André Pierre Louis Boris, né le à Toul (Meurthe-et-Moselle) et mort le à Paris, est un officier français, général de corps d'armée au Service de l'inspection générale de l'artillerie (1940), mis à la retraite en 1940 en vertu du statut des Juifs du régime de Vichy.

Biographie

Son père, Paul Léon Boris, est notaireJournal des notaires et des avocats , , 1887 de profession et sous-lieutenant d'infanterie, attaché à la trésorerie de l'armée des Vosges en 1870.

Par sa mère, Gabrielle Alexandre, il est le neveu du général René Alexandre (1864-1932), polytechnicien, général de division, et le neveu de l'ingénieur des Ponts et Chaussées, Paul Alexandre. André Boris est également lié à la famille de Paul Léon époux de Madeleine Alexandre fille de Paul Alexandre et Jeanne Lévy.

André Boris est cousin de Georges Boris, directeur de cabinet de Léon Blum en 1938 et épouse Marguerite Blum le au Consistoire israélite de Paris. « Les Boris sont patriotes, républicains et résolument laïques ».

Il a fait ses études au collège de Toul où il obtient les premiers prix de version grecque, histoire et géographie. Son livret scolaire mentionne à plusieurs reprises « élève intelligent studieux, a fait les efforts les plus consciencieux, progrès remarquable, travail méthodique, bon élève, sérieux, avec plus de réflexion et de maturité, fera de bonnes études »Collège de Toul, Livret scolaire de l'élève Boris André Pierre Louis, années scolaires 1890-1894.

Il intègre l’École polytechnique en 1895, puis l’École supérieure de guerre en 1910.

Durant l'affaire Dreyfus, bien que convaincu de l'innocence du condamné, il garde une confiance totale dans la justice rendue ; il entretient alors une correspondance avec Justin Dennery, également futur général.

Le régime de Vichy

Condamnation du général de Gaulle Le maréchal Pétain étant partisan de l'armistice franco-allemand du 22 juin 1940, il fait immédiatement juger le général de Gaulle - qui a lancé son appel du 18 juin à continuer le combat avec les Alliés. Le général Boris est chargé de la présidence du Tribunal militaire à Toulouse, qui condamne le juillet 1940 Charles de Gaulle pour refus d’obéissance à 4 ans d’emprisonnement et cent francs d’amende.

Mais Pétain trouve la peine trop légère, et Maxime Weygand (nouveau ministre de la Défense de Pétain) fait rejuger l'affaire par un autre tribunal à Clermont-Ferrand, qui dès le 2 août 1940 condamne Charles de Gaulle par contumace à la peine de mort, à la dégradation militaire et à la confiscation de ses biens.

Mise à la retraite en vertu du statut des Juifs Boris aide à créer le réseau Camouflage du matériel. Bien que laïc, il prend part en aux débats de l'assemblée générale de l'Association des rabbins français sur la politique de l'État français vis-à-vis de la communauté.

Le général Boris est mis d'office à la retraite en vertu de son appartenance à la « race juive » conformément aux lois sur le statut des Juifs du régime de Vichy. Il rédige, en tant que le plus ancien dans le grade le plus élevé des officiers israélites, une lettre de protestationLettre conservée au Centre de documentation juive contemporaine, ref. CLXIX-105 adressée au maréchal PétainLe Monde, Daniel Amson, Vichy promulgue le statut des juifs , 7 et 8 octobre 1990 le . au nom de tous les dégradés : « Je ne connais pas d’autre exemple, dans l’histoire de France, de sanctions collectives de cette gravité, prononcées sans que la défense ait été entendue… Bien que je ne sois le mandataire de personne, j’associe par la pensée à ma protestation tous les camarades de combat qui ont versé leur sang pour la patrie en 14-18 et 39-40. J’estime avoir le droit et le devoir d’élever cette protestation. Le droit, parce que j’appartiens à une famille française depuis des siècles et qui a donné à la France nombre de fonctionnaires et d’officiers honorables et honorés ; parce que j’ai servi moi-même, pendant quarante-quatre ans, avec une dignité qui, je crois, a été reconnue par tous ; parce que j’ai pour ma patrie, qui fait partie du patrimoine de mon cœur (et) de ma pensée. ».

Il se réfugie à NîmesL. Simon, Les juifs à Nîmes et dans le Gard durant la Deuxième Guerre mondiale de 1939 à 1944, , Éd. Lacour, 1985 et anime le Comité d'assistance aux réfugiés où il contribue avec le HICEM à aider l'émigration des Juifs du Gard.

À son décès en 1946, le colonel Louis Fort écrit : « De passage à Paris, je n'ai pas manqué de faire une visite au Val de Grâce à mon ancien et vénéré chef le général Boris. C'est avec une grande douleur que j'ai appris que le général était décédé le . Croyez bien que je suis très affecté par la disparition prématurée d'un chef bon, juste et particulièrement qualifié pour les postes les plus élevés et qui avait toujours été pour moi d'une grande bienveillance. La France a perdu un chef que la trahison vichyste a essayé d'humilier. Mais le dévouement et l'affection des anciens subordonnés du général l'ont toujours soutenu dans l'épreuve. Fort, colonel d'artillerie en retraite, Metz. » Etats de service 1906 : lieutenant 1910 : capitaine à l’état-major d’une division. 1914 : état-major infanterie de réserve 1916 : état-major 1918 : chef d’escadron, E.M. 1919 : état-major 1924 : lieutenant-colonel 1927 : colonel 1931 : général au brigade, le 1933 : directeur de l’artillerie au ministère de la Guerre 1938 : commandant de la militaire, prend officiellement possession de son commandement le 01/07/1938 1939 : général du corps des armées, , CA 1940 : général de Corps d’armée, service Inspection générale de l’artillerie 1942 : mis d'office à la retraite le « en raison de son appartenance à la race juive » 1944 : réintégré le en vertu de l’ordonnance « en qualité de Juif »

Distinctions

Décorations () ; chevalier du Ordre du 4 août 1915 du GQG des Armées de l'Est, officier du Journal officiel de la République française. Lois et décrets, , 28 décembre 1827 () 1914-1918 (Belgique) () (protectorat français au Maroc) () (Royaume-Uni) () Décoration de de l'ordre du Soleil levant (Japon),

Honneurs Diplôme de président d'honneur de la de la Fédération nationale des sous-officiers des Armées de terre, de mer et de l'air,

Références

Voir aussi

Documentation . Archives du général Boris déposées au Service historique de la Défense à Vincennes, cote 13 YD 635

Liens externes

Catégorie:Naissance en août 1878 Catégorie:Naissance à Toul Catégorie:Élève de l'École polytechnique Catégorie:Militaire français du XXe siècle Catégorie:Militaire français de la Première Guerre mondiale Catégorie:Général français promu en 1931 Catégorie:Militaire français de l'armée de Vichy Catégorie:Chef militaire de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1938 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre belge 1914-1918 Catégorie:Commandeur de l'ordre du Ouissam alaouite Catégorie:Titulaire de la croix militaire (Royaume-Uni) Catégorie:Décès dans le 5e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 67 ans Catégorie:Décès en juin 1946