Les légendes urbaines japonaises (都市伝説, toshi densetsu) sont des légendes contemporaines persistantes ayant comme thèmes soit des attaques de créatures paranormales sur des victimes (généralement) innocentes, soit des rumeurs n'ayant pas de lien avec le paranormal qui se sont répandues dans la culture populaire.

Les premières incluent rarement les fantastiques ou animistes yōkai provenant d'anciennes superstitions japonaises, mais sont basées principalement sur lonryō (des fantômes japonais (yūrei) qui sont devenus des esprits vengeurs qui agressent toutes personnes croisant leurs chemins). Les légendes urbaines modernes japonaises ont tendance à prendre place dans des écoles et, de manière similaire aux légendes des yōkai, incorporent des morales dans leurs histoires, mettant en garde contre le harcèlement scolaire, ainsi que de rentrer seul chez soi le soir, ou encore de parler avec des inconnus.

Les tunnels secrets de Tokyo. ou encore la rumeur d'un travail comme nettoyeur de cadavre., sont des exemples de légendes urbaines modernes japonaises non-paranormales.

Légendes urbaines (non paranormales) L'incendie du grand magasin Shirokiya Le , un incendie déclaré au grand magasin Shirokiya, à Tokyo a fait quatorze morts. Pendant l'incendie, de nombreuses employées du magasin en kimono se réfugient sur le toit du magasin, au septième étage. Des rumeurs qui se sont répandues plus tard affirmeraient que certaines de ces femmes auraient refusé de sauter dans les filets de sécurité tenus par les pompiers au sol. Les femmes ne portaient traditionnellement pas de sous-vêtements avec leurs kimono, et les employées auraient eu peur d'être exposées en public, et auraient donc eu honte de sauter. Ces employées seraient mortes à cause de cela... Cette tragédie a attiré l'attention de médias aussi lointains que les médias européens et américains. La direction de l'entreprise, à la suite de l'incendie, aurait ordonné aux employées de porter des culottes ou autres types de sous-vêtements avec leur kimono, une tendance qui se serait répandue.

Contrairement aux rumeurs, Shoichi Inoue, un professeur de culture japonaise et d'architecture au , a réfuté la rumeur concernant ces femmes dont la pudeur leur aurait été fatale. Selon Inoue, la plupart des employés ont été sauvés par les pompiers, et l'histoire de femmes ayant préféré la mort pour préserver leur pudeur aurait été fabriquée pour les médias occidentaux. Cette histoire a été utilisée dans de nombreux ouvrages de référence. Au Japon, la chaîne de magasins Shirokiya est généralement acceptée comme ayant été un précurseur en ce qui concerne le changement vers des culottes plus occidentales, bien qu'il n'existe aucune preuve soutenant cette croyance.

Sony et l'obsolescence programmée (Sony Timer) Selon des rumeurs, Sony aurait installé un appareil dans tous ses produits électroniques qui provoquerait une panne peu de temps après que leurs garanties aient expiré, une forme illégale dobsolescence programmée.

Cette rumeur n'a jamais été prouvée, et bien qu'il soit peu probable que Sony ait explicitement ajouté une date d'expiration à ses produits, le Sony Timer est aussi utilisé pour parler du fait que Sony fabriquerait des produits ayant une durée de vie suffisamment longue pour nécessiter une nouvelle ligne de production. Lors de l'assemblée générale annuelle des actionnaires de 2007, Ryoji Chubachi, alors président, a dit être familier avec l'expression « Sony Timer »ソニー、定時株主総会を開催。「利益を伴う成長へ」 「ソニータイマーという言葉は認識している」中鉢社長 (in Japanese), 2007-06-21, AV watch..

