Morez (prononcé « Moré ») est une ancienne commune française située dans le département du Jura, en région Bourgogne-Franche-Comté. Depuis le , à la suite de son regroupement avec les communes de La Mouille et Lézat, elle est le chef-lieu de la commune nouvelle de Hauts de Bienne dont elle prend le statut de commune déléguéePage 147 de l'arrêté préfectoral..
Marquée aux par l'industrie de la lunette, après avoir été, au , la capitale de l'horloge comtoise, Morez est située à proximité de la frontière suisse, au pied de la station des Rousses. Elle est la deuxième ville du parc naturel régional du Haut-Jura.
Géographie Localisation Située dans une cluse, Morez est enserrée dans la vallée de la Bienne, ce qui explique son extension sur 3 kilomètres de longueur. Le site de Morez est facilement reconnaissable grâce aux montagnes qui l'enserrent et à la silhouette des viaducs du chemin de fer.
Les communes voisines sont : Morbier qui surplombe Morez au Nord ; Bellefontaine ; Les Rousses et Longchaumois avec notamment le lieu-dit la Doye en prolongement de la vallée de Morez vers le sud ; La Mouille qui fait partie, avec Morez, de la commune nouvelle des Hauts de Bienne.
Géologie et relief gauche|vignette|Vue générale de Morez depuis la Roche Fendue, en . L'altitude, qui varie de à sur l'ensemble de la communeCf. Morez sur le site de l'Institut géographique national, présente des différences importantes selon les quartiers de la ville : Bas de Morez () au niveau de la confluence entre l'Evalude et la Bienne ; Morez centre ( environ) ; Morez-dessus () sur le flanc ouest de la vallée ; Villedieu () sur le flanc est de la vallée, au-dessus de la gare SNCF ; Sur Le Puits () sur le flanc est de la vallée, au-dessus du centre-ville.
Le territoire de la commune comprend également une partie de la forêt du Risoux.
Transports Malgré sa situation géographique isolée au sein du massif du Jura, Morez bénéficie de liaisons directes vers Lyon et la Suisse. La ville se trouve ainsi sur la route nationale 5 reliant historiquement Paris à Genève. Par la route, Morez est à de Nyon, de Genève et de Lyon.
La gare de Morez permet de rejoindre en correspondance Paris-Gare-de-Lyon en quatre heures, mais aussi Saint-Claude et Lyon par Oyonnax et Bourg-en-Bresse.
La ligne de chemin de fer passant à Morez est surnommée la « ligne des hirondelles ».
Urbanisme vignette|Quartier du Puits en 2013. Le boom démographique observé pendant la première partie du correspond à la période d'industrialisation (clouterie, puis horlogerie et lunetterie). La population passe en quelques dizaines d'années de à plus de . Les ateliers et les maisons se concentrent dans le fond de la vallée.
Alors que la population stagne durant l'Entre-deux-guerres, la ville connait une seconde phase de croissance démographique de 1950 à 1980, correspondant à l'optimum de la mono-industrie lunetière. Pour loger cette nouvelle population, la commune décide la construction de deux quartiers nouveaux situés sur les flancs de la vallée : « Morez-dessus » et « Villedieu ».
Au milieu des années 1970, le manque de logements conduit à la construction d'un autre quartier, « Sur le Puits ». La population de ce quartier atteint plus de habitants en 1991Voir la présentation du film 'Morez, pays de lunettes' http://www.filmsdocumentaires.com/portail/Pays_de_lunettes.html..
La baisse de population observée dans les années 1990 et 2000 s'explique par la baisse de l'activité industrielle et par un phénomène de périurbanisation.
Depuis 2009, les quartiers du Puits et de Villedieu bénéficient d'un important plan de rénovation urbaine (construction de la gendarmerie, création d'une chaufferie bois, création et réhabilitation de logements, aménagement d'un parc urbain, construction d'un foyer pour personnes handicapées). En , la ville de Morez a reçu le label Écoquartier pour cette opérationVoir le site du ministère http://www.territoires.gouv.fr/decouvrez-les-laureats-du-label-national-ecoquartier-2014.
