thumb|right|Carte de l’Empire romain en 125, montrant la position de la Legio Flavia Firma à Samosate, sur l’Euphrate, où elle fut stationnée à partir de 117.

La Legio Ou et à prononcer sextadecima dans cet article. Flavia Firma ( : Seizième légion flavienne et constante)Le nombre (indiqué par un chiffre romain) porté par une légion peut prêter à confusion. Sous la République, les légions étaient formées en hiver pour la campagne d’été et dissoutes à la fin de celle-ci ; leur numérotation correspondait à leur ordre de formation. Une même légion pouvait ainsi porter un numéro d’ordre différent d’une année à l’autre. Les nombres de à étaient réservés aux légions commandées par les consuls. Sous l’empire, les empereurs numérotèrent à partir de « » les légions qu’ils levèrent. Toutefois, cet usage souffrit de nombreuses exceptions. Ainsi, Auguste lui-même hérita de légions portant déjà un numéro d’ordre qu’elles conservèrent. Vespasien donna aux légions qu’il créa des numéros d’ordre de légions déjà dissoutes. La première légion de Trajan porta le numéro , car 29 légions existaient alors déjà. Il pouvait donc arriver, à l’époque républicaine, qu’existassent simultanément deux légions portant le même numéro d’ordre. C’est pourquoi s’y ajouta un cognomen ou qualificatif indiquant (1) ou bien l’origine des légionnaires (Italica = originaires d’Italie), (2) un peuple vaincu par cette légion (Parthica = victoire sur les Parthes), (3) le nom de l’empereur ou de sa gens (famille ancestrale), soit qu’elle ait été recrutée par cet empereur, soit comme marque de faveur (Galliena, Flavia), (3) une qualité particulière de cette légion (Pia fidelis = loyale et fidèle). Le qualificatif de « Gemina » désignait une légion reconstituée à partir de deux légions ou plus dont les effectifs avaient été réduits au combat (Adkins (1994), ). fut créée par l’empereur Vespasien en 70 à partir d’unités de l’ancienne . Elle fut affectée en Orient où elle eut comme tâche, avec la Legio Felix, de protéger le limes sur l’Euphrate face à l’Arménie. Après avoir participé aux campagnes de Trajan contre les Parthes, elle fut transférée de Satala vers Samosate où elle demeura jusqu’à la destruction de la ville par en 256. Nous savons qu’elle a dû jouer un rôle important lors des guerres contre l’empire sassanide et pour la reconquête du royaume de Palmyre, mais nous avons peu de détails concrets sur sa participation.

Son emblème était PégaseStoll (2001), ; Meyer (2006), ., bien que le lion apparaisse également dans les études antérieuresLe Bohec (1993), ; Lendering (2002), paragraphe 11..

Histoire de la légion

Au

La guerre civile de 68–69, aussi surnommée Année des quatre empereurs, ayant laissé l'Empire en piteux état, les caisses vides et les soldats impayés, Vespasien () décida de licencier une partie des troupes qui s’étaient montrées peu sûres lors de la guerre civile et de la révolte batave, au nombre desquelles la Gallica. Presque aussitôt, il créa une nouvelle , la , dont les légionnaires furent en grande partie recrutés parmi ceux de la dissouteRitterling (1925), ..

Peu après sa création, la légion fut envoyée dans les provinces d’Orient, ce qui put paraître comme une punition puisque la majorité de ses légionnaires venait de Gaule, mais qui était relativement clémente si on songe aux conséquences que l’insubordination des troupes aurait pu avoirLendering (2002), paragraphe 1..

Vespasien s’était donné comme but de stabiliser les frontières, en annexant certains territoires comme le royaume de Mélitène et en construisant un système défensif surveillant les peuplades barbares outre-rhéno-danubiennes (Germains, Daces, Sarmates, Chattes). En même temps que la Legio Flavia, Vespasien créa la Legio Flavia Felix, ce qui porta le nombre total des légions à vingt-neuf dont vingt-sept eurent comme fonction de garder les frontièresLendering (2002), paragraphe 2.. La Legio Flavia Firma fut stationnée à Satala, dans le nord-est de la Cappadoce, sur le haut Euphrate, portion de la frontière face à l’Arménie qu’elle partageait avec la FulminataEdwell (2008), .. On sait peu de choses sur cette période, sauf que, vers 75, des unités de la Legio Flavia Firma, de la Legio IIII Scythica, de la Legio III Gallica et de la Legio VI Ferrata furent utilisées pour la construction de ponts près d’AntiocheAE 1983, 927..

