Le , ou encore , est un temple bouddhique du bourg de Kōra, dans la préfecture de Shiga, au Japon. Lieu de culte de l'école Tendai, fondé au début du , selon la volonté du cinquante-quatrième empereur du Japon, et dédié au bouddha de la médecine : Yakushi Nyorai, ce complexe architectural bouddhique comprend quelques trésors nationaux et un parc, classé site historique, lieu de beauté pittoresque et monument naturel du Japon. Ce dernier, peuplé de diverses espèces d'arbustes et d'arbres à fleurs, se pare de couleurs et accueille de nombreux visiteurs dès le réveil de la nature au printemps et jusqu'aux premiers froids de l'hiver.
Histoire vignette|upright|gauche|Yakushi Nyorai, le bouddha de la médecine, vénéré au Saimyō-ji.|alt=Photo couleur d'une peinture sur soie d'une représentation d'un bouddha, debout sur un nuage, sur fond noir.
En 834, à la demande de l'empereur Ninmyō, cinquante-quatrième empereur du Japon, le saint moine bouddhiste Sanshū, de la secte Tendai , bâtit un temple dédié à Yakushi Nyorai, le bouddha de la médecine : le temple Saimyō, environ , à vol d'oiseau, à l'est du lac Biwa.. Les différents bâtiments du lieu de culte bouddhique sont érigés à flanc de montagne boisée au pied du versant nord-ouest des monts Suzuka.
Au début du shogunat de Kamakura (1192-1333), Minamoto no Yoritomo, premier shogun de l'époque de Kamakura (1185-1333), effectue une visite officielle du temple.
En 1571, à l'époque Sengoku (milieu du , fin du ), le daimyō Oda Nobunaga, décidé à juguler la puissance des moines-guerriers de la secte Tendai, fait détruire le quartier général de la secte : le monastère Enryaku construit dans les hauteurs du mont Hiei, en surplomb de Kyōto. Peu après, un samouraï au service de Nobunaga, Gorōzaemon, incendie le Saimyō-ji ; seuls le bâtiment principal, la pagode à trois étages et la porte d'entrée en bois du temple échappent aux ravages du feu..
Grâce aux interventions des moines Tenkai (1536-1643) et Kōkai (1608-1695) durant l'époque d'Edo (1603-1868), le daimyō Mochizuki de la province d'Ōmi fait reconstruire l'ensemble des édifices religieux composant le complexe bouddhique Saimyō-ji, lui restituant son statut de grand centre d'études théologiques.
Le , six mois après la promulgation de la loi portant sur la protection des sanctuaires et temples anciens.., le hondō du temple est classé trésor national., un classement confirmé en 1952, en application de la nouvelle promulguée le par le ministère de l'Éducation..
Dans le cadre de la politique de conservation du patrimoine conduite par l'État japonais, des réparations de plusieurs bâtiments classés sont réalisées durant les années 2000.
Origine légendaire du nom du temple Selon une légende, un jour de l'an 834, le moine Sanshū, en promenade méditative le long de la rive ouest du lac Biwa, aurait aperçu des nuages violets, selon la mythologie bouddhique du bouddhisme mahāyāna., en scrutant le ciel dans la direction est du lac. Une lumière éblouissante apparut soudain. Le moine, interprétant ce phénomène comme un signe des puissances célestes, se rendit à l'endroit où l'éclat de lumière s'était formé. Là, il trouva un étang au bord duquel il se mit à prier. En réponse à ses incantations, le maître de la lumière du jour, Nikkō Bosatsu, et son frère Gakkō Bosatsu, tous deux serviteurs d'Yakushi Nyorai, suivis des douze Généraux célestes, divinités protectrices du bouddha guérisseur, se manifestèrent. Apprenant le miraculeux événement, l'empereur Ninmyō ordonna qu'un temple soit construit à l'endroit où les divinités du ciel apparurent à Sanshū. Et, comme la lumière divine avait illuminé les cieux dans la direction de l'ouest, celle de la capitale impériale, le temple fut baptisé .
