vignette|La dynastie Han en l'an 2
La dynastie Han ( ; chinois archaïque : ŋ̥ānh ḍhaw Dictionnaire étymologique sino-tibétain en ligne, reconstruction de la prononciation de l'époque Han http://starling.rinet.ru/cgi-bin/query.cgi?basename=\data\china\bigchina&root=config&morpho=0) qui règne sur la Chine de 206 à 220 , est fondée par Liu Bang, un chef de guerre d'origine paysanne qui est passé à la postérité sous le nom d'empereur Han GaozuDepuis la dynastie Shang jusqu'à la dynastie Sui, les dirigeants chinois sont mentionnés dans les archives par leur nom posthume ; tandis que les empereurs de la dynastie Tang jusqu'à la dynastie Yuan sont référencés par leur Nom de temple. Pour les empereurs de la dynastie Ming et de la dynastie Qing ce sont les noms d’ères qui sont utilisés. Pour plus de détails, voir, Chinese History par Endymion Wilkinson (1998), .. Seconde dynastie impériale chinoise, elle succède à la dynastie Qin (221 - 206 ), qui a unifié la Chine après avoir conquis tous les Royaumes combattants et est suivie de la période des Trois Royaumes (220 - 265).
Elle est divisée en deux périodes : les Han occidentaux () ou Han antérieurs () (206 - 9), capitale Chang'an, et les Han orientaux () ou Han postérieurs () (25 - 220), capitale Luoyang. Ces périodes sont séparées par la courte dynastie Xin, fondée par Wang Mang et qui ne survit pas à la mort de son fondateur. Les noms de ces périodes viennent des emplacements des deux capitales, Chang'an étant plus à l'ouest que Luoyang. La troisième et dernière capitale de la dynastie est Xuchang, où la Cour s’installe en l'an 196, pendant une période de troubles politiques et de guerre civile.
Dans l'histoire de la Chine, la dynastie Han représente une ère de consolidation culturelle, d’expérimentation politique, d'une relative prospérité économique et de grandes avancées technologiques. Le pays connaît une expansion territoriale sans précédent et de nombreuses expéditions d'exploration sont organisées. Ces deux phénomènes sont intimement liés à la luttes contre les peuples non chinois, surtout les nomades Xiongnu de la steppe eurasienne. Les empereurs de la dynastie Han sont d'abord obligés de reconnaître les Chanyus des Xiongnu comme leurs égaux ; même si dans les faits, les Han sont les partenaires inférieurs dans le heqin ; un système diplomatique qui implique le versement d'un tribut aux Chanyus et des mariages royaux. Le heqin est rompu quand l'empereur Han Wudi (r. 141-87 ) lance une série de campagnes militaires, qui s’achèvent par la scission des Xiongnu en clans rivaux et la redéfinition des frontières de la Chine. À la fin de ces guerres, le corridor du Hexiqui est situé actuellement dans la province du Gansu, le bassin du Tarimqui est situé actuellement dans le Xinjiang, les territoires correspondant actuellement aux provinces de Yunnan et de Hainan, le nord du Viêt Nam, le nord de la péninsule de Corée et le sud de la Mongolie extérieure font partie de l'empire des Han. La Cour des Han établit des relations commerciales et tributaires avec des dirigeants situés loin vers l’ouest, comme les Arsacides, dont la Cour est située à Ctésiphon en Mésopotamie. Le bouddhisme arrive en Chine sous les Han, propagé par les missionnaires venant de la Parthie et de l’Empire Kouchan, situé au Nord de l’Inde, et d’Asie centrale.