Au

thumb|left|La situation en Orient à la veille de la guerre parthique de Trajan.

La légion réapparait lors des campagnes de Trajan () contre les Parthes (114-117) auxquelles elle prit partCIL 10, 1202.. Depuis des décennies, l’Arménie avait été une pomme de discorde entre Rome et l’Empire parthe. Prenant prétexte du renversement du roi Axidarès par Chosroès, Trajan marcha vers la Syrie à la tête de dix-sept légionsBennett (1997), .. Trajan décida alors de transformer l’Arménie en province romaine, avant de se diriger vers la Mésopotamie, puis de s’emparer de Séleucie et de Ctésiphon, capitale des Parthes, et enfin de s’aventurer jusqu’au golfe PersiqueBunson (1994), « Trajan », ..

Sous Hadrien (), la Flavia Firma fut remplacée à Satala par la Legio XV Apollinaris et fut transférée en 117 à Samosate (aujourd’hui Samsat, en Turquie) sur l’EuphrateEdwell (2008), .Erdkamp (2007), .. La situation à cet endroit se révélant paisible, les légionnaires furent utilisés pour superviser des travaux de voirie comme la construction d’un tunnelLendering (2002), paragraphe 3., pendant qu’une unité participait à la suppression de la rébellion de Bar Kokhba en Judée (132-135)Salmon (1968), ..

Les Parthes continuant à menacer l’empire, des détachements de la Legio Flavia Fidelis furent envoyés à Selukia Pieria (aujourd’hui Samandağ, en Turquie)CIL 19, 2457 et AE 1903, 252.. En 161, sous Antonin le Pieux (), une légion (peut-être la VIIII Hispana) fut défaite par les Parthes ; il s’ensuivit une guerre contre les Parthes menée par le futur empereur Lucius Verus () au cours de laquelle, pour la première fois en un demi-siècle, la Flavia Firma fut utilisée pour une campagne d’envergure. Cette campagne résulta en la conquête d’une grande partie de la Mésopotamie. La légion devait participer par la suite aux campagnes de Septime Sévère (194 et 197-198) et de Caracalla (216/217) qui devaient encore une fois aboutir à la conquête de CtésiphonLendering (2002), paragraphes 4 et 5..

La légion dut s’avérer particulièrement utile sous la dynastie des Sévères, car elle se vit attribuer les surnoms de SeverianaAE 1937, 244. et de Pia FidelisAE 1940, 220..

Au

thumb|right|Le pont Séverin sur la Cendere Çayi, encore utilisé de nos jours.

La création de la province de Mésopotamie entraîna une réorganisation de la région du Haut Euphrate et une nouvelle répartition des légions romaines au Proche-Orient. Cette frontière n’étant plus en danger, les légions Parthica et Parthica furent déplacées vers l’est entre le Tigre et l’Euphrate. La Flavia Firma vit son rôle réduit à celui de réserve stratégique et fut employée à divers travaux de construction. Ainsi, sous le commandement du légat CIL 3, 6740., une unité de la Flavia Firma construisit un pont sur la rivière Chanibas (aujourd’hui ), encore utilisé de nos joursLendering (2002), paragraphe 6..

En 210, une unité de la Flavia Firma et une autre de la IIII Scythica, sous le commandement conjoint du centurion Antonius Valentinus, furent stationnées à Dura Europos (ville sur l’Euphrate, aujourd’hui en Syrie près de la frontière irakienne) où elle reconstruisit un sanctuaire dédié à Mithra.

Le vit aussi le départ de la Flavia Firma de son quartier général de Samosate vers Sura, situé plus bas sur le fleuve. Il est possible que ce transfert ait eu lieu déjà sous Septime Sévère ()Edwell (2008), p., mais il est également possible qu’il ait été le résultat de la capture et de la destruction de la ville par Chapour en 256Erdkamp (2007), .Lendering (2002), paragraphe 8..

