thumb|Théière du service Gui, Paris, musée d'Orsay.
Edmond Lachenal, pseudonyme d’Édouard Achille Lachenal, né le à Paris, ville où il est mort, dans le , le , est un céramiste, peintre et sculpteur français.
Biographie Son père est Jean-Pierre Lachenal. Edmond Lachenal a épousé Anna Cloarec. Ils ont deux enfants : Raoul et Jean-Jacques. Les deux seront des céramistes reconnus.
Dès 1867, Edmond Lachenal est apprenti potier. à Vaugirard chez Victor Rouvier. En 1870, Edmond Lachenal s'engage dans la garde nationale, il fait partie des volontaires au Dossier Légion d'honneur sur la base Leonore.
Il est embauché par Théodore Deck, céramiste connu pour ses innovations techniquesNotamment ses reliefs sous émaux transparents., pour ses écrits et ses créations. En 1875, Lachenal est dispensé de service militaire. Il devient chef d'atelier chez Deck. Il crée son propre atelier en 1881 à Malakoff., puis il déménage à Châtillon-sous-Bagneux. Il transférera ensuite son atelier au rue de Verneuil à Paris.
Poursuivant les travaux de son maître, Edmond Lachenal met au point l'émail mat , pour reprendre l'expression de Maurice RheimsMaurice Rheims, L'objet 1900, Éd. Arts et métiers graphiques, 1964, p. 42.. Cette invention, reconnue par les sculpteurs comme valorisant leurs œuvres, lui permet de collaborer avec plusieurs d'entre eux.
Il participe à de nombreuses expositions« Lachenal » sur le Centre de documentation des musées.. Pour l'Exposition universelle de 1889, il envoie une paire de vases en faïence crème, ornés de branchages rouges en relief. Il présente aussi un service, orné d’animaux, pour Sarah Bernhard, ce qui lui vaut une médaille d'or. C'est la renommée dont il bénéficie alors qui conduira la revue Les Annales à lui commander le servie de table. Il est présent à l'Exposition universelle de 1900, au Salon de la Société nationale des beaux-arts à partir de 1891, et au Salon des artistes décorateurs dont il est membre actif en 1904.
En 1904 également, Edmond Lachenal abandonne la céramique et transmet son atelier à son fils Raoul. Il se tourne alors vers la comédie et joue avec Sarah Bernhardt. Il se consacre également à la peinture sur chevalet et au pastel.. Son nom continue cependant d'apparaître, par exemple, dans le catalogue du Salon des artistes décorateurs de 1920, dans lequel son fils Raoul expose, il est mentionné son changement d'adresse pour le rue Delannoy à Versailles.
Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur par décret du et officier par décret du ..
Edmond Lachenal meurt le en son domicile dans le 7 arrondissement de ParisArchives de Paris 7e, acte de décès , année 1948 (page 15/31), et, a été inhumé au cimetière communal de ChâtillonRegistre des pompes funèbres payantes, année 1948 en date du 12 juin (page 17/21).
Ses créations
Les étapes de son œuvre Edmond Lachenal est d'abord remarqué comme collaborateur de Théodore Deck : il reçoit une mention très honorable à l'Exposition universelle de 1893 à Vienne en 1873. Deck en fait alors son chef l'atelier. Les premières créations qu'il réalise dans son propre atelier, qu'il crée en 1881, sont encore très proches de celles réalisées chez Deck. Il produit des faïences dans le goût d'İznikJean Bedel, Dictionnaire des antiquités, Paris, Larousse, 1999, p.320..
Après avoir reçu la médaille d'or à l'Exposition universelle de Paris en 1889, il se tourne vers le grès, puis les grès flammés, tout en poursuivant ses productions antérieures. il est, comme beaucoup d'artistes de cette période, influencé par le japonisme et par l'Art nouveau.
Collaboration avec d'autres artistes Tout au long de son activité, Lachenal collabore avec d'autres artistes, en particulier avec des sculpteurs. En général le sculpteur façonne sa pièce qu'il confie à Lachenal ; ce dernier procède alors au glaçage et à la finition.
Lachenal travaille avec Georges de Feure (qui poursuivra avec Raoul Lachenal), ainsi qu'avec Hector Guimard pour ses entrée du métropolitain, avec Auguste Rodin, Louis Dejean, René de Saint-Marceaux, Agnès de Frumerie, Jeanne Jozon…
Le service de table pour Les Annales politiques et littéraires Le journal Les Annales politiques et littéraires commande à Edmond Lachenal un service de table destiné à la vente à ses abonnésLes Annales politiques et littéraires : revue populaire paraissant le dimanche, dir. Adolphe Brisson, 27 décembre 1903 ([gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5710663j/ en ligne]).. Ce service de tableLachenal Edmond 1855 - 1915 à 1955 Verseuse, tasse et soucoupe du service à café « Gui ». entre 1900 et 1914. Faïence, rehauts d'or. Manufacture Keller & Guérin. Don de Professeur Michel Martin, 2002 OAO 1393 et 1394 (1 et 2) Site Orsay - Notice OAO 1393 Lachenal Edmond 1855 - entre 1915 et 1955 Plat, genre Iznik. vers 1885. Faïence. Don de Jacqueline Libois, 1999 OAO 1368. Site Orsay - Notice OAO 1368. est vendu aux abonnés de la revue pour le prix de pour et de pour À titre de comparaison, le prix d'un abonnement ordinaire annuel à la revue des Annales est de .. Le journal publie une longue lettre de l'artiste qui décrit de façon sommaire les phases de production et de façon précise ce qu'il a conçu et qui a trait à la décoration ; il explique la façon dont celle-ci est posée sur les pièces. Le musée d'Orsay à Paris conserve des pièces de ce serviceL'association SAMAO (Société des amis du musée d'Orsay) a reçu par donation des pièces du service à café, qu'elle a remis au musée d'Orsay. Elle a également reçu en donation un plat genre Iznik, qu'elle a également remis au musée..
