L'église Saint-Pierre est une église catholique située dans la commune de Cadaujac, dans le département de la Gironde en France.

Localisation L'église est située dans la commune de Cadaujac.

Historique

C'est autour du que Cadaujac, qui fait partie à cette époque de la Jurade de Bordeaux, fut évangélisé. Sans savoir si une église en bois l'a précédée, l'église en pierre fut bâtie fin , début du . On ignore toutefois les dates exactes de sa construction en l'absence de documents la concernant. Elle compte parmi les plus anciennes de la région avec l'église Saint-Michel de Beautiran. Elles sont situées en bordure de l'ancienne voie romaine.

L'église Saint-Pierre, à l'origine, comportait une nef unique à douze piliers symbolisant les apôtres. Des contreforts épais ont été nécessaires pour soutenir le poids considérable de la voute en plein cintre.

L'église romane Saint-Pierre fut remanié deux fois au cours de son histoire. Elle sera agrandie au XVIIe conséquences d'une période de grande activité commerciale de Cadaujac et d'une démographie croissante. Les deux bas-côtés sont alors construits dans le prolongement des chapelles latérales. Elle est inaugurée par l'archevêque de Bordeaux en 1691.

Elle est pillée, mise à sac et abandonnée lors de la Révolution. Le trésor et les biens sont confisqués, la statuaire la Vierge, les Saints, le Christ sont brisés.

Le très mauvais état dans lequel elle se trouve nécessite d'importants travaux au . C'est une période où Napoléon III va s'efforcer d'apporter renouveau et essor économique. Une prospérité dont vont bénéficier les églises et Cadaujac en profitera. C'est suivant les directives de Viollet le Duc que des transformations importantes vont être réalisées.

L'édifice est prolongé d'une travée, les chapiteaux sont restaurés, on érige la tour clocher dont la flèche s'élève à 33 mètres, le bénitier en pierre est remplacé par un bénitier en marbre, de nouvelles ouvertures sont pratiquées entre les contreforts et les vitraux sont posés.

La sacristie est construite derrière l'église en 1874. Elle est bénie par Monseigneur de la Bouillerie le .

L'église est encore au début du l'objet d'un plan de restauration.

Architecture sans_cadre|300x300px|gauche L'église Saint-Pierre de Cadaujac comprend aujourd'hui trois nefs et trois absides. Elle ne possède pas de transept, ce qui lui retire son plan en croix. D'après l'abbé Pierre Abrard, l'église primitive en possédait un. Le chevet situé dans l'axe est dévié vers le nord par rapport à la nef. Sa structure est ancienne, on y distingue par endroits, malgré le crépi qui le recouvre, un appareil en moellons.

L'église aux L'église Saint-Pierre de Cadaujac possède peu ou pas de fondations comme c'est généralement le cas des édifices romans ce qui lui confère une certaine fragilité. De plus elle est bâtie sur un sol relativement instable dont le taux d'humidité est important.

Les murs gouttereaux de la nef sont construits en opus incertum excepté l'extrémité ouest du mur nord qui est constitué d'un moyen appareil plus régulier. Ces petits moellons seraient en partie un remploi gallo-romain. Les moellons de l’abside et des absidioles permettent de dater cette partie du .

Plusieurs traces d’arrachement des anciens contreforts sont visibles depuis la restauration opérée par M. Errath en 1995 après le retrait du badigeon grisâtre qui recouvrait les murs.

On remarque, sur les deux façades, la présence d’une petite fenêtre étroite et à linteau monolithe échancrée située dans chaque travée orientale. Du fait de leur facture, on peut penser qu’elles devaient être deux des baies d’origine de l’édifice. Les grandes fenêtres actuelles ne correspondent pas aux contreforts. On peut en déduire qu'au moins deux des quatre baies de chaque façade seraient en fait des agrandissements des petites baies d’origine.

À l'origine, les deux côtés comportaient alors probablement trois petites baies chacun. L’étroitesse de leur ouverture s’explique par la fragilité des murs de petits moellons caractéristique du . Dès le , on préféra construire dans un appareil plus régulier ce qui assurait par conséquent une plus grande solidité.

