La Maison de Balzac est un pavillon abritant un musée consacré à Honoré de Balzac situé dans le de Paris. L'écrivain vécut de 1840 à 1847 dans un appartement de ce pavillon.

Il s'agit d'un des quatorze musées de la ville de Paris gérés depuis le par l'établissement public administratif Paris Musées.

Accès thumb|left|Le n°24 rue Berton (la pierre à droite, sur le mur d'enceinte de la Maison de Balzac, marquait la limite entre les villages de Passy et d'Auteuil).

Le musée se trouve 47, rue Raynouard (partie haute, le site étant en dénivelé) et 24, rue Berton (partie basse). L'accès au public se fait par la rue Raynouard.

Le site est desservi par les lignes de métro 6 à la station Passy et 9 à la station La Muette, par le RER C aux stations Boulainvilliers et Radio France ainsi que par les lignes de bus 22, 32, 52, 70, et 72.

Histoire de la maison

L'histoire du site avant Balzac Le site de la maison de Passy est occupé depuis la fin du Moyen Âge, comme l’ont révélé des fouilles réalisées en 2002, qui ont démontré la présence d’habitats troglodytiques, témoins de l’ancien village rural de Passy. À l’époque moderne, les coteaux sont aménagés en terrasses où coexistent habitations modestes et hôtels particuliers. Au , la propriété est constituée puis agrandie, notamment par Jean de Jullienne, collectionneur et propriétaire des manufactures des Gobelins, puis par le financier Auguste Louis Bertin de Blagny. Transformée à plusieurs reprises, elle passe entre différents propriétaires avant d’être acquise en 1828 par Étienne-Désiré Grandemain.

L'appartement de Balzac vignette|Le cabinet de travail de Honoré de Balzac dans son appartement à Passy. En , Honoré de Balzac loue un appartement dans une dépendance de cette propriété, un hôtel particulier situé rue Basse (actuelle rue Raynouard). Il s’y installe sous le pseudonyme de « Monsieur de Breugnol », le bail étant établi au nom de sa gouvernante, Louise Breugnol, afin d’échapper à ses créanciers. La maison présente également l'avantage de posséder deux accès, par la rue Raynouard et la rue Berton.

L’appartement comprend une salle à manger, une cuisine, un salon, une chambre à coucher, un cabinet de travail ainsi que plusieurs petites pièces, avec jouissance d'une cave et d’un jardin. Balzac y réside jusqu’en 1847 et rédige, dans son cabinet de travail, une part importante de son œuvre, tout en élaborant le projet de La Comédie humaine. Il a résidé dans de nombreux endroits à Paris mais cette maison est son unique demeure qui a subsisté jusqu'à nos jours.

De la maison au musée thumb|left|Ouverture du musée Balzac à Passy le 16 mai 1908, en présence de Léon Maillard et Louis Baudier de Royaumont.|204x204px Après le départ de Honoré de Balzac, l’appartement est de nouveau loué et subit diverses transformations. À la mort de Grandemain en 1878, la propriété revient à sa fille, Madame Barbier qui, ayant connu l’écrivain, fait visiter les lieux à quelques amateurs. L’intérêt pour cette ancienne résidence se développe à la fin du . En 1890, l’homme de lettres Louis Baudier de Royaumont découvre l’appartement, qu’il loue en 1908 afin d’y créer un musée consacré à Balzac, inauguré en 1910 en présence de membres de la famille de l’écrivain.

Le pavillon est inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1913, et son jardin est inscrit par un arrêté le . Après la mort de Baudier de Royaumont en 1918, le lieu connaît plusieurs transformations. En 1929, Madame Barbier lègue l’appartement de Balzac à l’État, avec une prise de possession différée. Entre-temps, des travaux et des modifications altèrent en partie l’état d’origine des lieux. En 1937, l’élargissement de la rue Raynouard entraîne la disparition de l’hôtel particulier auquel appartenait le pavillon. vignette|253x253px|Le jardin de la Maison de Balzac avec le nouveau bâtiment d'accueil en arrière plan. En 1949, l’État cède le bâtiment à la Ville de Paris, qui y aménage un musée municipal, fermé toutefois un an plus tard. Celui-ci rouvre à partir 1960 et se développe progressivement, notamment avec la création d’une bibliothèque en 1971. La Maison de Balzac devient Musée de France en 2004.. Le , le musée rouvre après des travaux de rénovation comprenant une mise en accessibilité aux personnes en situation de handicap, la création d’un café et d'un espace d’accueil, ainsi que le réaménagement du jardin et du parcours permanentJean-François Lixon, « A Paris, la Maison de Balzac rouvre après un an de travaux », francetvinfo.fr, 19 août 2019..

