thumb|Trophée de chasse au Somaliland, en 1899. vignette|Chasseur avec une tête d'ours kodiak portée sur son dos dans l'Archipel de Kodiak (Alaska, 1957). vignette|Chasseur avec le corps d'un léopard d'Afrique en Namibie (2014). La chasse aux trophées est une chasse sélective visant le gros gibier, pratiquée par les humains à des fins récréatives et caractérisée par la volonté d'attester et de commémorer le succès de la chasse, grâce à l'exhibition d'un trophée de chasse.

Celui-ci consiste en une partie de l'animal ou son corps entier, souvent gardé en souvenir pour être taxidermisé et exposé, et traditionnellement photographié aux côtés du chasseur. Le trophée contribue à faire valoir un certain statut social, comme élément ostensible attestant des talents de chasse.

Les parties de l'animal qui sont conservées comme trophée de chasse sont généralement la peau, les bois, les défenses, les cornes et la tête. La carcasse peut être utilisée comme nourriture. Traditionnellement c'est l'animal le plus âgé et le plus mature d'un groupe qui est le plus recherché, donc souvent le plus grand mâle, ou celui ayant les plus grands bois ou les plus grandes cornes.

Elle a lieu sur tous les continents et peut être aussi bien pratiquée en milieu sauvage que dans des ranchs qui élèvent du gibier à ces fins. Son influence sur la conservation de la nature et sur l'économie locale est étudiée et fait l'objet de débats. Elle est interdite sur certains territoires et l'importation des trophées de chasse est réglementée, voire interdite, dans certains pays. Là-aussi, les effets de ces limitations font l'objet de débats.

La chasse aux trophées est controversée et a donc des partisans et des opposants. Les débats autour de cette pratique concernent la question de la moralité de la chasse récréative et l'efficacité des efforts supposés des chasseurs pour la conservation des espèces de gros gibier, mais aussi le déclin observé chez les espèces qui sont les cibles de cette chasse.

Différents types de chasses aux trophées En Afrique

vignette|Un chasseur posant devant le bongo qu'il a abattu dans une réserve privée au Cameroun, 2017. La chasse aux trophées est pratiquée en Afrique depuis longtemps. En 2015, vingt-huit États africains autorisent cette pratique.

En Amérique du Nord Dans la nature

Le puma fait l'objet d'une chasse sportive sur la quasi-totalité de son vaste habitat. Selon le Washington Post, la seule population protégée au niveau national est celle de la sous-espèce Panthère de Floride. Plusieurs états, dont le Colorado, l'Utah et l’État de Washington, ont au cours des dernières années proposé une intensification de la chasse au puma pour diverses raisons, notamment pour réduire les conflits entre le prédateur et l'élevage et pour favoriser les populations de cervidés. La Californie est le seul état de l'Ouest qui interdit cette chasse.

Chasse de ranch La chasse de ranch est une forme de chasse aux trophées où les animaux sauvages sont élevés au sein d'un ranch pour y être chassés.

De nombreuses espèces de gibier telles que les antilopes cervicapres, les antilopes nilgauts, les cerf axis, les barasinghas, les mouflons d'Arménie et beaucoup d'autres espèces de cervidés, de mouflons et d'antilopes d'Afrique, d'Asie et des îles du Pacifique ont été introduites dans des ranchs du Texas et de Floride pour la pratique de la chasse aux trophées.

Ces animaux sont généralement chassés pour un tarif donné pour chaque espèce, les chasseurs pouvant payer ou plus pour avoir le droit de chasser ces animaux exotiques. Comme beaucoup de ces espèces sont menacées dans leur habitat naturel, le gouvernement des États-Unis exige que 10 % du tarif de chasse soient reversés à la conservation in situ dans les zones où ces animaux sont originaires. La chasse des animaux en voie de disparition est normalement illégale aux États-Unis en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition, mais est autorisé dans ces ranchs, car les individus qui s'y trouvent ne sont pas autochtones aux États-Unis.

En Asie

En Europe

Influence sur la conservation de la nature L'influence de la chasse aux trophées sur la conservation de la nature concerne la chasse en milieu sauvage et elle est principalement l'objet d'études sur le continent africain. Le a publié un rapport en 2016 concluant que la chasse aux trophées pouvait contribuer à l'extinction de certaines espèces.

En Afrique La chasse aux trophées a été considéré comme essentielle pour fournir des incitations économiques à la conservation des grands carnivores selon des études scientifiques parues dans Journal of Sustainable Tourism. et Wildlife Conservation by Sustainable Use..

La Tanzanie héberge environ 40 % de la population de lions d'Afrique. Ses autorités dédiées à la faune sauvage revendiquent que leur succès dans le maintien d'une population importante (par rapport à des pays comme le Kenya, où le nombre de lions a chuté drastiquement) est lié à l'utilisation de la chasse aux trophées comme outil de conservation.