Toponymie « La cluse, alors connue sous le nom de Combe Noire, voit s'installer deux moulins près de la Bienne ; ils sont mentionnés dans un parchemin daté de 1531. C'est vers 1565 qu'un certain Étienne Morel, sans doute à cause de l'approvisionnement aisé en bois, va installer sa forge dans ce qui n'est encore que la Combe Noire. La Combe Noire va rapidement devenir la Combe à Morel, prononcé Moré, puis passer au Morez que l'on connaît actuellement »Ernest Nègre - Toponymie générale de la France: Tome 3, Formations dialectales, page 1701 - ..
Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Morez-la-Montagne.
Histoire Au , les premiers habitants de la Combe Noire sont descendus des villages voisins pour y installer des moulins sur les bords de la Bienne.
Ces moulins sont ensuite remplacés par un chapelet de martinets de forge, de clouteries et de scieries, utilisant l'énergie hydraulique. La famille Morel serait la première à s'y installer, elle laissera son nom à la ville de Morez.
L'arrivée de la route au favorise l'économieVincent Albouy, Noël Barbe, Patrick Blandin et Alain Bradfer, Jura, coll. Encyclopédie du voyage, Gallimard, ..
Morez devient une commune à part entière en 1776Séparation à l'amiable avec La Mouille. Voir page 9 du livre Morez - ville industrielle du Jura, Editions LieuxDits, 2011, ., et se développe au et surtout au du fait de son essor industriel important centré sur la métallurgie : tréfilerie, clouterie, horlogerie, émaillerie et lunetterie.
Au , l'industrie se spécialise dans la lunetterie.
Le , une concession ferroviaire est accordée par la Suisse pour une ligne allant de Nyon à la frontière française. Le , Raymond Poincaré, président de la République française, signe la déclaration d'utilité publique de la ligne reliant La Cure à Morez. La partie suisse est achevée en 1917, la française en 1921. Deux compagnies exploitent la ligne: côté suisse, la Compagnie du Chemin de fer Nyon-Saint-Cergue-Morez (NStCM), côté français les Chemins de fer électriques du Jura (CFEJ), puis la Régie départementale du chemin de fer Morez-La Cure (MLC), jusqu'à ce que cette dernière ne décide en 1958 d'abandonner l'exploitation de son tronçonNStCM.
Jean-Marc Olivier, historien ayant étudié le phénomène d'industrialisation spécifique au bassin morézien, a mis au jour le concept d'industrialisation douceVoir sa thèse Des clous, des horloges, des lunettes. Les campagnards moréziens en industrie (1780-1914), CTHS, 2004, .. Il s'arrête notamment sur la succession de trois cycles techniques entre 1750 et nos jours : ceux de la clouterie, de l'horlogerie de parquet (horloges comtoises), et de la lunetterie (1880 à nos jours).
Clouterie La fabrication des clous est une des premières industries locales. À l'origine, plusieurs martinets, actionnés par des roues à eau, sont situés au bord de la Bienne.
Horlogerie thumb|Fabrique d’horloges publiques Louis-Delphin Odobey. À partir de la fin du , l'horlogerie se développe dans la région de Morez (les frères Mayet à Morbier).
La production d'horloges comtoises reste artisanale jusqu'au , la production devient alors industrielle et dépasse dans les années 1850Voir page 141 de la thèse Des clous, des horloges, des lunettes. Les campagnards moréziens en industrie (1780 - 1914), CTHS, 2004, . Il est à noter qu'une partie non négligeable des personnes employées travaillent à domicileDIE GESCHICHTE DER COMTOISE UHREN. En 1854, est créée une école d'horlogerieLamy & Lacroix, mise à jour 11 décembre 2010.
Si l'horlogerie morézienne bénéficie bien du voisinage suisse pour obtenir la technique de l'émail en 1777, elle reste techniquement indépendanteVoir page 155 de la thèse Des clous, des horloges, des lunettes. Les campagnards moréziens en industrie (1780 - 1914), CTHS, 2004 ..
Aux , Morez et Morbier sont aussi un centre important de production d'horloges monumentalesHorlogerie d'édifice à Morez.