Légendes urbaines (malédictions) La publicité Kleenex maudite En 1986, Kleenex a diffusé trois publicités au Japon pour ses mouchoirs présentant une femme portant une longue robe blanche et un enfant habillé en Oni, assis sur de la paille. La musique It's a Fine Day par Jane et Edward Barton est présente dans chaque publicité. De nombreux téléspectateurs ont trouvé cette publicité perturbante. Certains se sont plaints que la musique ressemblait à une malédiction allemande., bien que les paroles soient en anglais. D'autres personnes ayant vu cette publicité sur YouTube ont affirmé que l'image se déformait si elle était vue à minuit pile avant de faire planter le lecteur de vidéo de YouTube. À cause de son atmosphère perturbante, de nombreuses rumeurs ont vu le jour concernant des membres de l'équipe de tournage qui auraient été les victimes d'accidents mortels, et l'actrice principale Keiko Matsuzaka qui aurait soit trouvé la mort, soit été placée dans un institut psychiatrique, ou serait devenue enceinte d'un enfant démoniaque..

Une légende urbaine similaire est liée au tournage de L'Exorciste.

La malédiction du parc d'Inokashira Dans le parc d'Inokashira, les visiteurs peuvent louer des barques. Selon la rumeur, si deux personnes en couple montent ensemble dans une barque, leur relation prendra fin.. Cette légende est liée au temple local dédié à Benzaiten. Benzaiten est une divinité considérée comme étant très jalouse et serait la cause de la séparation des couples montant dans les barques..

La malédiction de la chambre rouge L'histoire de la chambre rouge est une légende d'Internet concernant un pop-up qui apparaîtrait sur les ordinateurs des victimes. Une porte est affichée sur l'image, et une voix préenregistrée demande « Aimez-vous... ». Même si le pop-up est fermé, il se rouvrira jusqu'à que la voix termine sa question : « Aimez-vous la chambre rouge ? » Ceux qui ont vu le pop-up sont retrouvés morts, leur sang recouvrant leurs murs. La légende a commencé avec une animation flash d'un jeune garçon qui se retrouve maudit après être tombé sur le pop-up, mais a gagné en notoriété lorsqu'il a été découvert que l'écolière ayant commis un meurtre au couteau à Sasebo en 2004 avait la vidéo dans ses favoris.

La chaîne d'emails de Kata Lata Kulu est une légende urbaine similaire.

La malédiction du Colonel La Malédiction du Colonel (Kāneru Sandāsu no Noroi) est une malédiction dont serait victime l'équipe de baseball Hanshin Tigers et serait la cause des mauvaises performances de l'équipe lors des séries du Japon. En 1985, les fans des Hanshin Tigers ont célébré la première et seule victoire de la série, et, dans leur excitation, ont jeté une statue du Colonel Sanders, le fondateur et la mascotte de Kentucky Fried Chicken, dans la rivière de Dōtonbori. Depuis cet incident, l'équipe n'a plus gagné de championnat, et certains fans pensaient qu'ils ne gagneraient plus jamais jusqu'à que la statue soit récupérée..

La statue a été retrouvée dans la rivière de Dōtonbori le . Les plongeurs qui ont découvert la statue ont d'abord pensé qu'il s'agissait d'un grand baril, puis d'un corps humain, mais les fans des Hanshin Tigers présents à ce moment ont vite identifié le torse du Colonel disparu. La main droite et les jambes ont été retrouvées le jour suivant, mais les lunettes et la main gauche de la statue sont toujours portées disparues.

La Malédiction du Bambino et la Malédiction de Billy Goat sont des légendes urbaines similaires.

Légendes urbaines (surnaturelles) Aka Manto La cape rouge est un esprit qui hanterait les toilettes, généralement la dernière cabine des toilettes des femmes. Certaines versions le décrivent comme portant un masque couvrant son visage extrêmement beau, ce qui lui aurait causé des problèmes de harcèlement de son vivant. Lorsque la victime est aux toilettes, une voix mystérieuse lui demanderait si elle préférerait du papier rouge ou du papier bleu. Si elle répond qu'elle préfère le papier rouge, la cape rouge la tue d'une manière violente, laissant sa victime couverte de sang. Si elle répond qu'elle préfère le papier bleu, elle est étranglée ou saignée à mort, sa peau devenant bleue. Si la victime demande un papier d'une autre couleur, des mains apparaissent (parfois sortant des toilettes où la victime est assise), et traînent la victime en enfer. Dans d'autres versions, le fantôme demanderait simplement si la victime souhaite un manteau rouge avant de lui arracher la peau de son dos.. Il peut aussi demander si la victime souhaite une cape rouge ou bleue.. Cependant, selon , il est possible d'échapper à Aka Manto si en lui disant .

