La Stèle de Maïmouna () est la stèle funéraire d'une jeune fille musulmane appelée Maïmouna, morte en 1174. Sur la stèle de marbre est gravé un long texte poétique en arabe. Elle a été décrite comme mais son origine n'est pas connue avec précision.
Description La stèle est faite de marbre, sur un bloc comprenant au dos des décorations romaines, prouvant la réutilisation de la pierre d'un élément datant de l'empire romain. Ce type de réutilisation était courant en Afrique du nord.
Origine La légende (inconnue avant le ) voudrait que la stèle ait été découverte à Gozo près du lieu nommé Ta' Majmuna, entre les villes de Xewkija et Sannat, mais aucun élément probant n'est venu étayer cette origine.
La pierre est pour la première fois mentionnée par le comte Ciantar en 1772. Par ailleurs, la pierre n'est pas citée dans le très complet compte rendu des antiquités gozitaines par Soldanis en 1746. La stèle est donc soit découverte entre ces deux dates, soit importée d'Afrique du Nord et non d'origine maltaise. Aucun des auteurs les plus anciens ne donne une origine claire hormis qu'elle aurait été retrouvée . Il n'existe donc aucune preuve que Maïmouna ait bien été enterrée à Gozo. La réutilisation d'une pierre antique plutôt que l'utilisation de la globigérine maltaise habituelle a même été interprétée comme un indice du contraire. Il a été proposé que la stèle ait pu servir de lest pour des navires de transport venant du Maghreb, comme cela a souvent été observé en Sicile.
Le texte
Le texte est sculpté selon une calligraphie de style kufi. Le comte Ciantar échoua à traduire le texte, même en faisant appel à des orientalistes érudits. La première traduction satisfaisante mais encore incomplète fut donnée par le comte Andreï Iakovlevitch Italinski, un diplomate russe, envoyé à Malte par le tsar Paul 1er pour tenter de prendre possession de l'archipel. Mais il se retrouve bloqué en 1798 à La Valette par la colonisation française et le blocus de Malte qui la suit. Fin orientaliste, il cède aux sollicitations des archéologues amateurs maltais et se met à déchiffrer la stèle afin .
Le texte sera ensuite traduit de façon plus complète au début du .
Traduction moderne du texte (d'après Luttrel) :
.
Le texte nous apprend la date de la mort de Maïmouna, le mardi .
Conservation La stèle est d'abord la propriété du baron Diego Muscat. En 1839 elle appartient à la famille Xara puis passe au Baron Giuseppe Maria de Piro, qui en 1845 en fait don à la Bibliothèque nationale de La Valette.
La stèle rejoint en 1960 le musée d'archéologie de Gozo à Ir-Rabat (Gozo) dont elle est aujourd'hui une des pièces maîtresses.
Notes et références
Catégorie:Histoire de Malte au Moyen Âge Catégorie:Site archéologique à Gozo Catégorie:Monument ou structure funéraire