Robert Leiber est né le à Homberg (Deggenhausertal) en royaume de Wurtemberg et mort à Rome le , est un jésuite allemand, secrétaire particulier et proche conseiller de durant tout son pontificat. Il est également professeur d'histoire ecclésiastique à l'université pontificale grégorienne de Rome de 1930 à 1960. De 1924 à 1929, Robert Leiber est le conseiller d'Eugenio Pacelli, le futur , quand celui-ci est nonce apostolique à Munich puis à Berlin, et enfin quand Pacelli devient Cardinal secrétaire d'État.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Leiber devient le point de contact des résistants allemands qui veulent utiliser le pape comme médiateur dans des négociations avec le gouvernement anglais. Étant très proche du pape, mais n'ayant aucune fonction officielle au Vatican, Leiber est l'homme de l'ombre idéale pour toutes les missions secrètes ou non officielles du pape.
Durant toute la guerre, Leiber est en contact avec Josef Müller, puis Paul Franken qui le remplace quand Müller est arrêté en Allemagne. Leiber est un des maillons de la chaîne complexe de communication secrète entre la résistance allemande et les Alliés. Leiber peut être considéré comme une éminence grise de Pie XII
Biographie Robert Leiber est né le à Homberg (Deggenhausertal) en royaume de Wurtemberg. Il entre dans la Compagnie de Jésus et devient secrétaire particulier et proche conseiller de durant tout son pontificat. Il est également professeur d'histoire ecclésiastique à l'université pontificale grégorienne de Rome de 1930 à 1960. De 1924 à 1929, Robert Leiber est le conseiller d'Eugenio Pacelli, le futur , quand celui-ci est nonce apostolique à Munich puis à Berlin, et enfin quand Pacelli devient Cardinal secrétaire d'État.
À partir de 1939, Leiber assiste dans la rédaction de ses textes et messages radios. Toutefois Leiber, bien qu'en communication constante avec , ne dispose d'aucune fonction officielle..
Mark Riebling est un historien, analyste politique et spécialiste du renseignement. - Cofondateur du . Voir sa fiche BNF. écrit que, pour les opérations (comme prendre contact avec la résistance allemande), le père Leiber est l'homme idéal. Très proche du pape, il n'exerce pourtant aucune fonction officielle au Vatican, il n'est présent dans . Ainsi, en cas d'échec ou de scandale, le Vatican est toujours en mesure de déclarer , qu'il n'a jamais su ce que ce prêtre disait ou faisait. Rien ne le relie officiellement au pape, ou à la Curie.
Lorsque Josef Müller, envoyé par la résistance allemande se rend à Rome pour rencontrer le pape, il se met en contact avec Ludwig Kaas. Celui-ci le renvoie vers le père Robert Leiber. Le père Leiber sera alors l'intermédiaire entre Josef Müller et . La première rencontre se fait en , il rencontre le père Leiber et lui demande si le pape aiderait la résistance allemande à communiquer avec les Anglais. Leiber ne promet rien et reste évasif, Müller rentre à Munich. Lorsque le père Leiber présente la requête des Allemands, le pape accepte immédiatement de servir d'intermédiaire entre Londres et les Allemands. Au retour de Muller mi-octobre, le père Leiber lui annonce la .....
thumb|Josef Müller en 1948. Le envoie au Vatican des informations sur la prochaine invasion à l'Ouest des troupes allemandes. Leur demande est que le pape fasse suivre aux gouvernements alliés ces données. Josef Müller se rend à Rome pour indiquer au père Robert Leiber que l'invasion est imminente. La première notification par le pape d'une prochaine invasion est faite en . Le pape informe le le diplomate anglais Sir D'Arcy Osborne que l'Allemagne va envahir la France par la Hollande et la Belgique (qui sont neutres), dans un délai très court. Le diplomate reste sceptique, mais informe néanmoins ses confrères et son gouvernement.. Au départ, les Anglais redoutent un piège, une opération d'intoxication faite par les services d'espionnage allemand (comme pour l'incident de Venlo). Les réunions secrètes répétées du pape, son insistance finissent par convaincre l'ambassadeur et le gouvernement anglais se trame en Allemagne. Ils accordent alors leur confiance au pape et acceptent de discuter avec les résistants via son intermédiaire.. En , la confiance est établie entre les différents protagonistes, et il se met en place un canal de communication complexe entre les résistants allemands et le gouvernement anglais permettant d'envoyer des questions et des réponses dans les deux sens : le colonel Hans Oster donne son message à Josef Müller qui le transmet via le père Leiber au pape , qui le remet à Osborne qui le câble enfin à Londres (via message diplomatique crypté). Les messages dans l'autre sens suivent le même chemin. Au total, sept communiqués sont échangés d'un bout à l'autre, dans une atmosphère .. Mi-mars, un accord est trouvé entre les Anglais et les résistants allemands. Les comploteurs allemands sont satisfaits, le pape lui-même est confiant qu'Hitler soit tué avant la fin du mois. Mais à la fin du mois rien ne se passe, le pape, dépité, indique à Osborne qu'il n'a aucune nouvelle des comploteurs..
