Pimorin (anciennement Pymorin) est une commune française située dans le département du Jura, dans la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.

Le nom officiel pour désigner les habitants de Pimorin sont les Pimorinois et les Pimorinoises. En revanche, le nom de moelleux leur était souvent associé.

Ce village traditionnel de la petite montagne a longtemps été caractérisé par sa pauvreté et sa grande ruralité, qui s'explique notamment par son éloignement de tout centre urbain. L'exode rural, qui a commencé au milieu du , s'est accéléré au cours de la première partie du , divisant par plus de quatre sa population.

Géographie Pimorin est un petit village situé sur le premier plateau du Jura dans une zone que l'on appelle la petite montagne.

Il est assis dans une combe mouvementée entre deux chaînes de montagnes jadis couvertes de broussailles et de maigres pâturages, aujourd'hui reconquises par la forêt. Le sol est sablonneux dans les parties hautes et composé de silex dans les parties bassesDictionnaire géographique, historique, et statistique du Jura par A. ROUSSET, tome V, p. 377. Le village est constitué de la partie principale, le bourg, et du Biolet, extension du village à environ . On peut y ajouter les rippes (signifiant « broussailles », « terre inculte », jachère., puis hameau ou maison isolée) Bernard, Roland, Chamouton, Léthiévant et de Penloup. A disparu la grange du Bourg au lieu-dit Chez les Jobards sur la montagne non loin de l'ancien château, où vivaient encore trois personnes au début du siècle dernier. La rippe du Diévant compta jusqu'à 17 maisons et 83 personnes en 1891, soit plus qu'au Biolet à la même époquePimorin, Histoire des Ans, Histoire des Gens (Des origines, au miieu du ).

Le village se situe à une altitude de . Il est traversé par les ruisseaux de la Doye, du Bourgeau, et de Bellecombe, ce dernier séparant le territoire de Pimorin de celui de Cressia.

Tout en étant à l'écart, la commune bénéficie d'une position centrale non loin des grands axes de communications. Elle est en effet à de Lons-le-Saunier, à de Bourg-en-Bresse, à de Mâcon, et se situe non loin de l'autoroute A39 qui lui donne accès à tout le Nord et le Sud de la France.

Communes limitrophes

Le territoire est limité au nord par Cressia, au sud, par Gigny, à l'est par Rothonay, à l'ouest par Loisia et Cressia.

vignette|redresse=1.8|centre|Carte de la commune de Pimorin et des proches communes.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Jura, caractérisée par une forte pluviométrie en toutes saisons ( à ), des hivers rigoureux et un ensoleillement médiocre.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Pimorin est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lons-le-Saunier, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (66,3 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (65,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (55,4 %), zones agricoles hétérogènes (30,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (10,9 %), zones urbanisées (3,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie L'orthographe du nom a beaucoup évolué au cours des siècles : Piedmourin, Piémorin, Piedmourain, Pimorain, Puimorin, Pymorain, Pymoran, Pymorin, ou encore Paynmoren..

Histoire Antiquité Une bourgade celtique importante était disséminée sur l'emplacement appelé aujourd'hui en Provenche, au sud ouest de Pimorin. Une voie reliant la ville gauloise d'Orgelet à celle de Vincia (Saint-Amour) franchissait la montagne et traversait probablement un oppidum construit par les Romains. Des tuileaux à records, des médailles et des restes de constructions romaines furent miss au jour autour d'un étang desséché dit Sur le « gouillat ».

Moyen Âge Le premier titre que mentionne Pimorin date de 1185. La seigneurie de Pimorin, décorée du titre de baronnie, relevait directement des comtes souverains de Bourgogne et comprenait, à l'origine, un château situé sur la montagne, le bourg juste à ses côtés, la ville située dans la combe, Provenche (encore présente en 1257) et le village de Montséria.

Au début du , la terre de Pimorin appartenait à Jean de Chalon dit l'Antique, qui en donna l'usufruit à Isabelle de Courtenay-Champignelles, sa seconde épouse. Cette dame se qualifiait en 1245 de dame de Pimorin. Celle-ci céda son usufruit en 1250, en accord avec son époux, à Raoul de Courtenay son frère.

