Heinz Kurt Bolender, né le à Duisbourg et mort par suicide le à Hagen, est un qui participe activement à l'euthanasie forcée des handicapés mentaux menée par le régime nazi dans le cadre de lAktion T4. À partir de 1942, il joue un rôle-clé au centre d'extermination de Sobibór en tant que responsable et opérateur des chambres à gaz.

Après la guerre, en 1961, il est reconnu alors qu'il travaille sous une fausse identité comme portier dans une boîte de nuit. En 1965, il fait partie des accusés du procès de Sobibór et est accusé à titre personnel du meurtre de 360 Juifs et comme complice de celui de autres déportés. Il se suicide en prison deux mois avant la fin du procès.

Début de carrière et Aktion T4 Bolender est né le à Duisbourg ; il poursuit sa scolarité jusqu'à seize ans, âge auquel il devient apprenti forgeron. Il s'affilie au parti nazi dans les années 1930.

En 1939, Bolender rejoint les (unités à tête de mort). Il est affecté au programme d'euthanasie forcée des handicapés mentaux et physiques, l', et travaille successivement dans les centres de mise à mort de Hartheim, Hadamar, Brandebourg et Sonnenstein où les victimes sont assassinées par gazage ou par injection létaleErnst Klee. Euthanasie im NS-Staat. 11. Auflage. Fischer-Taschenbuch, Frankfurt am Main 2004, .. Il est impliqué dans la crémation des cadavres mais aussi dans les essais de procédures de gazage. Durant cette période, il travaille notamment avec Franz Stangl et Christian Wirth. En 1941-1942, comme d'autres membres du personnel de l'''Aktion T4, il est rattaché à une unité d'ambulanciers sur le Front de l'Est.

Sobibór Le , le Franz Stangl est nommé commandant du camp d'extermination de Sobibór. Bolender fait partie de ses adjoints directs en raison de leur précédente relation de travail et de l'expérience acquise par Bolender dans le cadre de lAktion T4''. Bolender est chargé, du début des activités du camp à l'automne 1942, du commandement du soit de la zone où se déroulent les opérations d'extermination et qui comprend notamment les chambres à gaz et les fosses communes. Il est l'un des gardes SS les plus craints du camp.

Bolender est l'un des opérateurs des chambres à gaz comme en témoigne, en 1966, le Erich Fuchs, qui travaillait avec lui :

Les tâches confiées à Bolender comprennent la surveillance en détail des Juifs travaillant dans le ; selon ses propres mots, .

Selon un autre témoignage livré en 1966 par un autre garde de Sobibor, le Erich Bauer, .

Toujours selon Bauer, Bolender forçait des déportées à le « distraire », ainsi que d'autres gardes SS, au cours d'orgies, avant leur envoi vers les chambres à gaz.

En 1965, Eda Lichtman, une survivante de Sobibór, témoigne sur Bolender et son chien : .

À l'automne 1942, Bolender devient le commandant de tous les gardes ukrainiens du campNizkor Web Site. Retrieved on 2009-04-09.

Moshe Bahir, un déporté qui a survécu, écrit à son propos : .

En , les fonctions de Bolender à Sobibór sont temporairement suspendues en raison de sa condamnation par un tribunal nazi pour avoir suscité un faux témoignage lors de sa procédure de divorce d'avec sa femme. Il est condamné pour ce fait à une courte peine d'emprisonnement qu'il purge au camp de prison de la SS à Cracovie, avant de regagner le personnel de l'opération Reinhard.

En raison de la révolte du qui précipite l'arrêt de l'opération Reinhard, il ne regagne pas Sobibór mais est affecté au camp de travail de Dorohucza, puis dans la région de Trieste dans le cadre de la lutte contre les partisans italiens. Le , il est décoré de la Croix de fer de seconde classe. Il regagne l'Allemagne à l'approche de la fin du conflit.

Arrestation et procès Après-guerre, Bolender se dissimule derrière de fausses identités et ne reprend pas contact avec sa famille ou ses relations et, après un certain temps, il est déclaré décédé. Il travaille comme portier dans différentes brasseries et boîtes de nuit en Allemagne, sous les pseudonymes d'Heinz Brenner ou de Wilhelm Kurt Vahle, notamment au et au à Hambourg. Reconnu en , il est immédiatement arrêté ; à son domicile, la police trouve un fouet avec, en argent, les initiales KB, gravées par un déporté, Stanisław Szmajzner, qui a survécu Biography of Kurt Bolender. Retrieved on 2009-04-09.

En 1965, il fait partie des douze accusés du procès de Sobibór. Bolender y commence par affirmer qu'il n'a jamais été affecté au camp d'extermination de Sobibór, mais bien à la lutte contre les partisans dans la région de Lublin. Lors du contre-interrogatoire, il « craque » et avoue sa présence à SobibórPublication of the Museum of the Combatant and Partisans. Tel Aviv 1973, . Quoted in Arad, aa, ..

Peu avant la fin du procès, Bolender se suicide par pendaison dans sa cellule, en laissant une note dans laquelle il insiste sur son innocence.

Notes et références

Notes

Références

Annexes

Bibliographie

Articles connexes

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