Emmanuel Viérin est un peintre belge né le à Courtrai et décédé dans cette même ville le .
Souvent associée au courant luministe belge, l'œuvre d'Emmanuel Viérin peut être rapprochée des productions picturales de ses contemporains Albert Baertsoen ou encore Georges Buysse.
Il fut par ailleurs, durant de nombreuses années, directeur de l'Académie des Beaux-Arts et conservateur des musées communaux (Musée d'Archéologie et d'Arts décoratifs, Musée des Beaux-Arts) de la ville de Courtrai.
Biographie Emmanuel Marie Joseph Achille Viérin, second fils d'une fratrie de cinq fils, naît le au domicile de ses parents à la Grand’ Place de Courtrai. Ses parents y possèdent une entreprise prospère spécialisée dans la production du drap destiné à la confection de capes flamandes.
Très tôt, il se passionne pour la peinture et le dessin, passion sans nul doute héritée de son père, Constant Viérin. Celui-ci, artiste lui-même et fervent amateur d'art, emmène très souvent son fils visiter les musées et expositions de la ville de Courtrai.
À l'âge de , il quitte l'école et s'inscrit à l'Académie de Dessin et de Peinture de Courtrai.
Il poursuit ensuite son apprentissage à l'Académie Royale d'Anvers où il suit l'enseignement du paysagiste Joseph Coosemans.
En 1894, un voyage d'études le mène en Algérie (Constantine et Biskra) où il séjournera plus de six mois, y rencontrant notamment l'écrivain André Gide.
Le , à Thourout, Emmanuel Viérin épouse Marguerite Marie Françoise Bataille, née en 1872 à Dunkerque mais qui résidait alors à Thourout. Elle était la fille de Jean Charles Bataille (mort à Dunkerque en 1879) et de Valérie Victoire Isabelle Daussy ou D'Aussy (née à Thourout en 1831, et qualifiée en 1887 de fabricante de cordages de navires), qui résidait à Thourout avec sa fille Marguerite en 1896. Installé à Courtrai, le couple aura sept enfants. La famille habite durant plusieurs années une maison dont les plans ont été dessinés par le frère cadet d'Emmanuel, Joseph Viérin. Celui-ci, architecte renommé, dirigea notamment la reconstruction des villes de Nieuport et de Dixmude après la Première Guerre mondiale. vignette|La villa Ter Wilgen, résidence d'été du peintre.|gauche
C'est également Joseph Viérin qui, en 1910, à la demande du couple, construit une des premières villas à Duinbergen.
Celle-ci, nommée « Ter Wilgen », est située au 8, Meeuwendreef (en 2009, la villa est classée au patrimoine architectural par la Région flamande.).
Attiré par la mer du Nord, le peintre réside les mois d'été à cette adresse, ce qui lui permet de parcourir la région du littoral et de peindre de nombreux tableaux.
En 1914, alors que la guerre éclate et que sont commises les premières atrocités sur des populations civiles, le peintre quitte la Belgique pour s'installer en Zélande, province du sud-ouest des Pays-Bas. Il y séjournera l'entièreté du conflit, à Oostkapelle sur l'ancienne île de Walcheren dans un premier temps, à Dombourg ensuite. vignette|Portrait d'Emmanuel Viérin par Frans Van Holder (1907) L'entre-deux-guerres est une période particulièrement heureuse pour Emmanuel Viérin. Le couple emménage dans une villa moderne construite par leur fils, Pierre. Aux murs de celle-ci sont exposées les toiles de ses amis peintres : Albert Baertsoen, Hubert Bellis, Firmin Baes ou encore Frans Van Holder. Le peintre y dispose d'un atelier donnant sur un grand jardin. Entouré de nombreux amis, parmi lesquels figuraient notamment l'écrivain Stijn Streuvels, le peintre Isidoor Opsomer ou encore l'entrepreneur Jozef De Coene, ces années constituent la période la plus importante dans son œuvre.