L’église devait être charpentée compte tenu de cette fragilité des murs en moellons. Les traditionnelles voûtes en plein cintre romanes étaient beaucoup trop lourdes pour ce type de mur. Elle devait en outre être beaucoup plus basse qu’elle ne l’est aujourd’hui si on en croit la faible hauteur des contreforts d’origine.

Les murs en petits moellons sont en fait les murs des collatéraux de l’église ce qui rend difficile l’hypothèse qu’ils aient été construits au car à ce moment ils auraient été construits en moyen appareil. Cependant construire une église à trois nefs dans un petit village est assez inhabituel pour cette époque l’époque. On notera pourtant que le plan originel à trois nefs se retrouve dans les églises de Saint-Martin de Villenave d’Ornon, Sainte-Croix de Bordeaux et Saint-Seurin de Bordeaux. La raison de cette construction à trois nefs en particulier pour Villenave d’Ornon et Cadaujac et sans doute liée à leur situation géographique qui les placent sur un chemin très fréquenté de Saint-Jacques de Compostelle.

Iconographie intérieure Les chapiteaux romans Il ne reste en fait aujourd'hui que peu de témoignages de l’époque romane. En effet, elle se limite à six chapiteaux dont deux seulement semblent totalement romans. Ces deux chapiteaux se trouvent aujourd’hui au niveau des grandes arcades côté sud, de part et d’autre du second pilier en entrant dans l’église. Les deux chapiteaux romans sont les quatrième et cinquième des arcades sud. D'après leur facture, ils n'ont pas été sculptés par les mêmes artistes.

À Cadaujac, la majorité des chapiteaux datent du . On ignore aujourd'hui s'il s'agit de copies d’anciens chapiteaux romans, trop abîmés pour être conservés, ou s'il s'agit de chapiteaux romans qui ont subi des réfections au . Lors des restaurations, les plus abimés ont été entièrement refaits, les mieux conservés n'ont pas été touchés en particulier ceux du chœur. Les détails de restauration n'ont pas été conservés.

On retrouve dans l'église de Cadaujac les trois types de chapiteaux romans : le chapiteau végétal et ornemental, le chapiteau historié et le chapiteau symbolique.

Chapiteau végétal (15) gauche|sans_cadre|300x300px Il présente de grandes tiges penchées vers la gauche qui se terminent en une simple volute dirigée vers la droite. Ce type de représentation est typiquement romane et date très probablement de la construction de l’église à la fin du .

C’est le quatrième en entrant, sur les grandes arcades sud.

Placé sous un tailloir récent, ce chapiteau représente deux grands personnages situés aux angles, portant chacun une robe, leurs bras sont démesurément longs. Le personnage de gauche tient quelque chose d’allongé situé sous sa bouche et un oiseau posé sur son bras. L’autre personnage a son bras gauche coupé et il est tenu par une main dont le bras a été coupé également. Il devait donc être à l’origine plus important qu’il ne l’est aujourd'hui. Ce chapiteau pourrait être une représentation de la quête spirituelle des chrétiens qui s’entraident pour bâtir l’Église et suivent les bons conseils de l’oiseau afin de mieux lutter contre les besoins matériels de leurs corps et ainsi atteindre une plus grande spiritualité. Chaque personnage étant un pilier de l’église ; l’oiseau serait une force spirituelle. Ce chapiteau est traditionnellement jugé par les habitants de Cadaujac comme étant un des originaux romans de l’église.

À Villenave d’Ornon, il existe un chapiteau de même type mais très abîmé car, désormais enfermé dans un bloc, seul une partie du chapiteau est encore visible. Ce dernier est d’ailleurs daté du . alt= Implantation des chapiteaux|vignette|Implantation des chapiteaux

Quatre grands chapiteaux du chœur Deux autres chapiteaux sont reconnus comme étant romans, ce sont les deux situés de part et d’autre de l’arc triomphal du chœur. On observe des similitudes avec les deux autres grands chapiteaux présents dans le chœur, qui sont uniquement composés de formes végétales.

