Saint-Amour est une commune française située dans le département du Jura, la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.
Ses habitants sont appelés les Saint-Amourains et Saint-Amouraines. Sa population est de au recensement de . Elle est membre de la communauté de communes Porte du Jura.
Géographie Localisation Située à l'extrême sud-ouest de la Franche-Comté, Saint-Amour est limitrophe des départements de l'Ain et de la Saône-et-Loire.
Le bourg se trouve à au nord de Bourg-en-Bresse, au nord-est de Lyon, au nord-est de Mâcon, au sud-est de Chalon-sur-Saône, au sud de Louhans, au sud-ouest de Lons-le-Saunier, au sud-ouest de Besançon et au nord-ouest de Genève.
Géologie et relief Saint-Amour occupe les premières pentes du massif du Jura tout en débordant sur la plaine bressane. Les altitudes vont de 200 m (au point de sortie de la rivière BesançonPrès de la fin de la route appelée « Aux Chanaies ».) à 446 mètres (sur les pentes en direction de L'AubépinLieu exact à préciser.).
Hydrographie
Le territoire de la commune est situé dans le bassin Rhône-Méditerranée-Corse.. Il est arrosé par le Besançon, affluent du Solnan et sous-affluent de la Saône de 15 km de longueurAprès avoir quitté la commune, le Besançon est appelé « Bief de Besançon » (selon Google Maps).. Le Besançon constitue la limite ouest de la commune, au contact du département de l'Ain.
Son principal affluent dans la commune est le Bief de Reille.
Voies de communication La principale route est la qui relie Lons-le-Saulnier et Bourg-en-Bresse, parallèle à l'autoroute A39 (Lyon-Dijon). L'entrée autoroutière la plus proche (n° 10, péage de Beaupont, sur la en direction de Pont-de-Vaux) se trouve à environ 3 km du centre du bourg.
Deux autres routes notables relient Saint-Amour à Moirans-en-Montagne () et à Mâcon ().
La commune est desservie par la ligne de chemin de fer de Mouchard à Bourg-en-Bresse (section de la liaison Lyon-Strasbourg) et est dotée d'une gare.
Saint-Amour est aussi le départ du GR 9 qui va jusqu'à Port Grimaud dans le VarPrécisément à la plage de Saint-Pons-les-Mûres..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Bourgogne, vallée de la Saône, caractérisée par un bon ensoleillement (), un été chaud (), un air sec au printemps et en été et des vents faibles.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Varennes-Saint-Sauveur à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme thumb|Le parc public, près de la tour Saint-Guillaume. Typologie Au , Saint-Amour est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-AmourUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. Dans le cas de l'unité urbaine de Saint-Amour, il y a une ville-centre et deux communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Amour, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (69,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (41,2 %), forêts (16,9 %), zones agricoles hétérogènes (14 %), zones urbanisées (12,4 %), terres arables (10,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Histoire Moyen Âge En 585, Gontran , roi de Bourgogne, petit-fils de Clovis, fit édifier à Vincennes-la-Jolie qui n'était alors qu'une bourgade dans un territoire appartenant aux évêques de Mâcon, puis dans la moitié du à Albéric de Narbonne-MâconC'est l'époque où les comtes de Mâcon étendent leur influence Outre-Saône, dans les royaumes de Transjurane puis des Deux-Bourgognes (ou Royaume d'Arles), acquérant Salins et préparant ainsi la formation du comté de Bourgogne aux alentours de l'an mil., une église destinée à abriter les reliques de saint Amator et saint Viator : deux soldats chrétiens de la légion thébaine censés avoir été tués à Saint-Maurice d'Agaune en Valais. La garde des reliques fut confiée à des religieux qui établirent un monastère proche de l'église. Les miracles attribués aux reliques attirèrent de nombreux pèlerins dans la bourgade qui se développa autour de son église. Les successeurs de Gontran donnèrent ce fief à l'évêque de Saint-Vincent-de-Mâcon : celui-ci fit construire un château et des murailles pour la défense du bourg, qui au fil des siècles, prit le nom de Saint-Amour.
Au Moyen Âge sont édifiés une forteresse et des remparts pour conforter la position stratégique de la bourgade, située entre le massif jurassien et la plaine bressanne sur la route de Lyon à Strasbourg.
