Les Governor General's Foot Guards (GGFG), littéralement les « Gardes à pied du gouverneur général », sont l'un des trois régiments de la Première réserve de l'Armée canadienne attachés à la maison vice-royale. Établi en 1872, le régiment a préséance sur tous les autres régiments d'infanterie de la réserve sauf les Canadian Grenadier Guards. C'est un régiment de gardes qui est, avec The Canadian Grenadier Guards, responsable de la Garde de cérémonie sur la Colline du Parlement et à Rideau Hall à Ottawa en Ontario. En plus de ce rôle cérémoniel, les soldats du régiment s'entraînent à temps partiel afin de servir dans des opérations des Forces armées canadiennes. L'unité fait partie du Groupe-brigade du Canada au sein de la Division du Canada et est basée dans le manège militaire de la place Cartier à Ottawa depuis 1879, le plus ancien manège militaire en opération continue au Canada. De 1954 à 1976, elle était le Bataillon des Canadian Guards.

Les Governor General's Foot Guards perpétuent l'histoire du 2nd Battalion, CEF et du 77th "Overseas" Battalion, CEF, littéralement le « Bataillon, CEC » et le « Bataillon d'outre-mer, CEC », deux bataillons du Corps expéditionnaire canadien durant la Première Guerre mondiale. Le 2nd Battalion combattit dans le Nord-Ouest de l'Europe à partir de . De son côté, le 77th Battalion se rendit en Grande-Bretagne en 1916 où il fut démantelé afin de fournir du renfort aux unités canadiennes au front. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les Governor General's Foot Guards mobilisèrent un bataillon pour le service actif. Celui-ci fut converti en une unité blindée et devint le 21st Armoured Regiment (The Governor General's Foot Guards), RCAC, , littéralement le « blindé (Les Gardes à pied du gouverneur général), CBRC, ». Il combattit dans le Nord-Ouest de l'Europe à partir de .

De nos jours, les membres du régiment sont appelés à servir volontairement lors d'opérations domestiques ou outre-mer des Forces armées canadiennes telles que l'appui apporté aux autorités civiles lors de la crise du verglas de 1998 en Ontario ou l'opération Athéna en Afghanistan dans les années 2000 et 2010. Les Governor General's Foot Guards ont reçu, au cours de leur histoire, 34 honneurs de bataille. Trois membres du régiment ont été décorés de la croix de Victoria, la plus haute récompense du Commonwealth, pour leurs actions au cours de la Première Guerre mondiale.

Rôle et organisation vignette|gauche|alt=Photo en couleur d'une fanfare militaire habillée en rouge jouant sur une place|La Garde de cérémonie devant le Parlement du Canada en août 2005 Les Governor General's Foot Guards sont un régiment d'infanterie du Groupe-brigade du Canada, un groupe-brigade de la Première réserve de l'Armée canadienne qui fait partie de la Division du Canada.. Le régiment est composé d'un bataillon et d'une musique. Le bataillon est composé de trois compagnies : une compagnie de carabiniers, une compagnie d'instruction et une compagnie d'appui.. L'unité comprend un effectif total de plus de et officiers s'entraînant à temps partiel. Elle est stationnée au manège militaire de la place Cartier à Ottawa en Ontario depuis 1879. Celui-ci est le plus vieux manège militaire en opération continue du Canada..

Les Governor General's Foot Guards sont, avec The Canadian Grenadier Guards, responsables de fournir les soldats composant la Garde de cérémonie qui effectue la relève de la garde sur la Colline du Parlement et le devoir de sentinelle à Rideau Hall durant la saison estivale à Ottawa depuis plus de ... Ils participent également à plusieurs autres cérémonies se déroulant dans la région de la capitale nationale. L'uniforme du régiment, composé de la tunique rouge et du bonnet à poil, est l'un des deux uniformes d'été portés par la Garde de cérémonie.

