La (en occitan : carrièra dels Temponièras) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Situation et accès Description La rue Temponières est une voie publique. Elle se trouve dans le quartier Capitole.
Elle débute à l'angle nord-est de la place de la Bourse. Elle forme un carrefour élargi avec les rues Sainte-Ursule et Tripière, qu'elle reçoit au nord. Longue de 113 mètres, son parcours suit une orientation est-ouest. Elle se termine au carrefour connu autrefois comme les « Quatre coins des Changes », où elle reçoit la rue des Changes à droite et donne naissance à la rue Saint-Rome à gauche. Elle est prolongée à l'est par la rue Peyras.
La rue Temponières est une voie semi-piétonne. La chaussée compte une voie de circulation automobile à sens unique, de la place de la Bourse vers la rue des Changes. La vitesse y est limitée à 6 km/h. Il n'existe pas de piste, ni de bande cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.
Voies rencontrées La rue Temponières rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Place de la Bourse Rue Sainte-Ursule (g) Rue Saint-Rome (g) Rue des Changes (d)
Odonymie L'origine du nom de la rue Temponières est obscure. La première mention de ce nom, au début du , précise que le nom était alors rue de Temponières, ce qui laisse supposer que ce nom lui venait d'un ancien propriétaire de la rue (carraria de Temponeriis en latin médiéval, 1313). La traduction du nom de la rue en occitan, au début du , reprend la forme occitane telle qu'on la trouve au milieu du (carrièra de Temponnieras, 1458).. Une autre hypothèse laisse suggérer que la rue porte ce nom du fait des nombreuses imprimeries qui y étaient installées à l'époque.
À la fin du , la rue prit le nom de rue Gourmande, peut-être parce qu'on y trouvait des pâtissiers et des rôtisseursSalies 1989, vol. 1, .. En 1794, pendant la Révolution française, la rue fut quelque temps désignée comme la rue Coterie., en référence à la « coterie holbachique », expression de Jean-Jacques Rousseau pour désigner les assemblées de philosophes français et européens qu'organisait chez lui le baron d'HolbachSalies 1989, vol. 1, ..
Histoire Moyen Âge Au Moyen Âge, la rue de Temponières appartient au capitoulat de la Daurade. C'est une rue importante, qui se situe sur la principale voie qui traverse la ville d'est en ouest, de la porte Saint-Étienne aux ponts qui franchissent la Garonne – le Pont-Vieux, puis le pont de la Daurade à partir du –, en passant par les rues d'Astorg, Cantegril, Peyras (actuelles rues Antonin-Mercié, Genty-Magre et Peyras), Temponières, des Drapiers (actuelle rue Jacques-Cujas) et de la Daurade. Elle aboutit de plus au carrefour des « Quatre Coins des Changes », au croisement de la Grand-rue, principale artère commerçante de la ville, et à proximité de la Halle de pierre (emplacement de l'actuelle place Étienne-Esquirol).
Près de ce carrefour sont établis de nombreux changeurs, parmi lesquels on compte entre les la famille de Vinhas, qui possède un hôtel particulier couronné d'une massive tour carrée (actuel ).. À l'ouest de la rue s'étend le quartier des drapiers, artisans et marchands de draps qui ont leur assemblée au « clos de la Draperie » (ancien rue Jacques-Cujas). On trouve plusieurs marchands enrichis dans le commerce, qui se font élever des hôtels particuliers surmontés de tours de défense et d'observation. La plus importante est la tour de Najac, qui domine le carrefour de la rue Temponières et de la place de la Chapelle-Hugolèse (emplacement de l'actuel place de la Bourse). Au cœur du quartier marchand, la population de la rue Temponières est donc très mélangée, faite d'artisans, de marchands et de commerçants enrichis..
Période moderne Lors du Grand incendie du , le quartier de la rue Temponières subit d'importantes destructionsBastide 1968, .. Seules les constructions de brique, comme la tour de Najac et la tour de Vinhas, semblent avoir mieux résisté aux destructions. Pourtant, dans les siècles qui suivent, malgré les règlements des capitouls, qui interdisent de façon répétée les constructions en bois, on continue à élever des maisons en corondage (actuel ).
La rue est encore habitée par les membres de l'élite toulousaine, particulièrement les grands marchands, tels le marchand pastellier Pierre Lancefoc, qui fait élever en 1571 une tour capitulaire dans son hôtel (actuel )., le marchand Jean de Bermond, capitoul en 1692-1693 et prieur de la Bourse des marchands en 1703, qui vit dans l'ancien hôtel de Vinhas (actuel ) et les fonctionnaires royaux, conseillers au Parlement, représentants de la sénéchaussée et de la viguerie, tel Bernard Rabaudy, viguier de Toulouse de 1652 à 1699. L'ampleur des destructions permet également aux élites de réunir de vastes emprises foncières pour faire bâtir leurs hôtels particuliersBastide 1968, .. C'est ainsi que le marchand François Ricardy, capitoul en 1604-1605, fait construire un hôtel entre la rue de la Bourse et la rue Temponières (actuel ). On peut remarquer, parmi les personnalités les plus célèbres, Paule de Viguier, qui habite entre 1571 et 1606 un hôtel particulier entre la rue Tripière (actuel ) et la rue Temponières (emplacement de l'actuel ).