De plus, en accord avec une croyance relevant de la géomancie chinoise, le nouveau lieu de culte se trouvant près du lac Biwa à l'est de Heian-kyō, la cité impériale étendue sur un site correspondant à un paradis terrestre, centre de convergence des influences cosmiques, selon les principes du feng shui., le temple devait être placé sous la tutelle du dragon azur de l'Est, l'un des gardiens des quatre orients (Shijin). Le préfixe honorifique fut accolé au nom du monastère pour signifier qu'il était le lieu où les souhaits de chacun s'accomplissent. Celui de , indique que le Saimyō-ji fait partie d'un groupe de trois temples bouddhiques situés à l'est du lac Biwa ; les deux autres étant le du bourg d'Aishō et le de Higashiōmi.
Architecture centré|vignette|upright=2.5|Vue de l'enceinte du temple.|alt=Photo couleur de l'enceinte d'un temple bouddhique avec, au centre, un hall en bois marron à un étage, au fond, une pagode à trois étages, à gauche, un pavillon d'ablution, et, au premier plan, un sol graveleux gris clair. En arrière-plan : des arbres au feuillage vert.
Le temple Saimyō est un complexe architectural bouddhique qui comprend un bâtiment principal, deux portes, l'une d'entrée (sōmon), et l'autre principale (nitenmon), encadrée par deux statues de niō, deux pagodes, les traditionnels shōrō (clocher) et chōzuya (pavillon d'ablution), un parc arboré de sakura, d'érables du Japon, de cèdres et de cyprès, un jardin paysager (Le nom de ce jardin est une allusion au de la mythologie chinoise, qui forme l'île de l'éternelle jouvence, un lieu paradisiaque, au sol tapissé de fleurs.), une résidence réservée aux prêtres et deux bureaux d'accueil et d'information. Le bois et la pierre en sont les principaux matériaux de construction.
Le chemin pentu, le sandō, qui mène du sōmon à la porte principale du temple divise le parc en deux. Deux onigawara, un shachihoko, et de nombreux vestiges en pierre, tels que des sculptures de bouddha, des lanternes, des groupes de statues de Jizō, jonchent le sol moussu du parc. Au bord du sandō, une statue de Saichō, moine bouddhiste fondateur de la branche Tendai du bouddhisme japonais, rappelle l'obédience religieuse des fidèles du temple. Un hokora, dédié au dragon gardien de l'Est, et un autre honorant Inari signalent le syncrétisme historique entre le culte bouddhique et shintoïsme : le Shinbutsu shūgō.
Un recoin du parc abrite une statue de , une des multiples manifestations de la déesse de la miséricorde dotée de onze visages. Cette effigie en bronze de Kannon, posée sur un socle en pierre, devant un saisen bako, boîte à offrandes, flanqué de deux armoires présentant des rangées de supports à cierges, est entourée de panneaux supportant des étagères sur lesquelles sont alignées des centaines de miniatures de la déesse bouddhique.
Nitenmon vignette|Sandō menant au nitenmon.|alt=Photo couleur d'un escalier en pierre menant à la porte en bois à un étage d'un temple bouddhique. Des arbres de part et d'autre de l'escalier, un ciel blanc laiteux en arrière-plan.
Un niōmon, appelé nitenmon (« la porte des deux rois célestes »), marque l'entrée de l'enceinte du temple. Cette porte d'entrée dans le monde sacré des dieux, bâtiment datant de 1407 (époque de Muromachi (1333-1573))., comprend, de part et d'autre de son ouverture, une statue en bois de Zōjō-ten, le gardien du Sud, et une autre de Jikoku-ten, le gardien de l'Est, deux représentants des Quatre Rois célestesLe préfixe désigne deux des ., gardiens des horizons et de la loi bouddhique. Elle est entièrement composée de bois dans le style Hakkyakumon et possède un toit de style irimoya..
En 1911, le nitenmon du Saimyō-ji fait son apparition sur la liste établie par l'État japonais des biens culturels importants du Japon..
Bâtiment principal vignette|Hondō du temple Saimyō.|alt=Photo couleur d'un bâtiment en bois à un étage d'un temple bouddhique doté d'un toit de chaume. À l'arrière-plan, une forêt d'arbres verts sous un ciel blanc laiteux.