Afin de mettre le musée en valeur, un prix Balzac est créé en 2021 à l'initiative du maire du arrondissement Francis Szpiner. Le journaliste et écrivain Pierre Assouline est choisi pour présider le jury qui vise à récompenser « Création du "prix Balzac" », interview de Pierre Assouline, Paris 16 Le Mag, magazine d'information de la mairie du arrondissement, , septembre 2021, .. Le premier lauréat est Giuliano da Empoli pour Le Mage du Kremlin.. Collections du musée vignette|194x194px|Auguste Rodin et Paul Jeanneney, Balzac, tête monumentale, vers 1899, grès émaillé, dépôt du musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais, à la Maison de Balzac. Les collections de la Maison de Balzac se constituent progressivement à partir de l’ouverture du musée au public en 1960. Elles sont d’abord centrées sur la vie de Honoré de Balzac, avec des portraits le représentant, des gravures et des objets lui ayant appartenu. Elles s’enrichissent ensuite de dessins, d’estampes et d’œuvres d’art, témoignant de la réception de l’écrivain jusqu’à l’époque contemporaine.

Le parcours débute dans l’ancienne chambre de Balzac, aujourd’hui consacrée aux représentations de l’écrivain et à la diversité des regards portés sur lui. Cette salle réunit des portraits sculptés, peints et gravés, accompagnés de citations de lecteurs exprimant leurs opinons sur l’auteur et son œuvre. Elle conserve notamment la Tête monumentale de Balzac réalisée vers 1899 par Auguste Rodin.

La deuxième salle, correspondant à l’ancien salon, aborde la manière dont travaille l’écrivain et s’attache à présenter Balzac tel qu’il voulait être vu, c’est-à-dire en travailleur.

Le cabinet de travail vise à restituer le cadre dans lequel Balzac écrivait. Il rassemble plusieurs objets personnels, dont sa table de travail et son fauteuil.

La quatrième salle, ancienne salle à manger de Balzac, est consacrée à La Comédie humaine. Elle présente différentes éditions de ces écrits et des estampes illustrant l’organisation et l’ambition de ce cycle littéraire, conçu comme une forme de classification de la société, semblable aux grandes classifications du monde animal ou végétal du . gauche|vignette|232x232px|La salle des personnages de la Maison de Balzac. La cinquième salle est dédiée aux personnages des romans de Balzac. Elle expose des petits bronzes et des plaques typographiques les représentant.

À l’étage inférieur se trouvent trois autres salles qui accueillent des expositions temporaires ou une présentation semi permanente. L’une est dédiée aux adaptations des œuvres (notamment au théâtre, au cinéma et en bande dessinée), une autre présente des illustrations des textes de Balzac, et la dernière est consacrée aux interprétations contemporaines, avec des œuvres d’artistes tels que Pierre Alechinsky, Louise Bourgeois ou Eduardo Arroyo.

Enfin, la dernière pièce du parcours, correspondant à la cuisine, évoque un aspect plus intime de la vie de l’écrivain. Elle conserve plusieurs éléments antérieurs à la création du musée, tels que l’évier, la cuisinière et la cheminée, et présente des portraits de la famille de Balzac ainsi que des représentations des femmes ayant joué un rôle important dans sa vie.

L’ensemble des collections reflète ainsi une évolution du projet muséal, passé d’une approche essentiellement biographique à une mise en valeur plus large de l’œuvre et de sa postérité, visant à encourager la lecture et la redécouverte de Balzac.