Le passager fantôme Dans cette histoire, un chauffeur de taxi roule le long d'une route au beau milieu de la nuit. Quelqu'un sortirait alors soudainement des ténèbres en faisant signe au taxi. La personne s'installerait à l'arrière de la voiture et demanderait que le chauffeur l'emmène à un endroit dont il n'aurait jamais entendu parler. Le passager assurerait au chauffeur qu'il le guiderait. Il commencerait alors à fournir au chauffeur des directions de plus en plus compliquées qui l'emmènerait à travers des rues et des allées, à travers de nombreux villages et parfois même de la ville à la campagne. Après avoir parcouru une telle distance et ne semblant pas plus proche de sa destination, le chauffeur deviendrait de plus en plus anxieux. Il se tournerait alors vers la banquette arrière pour demander au passager où est-ce qu'ils sont exactement, mais serait pris par surprise en découvrant que son passager a disparu. Le chauffeur de taxi se retournerait alors vers le volant, juste à temps pour voir le véhicule sortir de la route et plonger dans un ravin.

Gozu (Tête de vache) Gozu (tête de bœuf), aussi connue sous le nom de tête de vache, est une légende urbaine japonaise à propos d'une histoire fictive appelée « Tête de vache ». un professeur raconte l'histoire à un groupe d'écoliers s'ennuyant, ce qui aurait rendu le groupe et le professeur catatoniques et amnésiques. Une autre version inclut le fait que personne ne peut redire l'histoire car les personnes l'ayant entendue meurent peu après.

L'histoire de Gozu serait une histoire non publiée de l'auteur de science-fiction Sakyo Komatsu, mais rien n'indique que cet auteur est lié à cette légende.. Une légende ukrainienne appelée « la tête de la vache » existe, racontant l'histoire d'une femme qui aurait de la bonne fortune après avoir accueilli et nourri une tête de vache désincarnée l'ayant visitée une nuit., ainsi qu'un film appelé Gozu sorti en 2003, réalisé par Takashi Miike. Malgré leurs noms similaires, aucun lien n'existe entre ces histoires et la légende japonaise.

Jinmenken (le chien à la tête d'homme) Les jinmenken sont des chiens ayant des visages humains qui apparaîtraient la nuit dans les zones urbaines japonaises, courant très rapidement le long des autoroutes. Les jinmenken peuvent parler, mais certains affirment qu'ils sont désagréables ou demandent le plus souvent d'être laissés tranquilles. Contrairement à la plupart des légendes urbaines, le chien au visage d'homme n'a pas une réputation meurtrière. Les jinmenken seraient des rescapés d'expériences scientifiques, ou les esprits des victimes d'accidents de la route..

Certains spéculent que les témoins affirmant avoir vu des jinmenken ont en réalité croisé le chemin d'un macaque japonais, ce qui expliquerait les déplacements à quatre pattes, la fourrure similaire à celle d'un chien, le visage humain, et les bruits presque humains que les jinmenken produiraient.

Il existe des traces de rumeurs attestant la présence de chiens à tête d'homme depuis 1810, du fait notamment d'un spectacle misemono où l'apparition d'un tel phénomène a été rapportée.

Une légende urbaine similaire est celle du chien noir.

Kokkuri-san

Le kokkuri est une version japonaise d'un Ouija, devenue populaire pendant l'ère Meiji. Plutôt qu'utiliser une planche achetée en boutique avec des lettres et une goutte, les joueurs écrivent des caractères en hiragana et placent leurs doigts sur une pièce, avant de poser une question à Kokkuri-san. Ceci est un jeu populaire dans les lycées japonais.. Et, comme pour un ouija occidental, des rumeurs et des légendes entourent le kokkuri.