Neublans-Abergement est une commune française située dans le département du Jura, dans la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.
Géographie La commune de Neublans est constituée de trois parties : le haut de Neublans ; le bas de Neublans ; l'Abergement.
Le bas du village est situé dans la vallée du Doubs, sur la rive gauche, puis le village est construit sur un talus et finit de s'étaler sur un petit plateau de d'altitude environ.
Le Nord du territoire communal est occupé par la vallée du Doubs, qui a formé là deux anciennes îles occupées par une ripisylve, mise en valeur par l'agriculture (champs, prairies); la partie Sud de la commune est plus vallonnée, sur un plateau dépassant les d'altitude, couvert de bois et d'étangs (étang de Barbe, étang du Meix).
La commune est située à l'extrémité septentrionale de la vaste plaine de Bresse et au sud-ouest de la ville de Dole. Le village est desservi par les routes D9 et D13E. Le territoire de la commune, situé dans le Jura, est limitrophe du département voisin, la Saône-et-Loire :
Neublanc-Abergement est, avec la commune limitrophe de Petit-Noir, la dernière commune du Jura - et donc de l'ancienne région de Franche-Comté - sur le cours de la rivière Doubs, qui pénètre ensuite dans le département de Saône-et-Loire quelques kilomètres avant de confluer avec la Saône à Verdun.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Bourgogne, vallée de la Saône, caractérisée par un bon ensoleillement (), un été chaud (), un air sec au printemps et en été et des vents faibles.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Tavaux à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Neublans-Abergement est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Dole, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (61,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (62,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (46,7 %), forêts (31 %), terres arables (14,5 %), zones urbanisées (4,5 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (3,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Abergement est issu de l'ancien français Albergement. L’abergement est un nom fréquent en Franche-Comté, dans l’Ain, l’Est de la Bourgogne et la Suisse romande. Il se rapporte, généralement, à un ténement féodale, un territoire donné moyennant redevance annuelle par son suzerain à son vassal, paysan ou non. Ce mode de location à très long terme avait pour but de favoriser le défrichement des terres. Mais il est difficile, sans connaissance précise de l’histoire locale, de différencier les noms ayant gardé la trace d'un abergement, d’une « ancienne auberge » « d'un logement, d'une habitation », de ceux signalant une terre cédée en albergement..
Économie
Histoire L'origine du village serait probablement celtique. Lors de fouilles archéologiques, des objets mérovingiens, notamment des sarcophages, furent trouvés dans la partie basse du village. En 1073, Humbert, seigneur de Neublans et de Navilly, donne l'église de Pontoux et celle du Château de Navilly, aux moines de l'Abbaye Saint-Marcel-lès-ChalonCartulaire de l'Abbaye Saint-Marcel-lès-Chalon: Charte XXXIX, an 1073 Carta de Pontidoti et vers 1120, c'est au tour d'Étienne de Neublans de donner la villa de Pontoux aux mêmes religieux.
1275 : Hugues d'Antigny, seigneur issu de la maison de Vienne, accorde une charte de franchises au village.
Dès le , on note la présence d'un château. Au , à la suite d'héritages et partages successifs de la vicomté de Neublans, il semble qu'il y ait eu deux châteaux, détruits par la suite.
1421 : on rapporte le miracle de Sainte Colette, qui venant de Poligny pour se rendre à Seurre, aurait fait halte à Neublans ; les eaux du Doubs étaient hautes : avec son escorte elle traverse la rivière à pied, comme marchant sur les eaux. Dans l'église paroissiale, un vitrail commémore ce pieux événement.
1535 : Philippe de Chabot, autrement connu comme l'Amiral de Brion, est propriétaire d'une partie des terres de Neublans. Il y reçoit le roi François dans son château.
De 1610 à 1612, l'Assemblée des Commissaires chargés de trancher sur la délimitation entre Duché et Comté de Bourgogne siège à Neublanssources : « Précis statistique de l'arrondissement de Dole » A. Marquiset (ed.1841)« Dictionnaire géographique des Communes du Jura »- A. Rousset (ed.1853-1857).
Seigneurs La famille seigneuriale de Neublans est d'abord possessionnée dans le nord de la plaine de Bresse, entre Saône (rive gauche, Est) et bas Doubs, depuis le au moins, voire la fin du . C'est une famille localement puissante, qui ne cesse de grandir par ses alliances, mais aussi de se diviser ; la branche cadette d'Antigny connaîtra un destin illustre sous le nom de maison de Vienne à partir du . En fait, les titulaires de la seigneurie, fractionnée, s'enchevêtrent. Ainsi l'historien franc-comtois Alphonse Rousset observait (en 1854) : ( résumé en ligne).. Neublans a rang de vicomté.
