Vannoz est une commune française située dans le département du Jura, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants se nomment les Vanouillards et Vanouillardes.

Géographie

Le village de Vannoz est situé entre la rivière d'Angillon (limite avec Le Pasquier et Ardon) et le mont Rivel derrière lequel s'est développée la ville de Champagnole, à du village. Le territoire est traversé par la voie Champagnole-Poligny (la nationale 5 ou « route blanche ») qui rencontre la route de Pontarlier au pont de Gratteroche.

Le sol de la commune, majoritairement en plaine, est favorable aux cultures agricoles et à l'élevage avec des sédiments glaciaires et des près humides à la flore particulière (présence de l'Allium lusitanicum - Ail de montagne et de la Gentiana Cruciata - Gentiane Croisette et son petit papillon l’Azuré de la croisette (Maculina Rebeli) qui est rare et protégé en France« Vannoz est toujours la plus importante station de Gentiane Croisette pour la Franche Comté, c’est un site prioritaire pour la protection de L’Azuré de la Croisette (Maculinea alcon rebeli) dont elle est la plante hôte » . Des sources alimentent de nombreuses fontaines et les pentes nord du Mont Rivel sont couvertes de forêts comme les collines proches d'Ardon. Dans les époques passées on a exploité la terre marneuse pour les tuileries et briqueteries mais aussi des sablières et des carrières de pierre.

La superficie de Vannoz est de () avec une altitude minimum de et un maximum de , en haut du mont Rivel. Le village est quant à lui à environ . Le cadastre exécuté en 1823 enregistre une surface territoriale de divisés comme suit : 221 en terres labourables, 170 en pâtures, 97 en bois, 68 en prés, 5 en friches et murgers, 2ha 38a en sol et aisances de bâtiments et 86 ares en jardinsDictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté – Département du Jura– Alphonse Rousset -volume 6 (1858) page 124 et suivantes . À la fin du , l'activité agricole s'est intensifiée en modifiant les paysages par l'enlèvement des haies ou le labourage des prairies humides.

Les habitants s'appellent les Vanouillards, Vanouillardes. La commune compte au recensement publié en 2012.

Rousset dans son dictionnaire écrit poétiquement « Vu du haut du mont Rivel, Vannoz présente un aspect agréable et semble mériter le nom de Gwenet ou Wennet (le Beau), que les Celtes lui ont donné »Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté – Département du Jura– Alphonse Rousset -volume 6 (1848) page 124 et suivantes mais la présence imposante du mont Rivel qui domine le territoire de près de conduit plutôt à associer l'origine du toponyme à une racine gauloise « vanno » désignant une pente, un sommet ou un rocher (on retrouve cette base dans le nom du massif de la Vanoise ou celui du Creux-du-Van près de Neuchatel)Vincent Bichet et Michel Campy, Montagnes du Jura • Géologie et Paysages, Besançon, NÉO éditions, 2008.

Le suffixe francoprovençal -oz ne se prononce pas, il n'est qu'une indication orthographique de prononciation : l'accent tonique est sur la syllabe précédente Toponymie arpitane et Domaine franco-provençal – toponymie Aimé CHENAL, Lo Flambò 25 (1978) paages 24-31 (Revue Lo Flambò du Comité des Traditions Valdôtaines publiée à Aoste) CTV - Aoste. 3, rue de Tillier - 11100 Aoste (comme pour Saffloz ou Vertamboz dans le même département du Jura). Aujourd'hui la voyelle se prononce comme un o long fermé : /va.no/, mais pas le z final (comme pour le suffixe -az en Savoie).

Communes limitrophes

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat semi-continental et le climat de montagne. et est dans la région climatique Jura, caractérisée par une forte pluviométrie en toutes saisons ( à ), des hivers rigoureux et un ensoleillement médiocre.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Champagnole à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Vannoz est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Champagnole, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (69 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (73,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (47 %), forêts (26 %), zones agricoles hétérogènes (15,9 %), terres arables (6,1 %), zones urbanisées (4,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Économie La majorité de la population travaille à l'extérieur du village, essentiellement dans la ville de Champagnole toute proche (commerce, transport, enseignement, administration, services...) et de nouvelles habitations se construisent dans les années 2000. La commune ne compte plus que 4 exploitations agricoles spécialisées dans l'élevage des vaches laitières dont le lait alimente une importante fabrique de fromages comtois située sur la commune, à l'écart du village, dans des locaux reconstruits après l'incendie des caves et du bâtiment administratif en 2006 (l'Insee prend en compte cette entreprise et indique que 41 % des habitants travaillent encore dans l'agriculture). La Coopérative Fromagère du Mont Rivel, spécialisée en comté et morbier produit aussi du fromage à raclette : cet atelier de 12 millions de litres de lait pour 45 producteurs est la plus grosse coopérative du JuraIsabelle Pouget - Jura agricole et rural, 03 décembre 2008.

