Le Nouvelliste est un quotidien de langue française fondé le à Trois-Rivières au Québec. Il est publié en format numérique du lundi au dimanche. Le journal couvre le territoire de la région de la Mauricie et de la partie de la région du Centre-du-Québec située au nord de l'autoroute 20. Il est actuellement édité par la Coopérative Le Nouvelliste, membre du groupe de presse Coopérative nationale de l'information indépendante depuis 2020.
Historique
Les prémices du Nouvelliste Le Nouvelliste, créé à Trois-Rivières, prend forme en 1920 dans un contexte de grands changements dans le Québec. Plusieurs autres journaux ont vu le jour à Trois-Rivières mais sont tous tournés vers l’échec mis à part le Trifluvien, qui sera au cœur de la naissance du Nouvelliste. Les journaux trifluviens n’ont pas tous la même attention dans la Mauricie. La première apparition d’un journal à Trois-Rivières se situe dans les années 1800. La Gazette de Trois-Rivières apparaît comme un journal indépendant. S’inspirant grandement de l’influence de la Gazette de Québec, La Gazette de Trois-Rivières inaugurait une première apparition d’un journal mauricienHenri VALLÉE, Les Journaux Trifluviens de 1817 à 1933, Trois-Rivières, Les Éditions du « Bien Public », 1933, p.7..Ce journal était le principal dans la ville de Québec et continuait pendant de nombreuses années à être actif, mais popularité des journaux à Trois-Rivières n’était pas aussi présente qu’à Québec.
D’autres journaux ont eu un impact considérable et peuvent être mentionnés pour comprendre comment le Nouvelliste est apparu dans la région. Un second journal est apparu après la disparition de ladite gazette, le Journal de Trois-Rivières en 1865Henri VALLÉE, Les Journaux Trifluviens de 1817 à 1933, Trois-Rivières, Les Éditions du « Bien Public », 1933, p.28., qui signe le plus long règne en demeurant près de 26 ansHenri VALLÉE, Les Journaux Trifluviens de 1817 à 1933, Trois-Rivières, Les Éditions du « Bien Public », 1933, p.32.. Il comprend des nouvelles politiques, économiques et culturelles. Quinze ans après son instauration, un autre périodique est né, le journal le Concorde. Le directeur du journal est en fonction au Parti libéral. Il se bat avec le journal de Trois-Rivières aux aspirations conservatrices. On remarque que ces journaux ne perdurent pas à Trois-Rivières et finissant par mourir financièrement et à cause de leurs idées politiques qu’ils défendent.
L’année 1880 signe le début de l’ère du Nouvelliste. En effet, c’est grâce au périodique le Concorde que l’on obtient les premières informations concernant un numéro du quotidienHenri VALLÉE, Les Journaux Trifluviens de 1817 à 1933, Trois-Rivières, Les Éditions du « Bien Public », 1933, p.45.. C’est seulement quelques années plus tard, en 1908, que Le Nouvelliste apparaît officiellement comme un journal officiel à Trois-RivièresHenri VALLÉE, Les Journaux Trifluviens de 1817 à 1933, Trois-Rivières, Les Éditions du « Bien Public », 1933, p.57.. L’incendie de 1908 signe la fin d’une ère politique dans les journaux. Ces derniers, tel que le Trifluvien, disparaissent totalement de la surface puisque la bâtisse de l’éditeur des journaux de Trois-Rivières brûle. Ainsi, il n’y a plus aucun journal abordant des positions politiques, et les éditeurs ne veulent plus avoir affaire avec la politique. C’est pour cette raison que Le Nouvelliste a comme principal objectif de faire la promotion des activités économiques de la région, de montrer le progrès, de partager des nouvelles heureuses et de partager les nouvelles mauriciennesHenri VALLÉE, Les Journaux Trifluviens de 1817 à 1933, Trois-Rivières, Les Éditions du « Bien Public », 1933, p.78..
Débuts Lors de l’arrivée de Joseph Herman Fortier, fondateur du Nouvelliste, ce dernier possède un magasin et commence à faire de la publicité. Ainsi, il crée un quotidien où il tente de faire grandir ses affairesMarilyn CÔTÉ et al., LeNouvelliste Au cœur de notre histoire depuis 1920, Montréal, Éditions Histoire Québec, 2022, p.2.. De manière générale, son quotidien consiste à faire fructifier les revenus de la boutique. Grâce à la distribution du journal, il fait la publicité de sa boutique. D’abord, le quotidien régional montre une visée expansionniste dès ses débuts. En fait, cela vient principalement de la pensée régionaliste effervescente des Mauriciens qui se développe dans la région de Trois-Rivières et dans ses environsMarilyn CÔTÉ et al., LeNouvelliste Au cœur de notre histoire depuis 1920, Montréal, Éditions Histoire Québec, 2022, p.16. C’est lorsque le monde entre dans les Années folles de 1920 que les Mauriciens prennent conscience de l’importance de l’industrie des pâtes et papier. Les pâtes et papiers sont un exemple, mais plusieurs autres secteurs mènent à cette effervescence régionale, notamment, l’hydroélectricité qui est en essor avec la nouvelle compagnie de Shawinigan. Le réseau de forêts considérable permet cet essor en Mauricie. On considère même sur le moment que Trois-Rivières est inscrit au troisième rang dans la production industrielle au Québec. Cette boucle industrielle montre comment Le Nouvelliste a perduré comme le principal journal de Trois-Rivières en étant le seul au début des années à avoir une grande importance dans la région, en développant une excellente réputation et en étabt distribué en quantité industrielle. Cette situation mène à une réelle avancée et reconnaissance de la région mauricienne dans les années 1920. La Mauricie joue un rôle de premier plan dans le développement de la province. En effet, le journal des années 1920 et des années 1930 faisaient « la promotion de l’agriculture, de l’exploitation des ressources naturelles, de la multiplication des usines et de l’achat localMarilyn CÔTÉ et al., LeNouvelliste Au cœur de notre histoire depuis 1920, Montréal, Éditions Histoire Québec, 2022, p.17. ».
