Hector Loaiza, né à Cuzco (Pérou), est un écrivain et journaliste d'origine péruvienne, directeur de la revue d'art et littérature hispano-américaine en ligne Resonancias.org.

Il a vécu à Buenos Aires (Argentine) entre 1959 et 1962. En France depuis 1969, il écrit en français à partir des années 1970 et se fait naturaliser en 1991. Son œuvre touche à la littérature, à l'ésotérisme et à l'art hispano-américain.

Biographie

Hector Loaiza est le fils d'un instituteur Uriel Loaiza et de Julia Rosa Mendoza. Son grand-père paternel, José Gabriel Loaiza, est chanoine de la cathédrale de Cuzco. À onze ans, il découvre la musicalité de la langue française et l’esthétique du cinéma français en regardant La Belle et la Bête de Jean Cocteau. La découverte du français l’encourage à s’inscrire à l’Alliance française pour suivre des cours, d’abord dans sa ville natale, puis dans celle de Buenos Aires, lors de ses études universitaires de médecine en 1959. Au début des années 60, l'agitation politique en Amérique du Sud et à Cuba le fait adhérer à un courant de l'extrême gauche argentine. En revenant dans son pays, il s'implique alors dans la défense des plus démunis dans la région de Cuzco.

En , il apprend la mort de son père dans une petite ville près de sa ville natale. Il effectue le voyage jusqu’à la petite ville où son père avait vécu pour visiter sa tombe et procéder à la liquidation des biens laissés. En dehors de quelques meubles et d’une centaine de livres, il y découvre des nouvelles et des essais inédits de son père.

Après quelques années de militantisme, il décide de changer de vie. En 1966, il entreprend des études de lettres à l’université de San Marcos de Lima, où il fréquente un cercle de jeunes poètes et écrivains bohèmes. Il lit Jorge Luis Borges, Julio Cortázar, Juan Carlos Onetti, Ernesto Sábato, Juan Rulfo, Fernando del Paso, José María Arguedas et d’autres écrivains latino-américains. Sous l’influence de Córtazar et d’Onetti, Hector Loaiza écrit son premier roman, Persiguiendo al puma, qui décrit la frustration et le désenchantement des intellectuels à travers le récit de sa vie à Buenos Aires, ses années de militantisme et le climat déliquescent de Lima. Il écrit avec passion des nouvelles. En 1968, il publie dans la revue Cuadernos Semestrales de Cuento — dirigée par Eugenio Buona — une nouvelle, El Paraíso, qui est bien accueillie par la critique littéraire de la capitale péruvienneArticles parus : La narración sobre el tapete par Ana maria Portugal, journal Correo de Lima, 27 janvier 1969, Cuadernos Semestrales de cuento acaba de publicar su cuarto numéro, journal La Prensa, 21 janvier 1969, et Cuadernos Semestrales de Cuento, par P.L., Correo, 21 janvier 1969. L’écrivain, critique littéraire et journaliste péruvien, Alfonso La Torre, écrit alors : Publié dans le journal Expreso de Lima, le 20 janvier 1969.. Par la suite, il continue à publier des nouvelles dans d’autres revues culturelles.

En 1969, il décide de partir vers la France afin de continuer ses études littéraires et suivre de plus près le structuralisme. À Bordeaux, il suit des cours de français et de lettres modernes à l’université de Bordeaux III, et se marie avec Jeanine Brisseau qui est agrégée de lettres, chercheur au CNRS spécialiste d’Amérique latine, devenue après docteur d’État, professeur à l’Université de Pau et auteur de plusieurs ouvragesJeanine Brisseau-Loaiza a publié Pérou, Guide Nagel, Genève (Suisse), 1977 ; sa thèse de doctorat d’État, Le Cuzco dans sa région, Éditions du Centre d’Études de Géographie Tropicale (CEGET) – CNRS, Bordeaux, 1982 ; Venezuela, PUF, , Paris, 1982 ; elle a collaboré avec deux chapitres sur Des populations et leur mouvement et Le Venezuela caraïbe et andin dans le volume Les Amériques du Sud de l’ Encyclopédie de Géographie Universelle Reclus, Éditions Belin, Paris, 1995.. Son épouse tiendra une place importante dans sa vie. Il s’efforce alors d’oublier les expériences traumatisantes vécues pendant la militance politique.