Parallèlement à sa carrière de peintre, Emmanuel Viérin est durant cette période un personnage central de la vie culturelle courtraisienne : directeur de l'Académie des Beaux-Arts jusqu'en 1938, conservateur depuis 1920 du Musée d'Archéologie et d'Arts décoratifs ainsi que du Musée des Beaux-Arts, il en deviendra conservateur en chef en 1947.
Durant la Deuxième Guerre mondiale, la maison du peintre est occupée par les Allemands. En 1944, celle-ci est détruite par des bombardements alliés (une nouvelle demeure sera construite au même endroit après la guerre).
Marguerite, son épouse, meurt en 1951.
Emmanuel Viérin meurt trois ans plus tard, à Courtrai, le .
Son œuvre Les premières œuvres d'Emmanuel Viérin peuvent être qualifiées de réalistes. Jusqu'au milieu des années 1890, conditionné par sa formation auprès du peintre paysagiste Joseph Coosemans, il adopta les premières années de sa carrière un style pictural unanimement accepté à l'époque, notamment hérité du réalisme des écoles de Barbizon et de Tervueren.
Comme bon nombre de jeunes artistes de l'époque, il évolua par la suite (au milieu des années 1890) vers le luminisme, mouvement artistique influencé par l'impressionnisme français, très en vogue au sein de la scène artistique belge à la fin du dix-neuvième siècle. Durant ces années, Emile Claus, figure majeure de ce mouvement, rencontre un succès certain auprès du public et de la critique. Malgré les vingt années qui les séparent, Emile Claus entretient une relation cordiale avec le jeune peintre courtraisien, l'encourageant notamment à parcourir la Flandre maritime pour en peindre les paysages et la lumière.
L’œuvre d'Emmanuel Viérin, si elle en emprunte certains codes, se distingue néanmoins du luminisme pratiqué par le peintre de la Lys et ses disciples. Ces différences sont illustrées dans la définition que donne Johan De Smet, conservateur au Musée des Beaux-Arts de Gand, de la démarche artistique du peintre : Les thèmes abordés par l'artiste sont principalement des paysages. Les béguinages flamands (Courtrai, Bruges, Dixmude...), les marines, les vues de plages et de dunes ainsi que les vues rurales (moulins, fermes, rivières...) et urbaines composent majoritairement la production picturale du peintre. Les activités humaines sont peu représentées dans l’œuvre du peintre, tout juste se limitent-elles, à de rares occasions, à une présence discrète. À de nombreuses occasions, Emmanuel Viérin, peintre de la lumière, représenta un même thème à différentes heures de la journée (même à la nuit tombée), à différentes saisons. C'est le cas notamment des béguinages de Courtrai et de Bruges, très présents dans son œuvre, mais également de l'église de Steenkerke proche de la ville de Furnes ou encore des moulins de Snaaskerke et Heule.
Après la Première Guerre mondiale et jusqu'à la fin de sa carrière, le peintre resta fidèle à ce style pictural, ce qui à partir des années 20 l'éloigna de la scène artistique d'avant-garde dominée par le modernisme (expressionnisme, art abstrait...).
Il conserva cependant jusqu'à la fin de celle-ci les faveurs du public et des collectionneurs.
Le catalogue raisonné de l’œuvre du peintre peut être librement consulté sur le site Internet mis en ligne par l'association Emmanuel Viérin 1869-1954.
Celui-ci, en constante évolution, couvre une période allant de 1887 à 1954. y sont actuellement référencées..
Expositions En Belgique Tout au long de sa carrière de peintre, Emmanuel Viérin participa à de nombreuses expositions, individuelles et collectives (une liste exhaustive des expositions auxquelles prit part le peintre est consultable sur le site Internet de l'Association Emmanuel Viérin 1869-1954.).
La première de celles-ci se tint en 1889. Cette année-là furent présentées trois œuvres à l'exposition des Beaux-Arts de la ville de Spa.
Consécutivement à ces débuts et jusqu'à la Première Guerre mondiale, il participa aux plus grandes manifestations artistiques officielles organisées sur le territoire belge. Ainsi, il présenta systématiquement des œuvres aux Salons triennaux belges (Anvers, Bruxelles et Gand) et fut également invité à présenter des œuvres dans les Salons d'art associés aux expositions universelles de Liège (1905), Bruxelles (1910) et Gand (1913).
