Dans la mythologie grecque, Phéréclos (en grec ancien est un architecte troyen à qui est due la construction de la flotte grâce à laquelle le fils du roi Priam, Pâris, rejoint la Grèce et enlève Hélène ; artisan expérimenté, sans doute charpentier ou menuisier, qui « fabrique toute chose de ses mains » et que la déesse Athéna aime beaucoup.

Mythe Homère ne le cite qu'une seule fois dans lIliade. Son nom est néanmoins courant dans l'anthroponymie grecque, souvent sous la forme , composé de issu du verbe , porter, porter avec ou en soiDictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 , 2060., et de , la nouvelle qui se répand, la renommée, la gloireDictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 , 1099...

Il est généralement considéré. comme le fils de Tecton ()Homère, dans l'Odyssée(1), fait usage du mot Tectonide (, c'est-à-dire dans lequel on peut voir et une forme particulière du suffixe (2) désignant l'ascendance généalogique, en l'occurrence celle de Polynéos (). Ce personnage est cité dans une liste de protagonistes phéaciens dont les noms sont tous liés à la mer(3). , VIII, 114 Dictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 , 957, . à la suite d'un commentaire de l'érudit ecclésiastique médiéval Eustathe de ThessaloniqueEustathe de Thessalonique, Commentaires sur l'Iliade d'Homère, folio 521 (vers 59 du chant 5 (Ε) de l’Iliade). Voir . et de cette façon le descendant, si ce n'est plus précisément le petit-fils, d'un certain Harmon ()Tout juste évoqué parce qu'il est tué par Néoptolème, on trouve un personnage troyen qui porte ce nom, mais on ne peut faire l'association avec Phéréclos : , X, 96 ; Version avec vers. ; mais on peut tout autant le faire aussi le fils de Harmonides, le charpentier (On trouve cet anthroponyme grec aussi pour un personnage fils de Polyphéidès () et ayant un frère Théoklyménos (). Voir : Scholie sur l'Odyssée d'Homère, Chant XV, 223 rapportant les propos de Phérécyde. Voir .). Le sujet de sa filiation est hésitante et déjà discutée notamment par AristarqueScholie sur l'Iliade d'Homère, Chant V, 60. Voir . selon la traduction du texte d'Homère où l'expression ambigüe est diversement interprétée selon que l'on considère le mot non pas comme le génitif d'un nom propre, mais celui du mot commun qui désigne l'''ouvrier qui travaille le bois, le menuisier, le charpentierDictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 , 1908., et, par la suite, qu'on lit comme une forme génitive dialectale d'un nom propre à part entière Lidell, Scott, A Greek-English lexicon, 1901, American Book Company , 221. et non pas seulement comme un patronyme, tel que littéralement, selon une forme particulière du suffixe , fils ou descendant d'Harmon, de la lignée d'HarmonDictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 , 957.. Le suffixe peut suggérer aussi qu'il s'agit de son maître charpentier. De cette ambiguïté, on peut même lire suivant cela Aristarque, par exemple, que ce n'est pas Phéréclos mais Harmonides le constructeur de navire même si cela n'irait pas dans le sens le plus commun du récit qui met en avant Phéréclos et sa mise à mortScholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 93, ..

Navires pour Pâris Il construit la flotte de navires pour PârisScholies sur Thériaques de Nicandre de Colophon, 268. Voir ., ce dernier bravant les dieux qui selon un oracle avait interdit la navigation maritime aux TroyensHellanicos, fragment FHG 139 / Scholie sur l'Iliade V, 64 : Voir .. C'est grâce à ses navires qu'Alexandre va au devant des routes maritimes périlleuses selon Ovide, XVI, 21-22. et s'embarque dans ses aventures au-delà des mers, vers la Grèce, III, 2., 196-199.. De ces navires eux-mêmes, on en sait peu effectivement. Lycophron les dote de ramesLycophron, Alexandra, , 96-97.. On dit aussi qu'on utilise le bois des forêts du Mont Ida près de Troie, 59-61., et l'on témoigne que l'un des sommets de celui-ci est surnommé le « chauve » parce que ses forêts ont été déboisées pour fabriquer ces naviresScholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 24, .Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 1170, .Scholie sur l'Iliade d'Homère, Chant 14, 284 (b). Voir .Lycophron, Alexandra, , 1170.. Cette construction navale se déroule après la mort du roi Laomédon tué par Héraclès durant la guerre qu'il mène contre la ville de Troie, guerre antérieure à celle racontée par l'Iliade, et alors que son fils Priam vient d'être intronisé comme nouveau roi. C'est au moyen de cette flotte qu'Alexandre parvient de l'Asie mineure vers les terres grecques et traverse donc la mer Égée. Souvent, selon les différentes variantes, ce voyage conduit Alexandre à enlever la princesse grecque Hélène, ce qui est considéré selon la mythologie comme la cause de la célèbre guerre de Troie de lIliade'' et se terminant par la destruction tragique de la citéPar exemple , III, 2-6..

Si l'enlèvement d'Hélène est l'élément clé pour expliquer la cause de la guerre, à défaut de précision par Homère, les auteurs, souvent tardifs, ont développé l'intrigue du rapt d'Hélène et par là-même justifié et développé les intentions de la construction de ces navires. Après la promesse d'Aphrodite, la déesse de l'amour, qui promet à Alexandre la plus belle fille du monde, certains disent que c'est sur la suggestion de la déesse qu'il construit une flotteChants cypriens, fragment selon un commentaire de Proclos, fragment #1., 631-637. et désire faire un voyage maritime ; aussi convie-t-il son père Priam à lui donner son aval à cette entreprise. On dit alors que Priam voit dans cette excursion, l'opportunité de conduire une ambassade auprès des Grecs afin d'aller à la recherche de sa sœur HésioneDracontius, Poèmes profanes, VIII, « Enlèvement d'Hélène », latin espagnol 246-584., enlevée par Héraclès. De cette ambassade qui se révèle infructueuse, d'autre en font un motif de vengeance contre les Grecs, pour la mort de Laomédon, pour la destruction de Troie par les Grecs menés par Héraclès, pour le rapt d'Hésione. Dans cette variante, cela donne à cette flotte des traits militaires d'une marine qui permet le transport de soldats au combat, V-VIII..

À la guerre de Troie Il est tué durant la guerre de Troie par le crétois Mérion, protégé d'Arès, dont la pointe (de flèche?) traverse sa fesse droite et pénètre dans l'os jusqu'à la vessie. Il tombe alors à genoux et, gémissant dans son agonie, finit par mourir, V, 59-68.Jean Tzétzès, Homérica, 59. Voir : , Version traduite en anglais de l'édition précédente.. Certains justifient sa mort parce qu'il a fabriqué les naviresScholie sur l’Iliade d'Homère, Chant 5, 59 . Voir .. D'autres commentent cette blessure comme ayant un caractère infamant en rapport à l'usage honteux qu'Alexandre fait avec les navires construits par PhéréclosScholie sur l'Iliade d'Homère, Chant 5, 67. Voir . Mérion tue de manière similaire Harpalion, XIII, 651-652..

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes L'astéroïde troyen (2357) Phéréclos nommé selon le personnage. Phéréclos, pilote du navire de Thésée allant en Crète durant sa lutte contre le Minotaure.

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