Son premier roman inédit, Persiguiendo al puma, commencé à Lima et achevé à Bordeaux, est finaliste du Concours 1971 de la maison d’édition Carlos Barral à Barcelone.

Lors de ses premières années en France, il lit Proust, Georges Bataille, Hölderlin, Antonin Artaud, Lautréamont, André Breton et les écrivains du Nouveau roman, notamment Robbe-Grillet et Michel Butor. Il s’intéresse à l’art classique et contemporain. Avec Jeanine, il fait plusieurs voyages en Italie et en Espagne pour visiter les musées d’art. Il suit l’évolution de la critique littéraire en lisant Maurice Blanchot, puis les structuralistes, Roland Barthes, Tzvetan Todorov et les auteurs de Tel Quel.

Œuvre

Une quête ésotérique au pays natal Au printemps 1972, il fait alors une expérience psychédélique qu’il racontera plus tard dans un court roman inédit. Ses lectures s’orientent désormais vers l’ésotérisme (Mircea Eliade, René Guénon, Gurdjieff, Louis Pauwels, Raymond Abellio et Carlos Castaneda). Son goût pour l’hindouisme lui fait lire les ouvrages de Sri Aurobindo, Jean Herbert et d’autres maîtres spirituels et philosophes. En 1973, il retourne dans sa ville natale pour entreprendre une quête auprès des chamans indiens de la haute montagne de la région de Cuzco. À son retour à Bordeaux, il commence à écrire le récit de ses rencontres. En 1974, il revient au Pérou avec un réalisateur, un cadreur et un preneur de son pour tourner un documentaire sur les chamans indiens. Dans le supplément culturel « Variedades » du journal La Républica de Lima, en novembre 1974. À Paris, par manque de financement et à cause de désaccords entre les membres de l’équipe, le film ne sera ni monté ni montré dans aucune salle de cinéma.

Il publie toutefois son récit Wanu Pura : Le chemin des sorciers des Andes en 1976. Il s’agit d’un témoignage personnel.

Le poète et essayiste écossais, Kenneth White, fait cette approche du livre : Un chaman des Andes, essai de Kenneth White inclus dans son livre Une apocalypse tranquille (éditions Grasset, Paris, 1984) et préalablement dans la revue millénaire sous le titre le chemin des étoiles..

L’écrivain, poète et philosophe, Michel Cazenave, à la suite d’un entretien avec Hector Loaiza d’une heure et demie sur France Culture, écrit dans la note de presse : Dans le programme « La matinée des autres », diffusée la première fois, le 24 janvier 1978, sur France Culture..

L’art latino-américain et le roman En 1997, il sort le livre-entretien d’art, Botero s’explique. Le philosophe d’art belge, Marcel Paquet, commente : « Botero s’explique, livre indispensable : pour ceux qui aiment les peintures et les sculptures du génial Colombien, mais aussi pour tous ceux qui, fascinés par la difficile simplicité de l’art, désirent s’approcher par la pensée des cheminements les plus secrets de la création artistique, ils trouveront dans cet entretien une inépuisable richesse. »

Sur la base de son manuscrit inédit écrit dans les années 1970, il publie en espagnol le roman Diablos Azules , où il raconte la vie de ses grands-parents paternels et maternels et la séparation de ses parents qui lui avait laissé une trace indélébile. Dans la préface de la version française, l’historienne et anthropologue Carmen Bernand, spécialiste de l’Amérique latine et auteur de plusieurs ouvrages, écrit : « Démons bleus à Cuzco peut se lire selon plusieurs perspectives. La trame, d’abord, très bien construite, qui unit les familles d’un chanoine, d’un propriétaire terrien et d’un Indien d’un haut plateau devenu citadin, à travers leurs amours et leurs enfants... »

Hector Loaiza publie en 2018, Le Nomade stellaire, ouvrage qui narre l'épopée de deux personnages traversant des moments clés de la légende des deux derniers siècles Comme Kenneth White a écrit dans la postface de l’ouvrage. depuis leur Pérou et Argentine natals jusqu’à la France. Cet ouvrage a été salué par la critique comme étant cinématographique, initiatique et d’anticipation techno-utopique.