Bibliothèque En , une petite salle de lecture provisoire est ouverte au premier étage du musée. Le , la bibliothèque est inaugurée, à l’issue de longs travaux ayant permis d’aménager les anciennes écuries pour l’accueillir.

Musée littéraire, la Maison de Balzac dispose d'une bibliothèque dotée d'un important fonds patrimonial, constitué autour des éditions des œuvres d'Honoré de Balzac et de Théophile Gautier ainsi que de la littérature contemporaine en rapport avec ces deux écrivains : éditions originales et successives (notamment illustrées, entre autres par Charles Genty), y compris les éditions populaires, les éditions critiques et les traductions ; ouvrages reliés, annotés ou dédicacés par Balzac ; livres imprimés par Balzac ; physiologies, codes et manuels ; journaux du ; reliures et illustrations de l'époque romantique.

La bibliothèque propose aussi un fonds documentaire comportant les études critiques consacrées aux deux écrivains, à l'art et à la littérature à l'époque du romantisme et, plus généralement, au français. Située au niveau inférieur du musée, la bibliothèque est accessible à toute personne intéressée par ses collections : élèves, étudiants, amateurs, chercheurs, spécialistes du .

Représentations théâtrales à la Maison de Balzac 1993 : La Muse du département 1994 et 1999 : Mémoires de deux jeunes mariées 1998 : Eugénie Grandet ou l’Histoire d’une vie immobile 2012 : Séraphîta, adaptation et mise en scène par Ouriel Zohar, avec Barbara HemanJacqueline Ordas, « Quand Séraphîta nous entraine », Le Courrier balzacien, Paris, 2012, , .

Expositions Chaque année, la Maison de Balzac organise une ou deux expositions temporaires. Ces dernières années, la programmation s’est majoritairement articulée autour de trois axes :

l’influence de la culture visuelle sur la perception du texte littéraire ; la modernité de Balzac, à travers l’actualité des thèmes qu’il aborde ou les créations qu’il inspire ; la diversité et l’originalité des interprétations artistiques suscitées par son œuvre.

Expositions récentes Parmi les expositions présentées :

– : Louise Bourgeois. Moi, Eugénie Grandet ; – : Balzac et Grandville. Une fantaisie mordante ; – : Le Chef-d’œuvre inconnu, entre génie et folie ; – : Illusions (conjugales) perdues.

Expositions hors les murs La Maison de Balzac participe également à des expositions hors les murs, en partenariat avec des institutions internationales. Parmi celles-ci :

Honoré de Balzac, le Napoléon des lettres, présentée au musée national de Taïwan à Taipei ( – ), puis au musée national de la littérature de Taïwan à Tainan (mars – ) ; Mon oncle en littérature, Balzac, organisée au Mu Xin Art Museum à Wuzhen, Chine (juillet à ).

Jardin Le jardin d'une superficie de est accessible, autrefois par un escalier longeant le bâtiment, depuis les travaux de 2019 par un nouvel édifice contemporain doté d'un ascenseur« La Maison de Balzac. Dossier de presse », parismusees.paris.fr, septembre 2019.. Un café s’y est récemment implanté au rez-de-chaussée. On peut y admirer la tour Eiffel. Des chaises et des bancs invitent les visiteurs à se poser pour prendre le temps de profiter de la quiétude de l’endroit. Honoré de Balzac a décrit ce jardin en évoquant la présence de nombreux tilleuls, fleurs et arbres fruitiers.

Dans la littérature Dans Le Flâneur des deux rives (1918), le poète Guillaume Apollinaire écrit : Guillaume Apollinaire, Le Flâneur des deux rives, chapitre « Souvenir d’Auteuil », , éditions de la Sirène, 1918..

Références

Voir aussi Bibliographie Emmanuel Dufour-Kowalski. La Fraternité des Veilleurs (1917-1921), Archè Milano, 2017, 376 p. Yves Gagneux, « La Maison de Balzac et son avenir proche », Revue Jules Verne , 2001, .

Hélène Rochette, Maisons d'écrivains et d'artistes. Paris et ses alentours, 44-49, Paris, Parigramme, 2004, .

Articles connexes

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