De 1262 à 1789, Saint-Amour dépend du bailliage royal d'Orgelet. Six maisons y régnèrent successivement, et les sires, barons puis comtes de St-Amour étaient Grand-maréchal de l'Eglise de Besançon. :
les sires de Salins (descendants d'Albéric de Narbonne) jusqu'à leurs héritiers directs de la Maison de Mâcon-Vienne ; Gaucher III († 1175) et son frère Humbert IV de Salins sont suivis par la fille héritière de Gaucher, Maurette de Salins († entre 1184 et 1200), femme en 1152 de Géraud Ier de Mâcon-Vienne (1124 - 1184), d'où Gaucher IV de Mâcon-Salins (1153-1219)) ; les sires de l'Aubépin (-1454), à partir de Geoffroy de Laubépin qui obtint St-Amour en fief de Gaucher IV (semble-t-il dans la moitié du , donc avant 1200) ; les Toulongeon, environ de 1452 à 1460/1462 : car Claudine de Laubépin († 1497 ; fille héritière de Claude de Laubépin qui fonda le couvent des Augustins de St-Amour en 1438, et de sa femme Marguerite, fille de Guillaume IV de Tournon), maria : 1° avant 1452 Jehan III de Toulongeon de Sennecey (né v. 1416/1425-† v.1460/1462), veuf de Catherine de Roussillon ; et 2° vers 1464 Jean de Damas († 1481), seigneur de Digoine et de Clessy, chambellan du duc Charles, chevalier de la Toison d'Or en 1468, gouverneur du Mâconnais, rallié à Louis XI en refusant de servir le parti de Marie de Bourgogne ; le frère de Claudine de L'Aubépin, Guillaume de Laubépin, associé à leur père Claude, était mort après 1441, mais avant ce dernier ; la famille de Damas de Digoine, de 1464 environ à 1548, par le mariage de Claudine de Laubépin ; la famille de La Baume (La Balme)-Saint-Amour (1548-1770), car Jean II de Damas de Digoine, fils de François de Damas de Digoine et petit-fils de Jean et Claudine de Laubépin, céda en 1548 St-Amour à son beau-frère Philibert II de La Baume, sire de Pérès et Corgenon († vers 1568 ; fils de Philibert de La Baume/de La Balme et beau-fils de Péronne de Poupet de la Chaux, une des femmes de Philibert ), époux en de sa sœur Françoise de Damas ; le fils de Françoise et Philibert II, Louis de La Baume, est fait comte de Saint-Amour en 1570 par Philippe II d'Espagne, comte de Bourgogne ; leur descendance court jusqu'à Jacques-Philippe de La Baume, comte de St-Amour et sire de La Chaux, † en 1770 sans postérité ; enfin, Claude-Antoine-Clériadus de Choiseul (1733-guillotiné en 1794) prit le nom de Choiseul-La Baume en l'honneur de sa femme Diane-Gabrielle de La Baume-Montrevel, mais aussi car ledit comte Jacques-Philippe de La Baume lui légua en 1770 la terre de Saint-Amour, dont il fut le dernier comte et seigneur jusqu'à la Révolution.
L'âge d'or de la cité (1548-1637) À partir de 1548, la cité passe sous a suzeraineté de la famille De La Baume (ou de La Balme en Bugey). Philibert de la Baume, développe le commerce, l'industrie et l'agriculture. Il fait planter des châtaigniers dont les fruits nommés Marrons de Lyon, firent la réputation et la richesse de Saint-Amour. De nombreuses fabriques voient le jour et particulièrement une fabrique de chapeau : la première de la région. Une carrière de marbre est découverte et exploitée, servant notamment à la décoration du château et de l'église. Saint-Amour devient une des villes les plus prospères de la Franche-Comté. La Baume développe aussi les marchés qui permettent l'écoulement des produits de la cité dans les régions voisines de la Bresse, du Bugey et de Savoie.
En 1552, elle est décrite par Cousin comme une ville remarquable par son commerce, assez grande et assez puissante (...). Cette ville s'honore d'un certain nombre d'hommes distingués par toute sorte de mérites...
Saint-Amour a subi trois sièges et cinq invasions liées à la conquête française. Elle résiste aux assauts des troupes de Louis XI (1477) et d'Henri IV (1595), mais celles du duc de Longueville (1637) et de Louis XIV (1673-1674) la dévastent. Ville riche, prospère et stratégique, elle fait partie des premiers objectifs des Français lors de la guerre de Dix ans. Elle est démantelée puis rattachée à la France, avec la Franche-Comté en 1678 par le traité de Nimègue. Mais c'est particulièrement le siège de 1637 ainsi que les destructions qui s'ensuivirent qui mirent à bas la prospérité de la cité et détruisirent son commerce si florissant.