Époque contemporaine Au cours du , la rue connaît de profonds bouleversements qui lui donnent son visage actuel. Pour améliorer la circulation et l'hygiène dans les rues étroites de la ville, la municipalité mène des travaux d'élargissement et décide de porter la largeur de la rue Temponières à . En effet, la rue Temponières connaît une activité importante, liée en partie au trafic des diligences qui en partent ou y arrivent quotidiennementSalies 1989, vol. 1, .. À l'angle de la place de la Bourse, l'hôtel de la Bourse est reconstruit en 1836 par les architectes de la ville, Jean Bonnal et Jean-Antoine Raynaud, dans un style architecture néo-classique palladien. Dans la continuité de ces travaux, plusieurs immeubles sont reconstruits jusqu'au milieu du siècle, du côté sud de la rue (actuels , 4, 6, 12 et 14) et même du côté nord (actuel ). En 1851, on décide de reconstruire tous les immeubles du côté nord de la rue selon le nouvel alignement. Entre 1852 et 1853, un jury d'expropriation permet d'abattre tous les immeublesSalies 1989, vol. 2, .. Dans le même temps, plusieurs immeubles sont reconstruits dans le style néo-classique alors en vogue (actuels , 5, 7, 11 et 13). L'immeuble Soucaze, élevé en 1854 au carrefour des Quatre-coins des Changes par Urbain Vitry, est exemplaire de ces reconstructions de prestige (actuel ).
Au milieu du , on trouve dans la rue des commerces variés – un primeurSalies 1989, vol. 2, ., une confiserieSalies 1989, vol. 2, ., des boutiques de tissusSalies 1989, vol. 1, , et vol. 2, ., plusieurs bonneteriesSalies 1989, vol. 1, , et vol. 2, . –, un caféSalies 1989, vol. 1, ., un barSalies 1989, vol. 2, . et deux hôtelsSalies 1989, vol. 1, et 251.. L'activité commerciale ne se dément pas au début du , quoique . En 2007, dans le cadre de la réduction du trafic automobile dans l'hypercentre, la rue est rendue semi-piétonneMichel Baglin, « Bourse/Saint-Rome. Des bornes pour réserver l'accès aux rues du quartier », La Dépêche du Midi, 30 janvier 2007..
Patrimoine et lieux d'intérêt Hôtel de la Bourse ..
L'hôtel de la Bourse est construit par les architectes Jean-Antoine Raynaud et Jean Bonnal entre 1838 et 1839. L'édifice, à l'angle de la place de la Bourse, prend la place de l'ancienne bourse des Marchands, parfois désignée comme l'hôtel de Bastard..
Hôtels particuliers vignette| : escalier de l'hôtel Ricardy. 2 : hôtel Ricardy. Le marchand François Ricardy, capitoul en 1604-1605, achète en 1606 un immeuble aux héritiers du marchand Ramond Sarravère, capitoul en 1539-1540, pour y faire construire un hôtel particulier.. Sur la rue, une simple porte, modifiée lors de la construction de l'hôtel de la Bourse en 1836, donne accès à un couloir qui mène à une cour centrale, en cœur d'îlot, autour de laquelle s'organisent les corps de bâtiments.. L'escalier à rampe droite est caractéristique de la Renaissance tardive. Le mur de refend qui soutient les marches de pierre se termine à chaque palier par un pilier en pierre et brique alternées, dont chaque pierre est ornée sur ses trois faces de sculptures : lunes, croissants, soleils, étoiles, masques et figures géométriques. Sur le pilier du se trouve le blason des Ricardy, accompagné de la date d'achèvement des travaux, 1609.
7 : hôtel Baynaguet (dit « de la Belle Paule »). Un immeuble est construit au cours du : il appartient dans la première moitié du au marchand François de Baynaguet, capitoul en 1521-1522. Dans la deuxième moitié du siècle, il est passé à Pierre de Baynaguet, conseiller au parlement, qui le fait agrandir sur la rue Tripière (actuels ) et reconstruire en partie. À sa mort, il est occupé par sa veuve, Paule de Viguier – la « Belle Paule » – jusqu'en 1605Paule de Viguier s'installe dans un immeuble de la grande-rue Nazareth, également désigné comme l'immeuble ou l'hôtel « de la Belle Paule », où elle meurt en 1610 (actuel rue du Languedoc)., date à laquelle il est vendu à Guillaume de Jessé, secrétaire du roi et audiencier à la chancellerie du parlement. La façade sur la rue Temponières est reconstruite au milieu du , à la suite du réalignement des façadesChalande 1922, ...
Immeubles 4 : immeuble. L'immeuble, élevé dans le deuxième quart du , est caractéristique du style néo-classique toulousain de cette période. Aux étages, la façade est encadrée par des pilastres superposés à chapiteaux doriques. Le est particulièrement mis en valeur par un balcon continu, doté d'un garde-corps en fonte à balustres et motifs géométriques. Les hautes fenêtres en plein cintre sont encadrées de pilastres et ont des impostes en fonte..
8 : immeuble. L'immeuble, de style classique, est élevé au . Il présente sur rue une façade symétrique. Il s'élève sur trois étages décroissants, séparés par des cordons. Au rez-de-chaussée s'ouvrent deux grandes arcades de boutique en anse de panier. Aux étages, les fenêtres ont des encadrements à crossettes et sont couronnées de corniches moulurées. Des cordons prolongent les appuis. Les niveaux sont desservis par un escalier à balustres en bois..
vignette| : vue de la tour de Vinhas et de sa tourelle.