Émaillerie Le savoir-faire de l’émail s’implante à Morez au milieu du grâce à des émailleurs venus de Suisse pour produire des cadrans d’horloges.
Les techniques de l’émail sur métal (le cuivre puis l’acier) sont utilisées pour fabriquer des plaques de rue, des cœurs de cimetière (plaques découpées en forme de cœur et portant une épitaphe), des panneaux indicateurs ou publicitaires. Plusieurs familles d’émailleurs se distinguent : les Jacquemin, les Renaud et les Girod.
Ce savoir-faire est toujours vivant à Morez grâce à la maison de l’émail.
Lunetterie vignette|Musée de la lunette. En 1796, un cloutier, Pierre-Hyacinthe Caseaux a une idée: il utilise du fil de métal pour fabriquer des bésicles. C'est le début de la lunetterie morézienne, qui connaît son essor au milieu du . Au début du , l'horloger Henri Lissac, qui restera maire de Morez de 1908 à 1931, fonde l'entreprise de lunetterie qui porte son nom.
Constantin Cottet, lunettier de Morez, en 1902 fonde l'entreprise d'optique Cottet à Barcelone, qui sera l'une des principales du secteur en Espagne.
Métier d'Art La tradition industrielle de Morez et le savoir-faire local justifie le label «Ville et Métiers d’Art». Ce label regroupe une sélection de soixante-trois communes en France.
Politique et administration Liste des maires
vignette|L'hôtel de ville.
Liste des maires de la commune déléguée
Jumelages D'abord jumelée avec Offenbourg, Morez est jumelée avec la ville allemande d'Achern.
Population et société Démographie Évolutions de la démographie
Avec en 1999Pour plus de détails sur la démographie de Morez, on se rapportera aux statistiques démographiques pour Morez sur le site de l'Insee, Morez est la cinquième ville du département du Jura. En 2009, la commune ne compte plus que habitants.
Immigration La première phase de croissance correspond à la fixation à Morez de populations issues principalement des villages du Haut-JuraVoir pages 56 à 58 de la thèse Des clous, des horloges, des lunettes. Les campagnards moréziens en industrie (1780 - 1914), CTHS, 2004, ..
Une importante immigration italienne (piémontaise et bergamasque) s’installe à Morez et au Haut-Jura à la suite de la construction de la voie de chemin de fer et du fort des Rousses. La deuxième phase de croissance s'accompagne d'une arrivée de populations nouvelles dont une part importante immigre du Portugal, de Turquie mais aussi du Maghreb.
Un lieu de culte est aménagé par la communauté musulmane dans une ancienne ferme qui avait été précédemment été transformée en hospice.
Aire urbaine L'aire urbaine de Morez (au sens de l'Insee) regroupait Morez et MorbierDepuis 2016, elle est devenue l'aire urbaine des Hauts-de-Bienne, du nom de la commune nouvelle regroupant Morez, La Mouille et Lézat.. La population de l'aire urbaine de Morez est de habitants en 2011.
Enseignement thumb|Lycée Victor Bérard La commune compte deux collèges (collège Pierre-Hyacinthe Cazeaux et collège privé Notre-Dame) et le lycée polyvalent Victor Bérard, formant notamment aux microtechniques, au génie optique et à la lunetterieVoir le site officiel du Lycée polyvalent Victor Bérard.
Sports La ville se distingue par son club de tennis de table (Jura Morez TTVoir le site du club http://www.juramoreztt.fr) évoluant dans l'élite française en championnat de France Pro A.
Pour l'escalade, la Via ferrata de la Roche au Dade offre un parcours comprenant notamment une passerelle et un pont népalais.
La ville dispose également d’un club de football Arcade Football évoluant à un niveau régional. Cette association regroupe les clubs de Morez, Morbier et Longchaumois
Économie L'économie morézienne s'appuie sur plusieurs secteurs complémentaires : l'industrie, avec de nombreuses lunetteries (L'Amy par exemple), ou d'autres sociétés (Signaux Girod - émaillerie - par exemple) ; de nombreux commerces dont la zone de chalandise s'étend sur une partie du Haut-Jura ;