En plus de ce rôle cérémoniel, les Governor General's Foot Guards sont, comme c'est le cas pour les autres unités de la Première réserve de l'Armée canadienne, responsables de former des soldats afin de servir de renfort lors des opérations des Forces armées canadiennes telles que l'opération Athéna en Afghanistan ainsi que d'être prêts pour le service actif pour appuyer les autorités civiles lors de catastrophes naturelles dans la région locale telles que la crise du verglas en 1998..

Histoire + Lignée des Governor General's Foot Guards Nom Date 1st Battalion Governor General's Foot Guards Governor General's Foot Guards The Governor General's Foot Guards 2nd (Reserve) Battalion, The Governor General's Foot Guards The Governor General's Foot Guards The Governor General's Foot Guards (5th Battalion, The Canadian Guards) Governor General's Foot Guards (5th Battalion, The Canadian Guards) Governor General's Foot Guards

Origines et création Dans les années 1850, le Royaume-Uni retira la majorité de ses forces militaires du Canada pour les envoyer combattre pour la guerre de Crimée laissant le Canada avec une présence militaire presque nulle. La guerre civile américaine en 1861 força le Canada à se doter d'une force militaire. Ainsi, plusieurs corps furent créés selon le modèle britannique. L'un de ces corps était le Civil Service Rifle Corps formé dans la ville de Québec par des membres du service civil de la Province du Canada et officiellement autorisé le . En 1875, celui-ci déménagea à Ottawa en suivant le service civil qui y déménagea.. Le prince de Galles devint le colonel en chef de l'unité et celle-ci adopta son panache en tant qu'insigne. Le corps fut mobilisé le dans la foulée des raids féniens. Le de la même année, le corps devint le « Civil Service Rifle Regiment ». Une loi promulguée le causa la dissolution du régiment. Ses membres créèrent une nouvelle formation en , la Civil Service Rifle Canada Drill Association, qui obtint le statut officiel de compagnie de carabiniers le suivant. Une seconde compagnie fut créée en ..

Le , la reine Victoria approuva l'ordre général n 16 de la milice autorisant le major Thomas Ross à former un bataillon de gardes à pied nommé « 1st Battalion Governor General's Foot Guards », littéralement le « Bataillon Gardes à pied du gouverneur général ». Il fut placé directement sous l'autorité de l'adjudant-général du quartier général. L'ordre général n 18, daté du , dissout les deux compagnies de carabiniers indépendantes du service civil et les intègre au bataillon tout juste créé.. Elles deviennent ainsi les compagnies n 1 et n 2 des Governor General's Foot Guards.

vignette|gauche|alt=Photo en noir et blanc d'un groupe de militaires en uniforme|Le commandant des Governor General's Foot Guards se tient au centre de cette photo prise en 1875. Le fondateur et le premier commandant de l'unité est le lieutenant-colonel Thomas Ross. En effet, alors qu'il servait en tant que major au sein de l'Ottawa Brigade of Garrison Artillery, mais surtout alors qu'il était un haut fonctionnaire du ministère des Finances du gouvernement du Canada, il envoya, en , un mémorandum proposant au ministre de la Milice, Sir George-Étienne Cartier, de créer les Governor General's Foot Guards. Il avait d'ailleurs été l'un des premiers officiers non commissionnés du Civil Service Rifle Corps en tant que sergent à partir du avant de rejoindre l'Ottawa Brigade of Garrison Artillery en tant qu'officier.

