La Mésange charbonnière (Parus major) est une espèce de passereaux de la famille des paridés.

Cette mésange, la plus commune et la plus grande des mésanges eurasiatiques, est facilement identifiable grâce à sa calotte et à sa cravate noires, ainsi qu'à son plumage où le jaune domine. Le dimorphisme sexuel est peu marqué.

Présente dans la quasi-totalité de l'Europe, une grande partie de l'Asie et le nord-ouest de l'Afrique, elle occupe de nombreux types d'habitats, qu'il s'agisse de forêts, de taïgas, de parcs ou de jardins, pourvu qu'il y ait des arbres. Elle établit son nid dans une cavité d'arbre ou de muraille, mais occupe également les nichoirs. Si l'espèce est généralement sédentaire et fidèle à son territoire d'année en année, des migrations partielles ont lieu certaines années, probablement en raison de la surpopulation. Grégaire, elle vit en petits groupes en dehors de la période de reproduction.

Elle a un régime alimentaire varié. Si elle est majoritairement insectivore pendant la période de reproduction, elle est plutôt granivore le reste de l'année. C'est ainsi qu'elle fréquente assidûment les mangeoires, où elle recherche des graines, essentiellement de tournesol : quand elle en trouve une, elle se pose sur une branche proche pour la déguster, puis revient. La Mésange charbonnière ainsi que ses petits font à leur tour partie du régime alimentaire de certains oiseaux (Épervier d'Europe et Pic épeiche notamment) et mammifères (Belette d'Europe et Chat domestique notamment).

Caractéristiques

La Mésange charbonnière est la plus grande et la plus lourde des mésanges ( de long, pour une envergure de et une masse de ). Elle est un peu plus svelte que le Moineau domestique.

Elle se caractérise par sa calotte et sa gorge noires, ses joues blanches, son dos vert olive et une bande médiane noire (ou « cravate ») tout le long de la poitrine et du ventre jaune. Chez la femelle, cette bande est moins large et le jaune moins vif que chez le mâle. Elle a par ailleurs un bec noir, des pattes bleu gris et des yeux marron.

Au niveau de la queue, les rectrices sont brunes bordées de bleu gris. Les rectrices externes sont blanches et les deuxièmes en partant de l'extérieur sont bordées de blanc. S'agissant des ailes, les rémiges sont noires, mais les rémiges primaires internes présentent une bordure jaune et les externes une bordure bleue. Les couvertures alaires sont vert olive avec une extrémité blanche et une bordure bleue. Le principal dimorphisme sexuel concerne la bande noire ventrale, très marquée chez le mâle, interrompue chez la femelle.

Les jeunes ressemblent aux adultes, mais sont globalement plus pâles, ont les joues jaunes et non blanches, et les bordures inférieures noires des joues ne sont pas complètes.

La Mésange charbonnière effectue une mue partielle de son plumage entre fin juin et fin août. Depuis les années 1970, la longueur moyenne du bec des Mésanges charbonnières augmente au Royaume-Uni : cette longueur pourrait avoir évolué en réponse à la nourriture supplémentaire donnée par les Britanniques qui dépensent deux fois plus d'argent que les autres Européens pour acheter des graines pour oiseaux et des mangeoires, les individus au bec plus long y ayant accès plus facilement.

Écologie et comportement

Alimentation alt=Mésange charbonnière posée sur une branche et mangeant un ver.|gauche|vignette|Mésange charbonnière tenant une chenille dans son bec. En période de reproduction (printemps et été), le régime alimentaire de la Mésange charbonnière est essentiellement insectivore. Elle se nourrit particulièrement de petits invertébrés (blattes, sauterelles, criquets, demoiselles, petites libellules, chrysopes, perce-oreilles, punaises, fourmis, mille-pattes, mites, papillons de nuit, mouches, abeilles, guêpes, coléoptères, araignées, opilions, escargots, cloportes), de larves, de petits fruits et de graines (notamment du hêtre et du noisetier).