Tout au long de la guerre, le père Leiber va rester un intermédiaire entre et la résistance allemande au nazisme, d'abord grâce à Josef Müller qu'il rencontre fréquemment jusqu'en , date à laquelle Müller est arrêté par la Gestapo... Au cours des trois premières années du conflit, Müller va faire plus de entre l'Allemagne et le Vatican, et rencontrer à chaque fois le père Leiber.. Puis ce sera Paul Franken qui sera envoyé par les résistants comme messager en remplacement de Müller..
Contact avec d'autres espions Müller ne sera pas le seul espion en contact avec le père Leiber. Alfred von KageneckAlfred von Kageneck est un descendant catholique de la petite noblesse allemande., recruté en 1940 par le RSHA va également rencontrer plusieurs fois le père Leiber. Les deux hommes, qui se connaissent d'avant la guerre, se rencontrent et discutent, mais Kageneck avoue très vite au jésuite qu'il travaille pour les services d'espionnage nazis. Après en avoir référé au pape, le père Leiber reçoit l'ordre papal de , mais en lui transmettant des informations que le Vatican aura ...
L'OSS envoie en un agent, Martin Quigley, pour espionner le Vatican. Officiellement , Quigley réussi à se lier avec plusieurs ecclésiastiques, dont le père Leiber. Mais le Vatican découvre la véritable mission de Quigley, et profite de ses rencontres avec le père Leiber pour transmettre discrètement des messages et documents qu'il souhaite voir arriver à la connaissance des services américains.. Leiber rencontrera d'autres officiers de renseignements américains, comme Raymond G. Rocca (membre du contre-renseignement américain)..
Le père Leiber est également en contact régulier avec une cellule secrète montée par des religieux allemands, sous la direction du père Rösch. Ces hommes qui vivent dans une semi-clandestinité sont chargés de transmettre des courriers entre les structures de l’Église en Allemagne (évêchés, nonciatures apostoliques), de manière sécurisée, en échappant à la surveillance des services secrets allemands. Le point de contact cette structure clandestine, dénommée , avec le pape est le père Leiber...
Le conseiller du pape
Le père Leiber, qui est le plus proche conseiller du pape, estimera que le pape dans son aide à la résistance. Mais il ne parviendra pas à le faire revenir sur sa décision.. Quand le père Leiber et Ludwig Kaas, effrayés par la tournure des événements et les menaces proférées par les nazis (menace d'invasion du Vatican)... tentent de faire pression sur le pape pour qu'il stoppe ses contacts avec les résistants allemands, celui-ci refusera sèchement..
En , le pape apprend d'un témoin l'ampleur du génocide des juifs. Fin juillet (ou début août), le pape décide de publier une protestation officielle dans le journal L'Osservatore Romano. Le père Leiber découvre le texte par hasard, il s'agit de la . Le prêtre va insister fortement pour que le pape ne publie pas le texte, lui rappelant ce qui est arrivé en : après la publication d'une lettre pastorale de l'épiscopat hollandais, les nazis ont déclenché des rafles systématiques de juifs hollandais dans tout le pays, y compris les convertis au catholicisme, jusque dans les couventsParmi ces juifs convertis déportés, il y a Edith Stein et sa sœur, toutes deux arrêtées dans leur couvent.. Au total hollandais ont été déportés et exterminés. Le père Leiber met en avant que si une protestation d'évêques a coûté , combien coûterait une protestation du pape ? Le pape cède et renonce à son texte. Leiber détruit la note manuscrite du pape...
Leiber meurt à Rome le .
Notes et références Références
Notes
Annexes Articles connexes Résistance allemande au nazisme
Liens externes
Bibliographie
. Traduit de . Voir l'article de Jean-Christophe Buisson pour une analyse de l'ouvrage.
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