Félix de Las Cases, né à Poudis (Tarn) le et mort à Béziers (Hérault) le , est évêque du diocèse de Constantine-Hippone de 1867 à 1870.
Bibliographie Né le à Poudis, Félix-Joseph-François-Barthélemy de Las Cases est le fils de François de Las Cases (1769-1836) et de Marie-Claire Joséphine Baderon de Saint-Géniès (1779-1853) ; il est le neveu du marquis Emmanuel de Las Cases. Il fait de brillantes études au grand lycée de Montpellier (devenu musée Fabre). Quand son père, âgé de 67 ans, meurt à Corneilhan le , Félix n'a que 17 ans. Il est inscrit à l'École centrale des arts et manufactures, fondée en 1829 à Paris, devenue Hôtel Salé puis musée Picasso. Il y obtient le titre d'ingénieur civil, chimiste (promotion 1842). Neveu de l'auteur du Mémorial de Sainte-Hélène, qui s'est exilé volontairement pour rester auprès de l'Empereur Napoléon Ier, Félix de Las Cases a puisé, dans son ardente affection pour son oncle, un dévouement inaltérable à la dynastie impériale. Désirant aller travailler en Algérie comme colon pour exploiter des terres, Auguste, son frère aîné, alors sous-intendant militaire en Afrique, l'accueille chez lui.
Son cousin Emmanuel étant entré dans le capital des mines de Saint-Georges-ChâtelaisonPar arrêté du Conseil du Roi daté de 1695, Louis XIV avait autorisé les habitants à exploiter des mines de charbon se trouvant sur leur domaine. Les innombrables percées sauvages entraînent bientôt des effondrements et inondations de puits. Sont dès lors limitées les autorisations à deux sociétés minières, dont celle de Saint-Georges de Châtelaison. lui en donne la direction en 1851. Placé au centre des concessions minières qui sont réunies à la Prée de Chalonnes-sur-Loire en Du charbon est extrait à Chalonnes-sur-Loire (sillon houiller ici se rattachant au Massif Armoricain)., le Vicomte de Las Cases, travaille avec l'ingénieur Jacques Triger qui met au point un appareil à air comprimé pour le percement des puits de mines de charbon, afin d'extraire le minerai qui se trouvait sous le lit de la Loire. Les Las Cases avaient fait construire, au pied du coteau du Roc, entre Chalonnes et Rochefort, une maison dite "maison Las Cases" inspirée de celle de Longwood à Saintes. Félix y habite, en compagnie de ses cousins, jusqu'à son mariage.
Le , à Chalonnes-sur-Loire, il épouse Berthe Virginie Merlet qui meurt le à Martigné-Briand. Félix, durement éprouvé par la mort de sa fille puis de son épouseElle est inhumée, en robe de mariée avec sa fille en robe de baptême dans ses bras, dans la crypte qui se trouve sous le chœur de la chapelle Sainte-Barbe des Mines, inaugurée en 1860 près de la "Haie-Longue", sur la route de Rochefort. Leur tombeau fut longtemps surmonté d’une mitre léguée par testament par Félix devenu , celle-ci est maintenant dans la sacristie de l'église Saint-Maurille de Chalonnes-sur-Loire ainsi que ses vêtements sacerdotaux., décide de se consacrer à Dieu. Il entre au séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux, le , pour devenir prêtre.
Vie religieuse thumb|upright=0.8|À Chalonnes-sur-Loire, sous la Loire on extrayait du charbon. D'abord vicaire général de Charles-Théodore Baudry, évêque de Périgueux, il devient plus tard supérieur de la Congrégation du Bon-Pasteur à Angers. Le , Félix de Las Cases est ordonné grand vicaire honoraire par Guillaume Angebault dans la cathédrale d'Angers. Le , il le nomme "desservant" c'est-à-dire curé de la paroisse de l'église Notre-Dame-des-Victoires d'Angers. Le , un décret impérial nomme Félix de Las Cases, premier évêque du diocèse de Constantine et Hippone.