Dès le début, la Cour impériale des Han vit sous la menace des complots, des trahisons et des risques de révolte de la part des royaumes situés à l'intérieur de l'Empire. Sous Han Gaozu, ces royaumes sont dirigés par les anciens généraux du nouvel empereur ; mais très vite le statut de Roi fini par être réservé aux membres de la famille royale Liu ; ce qui ne change rien au risque de révolte. Au début de la dynastie, la moitié orientale de l’empire est administrée par le biais de ces grands royaumes semi-autonomes, qui jurent loyauté aux empereurs Han et leur reversent une partie de leurs recettes fiscales. Les empereurs ne contrôlent directement que la moitié occidentale de l’empire, située autour de Chang'an. Progressivement, des mesures sont introduites par la Cour impériale pour réduire la taille et la puissance de ces royaumes, jusqu'à ce qu’une réforme du milieu du mette fin à leur statut semi-autonome et oblige les rois à prendre pour ministres des fonctionnaires du gouvernement central. Avec le temps, la montée en puissance des clans des impératrices consorts et des eunuques du palais finit par représenter pour la dynastie une menace indirecte et bien plus difficile à cerner que celles des rois. En l'an 92, les eunuques tranchent eux-mêmes pour la première fois la question de la succession de l’empereur, ce qui provoque une série de crises politiques qui s’achèvent en l'an 189 par leur chute et leur élimination physique dans les palais de Luoyang. Cet événement déclenche une ère de guerre civile, durant laquelle le pays est divisé entre des seigneurs de guerre régionaux qui luttent pour le pouvoir. Enfin, en l'an 220, Cao Pi, roi de Wei et fils du chancelier impérial Cao Cao, force Han Xiandi, le dernier empereur Han, à abdiquer. En effet, depuis les Han occidentaux, la légitimité de la dynastie est basée sur un système cosmologique qui veut que l'empereur a le droit de régner car il sert de lien entre le Ciel et le monde des vivants. Il peut faire ce lien car le Ciel l'a choisi et lui a conféré le mandat céleste. Selon Cao Pi et ses contemporains, la guerre civile qui vient de ravager la Chine est la preuve que les Han ont perdu ce mandat et que Xiandi ne peut plus régner. Après cette date, la Chine est divisée en trois États : le Royaume de Wei, le Royaume de Shu et le Royaume de Wu. Ceux-ci seront provisoirement réunifiés en un seul empire par la dynastie Jin (265 – 420).
Chute de la dynastie Qin et guerre Chu-Han
Chute de la dynastie Qin L'État de Qin est créé par la dynastie Zhou (v. 1050-256 ) dans le double but de servir d'avant-poste consacré à l'élevage des chevaux et d'être un État tampon défensif contre les armées des peuples nomades Rong, Qiang et Di. Après la conquête en 221 des six autres royaumes combattantsEbrey (1999), 60.c'est-à-dire les royaumes de Han, Zhao, Wei, Chu, Yan, et Qi, Ying Zheng, le roi de Qin, unifie la Chine en un empire centralisé divisé en 36 commanderiesEbrey (1999), 61.. Ayant pris le contrôle d'une grande partie de la Chine historique, il affirme son prestige en prenant le titre de Huangdi (皇帝), ou « empereur », qu'il crée pour l'occasion et change son nom en Qin Shi Huang, ce qui signifie "premier empereur de Qin". Selon les historiens de l’époque Han, il utilise des méthodes impitoyables pour conserver le pouvoirCullen (2006), 1–2.. vignette|gauche|Soldats de la dynastie Qin de l'armée de terre cuite du mausolée de Qin Shi Huang, situé près de Xi'an
