Héléna Fournier, née Héléna Pellault le à Cussay en Indre-et-Loire et parfois appelée Hélène Fournier, et morte le , est une figure de la résistance d'Indre-et-Loire, où elle joue un rôle actif d'aide aux passages clandestins de la ligne de démarcation qui sépare en deux le département du début de l'été 1940 au . Elle est déportée à Auschwitz le dans le convoi des 31000 dont elle est la seule rescapée des vingt Tourangelles déportées dans ce convoi.

Biographie

Née le à Cussay en Indre-et-Loire, Héléna Antoinette Louise Pellault est la fille d'un maréchal-ferrant, socialiste et laïque. Elle se marie et prend le nom de son mari, Fournier. Le couple tient une épicerie à Tours au 98, rue Febvotte.

Rôle dans la Résistance

Pendant la Seconde Guerre mondiale elle s'engage dans le réseau résistant Libé-Nord. L'épicerie qu'elle tient sert de lieu de transmission de messages circulant dans le réseau. Elle héberge et aide des personnes clandestines, en fuite ou recherchées pour leur activité dans la Résistance.

Le convoi des 31000 Elle est arrêtée sur dénonciation le . Elle est emmenée à la prison de Tours où le matricule 1183 lui est attribué. Elle y reste jusqu'au , en compagnie de vingt autres Tourangelles. Elles sont ensuite emmenées au camp allemand de Romainville en Seine-Saint-Denis dans la commune des Lilas. Elle y est détenue avec Élisabeth Le Port. Les prisonnières sont transférées au camp de Royallieu, puis sont déportées au camp d'Auschwitz dans le convoi dit des 31000 du , qui comprend et .

Détention à Birkenau et à Ravensbrück Elle est détenue avec ses campagnes tourangelles à Birkenau. vignette|Auschwitz - Baraquements et barrières du camp d'Auschwitz. Rachel Deniau, Mary Gabb qui meurt le jour de son arrivée à Birkenau, Germaine Jaunay et Élisabeth Le Port entre autres l'accompagnent. Élisabeth Le Port la décrit comme peu partageuse dans sa correspondance. Alors qu'elle tente de réconforter Germaine Jaunay, cette dernière lui rétorque « Pourquoi rentrer, pour être battue? ». Quant à Rachel Deniau, son nom figure sur la stèle en mémoire des déportés à Amboise, et une rue porte son nom à La Croix-en-Touraine. Après son arrivée à Birkenau, elle contracte le typhus et travaille dans les commandos. En mai 1943, elle reste la seule Française des commandos de Birkenau, les autres étant détenues à Raïsko, camp annexe situé à proximité, ou sont mortes. Elle réussit à se faire admettre au , nom allemand du baraquement destiné aux prisonniers malades des camps, comme nettoyeuse grâce à Marie-Claude Vaillant-Couturier. Le , elle est transférée au camp de Ravensbrück, puis au camp de Mauthausen le . vignette|Femmes au travail au camp de Ravensbrück en 1939Cette photo de propagande montre des femmes apparemment en bonne santé, chaudement habillées avec des uniformes en bon état, ce qui ne correspond en rien à la réalité quotidienne du camp..

Liste de Tourangelles déportées avec Héléna Fournier Francisca Goutayer, dite Cica, matricule 31780, serveuse au restaurant Parisien à Tours, dénoncée par Antoinette Bibault, morte au revier de Birkenau en ..

Marie Louise Gabb, née Thomas le à Amboise et morte le .

Rachel Deniau, matricule 31773, née le à la Croix-de-Bléré, factrice, morte au revier de Birkenau le ..

Germaine Jaunay, matricule 31782, née Mouzé le à Francueil, au lieu-dit « La Bergerie », tante de Rachel Deniau, morte au revier de Birkenau âgée de ..

Élisabeth Le Port, matricule 31786, née le à Lorient, Morbihan, enseignante, dénoncée par une de ses élèves, morte de dysenterie le à l'âge de au revier de Birkenau. Une plaque commémorative est apposée dans sa classe à Saint-Christophe-sur-le-Nais..

Marcelle Laurillou, née Mardelle le  à Perrusson, dénoncée par une femme dénommée Email, morte de dysenterie le à Birkenau..

Raymonde Sergent, matricule 31790, née Delalande le à Saint-Martin-le-Beau, restauratrice au Café Hôtel de l'Union, morte le au revier de Birkenau. Elle est la dernière des Tourangelles assistée par Héléna Fournier dans ses derniers moments. Une rue porte son nom à Saint-Martin-le Beau. Elle est décorée à titre posthume de la médaille de la Résistance Française, de la médaille militaire, de la médaille de la déportation et de la Croix de Guerre avec palmes..

Emilia Kérisit, dites Léa, matricule 31783, née Baliteau le à Jaunay-Clan, infirmière, coopère souvent avec Jeanne Goupille dans les réseaux d'aide aux personnes clandestines, arrêtée le . Diagnostiquée malade du typhus en avril, elle est assommée par une tortionnaire et meurt le ..

Germaine Maurice, matricule 31788, née le à Vou, morte d'une pneumonie au revier de Birkenau le

Yvonne B., morte pendant la course de sélection du . Originaire d'Indre et Loire, et femme d'un fermier prisonnier de guerre, elle ne révèle pas sa grossesse par peur de voir sa liaison avec un autre homme découverte.

Retour à Tours Elle revient à Tours le . Elle est la seule survivante des vingt Tourangelles déportées, et assumera la charge d'annoncer aux familles le décès et les conditions de détention de leurs proches au camp de Birkenau.

Distinctions

(1985) ; chevalier en . Homologation dans la R.I.F avec le grade de caporal.

Hommage En 2021, pour honorer la mémoire d'Héléna Fournier, la ville de Tours donne son nom à une rue..

Références

Catégorie:Naissance en décembre 1904 Catégorie:Résistante française Catégorie:Prisonnier au fort de Romainville Catégorie:Prisonnier au camp de Royallieu Catégorie:Survivant d'Auschwitz Catégorie:Naissance en Indre-et-Loire Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Survivant de Ravensbrück Catégorie:Survivant du camp de concentration de Mauthausen Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1985 Catégorie:Décès en mars 1994 Catégorie:Décès à 89 ans Catégorie:Décès en Indre-et-Loire