier Besson réalise plus de 3000 pièces pour la réalisation d'une conduite d'eau à Abbans-Dessous. De 1750 à 1850, Étrepigney connait son âge d'or (850 habitants dont le tiers travaille pour la poterie). D'ailleurs, la majorité des maisons de pierre date de cette époque.

La poterie se décline alors sous toutes ses formes : Vaisselle réputée comme la Canquelle, casserole à queue creuse, la Milliassiére, plat à 2 oreilles, le pot à bouillon et les cafetières ; Briques réfractaires Moules de fonderie

La forêt de Chaux connait une période de réglementation sévère allant jusqu'à supprimer les droits d'usage : En 1694, abolition des droits aux bois d'usage à bâtir et à réparer, En 1724, abolition des droits d'usage de ramasser du bois mort.

Or, le bois de chauffage revêt une importance considérable pour les potiers d'Étrepigney (Il y avait une vingtaine de potiers dans le village à cette époque). Pour couronner le tout, en 1765, les maîtres de forges achètent toutes les coupes de bois en bloc sans rien laisser aux artisans et aux potiers. En 1765, les habitants du village se révoltent contre l'autorité royale pour conserver leur droit d'usage en forêt de Chaux ; cet épisode est connu comme la Révolte des DemoisellesGeorges Plaisance in Revue forestière française , juin 1963.Jean Rousseau, Histoire d'Étrepigney, de La Bretenière et de Plumont, .. À la suite de ce soulèvement seront rétablies en 1766 les délivrances payantes à prix modiques (les affouages).

Le , Étrepigney participe à la Révolution et constitue une milice nationale composée de trois compagnies « pour répondre aux intentions du meilleur des rois et de l'assemblée nationale ». Les cocardes rouges et blanches sont de mise, mais « les étrangers qui ne possèdent aucun bien » ne sont pas les bienvenus.

À partir de 1850, l'activité de poterie déclinera.

Deuxième Guerre mondiale Par un décret du 6 avril 1940 signé par Albert Lebrun, les nomades sont assignés à résidence. Le régime de Vichy, préoccupé par les conséquences du vagabondage, va l'appliquer en créant une quarantaine de camps d'internement destinés à les accueillir. A Besançon, la Feldkommandantur ordonne, en mai 1941, aux préfets du Doubs et du territoire de Belfort de rassembler tous les nomades de leur secteur « dans un endroit qui est facile à surveiller par la gendarmerie française […] de manière à ce que les roulottes soient rangées à un endroit déterminé ».

À partir de juin 1941, environ 70 familles de gens du voyage en provenance d’Alsace, Lorraine, Haute-Saône et Côte-d’Or, arrivant sans leurs roulottes, sont regroupées à Étrepigney, dans une clairière de la forêt de ChauxEmplacement de la colonne guidon de la route forestière du Grand contour., où se trouvent les maisons forestières du Châtelain et de la Châtelaine.. Les conditions de vie et de surveillance n'étant pas satisfaisantes, le camp est déplacé à la saline d'Arc-et-Senans en septembre de la même année.. Les nomades y resteront jusqu'en septembre 1943, puis une partie d'entre eux seront transférés vers le camp de Jargeau.

Années 1950 Étrepigney était cette année-là dirigée par Eugène Courtois et était peuplée de 275 habitants. La mairie se situait vers l'école.

La commune possédait alors une boucherie, une boulangerie, une épicerie, une fromagerie, un café et un bureau de poste.

Fin - début siècle La mairie a déménagé en 1988. L'école n'a pas changé de place mais une classe a été rapatriée de La Bretenière après sa sortie du groupe scolaire Étrepigney-Plumont en 2009 et la classe a été ouverte en 2010.

Tous les commerces ont fermé avant ou pendant les années 1980 mais La poste a fermé au début des années 2000. . Il ne subsiste aujourd'hui qu'une seule poterie.

Héraldique

Économie Forêt La forêt fournit du travail à 3 exploitants forestiers et à un négociant en bois. Elle produit aussi le bois de chauffage à moindre coût à des habitants par le biais de l'affouage.

Tourisme La pêche dans le Doubs, la Doulonne ; La chasse dans la forêt de Chaux ; Les promenades en forêt ; La recherche de champignons, vénéneux ou comestibles ;