Par un traité en 1279, Otton IV, comte de Bourgogne, abandonna à son frère, Renaud de Bourgogne, futur comte de Montbéliard, le fief de Pimorin. Ce dernier accorda une charte de franchise aux bourgeois, mais aussi fit entourer le bourg d'une ceinture de murailles et de fossés, et érigea en faveur des bourgeois un hôpital (l'hôpital Saint-Dominique). Jean I de Chalon-Auxerre, sire d'Orgelet et de Rochefort, fils cadet de Jean l'Antique et oncle paternel de Renaud, voulut contraindre en 1305 son neveu Renaud à lui faire hommage de ses châteaux de Dramelay, Binans, et Pimorin, mais Renaud de Bourgogne refusa et arma ses sujets pour se défendre. Il fut fait prisonnier mais on ordonna sa remise en liberté en raison de son bon droit.

Le comte Renaud, veuf de Guillemette de Neufchâtel-Montbéliard, mourut en 1322, laissant le partage de ses terres à ses quatre filles :

Jeanne, épouse d'Ulrich III de Ferrette (d'où Jeanne et la suite des comtes de Ferrette par son union avec Albert de Habsbourg), puis de Rodolphe-Hesso margrave de Bade-Bade (d'où la suite, en lignée féminine, des margraves de Bade) Agnès, mariée à Henri de Montfaucon, d'où la suite des comtes de Montbéliard et des seigneurs de Montfaucon Marguerite, dame de Pimorin, mariée à Guillaume II de Vienne d'Antigny, seigneur de Sainte-Croix et Alice/Alix, dame de Lons en partie, Montaigu et Montfleur, alliée à Jean II de Chalon-Auxerre-Tonnerre, petit-fils de Jean ci-dessus, d'où la suite des comtes d'Auxerre et de Tonnerre. À la suite de mésententes sur cette répartition, qui furent cause de guerres entre les différents sires, Philippe VI, roi de France, arbitra par une sentence du que le château de Pymorin, dont le comte d'Auxerre s'était emparé, serait restitué à Guillaume de Vienne d'Antigny. Une grande partie du bourg au sud du château aurait ainsi été détruite dans une guerre que Guillaume d'Antigny soutint contre Henri de Montfaucon et Jean II de Chalon-Auxerre, seigneur d'Orgelet, ses beaux-frères. Une autre version veut que le bourg disparut vers l'an 1336, lors de la guerre des barons comtois confédérés contre le duc Eudes IV. C'est en assiégeant ce dernier qui s'était retranché dans le château de Pimorin, que le comte d'Étampes fut tué le L'Art de vérifier les dates, tome onzième, p. 265..

En 1349, la peste sévit dans la région, la dépeuplant fortement.

En 1385, Philippe le Hardi, duc et comte de Bourgogne, reçoit Pimorin de Hugues VII de Vienne († 1390 ; cf. seigneurie de Ste-Croix), lui-même successeur de sa mère et de sa tante maternelle, Marie et Jeanne de Sainte-Croix, filles de Marguerite de Bourgogne-Montbéliard et de Guillaume II d'Antigny-Ste-Croix ci-dessus. Par son testament du , il le lègue cinq ans plus tard à Guillaume IV de Vienne dit le Sage (vers 1361/1362 - † 1437), demi-frère d'Hugues VII, qui fut chambellan du roi de France et du duc de Bourgogne, de la Toison d'or et gouverneur du comté de Bourgogne. Ce dernier vendit la seigneurie de Pimorin en 1454 à Nicolas Raulin, seigneur d'Authume (Authumes et Authume), qui la laissa à l'une de ses filles, Claudine Raulin, épouse de Jacques I de Montbel d'Entremont.

En 1479, les troupes de Louis XI prennent le château de Pimorin.

Françoise de Montbel, fille de Jacques I de Montbel, devint dame de Pimorin en épousant Nicolas de Mauffans en 1498. Ce dernier ruina ce qui restait du bourg en démolissant une tour qui restait à l'est et les murs d'enceinte, afin de construire un boulevard devant son château et pour reconstruire ce dernier, qui aurait été démantelé par les Français vingt ans auparavant.

Son fils, Louis François de Mauffans, baron de Pimorin, décède en 1531, laissant sa veuve Margueritte de Myria prendre possession de ses terres, sous prétexte que leur fille unique Jeanne de Mauffans avait embrassé l'état religieux. À la suite de son remariage avec un gentilhomme florentin, Alexandre d'Esquivovaya, elle lui donna toutes ses possessions, qu'il céda en 1576 au neveu de sa femme, Jean Philibert de Myria, seigneur de Montgriffon et baron de Châtillon Corneille. Cependant, Jeanne de Mauffans revendiqua la fortune de son père à la suite de l'obtention en 1573 de lettres de relief qui lui permettaient de posséder des biens malgré son entrée en religion. Cette demande fut validée par un arrêt de Dole du mais le procès continua néanmoins, et les biens litigieux, dont la terre de Pimorin, furent mis en vente.