Qin Shi Huang meurt de causes naturelles en 210 Ebrey (1999), 63.. En 209 deux officiers chargés de la conscription nommés Chen Sheng et Wu Guang, n'arrivent pas à respecter le délai qui leur a été imparti pour conduire 900 conscrits, car la pluie est trop violente. Selon les Vingt-Quatre Histoires, la punition prévue par le code des lois des Qin pour ce retard est l'exécutionLoewe (1986), 112-113.. Pour éviter cela, Chen et Wu se rebellent contre les Qin et déclenchent le soulèvement de Dazexiang, qui échoue à la suite de l'intervention du général Zhang Han en 208 La révolte s’achève avec l’assassinat de Wu et Chen par leurs propres soldatsLoewe (1986), 112–113 ; Zizhi Tongjian, vol. 8.. La paix n'est pas rétablie pour autant, car à cette date d’autres rébellions ont déjà éclaté, dont celle dirigée par Xiang Yu (??? - 202 ) et son oncle Xiang Liang (項梁/项梁), qui font partie des principales familles de l'aristocratie Chu. Ils sont rejoints par Liu Bang, un homme qui vient d'une famille paysanne et qui est le surveillant des forçats du comté de PeiLoewe (1986), 113.. Mi Xin, le petit-fils du roi Huai I de Chu, se proclame roi Huai II de Chu depuis sa base arrière de Pengchengce qui correspond actuellement à la ville de Xuzhou, avec le soutien des Xiangs. Très vite d’autres royaumes se forment à la suite de révoltes contre les Qin. Malgré cela, le général Zhang Han reste fidèle aux Qin et en 208 , il tue Xiang Liang lors d'une bataille Zizhi Tongjian, cmn:s:資治通鑑 / 卷008. ; avant d'attaquer Zhao Xie, le roi de Zhao, dans sa capitale de Handan. Après sa défaite, Zhao Xie est obligé de fuir vers Julu, que Zhang finit par assiéger. Le cours de la guerre change lorsque les nouveaux royaumes de Chu, Yan et Qi viennent aider Zhao. Xiang Yu défait Zhang à Julu en 207 et contraint ce dernier à déposer les armesLoewe (1986), 114..
Pendant que Xiang est occupé à Julu, le roi Huai II envoie Liu Bang annexer la région de Guanzhong, qui est le cœur de l'empire Qin. Huai promet que le premier officier qui remplira cette mission deviendra le roi de GuanzhongLoewe (1986), 114–115 ; Loewe (2000), 254.. Pendant ce temps, la situation devient très confuse à la cour des Qin. En effet, en l'an 208 Qin Er Shi, le second empereur de la dynastie Qin et son chancelier Si Li, sont assassinés par Zhao Gao, le chef des eunuques du palaisLoewe (1986), 115.. Ce même Zhao est assassiné en 207 ; pendant que Ziying, le troisième empereur Qin, tente de se concilier les différents rois rebelles en rejetant le titre d'empereur au profit de celui de roi de Qin. Cette tentative est un échec et lorsque Liu Bang arrive devant les murs de Xianyang, la capitale des Qin, à la fin de l'an 207 , Ziying se soumet à lui immédiatement. Bang accepte la soumission de son ennemi et sécurise la ville. Mais surtout, il suit l'avis de son conseiller en chef Zhang Liang (??? - 189 ) et refuse à ses soldats le droit de piller la ville, préférant mettre le trésor impérial sous scellésLoewe (2000), 255..
Guerre Chu-Han vignette|Chauffe-vin en bronze décoré datant des Han occidentaux et provenant des provinces de Shanxi ou du Henan. Selon les Vingt-Quatre Histoires, lorsque Xiang Yu arrive à Xianyang deux mois plus tard, au début de l'an 206 , il pille totalement la ville, la fait raser jusqu'aux fondations et fait exécuter ZiyingLoewe (1986), 115 ; Davis (2001), 44.. La même année, Yu offre au roi Huai II le titre d’empereur Yi du Chu et l’envoie vers une frontière distante, où il est assassiné. Xiang Yu prend alors le titre de Prince hégémon du Chu occidental (西楚霸王) et devient le chef d’une Confédération de Dix-huit RoyaumesLoewe (1986), 116.. Lors de la fête de la Porte Hong, Xiang Yu envisage d'assassiner Liu Bang, mais ce dernier réalise que Xiang veut se débarrasser de lui et s’échappe au milieu de la fêteLoewe (2000), 255 ; Loewe (1986), 117 ; Zizhi Tongjian, vol. 9.. Après cet incident, Xiang Yi fait un geste d’apaisement en direction de Liu Bang et divise Guanzhong en trois royaumes, avec comme rois le général Zhang Han des Qin antérieur et deux de ses subordonnés. Liu Bang reçoit pour sa part Hanzhong, qui est situé à la frontière du Royaume de Han, là où il se poserait moins en rival politique pour Xiang YuDavis (2001), 44 ; Loewe (1986), 116..