Histoire Antiquité Le territoire de Vannoz est occupé depuis l'époque celtique où un oppidum existait sur le Mont Rivel et des traces anciennes ont été identifiées sur le site d'un mégalithe appelé « La pierre lite » dans le bois de la Fresse situé sur la commune voisine. Plus tard, une villa gallo-romaine s'est développée dans le secteur de Saint-Germain-en-Montagne, au bord de l'Angillon et à proximité des voies romaines qui se rejoignaient à Pont de Gratteroche. Les observations aériennes et les fouilles du site ont montré l'existence de vestiges sur environ 20 hectares : une voie reliait la villa à l'implantation du mont Rivel en traversant l'emplacement du village actuel de VannozL'agglomération gallo-romaine de Saint-Germain-en-Montagne. L'implantation gallo-romaine qui s'appelait peut-être Plaisancia a disparu sous les ravages des barbares au .

Du Moyen Âge à la Révolution Vannoz faisait partie de la seigneurie du Montrivel, fraction de la seigneurie de Salins connue dès 1252 qui comprenait également Champagnole, Equevillon, Saint-Germain, Ney et la grange de Burgille. Un château était établi sur le mont Rivel. Au le fief a été vendu à Jean Ier de Chalon-Arlay.

À la même époque s'établit une famille noble qui prend le nom du village. Elle élève un château-fort bâti sur une motte (on le désigne comme le château de la Motte) et fonde la seigneurie de Vannoz avec pour Armes: « De sable au griffon d’or ». Elle acquiert un vaste domaine et des droits seigneuriaux comme le droit de moyenne et basse justice. Alphonse Rousset signale qu'en 1319 Hugues Ier de Chalon-Arlay « concède à Pierre de Vannoz, de nombreux privilèges, dont la disposition du bois mort dans de larges forêts. »

La seigneurie de Vannoz passe dans les mains de la famille d'Usie et en 1415, Jeanne, la nièce des seigneurs d'Usie, fille de Claude d'Usie et de Jeanne de Vannoz, a « dans son lot le château de la Motte et la seigneurie de Vannoz » qui passent à la famille de Chissey par son mariage avec Jean de Chissey. La famille de Chissey, dont le fief est près de Dole, était une famille noble d'importance dans la région : « Depuis le commencement du quatorzième siècle jusques dans le dix-septième, elle a eu son établissement à Poligny, y a possédé des fiefs & des emplois, contracté des alliances & jeté des branches. ».

Pierre de Chissey, seigneur de Vannoz, est tué en 1637, au siège de Cornod, durant la Guerre de Dix Ans, lors de la première conquête de la Franche-Comté. Sa veuve et héritière donne alors par testament la terre de Vannoz à Pierre Charreton, dit du Louverot, seigneur du Pin. Le fils de celui-ci après avoir reconstruit et transformé le château de la Motte vend le « fief de Vannoz, mouvant de la seigneurie de Montrivel »Dénomination dans un procès de 1732, le 30 septemhre 1696, à Jean-François Français et à Anne-Marie Guignoire, son épouse, moyennant 27,000 livres. (Rousset)

Son petit-fils a trois enfants : Luc-Joseph (1772-1848) émigré en 1791, qui, revenu sous l'empire, retrouve la possession de Vannoz où il meurt en 1848 (il était peintre et une inscription de son mausolée dans une chapelle de l'église du village rappelle la considération des villageois à son égardRousset : « Luc-Joseph Français de Vannoz, né le 7 juillet 1772, décédé le 22 décembre 1848. Ami des pauvres, soutien des malheureux, il mourut environné de l'estime, de l'affection de tous et des justes regrets de sa famille. Les habitants de cette commune reconnaissants ont demandé que ses restes fussent conservés au milieu d'eux. Que l'homme de bien repose en paix. »), François-Bonaventure Français de Vannoz qui épouse Philippine de Sivry en 1802, et Marie-Henriette, épouse de Stanislas BoucherLiquidation des indemnités des émigrés, 1826.

Marie de Vannoz, fille de Philippine de Sivry (la poétesse Madame de Vannoz) et de François-Bonaventure Français de Vannoz, hérite en 1848 de son oncle et fait entrer par son mariage le château et les propriétés de Vannoz dans la famille Scitivaux de Greische qui réside au château de Remicourt à Villers-lès-Nancy.