Effets de la chasse aux trophées sur les populations animales Lorsqu'elle est mal gérée, la chasse aux trophées peut avoir des impacts écologiques néfastes pour les espèces cibles, tel la modification de la structure sexuelle ou des âges d'une population., la rupture sociale d'un groupe..., des effets génétiques délétères..., et même un déclin de la population lorsque les prises sont excessives... Elle peut aussi menacer la conservation. et influencer le comportement. d'espèces non-cibles. Le rôle de conservation de l'industrie de la chasse est également entravé par les gouvernements et les opérateurs de tourisme de chasse qui ne parviennent pas à déléguer des avantages pour les communautés locales, tout en réduisant la motivation qu'elles pourraient y trouver à protéger la faune.(en) Booth VR. (2010). Contribution of Hunting Tourism: How Significant Is This to National Economies. Joint publication of FAO and CIC.., ainsi que par des pratiques de chasse contraires à l'éthique, telles que le tir depuis des véhicules et la chasse close, menées par certains opérateurs qui génèrent ainsi une opinion négative et renforcent le support pour les interdictions de chasse..vignette|319x319px|Population de lion (axe des Y) en fonction du temps (en années, axe des X). Selon la Smithsonian Institution, les populations d'animaux sauvages au niveau mondial ont diminué de 52 % depuis 1970. Cette baisse se concentre fortement sur les mammifères, les oiseaux, les amphibiens et les reptiles. Elle est attribuable à plusieurs raisons, notamment la surexploitation (y compris la chasse pour la nourriture, les médicaments et les produits d'origine animale), la perte de l'habitat et les changements climatiques. Les pays en développement sont plus susceptibles de voir une importante diminution des populations de faune sauvage, pour les raisons mentionnées ci-dessus. Les pays en développement mus par le profit sont aussi susceptibles de voir une baisse dans la population comme conséquence de la réticence de leurs gouvernements à contribuer aux efforts de conservation.

Le graphique représente le déclin de la population de lion depuis les années 1800. Cette information a été prise à partir du National Geographic Big Cats Initiative.

Lutte contre la perte d'habitat Un article de Nigel Leader-Williams chercheur au de l'université du Kent, et de ses collègues, paru en 2005 dans le Journal of International Wildlife Law and Policy. affirme que la légalisation de la chasse au rhinocéros blanc en Afrique du Sud a motivé les propriétaires privés à réintroduire cette espèce sur leurs terres. En conséquence, la population de rhinocéros blancs a augmenté, passant de moins d'une centaine d'individus à plus de . L'étude de Leader-Williams a également montré que la chasse aux trophées au Zimbabwe avait doublé les zones de présence de la faune sauvage par rapport aux zones protégées par l'état. La mise en place d'une chasse légale et contrôlée a conduit à une augmentation de la superficie des terres disponibles pour les éléphants et d'autres animaux sauvages, ce qui a, selon lui, inversé le problème de la perte d'habitat et a contribué à maintenir l'augmentation durable de la population d'éléphants du Zimbabwe, qui était déjà une grande population".

Une étude menée par Peter Lindsey de l'université du Zimbabwe, parue dans la revue Biological Conservation., affirme que la chasse aux trophées est « d'une importance majeure pour la conservation en Afrique car elle entraîne des incitations économiques pour la conservation sur de vastes zones, y compris sur des zones qui peuvent être inappropriés pour des activités alternatives liée à la faune sauvage, comme l'écotourisme photographique ». Les incitations financières générées par la chasse aux trophées ont effectivement plus que doublé la superficie de terre utilisée pour la conservation de la faune par rapport à celle qui existerait s'il n'y avait que les parcs nationaux, selon cette même étude.

L'auteur et journaliste américain . affirme que si la Namibie recèle près de des noirs qui survivent à l'état sauvage, c'est parce que l’État y permet la chasse aux trophées, sans toutefois démontrer cette corrélation. La population de zèbres de montagne de ce pays a augmenté de en 1982 à en 2014. Les éléphants, qui sont abattus ailleurs pour leur ivoire, y ont vu leur population passer de en 1995. Les lions, qui étaient au bord de l'extinction « du Sénégal au Kenya », voient leur nombre augmenter en Namibie.

Financement des actions de conservation par la chasse aux trophées L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) reconnaît que la chasse aux trophées, lorsqu'elle est bien gérée, peut être durable et générer d'importants revenus pour la conservation des espèces cibles et de leurs habitats en dehors des zones protégées..

En Amérique vignette|Chasseur avec le corps d'un puma, dans le Nevada (États-Unis), en 2014.

Effet sur les conflits entre humains et animaux Aux États-Unis, les quotas de chasse au puma ont eu un effet négatif sur les populations de cet animal, mais également sur les populations humaines des communautés environnantes. Selon Robert Wielgus, directeur du laboratoire de conservation des grands carnivores à l'université d'État de Washington, lorsque trop de pumas sont chassés, des problèmes démographiques à l'échelle de la population entière surviennent. Le puma mâle est extrêmement territorial et va souvent à la recherche de femelles sur son territoire à la fois pour s'accoupler et pour tuer tous les petits dont il n'est pas le père afin d'assurer de la place pour sa propre progéniture. Ces jeunes pumas sont les principaux responsables du bétail tué et des interactions indésirables avec les humains. En outre, ils poussent souvent les femelles et leurs petits à se cacher ou à trouver un autre territoire, les forçant à chasser de nouvelles proies. Il affirme dans son étude que "fondamentalement, la conclusion principale est que la chasse intensive des pumas était en fait à l'origine des problèmes constatés".

Une étude parue dans la revue BMC Ecology, portant sur la chasse au puma en Colombie-Britannique (Canada) entre 1979 et 2008, a montré qu'une chasse aux trophées intensive de cette espèce était corrélée à d'intenses conflits entre pumas et humains. Au vu des résultats, les chercheurs ont émis l'hypothèse explicative suivante : les chasseurs de trophées tuant préférentiellement les mâles adultes, la mort de ces derniers entraînerait une compétition des jeunes mâles pour le territoire laissé vacant, et donc davantage de déplacements, ce qui générerait davantage de conflits avec les humains. Ces conflits entraînent une mortalité accrue des pumas et constituent une menace pour l'espèce.

Influence économique Effets négatifs perçus de la chasse aux trophées