En dehors de cette période, le régime alimentaire est majoritairement granivore (graines, complétées de baies, de bourgeons, de nectar des fritillaires et des groseilliers, de pollen, voire de sève des noyers et des vignes au printemps ou de noix et de suif l'hiver) et un peu insectivore (œufs d'insectes, araignées). Par ailleurs, la Mésange charbonnière visite les mangeoires, où elle consomme notamment des graines de tournesol, des arachides. Elle ne se constitue pas de réserves de nourriture, et il lui arrive de voler de la nourriture dans les caches des Mésanges nonnettes et des Mésanges noires.

Les oisillons sont nourris essentiellement de chenilles de papillons dans les forêts à feuilles caduques et d'araignées, dans les forêts de conifères ce sont plutôt des larves de mouches à scies, des blattes et des chenilles processionnaires qui sortent de leurs nids durant la deuxième quinzaine du mois d’avril.

La Mésange charbonnière cherche de la nourriture à tous les niveaux des arbres, même si elle évite généralement la canopée, et même parfois au sol. Elle sait faire preuve d'astuce en se nourrissant de la graisse qui peut subsister sous la peau des carcasses abandonnées par les prédateurs. Elle peut également utiliser une aiguille de pin comme outil pour déloger des larves, ou tapoter de son bec les ruches en hivernage pour inciter des abeilles à en sortir pour s’en nourrir. Selon des observations effectuées dans les années 1920 au sud de Londres, des Mésanges bleues et charbonnières ont développé différentes techniques pour ouvrir les capsules de carton ou d’aluminium des bouteilles de lait déposées le matin sur le perron des maisons anglaises. Cette technique s'est rapidement répandue dans toute l'Angleterre, au point que les ornithologues ont pu parler d'. L'éthologiste Louis Lefebvre met en évidence que cette transmission culturelle est plus rapide sans imitation, l'oiseau déduisant la technique à adopter juste en observant une bouteille déjà décapsulée. alt=Sizerin flammé posé sur une branche, vu de face. Les parties supérieures sont d'un brun grisâtre rayé de noir, la gorge et le haut de la poitrine sont rosés, les flancs rose jaunâtre avec des raies noires, le ventre est de couleur blanchâtre. Le front et le sommet du crâne sont rouges, avec une tache plus vive sur la tête. Des taches noires sont présentes au-dessus et au-dessous du bec.|vignette|Sizerin flammé. La Mésange charbonnière est également capable de s'attaquer à des vertébrés vivants parfois aussi gros qu'elle. Son bec puissant par rapport à sa taille peut à l'occasion lui servir à tuer, et à briser le crâne d'autres passereaux ou de chauves-souris. Concernant les passereaux, des attaques de Mésanges charbonnières ont ainsi été observées sur plusieurs espèces d'oiseaux notamment sur le Sizerin flammé, le Roitelet huppé et le Gobemouche noir. Les attaques peuvent certes avoir un objectif alimentaire, mais peuvent également permettre de s'approprier un nid. Dans le cas des chauves-souris, des chercheurs ont observé des Mésanges charbonnières s'introduire dans des cavités pour y dénicher des chauves-souris alors hibernantes et leur ouvrir le crâne pour manger leur cerveau. Ce comportement d'alimentation sur des cerveaux, observé chez d'autres espèces, notamment des pics, est peut-être un moyen efficace d'absorption de nutriments riches pour passer l'hiver.