vignette|droite|alt=Photo en noir et blanc d'un défilé militaire|Les Governor General's Foot Guards à Ottawa en 1875 À sa création le bataillon comportait deux compagnies et sa structure ainsi que son uniforme étaient basés sur ceux des Coldstream Guards de la British Army. Seulement quelques jours après sa création, en plus du lieutenant-colonel Ross, le bataillon comprenait trois officiers et . Dès 1872, le bataillon se dota également d'une musique de . Le de la même année, il fit sa première garde de cérémonie pour le départ du gouverneur général du Canada, le baron Lisgar. Deux jours plus tard, il tint sa seconde garde de cérémonie pour l'arrivée du nouveau gouverneur général, le comte de Dufferin. En septembre de la même année, le bataillon comprenait six compagnies... De plus, au moment de sa création, l'unité n'avait pas de bâtiment dédié et travaillait donc dans les bâtiments du Parlement du Canada. À partir de , elle commença à utiliser la (« hangar d'entraînement »), qui n'était ni plus ni moins qu'une grange en bois située sur la rive est du canal Rideau, partagée avec d'autres unités et auparavant utilisée par les Civil Service Rifles et l'Ottawa Brigade of Garrison Artillery, en attendant de se trouver un meilleur emplacement. Cet emplacement fut trouvé en novembre de la même année lorsque l'unité reçut la permission de louer un entrepôt situé sur la rue St. Paul. La compagnie n 1 s'y établit tandis que la compagnie n 2 se rencontrait à New Edinburgh.

L'unité fit sa première apparition publique en tenue de parade complète à l'ouverture du Parlement du Dominion les 5 et . Le gouverneur général, le comte de Dufferin, inspecta l'unité pour la première fois le jour de l'anniversaire de la reine Victoria de 1873 alors que ses membres venaient récemment de recevoir de nouveaux bonnets à poil et tuniques rouges. En 1879, le bataillon s'établit dans le manège militaire de la place Cartier qui venait d'être construit pour lui. En , il fut interdit à la compagnie N 2 de se rencontrer à New Edinburgh et elle vint rejoindre la compagnie N 1 au manège militaire. En 1881, le 43rd Ottawa and Carleton Battalion of Rifles (maintenant The Cameron Highlanders of Ottawa) s'établirent également dans ce manège.

Expédition du Nil vignette|droite|alt=Gravure en tons de gris de bateaux sur un fleuve|The Nile Expedition for the Relief of General Gordon (auteur inconnu)

En , l'adjudant général britannique, le général Lord Garnet Wolseley, prépara une mission pour aller appuyer le général Charles Gordon et ses troupes qui étaient assiégés à Khartoum au Soudan par les rebelles mahdistes. Se souvenant de son expérience favorable avec les voyageurs canadiens lors de son expédition sur la rivière Rouge dans l'Ouest canadien afin de se rendre à Fort Garry (maintenant Winnipeg) lors de la rébellion de la rivière Rouge en 1869 et 1870, le général Wolseley envoya une requête, à la mi-août, au gouverneur général du Canada, Lord Lansdowne, lui demandant d'envoyer des voyageurs canadiens pour cette expédition aux frais du gouvernement britannique, ... Le secrétaire militaire du gouverneur général, Lord Melgund, fut chargé d'organiser ce contingent principalement civil. En , environ furent recrutés. Il s'agit de la première mission outremer des Canadiens dans un conflit de l'Empire britannique..

Au sein de ce contingent se trouvaient cinq membres des Governor General's Foot Guards, un officier et quatre soldats. L'officier était le capitaine Telmont Aumond, en congé du ministère des Pêches, qui était l'un des sept volontaires de la milice qui menaient le contingent de voyageurs civils. Le groupe de voyageurs d'Ottawa quitta la capitale nationale pour se rendre à Montréal au Québec le . À partir de là, le contingent embarqua à bord de l'Ocean King le . La mission consistait à servir de bateliers menant la navigation de baleiniers transportant des soldats britanniques, des rations et des munitions pour remonter les cataractes du Nil jusqu'à Khartoum. Celle ci commença, pour la majeure partie du contingent, le . En fait, les voyageurs canadiens établirent des groupes demeurant en permanence à chacune des cataractes au lieu de suivre une unité tout au long du fleuve. Ainsi, ils devenaient plus familiers avec chacune des sections du fleuve.