Ayant conquis la majeure partie de la Mésopotamie, affronta l’empereur Valérien lors de la bataille d’Édesse et le fit prisonnier. L’année suivante, Odénat, gouverneur romain de Syrie-Phénicie, promu par l’empereur Gallien chef suprême des forces romaines d'Orient, commença à organiser la résistance contre l’envahisseur sassanide. Après avoir vaincu Chapour à deux reprises entre 260 et 267, Odénat s’éloigna progressivement de Rome pour créer, avec son épouse Zénobie, ce qui deviendra le royaume de Palmyre qui, s’étendant sur une bonne partie de la Mésopotamie, contribua à stabiliser la situationBunson (1994), « Odaenath » et « Palmyra » .. Ce ne fut qu’en 272/273 qu’Aurélien parvint à reprendre le contrôle de Palmyre. La guerre avec les Sassanides se poursuivit, jusqu’à ce qu’en 299 Dioclétien s’empare de leur capitale Ctésiphon et en arrive à une paix durable et favorableBunson (1994), « Diocletian » ..

Il est impossible que la Flavia Firma n’ait pas joué un rôle important durant les événements qui marquèrent cette période ; malheureusement, nous n’avons aucune information précise à ce sujet.

Aux et s

Selon la Notitia Dignitatum, recension rédigée vers 400On doit toutefois consulter la Notitia Dignitatum avec prudence, car diverses mises à jour, surtout en ce qui concerne l’armée de l’empire d’Occident, ont été faites de façon partielle et conduisent à des invraisemblances., la Legio sextadecima Flavia Firma était toujours stationnée à Sura au début du siècle, sous les ordres du Dux Syriae et Eufratensis SyriaeNotitia Dignitatum Orientis, 33.. On perd alors la trace de la légion.

Notes et références Notes

Références Pour les références AE et CIL, voir Clauss/Slaby dans la bibliographie.

Voir aussi

Bibliographie Sources primaires Dion Cassius, Histoire romaine.

Sources secondaires (en) Bunson, Matthew. Encyclopedia of the Roman Empire. New York, Facts on File, 1994 . (de) Clauss/Slaby. Epigraphik-Datenbank Clauss / Slaby (EDCS) en ligne. (en) Erdkamp, Paul (éd.). A Companion to the Roman Army. Blackwell, Malden, 2007 . (en) Edwell, Peter. Between Rome and Persia, London, Routledge, 2008 . (de) Gebhardt, Axel. Imperiale Politik und provinziale Entwicklung. Untersuchungen zum Verhältnis von Kaiser, Heer und Städten im Syrien der vorseverischen Zeit (= Klio. Beihefte. Neue Folge, Band 4). Akademie Verlag, Berlin 2002 . (de) Kunow, Jürgen. “Die Militärgeschichte Niedergermaniens. Das Vierkaiserjahr und der Bataveraufstand” (dans) Heinz Günter Horn (éd), Die Römer in Nordrhein-Westfalen. Lizenzausgabe der Auflage von 1987. Nikol, Hamburg 2002 . (de) Le Bohec, Yann. Die römische Armee von Augustus zu Konstantin dem Großen. Stuttgart, Steiner, 1993 . (de) Meyer, Marion. Die Personifikation der Stadt Antiocheia. Ein neues Bild für eine neue Gottheit. Berlin/New York, de Gruyter, 2006. (de) Ritterling, Emil. « Legio () » (dans) Paulys Realencyclopädie der klassischen Altertumswissenschaft (RE), vol. , 2, Stuttgart, 1925, . (en) Salmon, E.T. History of the Roman World from 30 B.C. to A.D. 138, London, Routledge, 1968. en ligne. (de) Schmitz, Dirk. “Der Bataveraufstand im Kontext des römischen Bürgerkrieges, 68-70 n. Chr.” (dans) Martin Müller, Hans-Joachim Schalles und Norbert Zieling (éd.), Colonia Ulpia Traiana. Xanten und sein Umland in römischer Zeit. Zabern, Mainz 2008 . (de) Stoll, Oliver. Römisches Heer und Gesellschaft. Gesammelte Beiträge 1991–1999 (= Mavors. Band 13). Steiner, Stuttgart, 2001 . (de) Temporini, Hildegard, Wolfgang Haase, (éd.). Aufstieg und Niedergang der römischen Welt (ANRW). partie, vol. 5/1, de Gruyter, Berlin – New York, 1976 .

Articles connexes Légion romaine - Liste des légions romaines Guerre parthique de Trajan Sassanides Odénat

Liens externes

(en) Lendering, Jona. « Legio Flavia Firma », sur livius.org . (de) --- Legio Flavia Firma, sur imperium-romanum. com.

16, Flavia Firma Catégorie:Vespasien Catégorie:Unité ou formation militaire créée au Ier siècle