Reproduction vignette|Charbonnière sur nid dans un nichoir.|gauche La Mésange charbonnière effectue le plus souvent deux couvées de cinq à douze œufs par an, généralement entre janvier et septembre, la période exacte dépendant des régions. L'inspection des endroits propices a souvent commencé dès l'automne précédent et la formation des couples s'achève, en Europe centrale, en février au plus tard. C'est le mâle qui attire la femelle vers le site de reproduction potentiel en y volant de manière répétée, en tapotant les bords de la cavité et en lui offrant de la nourriture. Le nid est construit par la femelle dans le trou d'un arbre, d'un mur ou dans un nichoir, à une hauteur généralement inférieure à six mètres. Sa construction dure entre cinq et douze jours : il est composé de brindilles, de mousse, de brins d'herbe, de flocons de laine, de touffes de poils et de crins.thumb| Œufs de Parus major excelsus Muséum de Toulouse. La ponte commence alors que le nid n'est pas encore achevé et la femelle pond chaque œuf à un jour d'intervalle du précédent. Les œufs sont couvés par la femelle entre 12 et et l'éclosion se déroule sur une période de deux à quatre jours. Le mâle lui fournit une partie de son alimentation pendant la couvaison et jusqu'à l'envol des jeunes. Les petits restent au nid entre 16 et après l'éclosion. Pendant une à deux semaines, la famille reste regroupée dans un rayon de quelques centaines de mètres autour du nid, même si les jeunes n'y retournent plus après leur envol. Lorsqu'il y a une deuxième couvée, les jeunes de la première couvée restent moins longtemps près des parents. La seconde couvée a rarement lieu dans le même nid que la première, mais les deux nids sont généralement proches l'un de l'autre.

La Mésange charbonnière est fidèle à son secteur de nidification et y reste année après année. Si la défense de ce secteur est peu marquée pendant l'été, elle s'intensifie dès le mois de septembre, et les jeunes, qui ont passé l'été en groupes, doivent alors chercher leur propre territoire ailleurs : ils en trouvent généralement un avant l'hiver, situé entre 200 et de leur lieu de naissance.

Cette mésange est monogame mais une bigamie simultanée paraît régulière au moins dans les habitats optimaux, comme le montre une étude sur la polygynie des mésanges qui conclut que ce mode de reproduction est à l'avantage des mâles, les copulations extraconjugales augmentant leur succès reproducteur sans qu'ils ne doivent intervenir dans l'élevage des jeunes.

Comportement social

Sociabilité La Mésange charbonnière est un oiseau grégaire : en dehors des périodes de nidification, elle vit en groupe avec d'autres congénères, bien qu'il lui arrive parfois d'intimider ses congénères en écartant les ailes pour s'approprier une source de nourriture. Elle participe en revanche moins aux rondes de passereaux que d'autres espèces. Elle dort seule, dans une petite cavité ou un nichoir, qui n'est pas toujours le même mais qui est toujours situé dans le même secteur. En été, elle dort régulièrement dans le feuillage des arbres et buissons. C'est une visiteuse habituelle des mangeoires en hiver.

Migration La Mésange charbonnière est majoritairement sédentaire, mais des migrations partielles ont lieu en automne certaines années, notamment en Europe centrale. Ce sont essentiellement des jeunes qui migrent et ils se joignent alors souvent à des Mésanges bleues et des Mésanges noires. Le retour a lieu entre février et avril, mais le mouvement est moins important dans ce sens, une partie des migrantes ne revenant plus dans leur région natale et une partie mourant en route. Ce sont essentiellement les Mésanges charbonnières d'Europe centrale qui migrent, celles établies dans les îles Britanniques et en Méditerranée étant très sédentaires et les Scandinaves ne semblant pas migrer hors de la péninsule. Ces migrations dites « irruptives » sont probablement dues à des phases de surpopulation, par exemple en raison d'un hiver doux.

Chant et cris Fichier:Parus major 15mars2011.ogg vignette|Sonagramme d'un chant de mésange charbonnière (Parus major). La Mésange charbonnière zinzinule et dispose d'un répertoire très varié, davantage que celui des autres mésanges. « Très audibles, ses phrases, basées sur 2, 3 ou aiguës et au rythme bien marqué, sont répétées de nombreuses fois. […] Elles présentent de multiples variantes : chaque individu en possède normalement plusieurs (de 2 à 6), de tempo différent. » C'est entre février et juin que les chants de la Mésange charbonnière se font le plus entendre, tandis qu'ils sont presque absents en juillet, août et novembre.

Longévité