Dans cette contrée déshéritée de l'Algérie, il fonde un grand et un petit séminaire. En , une épidémie de choléra et une famine touchent Constantine. On le voit soigner avec la même bonté d'âme les mahométans et les chrétiens, ce qui produit un effet moral des plus salutaires. Félix de Las Cases décide de fonder un hôpital et un orphelinat qu'il met sous la direction des frères de Sainte-Croix du Mans. Il fonde aussi un établissement, "Saint-Augustin et Sainte-Monique", pour les orphelins.
Très attaché à l'Empire, Félix de Las Cases apprend avec une grande émotion la chute de l'Empereur. Fatigué par les visites pastorales en Algérie, les discours, les quêtes, les sermons, les voyages en France pour se procurer des ressources, les querelles incessantes et les tracasseries de l'archevêque d’Alger, les chaleurs de Rome et les travaux du Concile, il finit par avoir de graves ennuis de santé. Son mental étant affecté, le , alors qu'il est chez un docteur à Toulouse, il adresse au Pape Pie IX sa démission, acceptée dès le . Malade, ayant contracté le paludisme en Algérie, il n'est plus capable de lire son bréviaire ni de dire la messe. Le , il quitte Constantine et retourne dans sa propriété de la Chartreuse, à Corneilhan, qu'il possède en indivision avec ses sœurs.
En 1873, il est nommé chanoine de premier Ordre à Saint-Denis. En , il revient à Angers recommander aux Angevins la charité pour ses œuvres en Algérie.
Le dimanche , à la Cathédrale Saint-Maurice d'Angers, une messe pour les victimes de la guerre d'orient est prêché par Félix de Las Cases : .
Le , alors qu’il prêche une retraite à l'abbaye Sainte-Marie de Fontfroide, une fièvre pernicieuse se déclenche. Son docteur, à Béziers vérifie que son mal a empiré. Assisté dans ses derniers instants par Antoine Delcellier, curé de Corneilhan, il meurt le , âgé de 61 ansL'anneau épiscopal de Félix de Las Cases, constitué d’une améthyste entourée de son alliance et de celle de sa femme décédée, a été légué à Jules Merlet, le frère de sa femme. Le cardinal Anatole de Cabrières, assisté de six évêques, célèbre ses funérailles le . Accompagné par une foule considérable, Félix de Las Cases est inhumé dans le cimetière de Corneilhan, dans le tombeau de la famille Guérau d’Arellano, son beau-frère.
Distinctions En récompense de son dévouement pour soulager les cholériques, il est fait : 60px chevalier de la Légion d'honneur par décret du .
Hommages Selon la Mère Marie-Euphrasie Pelletier dans une lettre adressée à ses religieuses le : .
Félix de Las Cases a une rue à son nom à Chalonnes-sur-Loire. Il en a également une à Corneilhan, depuis 1974.
L'église de Corneilhan expose dans une vitrine, la crosse et la mitre de Félix de Las Cases, ainsi que son buste sculpté par Jean Malacan en 1880.
Le , une cérémonie du souvenir, présidée par Louis Boffet, évêque de Montpellier, a été organisée à Corneilhan pour marquer le centenaire de la mort de Félix de Las Cases. De nombreux descendants des anciens diocésains d’Algérie, pieds-noirs rapatriés du Constantinois, y ont assisté et une plaque a été apposée sur son tombeau.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
Liens externes
Ses Origines
Catégorie:Évêque de Constantine Catégorie:Élève de l'École centrale Paris Catégorie:Ingénieur français du XIXe siècle Catégorie:Évêque catholique français du XIXe siècle Catégorie:Naissance en septembre 1819 Catégorie:Naissance dans le Tarn Catégorie:Décès en octobre 1880 Catégorie:Décès à Béziers Catégorie:Famille de Las Cases Catégorie:Décès à 61 ans Catégorie:Personnalité inhumée dans l'Hérault