Les tentatives de construction d'une généalogie semblent vouées à n'être que partielles et imprécises. Cependant, il apparaît que les familles de Neublans, de Neublans d'Antigny (dont la maison de Vienne et la branche de Sainte-Croix), de Chaussin, de Longwy et de Rye (Rye), sont étroitement apparentées au début, étant issues d'une même souche et d'un même domaine, ce qui ne les empêche pas d'être rivales voire ennemies à l'occasion ; ainsi les de Vienne et les Longwy se font la guerre en 1275-1283, conflit qui mènera à la mort de Simonin de Longwy en 1283, d'où le mariage de réconciliation en 1288 entre Hugues V de Vienne et Gil(l)e/Gil(l)ette de Chaussin, dame de Longwy en (majeure) partie ; et l'érudit Alphonse Rousset rappelle que le pape Eugène IV accorde en 1436 une dispense de parenté pour le mariage entre Jeanne de Vienne, dame héritière de Neublans, Pagny et Binans, avec Jean III de Longwy sire de Gevry : une union négociée en vue de mettre fin aux guerres et procès entre les deux familles.
Sous toute réserve, voir notamment les essais de reconstruction et d'interprétation ( résumé en ligne). ( résumé en ligne). :
Gautier de Neublans, fl. dans la deuxième moitié du , est père d'Étienne de Neublans (-, qu'on pense mari de Béatrice de Navilly, fille de Guichard, d'où les branches ♠ ♣ ♥ ♦ :
- Le fils aîné d'Étienne : Hugues de Neublans, fl. vers le milieu du , père de : Étienne II, seigneur de Neublans (l'aîné ?), † 1174 ?, Hugues II seigneur de Neublans, † après 1200 Étienne III seigneur de Neublans, † vers 1230 Hugues III seigneur de Neublans, † vers 1268, 1275 ? Étienne IV seigneur de Neublans (vers 1235-1286) Guillaume seigneur de Neublans, † vers 1300, x Marguerite de Bellevesvre Comtesse, dame de Neublans, x 1° ♥ Jean de Vienne seigneur de Pagny ci-dessous ; 2° Walter d'Hasenbourg/d'Asuel, † 1342 ; d'où postérité des deux unions, et transmission de la majeure partie de Neublans Guillaume de Neublans serait un fils d'Hugues III (avec lequel il passe un accord en 1255) et la souche des seigneurs de Rye ? (thèse d'Alphonse Rousset, contradictoire avec celle exposée ci-après), père de : Guyot/Guy de Rye seigneur en partie de Neublans, † après 1297, d'où postérité : voir plus bas ♣ (branche de Rye) Luquette, fille d'Étienne III et sœur d'Hugues III, x Amaury IV de Joux, d'où succession, une sœur d'Hugues III et Luquette serait l'épouse d'Hugues de Rye, par là aussi seigneur en partie de Neublans ? (cette thèse est contradictoire avec la précédente, et suppose une famille de Rye bien antérieure, imaginaire selon Rousset, et dont Urbain Plancher donne cependant une généalogie), d'où : Péronne, qui épouserait son cousin germain Guillaume de Rye - fils de Félix de Rye, le frère d'Hugues - d'où : Guillaume, père d'Oudard/Edouard/Eudes, père de Guyot/Guy de Rye, seigneur en partie de Neublans, cf. ci-dessus, et plus bas ♣ (Mais pour Dunod, Péronne serait une fille d'Hugues/Huguenin de Neublans, mariée en 1265 à un cousin d'une branche cadette des Neublans, Guillaume de Rye...)
Guyot/Guy de Rye, sire de Neublans en partie (♠ ; † vers 1300) ; Père de Jean de Rye (x Antoinette de Salins, dame de Balançon et de Corcondrai, † en ) ; Père lui-même de Jean II de Rye, marié vers 1320 à Yolande, fille de Hue de Rougemont de Belvoir, d'où Jean III de Rye. Ledit Jean III († 1384), sgr. de Balançon, maréchal de Bourgogne en 1359, fidèle du duc-comte Philippe de Rouvre, x Jeanne d'Asuel, fille de Walter V d'Hasenbourg d'Asuel et ♠ Comtesse de Neublans, veuve de Geoffroy de Frôlois, dont : Henri de Rye, sgr. de Corcondray et d'Orchamps (fils cadet ; fl. entre 1391 et 1398), x Perrenette/Perenelle, fille de Jean de Rougemont : Parents de Jean de Rye († av. 1437 ; x Catherine de Bauffremont, dame de Trichâteau) et de Jeanne, dame de Rye, x 2° Girard/Gérard de Saulx-Vantoux (voir plus loin Louis de Rye, † 1477) ; et Mathey/Mathée/Mathieu de Rye (fils aîné ; † en ), sgr. de Balançon et de Fretterans, marié 1° à Marguerite de Rougemont († 1378 ; sans postérité ; sœur de Pernelle ci-dessus), puis 2° à Béatrice de Vienne-Ruffey, dame de Commenailles († ap. 1423 : en ? ; fille de Guy de Vienne et Marie de Thoire-Villars), d'où (du 2°) :