Les phases de fabrication Edmond Lachenal résume ainsi les étapes de fabrication :
Le motif de décoration Il décore le service qu'il crée en retenant comme base le gui :
La réalisation de la décoration Les phases techniques d'application de la décoration sur les pièces du service sont décrites avec précision :
Edmond Lachenal ne réalise pas lui-même les opérations techniques, il travaille avec la manufacture Keller et Guérin à Lunéville.
Réception critique Louis Énault, journaliste et romancier, écrit, en 1895, dans la revue La Grande Dame : revue de l'élégance et des arts, en rendant compte d'une exposition d'art décoratif moderne : Louis Énault, « Exposition d'art décoratif moderne », La Grande dame : revue de l'élégance et des arts, publié sous la direction de F.G. Dumas, 1895, p. 26-32 ([ark:/12148/bpt6k54308439 en ligne]).
La reconnaissance de la qualité des créations d'Edmond Lachenal n'est pas perceptible seulement dans les expositions ou les articles de presse, de grands artistes de son temps se sont portés acquéreurs de ses travaux. Ainsi Anne Lajoix rapporte, dans un article sur « Auguste Rodin et les arts du feu », que Rodin achète, dès 1895, des œuvres en grès d'Edmond Lachenal, et qu'il collaborera ensuite avec luiAnne Lajoix, « Auguste Rodin et les arts du feu », Revue de l'art, n°116, 1997, pp. 76-88 (en ligne)..
Dans un article paru en 2003 dans Le Monde, Roxana Azimi écrit : , mais elle note , dont le prix est nettement supérieur à celle qui relèvent de l'Art déco, ..
Élèves Parmi les nombreux élèves d'Edmond Lachenal, les plus connus sont Émile Decœur (1876-1953). avec qui il travaille de 1876 à 1907, et Henri Simmen (1880-1963).
Œuvres Œuvres dans les collections publiques
États-Unis New York, Metropolitan Museum of Art : 12 œuvres[MET http://www.metmuseum.org/search-results#!/search?q=Lachenal metmuseum.org]..
France Besançon, musée des Beaux-Arts et d'Archéologie : Louis Pasteur, médaillon. Châtillon, maison du Patrimoine : 30 œuvres. Boulogne-sur-Mer, château-musée : Cruche. Lunéville, jardin du château Stanislas dit les Bosquets, parc public : Monument au poète Charles Guérin, 1909, calcaire, en collaboration avec Horace DaillionNotice sur la Base Palissy.. Nancy, musée des Beaux-Arts : Coupe Daum, 1898, coupe à décor de marronnier. Nantes, musée Dobrée : Coupe. Nevers, musée de la Faïence et des Beaux-Arts : Vase. Paris : musée des Arts décoratifs : Vase, Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1894. ; 12 boutons en grès, vers 1900. musée d'Orsay : Vase à trois anses ; 19 autres pièces. musée Rodin : La Pleureuse, dit aussi La Douleur ou femme qui pleure, 1896, d'après le plâtre de 1885 d'Auguste Rodin. Quimper, musée départemental breton : deux Enfants bretons, vers 1890, d'après Jeanne Jozon. Saint-Amand-les-Eaux, musée de la Tour Abbatiale.
Œuvres diverses
Sada YaccoCélèbre danseuse japonaise qui se produisit à Paris lors de l'Exposition universelle de 1900., en collaboration avec Agnès de Frumerie, biscuit de faïence à couverte polychrome mate, L'objet d'art, , . ; Buste de femme, en collaboration avec Horace Daillion, présenté à l'Exposition universelle de 1893 à Chicago.collectorsweekly.com.. Victor Hugo, vers 1885, médaillon en faïence mat veloutéIsabelle Chave, Jules Ferry - Saint Dié 1832-1893, éd. du conseil général des Vosges, 2005, .
La cristallerie Daum a souvent fait appel à des artistes. Sa collaboration avec Edmond Lachenal a commencé alors qu'il travaillait encore à l'atelier Deck et s'est développée ensuite. Des œuvres, vases, verres de tables, ont été présentées à l'Exposition internationale de Bruxelles de 1897.
Notes et références
Annexes Bibliographie Martin Eidelberg, Claire Cass, Youi Ben-Youssef, Edmond Lachenal and his Legacy, New-York, Éd. Jason Jacques Gallery, 2007, 204 p. . Paul Arthur, French Art Nouveau Ceramics. An illustrated dictionary, Paris, Éd. Norma, 2015.
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