Journalisme culturel En 1980, le rédacteur en chef de Paris Match, le journaliste et écrivain Philippe de Baleine, lui confie une mission pour réaliser un reportage sur la ville de Caracas. Il y publie un long entretien avec le scientifique anglais, inventeur de l’aile delta des avions et adepte du bouddhisme tibétain Bernard BensonPublié comme entretien de fond, sous le titre L’homme qui veut sauver le monde dans l’hebdomadaire Paris Match, juin 1984. et, en 1984, fait des reportages sur le Mexique, les villes de Caracas et de Lima.

Le supplément culturel du journal El Universal de Caracas l’engage en 1980 comme correspondant en France pour écrire des chroniques sur l’actualité littéraire et artistique de Paris. Il y publie des entretiens avec Ernesto Sábato, Octavio Paz, Anne Philippe, Fernando Botero, Raymond Aron, Louis Pauwels, le metteur en scène Jorge Lavelli, les écrivains Hector Bianciotti, Frédérick Tristan et d’autres. Il s’oriente vers l’art en rédigeant des articles sur des expositions et des artistes pour les journaux latino-américains.

En 1982, il publie un entretien rare et remarquable de Carlos Castaneda à Mexico. Cette rencontre inédite sera publiée dans le supplément culturel du journal El Universal de Caracas, en français dans la revue L’Autre MondeHector Loaiza, Carlos Castaneda, magicien de la tentative, revue L’Autre Monde, septembre 1982. de Paris et plus tard, l’entretien complet, paru en quatre parties, dans la revue Ciclo Literario d’Oaxaca de Juárez (Mexique).

Entre les années 1999 et 2000, Hector Loaiza dirige la revue en français, imprimée sur papier, Résonances littéraires, pour valoriser le métissage culturel et révéler au public français les écrivains et les artistes latino-américains.

Publication électronique Son fils s’installe à Buenos Aires à la fin 1999 et se met en rapport avec des jeunes graphistes et programmeurs maîtrisant les nouvelles technologies d’Internet. Le premier numéro du site en espagnol Resonancias.org est conçu et mis en ligne par son fils et une équipe d'infographistes et développeurs argentins en . Hector Loaiza est donc le directeur de Resonancias qui diffuse la littérature et l’art hispano-américains et auquel collaborent, entre autres : l’historienne et anthropologue Carmen Bernand, le poète et essayiste écossais Kenneth White, le poète et écrivain péruvien Isaac Goldemberg, les écrivains Fernando Ainsa et Maynor Freyre, le poète argentin Luis Benitez et d’autres.

Bibliographie

En français Le nomade stellaire (roman), avec une introduction de Kenneth White, Éditions L'Harmattan, Paris, 2018. Démons bleus à Cuzco (roman), avec une Préface de l’historienne, anthropologue et professeur universitaire franco-argentine Carmen Bernand, Éditions La Résonance, Pau, 2009. Botero s’explique, long entretien de l'artiste, Introduction du philosophe d’art belge Marcel Paquet, Éditions La Résonance, Pau, 1997. Wañu Pura : le chemin des sorciers des Andes, Éditions Robert Laffont, collection Portes de l’Étrange, Paris, 1976.

En espagnol Diablos Azules ( édition), avec les préfaces de Carmen Bernand et du critique littéraire hispano-uruguayen Fernando Aínsa, Éditions La Résonance, Pau, France, 2010. Diablos Azules ( édition), Editorial Milla Batres, collection Cordillera, Lima (Pérou), 2006. El camino de los brujos andinos, Editorial Diana, Mexico D.F., 1998. El paraíso (nouvelle), revue Cuadernos Semestrales de Cuento dirigée par Eugenio Buona, , Lima, , Lima. La oscuridad (nouvelle), publiée dans le n° 1 de la revue Fabla, , Lima.

Quelques essais et articles en français et en espagnol écrits par l’auteur Le Nomade stellaire : doit-on avoir peur de l’Intelligence Artificielle ?, site Electropublication.net, . El nómada estelar: ¿por qué tanto miedo a la Inteligencia Artificial?, site Resonancias.org, numéro 145, . Dossier Kenneth White : un poeta pensador en busca de un mundo abierto (en cinq parties), site Resonancias.org, numéro 144, .