Chapiteau sud de l’arc triomphal Peint essentiellement dans les couleurs rougeset or, il représente des êtres aux angles qui font penser à des singes accroupis. Entre eux, on retrouve un personnage. En guise de bras la figure possède deux sortes d’ailes soulevées qui semblent soutenir l’abaque. Il semblerait que la représentation du singe soit ici purement décorative tout en sachant que le singe dans les textes, est assez mal vu et associé à une image diabolique. Le style de ce chapiteau est plus abouti que les précédents, sa facture ne semble pas appartenir à la même campagne que les chapiteaux de la nef. Il daterait plus certainement du vu son emplacement au départ de la voûte en cul-de-four construite au .

Chapiteau nord de l’arc triomphal Le chapiteau faisant pendant à celui des singes représente quatre quadrupèdes, dont les têtes sont affrontées aux angles. Il sort de la bouche des têtes humaines situées aux angles et peintes en or et rouge au , des cordes qui semblent être accrochées autour du coup des fauves.

Le thème des lions affrontés est un thème classique. D’après Eliane Vergnolle, c’est à Saint-Benoît-sur-Loire que naît cette mise en scène qui sera maintes fois reprise. En plus de l’aspect décoratif de ce chapiteau, on constate une dimension symbolique : l’homme en train de se faire dévorer par les lions n’est en fait que la représentation d’un homme qui s’est laissé submergé par ses passions. Ce chapiteau daterait, lui aussi, de la seconde campagne de construction de l’église, du .

Les deux chapiteaux végétaux du chœur De part et d’autre du cul-de-four, l’arc doubleau retombe sur une demi-colonne dotée chacune d’un chapiteau sculpté et entièrement ornemental. En ce qui concerne le chapiteau côté sud, on trouve une composition végétale qui s’articule autour d’une tête située au centre de la partie inférieure de la corbeille. La lecture de l’ensemble est facilitée par la peinture du qui, sur un fond rouge, fait se détacher des rinceaux tantôt verts tantôt or.

C’est donc une composition de rinceaux qui se ramifient, s’entrecroisent et se terminent en feuilles. La peinture a servi à unifier les différentes parties du chapiteau composées soit de pierre (époque romane) soit de plâtre ().

Autres chapiteaux historiés Dans cette église on trouve également quelques chapiteaux historiés dont la facture n’est pas romane mais qui présentent un certain intérêt quant aux thèmes qu’ils illustrent.

Au nord de la nef, on remarque sur le premier pilier des grandes arcades un chapiteau représentant « la Jérusalem céleste », sur le troisième pilier du même côté, « Adam et Eve » sont représentés, sur le quatrième il s’agit du « sacrifice d’Isaac ».

Au sud de la nef on remarque « Daniel dans la fosse aux lions » , thème très fréquent dans la région que l’on retrouve notamment dans l’abbaye de la Sauve Majeure. Sur le troisième pilier des grandes arcades sud, on trouve le thème de la « Fuite en Égypte ». Ici l'âne de l'Évangile est devenu un cheval. On a placé un petit tabouret pour aider la Vierge à monter en amazone. Un curieux personnage écrase un dragon qui pourrait être le roi Hérode.

On trouve par exemple sur les chapiteaux des grandes arcades, la figure de saint Pierre tenant les clés du Paradis, il tient dans ses mains une architecture qui représente soit la Jérusalem céleste soit l’église de Cadaujac dont il est le Saint Patron. Pierre, mort vers 64, de son vrai nom Simon, était un pêcheur de Galilée qui fut choisi par Jésus pour devenir le premier des douze apôtres.

D’autres chapiteaux comme celui situé au nord, représente le combat de la Vertu contre le Vice symbolisés par les deux personnages d’angle. On trouve donc les six chapiteaux de l’abbé Vendôme considéré comme le sculpteur de ces chapiteaux et non le restaurateur.