Cette implication du Nouvelliste dans les affaires économiques, sociales et municipales de la ville de constituait un élément d’avant-plan pour la continuité du journal. En quelque sorte, grâce à sa période d’essor industriel, le Québec est devenu le premier producteur de papier au Canada, et on vient même à dire que la Mauricie devient la capitale du papierJacques LACOURSIÈRE, Histoire populaire du Québec tome 4, Québec, Septentrion, 2021, p. 207.. Ce fait découlait de l’émergence des industries forestières dans la région de la Mauricie. Depuis les années 1800, on a vu la naissance de plusieurs journaux. C’est dans ces années que les premières industries forestières émergent dans la région. Aux abords des années 1920, les industries suivent le mouvement mondial. D’une même façon, Le Nouvelliste entre en essor complet lorsque celui-ci décide de faire la promotion de l’économie de la région. Certaines industries seront d’une grande importance pour le développement du quotidien. Parmi les industries en essor, on retrouve la Canadian International Paper Company, qui sera la principale industrie de la région mauricienneMarilyn CÔTÉ et al., LeNouvelliste Au cœur de notre histoire depuis 1920, Montréal, Éditions Histoire Québec, 2022, p. 26.. CIP voit le jour en 1919, une filiale de l’International Paper de 1916. Cette dernière, construite dans la région, est une industrie énorme. La compagnie devient une des compagnies de pâtes et papiers les plus importantes au monde. En 1920, la construction de nombreuses machines est entamée au sein de l’industrieDaniel ROBERT, « Papeterie Canadian International Paper de Trois-Rivières », Trois-Rivières NUMÉRIQUE (26 aout 2024), Papeterie Canadian International Paper de Trois-Rivières - Trois-Rivières Numérique (Page consultée le 10 avril 2025).. La production de journaux explose, mais cet essor est dû aux années folles. Le journal Le Nouvelliste est le principal profiteur. La caractéristique qui permet au jounral d’être produit et influent est sans aucun doute le fort taux d’emploi des bûcherons dans la région de la Mauricie En 1923, près de 25 000 bûcherons contribuent au développement du quotidien. Cela donne un premier souffle au journal et qui lui permet de prendre ces aises sur le marché économique de la région. Le directorat se donne lui-même le titre : « Le seul journal quotidien publié dans la plus importante région manufacturière de papier au monde».
Fondateurs et figures clés du journal
De 1920 a 2000 En 1920, Trois-Rivières connaissait une période de prospérité économique marquée par l’industrialisation et la croissance des affaires locales. Dans ce contexte, Joseph-Hermann Fortier, un homme d'affaires et directeur général des magasins P-T Légaré, décide de fonder le quotidien Le Nouvelliste. Pour réaliser son projet, Joseph-Hermann Fortier acquiert l’imprimerie Le Trifluvien, fondée en 1917 par l’avocat et journaliste J.-Alfred Cambray. Ce dernier avait relancé le journal à cette époque, et en 1920, Fortier reprend l’imprimerie sous le nom Le NouvellisteHenri VALLÉE, Les Journaux Trifluviens de 1817 à 1933, Trois-Rivières, Les Éditions du « Bien Public », 1933, p. 77.. L’objectif principal derrière cette initiative était de soutenir la croissance de son propre commerce tout en stimulant celle des autres marchands de la ville. En s’associant avec Romuald Bourque comme directeur et avec Émile Jean comme rédacteur en chef, Fortier met en place un journal qui, au-delà de son rôle traditionnel d’information, se veut un véritable outil de promotion économiqueAndré BEAULIEU et Jean HAMELIN, « La presse québécoise des origines à nos jours », Les presses de l’université Laval, T. 6 (1984), p.19.. Le journal offre une plateforme pour que les marchands de Trois-Rivières puissent mettre de l’avant leurs produits et services, renforçant ainsi l’économie locale. Dès ses débuts, le journal comprend une dizaine d’employées qui couvrent notamment les nouvelles locales et régionales et il se fixe également comme objectif principal de conserver son indépendance politique. Dans les années 1930, la Grande Dépression frappe durement l'économie, et Trois-Rivières n'échappe pas à cette crise. Le commerce de Légaré, dirigé par Fortier, subit de lourdes pertes. La situation devient de plus en plus insoutenable, et en 1935, Fortier se voit contraint de déclarer failliteAndré BEAULIEU et Jean HAMELIN, « La presse québécoise des origines à nos jours », Les presses de l’université Laval, T. 6 (1984), p.20.. Face à cette situation financière difficile, Fortier prend la décision de vendre le journal Le Nouvelliste. C'est ainsi que le quotidien passe sous la propriété de Jacob Nicol, un homme d’affaires et propriétaire de plusieurs autres journaux au QuébecN.D, Le Nouvelliste : 75 ans de vie régionale : 1920-1995, Trois-Rivières, Association des retraités-ées et des ainés-ées du Nouvelliste, 1995, p. 209..
Le , le quotidien passe sous les mains de Honoré Dansereau et son fils Pierre. Avec les nouveaux propriétaires, le journal connaît un grand succès et embauche une centaine de personnesAndré BEAULIEU et Jean HAMELIN, « La presse québécoise des origines à nos jours », Les presses de l’université Laval, Tome 6 (1984), p.21.. Gérald Godin, à la fois homme politique et écrivain, travaille comme journaliste pour Le Nouvelliste durant cette période, soit de 1959 à 1961, avant de rejoindre Le nouveau journal de Montréal en 1961.