Datant de la fin de l'époque de Kamakura, le hondō, aussi nommé ruriden et classé trésor national depuis 1897, est une construction en bois de cyprès du Japon qui tient sans aucun clou. Il sert de lieu de méditation aux fidèles de l'école Tendai..
L'édifice, d'une superficie d'environ , abrite des sculptures en bois des douze Généraux célestes (époque de Kamakura), trois statues formant la triade de la Terre pure : Amida Nyorai entourée de Kannon Bosatsu et Seishi Bosatsu, deux statuettes dorées représentant Nikkō Bosatsu et Gakkō Bosatsu, des miniatures en terre cuite des moines Ryōgen et Shinran (époque de Muromachi), et quelques biens culturels importants nationaux : une icône d'Yakushi Nyorai de l'époque de Heian (794-1185), enfermée dans un butsudan, des statues de Shaka Nyorai (époque de Kamakura), de Fudō Myōō, œuvres du moine Enchin datant du début de l'ère Heian, de Kōmoku-ten et Tamon-ten (époque Heian), deux des Quatre Rois célestes de la mythologie bouddhique chinoise.
Le Saimyō-ji est la sur le chemin de pèlerinage qui relie depuis 1989, dans la région du Kansai, dédiés à la divinité bouddhique Yakushi Nyorai. ; le premier est l'Yakushi-ji de Nara et le dernier l'Enryaku-ji de Kyoto.. Un bâtiment près du hondō permet d'accueillir les fidèles qui effectuent chaque année ce pèlerinage et le temple délivre à chacun d'eux un certificat frappé de son sceau officiel attestant leur passage.
Hōtō Derrière le bâtiment principal du temple, un escalier en bois mène à une clairière. Dans cet endroit isolé du reste du temple, un en granite de l'époque Kamakura émerge du sol moussu. Ce bien culturel important national est un monument commémoratif de la fondation du Saimyō-ji..
Pagode à trois étages vignette|upright|Pagode à trois étages.|alt=Photo couleur d'une pagode en bois de couleur marron installée sur un socle en pierre. En arrière-plan : des arbres au feuillage vert et un ciel blanc laiteux.
Dans l'enceinte du Saimyō-ji se dresse une haute de près de . Les charpentiers qui l'ont construite vers la fin de l'époque de Kamakura n'ont utilisé que du bois de cyprès du Japon et aucun clou.
Au premier étage de l'édifice, des peintures murales, œuvres de peintres de l'école Kose, représentent le Sūtra du Lotus, sutra à la base du corpus religieux de la branche Tendai du bouddhisme japonais, et Dainichi Nyorai et ses disciples.
Ce monument, typique du style architectural de l'époque de Kamakura, est classé trésor national depuis 1900..
Parc Honbō vignette|centré|upright=2.5|Vue du parc Honbō.|alt=Photo couleur panoramique de l'intérieur d'un parc comprenant, au premier plan, des massifs feuillus sur un sol graveleux blanc, et des arbres en arrière-plan.
Au-delà de la porte d'entrée du Saimyō-ji s'étend un parc boisé au sol recouvert de mousse ; le . Il rassemble des cèdres, des cyprès, de nombreux érables du Japon, qui suscitent, chaque année en automne, l'admiration des promeneurs de fin de semaine lorsque leurs feuilles virent au rouge sang. Au printemps, les fleurs roses et blanches des cerisiers Yoshino, des cerisiers des montagnes et des , les clochettes blanches des Enkianthus perulatus et l'étendue palette de couleurs des massifs d'azalées et d'hortensias attirent de nombreux visiteurs lors de la traditionnelle fête des cerisiers.
De début septembre jusqu'en novembre, une foule se presse dans les allées du parc, à l'occasion du hanami d'automne, lorsque les lis crapaud, les camélias fleur de thé, les momiji et les , un cultivar à floraison tardive d'un genre de cerisier ornemental du Japon, donnent la pleine mesure de leur floraison.. Certains de ces sakura ont été plantés au milieu du .