Parallèlement à ces grandes manifestations officielles, durant cette même période, Emmanuel Viérin prit part à de nombreuses expositions organisées par différents cercles artistiques actifs à cette époque : le Cercle Artistique et Littéraire gantois, le cercle artistique bruxellois Pour l'art ainsi que le cercle artistique anversois Als ick kan.
A l'étranger Avant la Première Guerre mondiale, Emmanuel Viérin fut plusieurs fois invité à présenter des œuvres au sein des sections belges de grandes expositions internationales : à Milan lors de l'Exposition universelle de 1906 mais également à l'Exposition Internationale d'Art de Barcelone (1907, 1910).
Aux États-Unis, entre 1912 et 1914, des toiles d'Emmanuel Viérin furent présentées à l'Annual International Exhibition of Paintings organisé par le Carnegie Institute de Pittsburgh.
Les années de guerre Durant la Première Guerre mondiale, Emmanuel Viérin, résidant aux Pays-Bas, participa activement à la vie culturelle de son pays d'accueil.
Il présenta systématiquement des œuvres aux expositions itinérantes ayant pour but de promouvoir l'art belge aux Pays-Bas. Celles-ci, initiées par les peintres Isidore Opsomer et Rodolphe Wytsman, se tinrent entre autres à Amsterdam, Dordrecht, La Haye, Eindhoven, Groningen, Nimègue et Rotterdam.
Durant cette période d'exil, Emmanuel Viérin participa aux expositions organisées par Jan Toorop (1916, 1917) aux côtés d'autres artistes belges invités comme William Degouve de Nuncques ou encore Jacques Bergmans.
Ses œuvres furent également présentées en Scandinavie et en Grande-Bretagne avec l'aide du baron Adrien de Gerlache pour la première, de Paul Lambotte pour la seconde.
Rencontrant un succès certain auprès du public, il ressort des documents personnels de l'artiste que celui-ci vendit durant cette période de guerre plus d'une cinquantaine de tableaux, principalement aux Pays-Bas, mais également en Grande-Bretagne et en Scandinavie.
L'entre-deux guerres Après la Grande Guerre, l'intérêt pour le luminisme et l'intimisme déclinant, la présence d'Emmanuel Viérin aux expositions nationales et internationales d'avant-garde diminua conséquemment.
Toujours bien présent au sein du circuit officiel, il participa, durant cette période, à de grandes expositions, en Belgique comme à l'étranger : Barcelone (1921), Buenos Aires (1927 et 1931), Gand (1922, 1929), Lisbonne (1920), Londres (1930) ou encore Liège (1921).
La dernière exposition à laquelle il participa eut lieu dans sa ville natale de Courtrai.
Hommages contemporains En 2004, organisée conjointement par les musées communaux de la ville de Courtrai et l'association "Emmanuel Viérin 1869-1954", une grande exposition rétrospective de l’œuvre du peintre fut organisée au sein de la chapelle de l'abbaye de Groeninge.
Récemment, en Belgique et aux Pays-Bas, des œuvres d'Emmanuel Viérin ont été présentées au sein d'expositions thématiques.
ExpositionsDatesLieuxPaysCataloguesImpressionnistes à Knocke & Heist (1870-1914)Novembre 2007 - Janvier 2008Scharpoord Cultuurcentrum Knokke-HeistBelgiqueLannoy D. - Devinck F. - Thomas T., Stichting kunstboek, 2007.Les peintres du large, de Nieuport par Coxyde à la Panne 1830-1975Juin - Septembre 2011Cultuurhuis De ScharbiellieBelgiqueSauwen R., Stichting kunstboek, 2011.De l'atelier à la côte, Knocke & Heist 1880-1940Octobre 2012 - Janvier 2013Scharpoord Cultuurcentrum Knokke-HeistBelgiqueLannoy D. - Devinck F. - Thomas T., Stichting kunstboek, 2012.Tijdelijk thuisland Belgische kunstenaars in Domburg 1914-1918Juillet - Novembre 2014Marie Tak Van Poortvliet - Museum DomburgPays-BasVan Vloten F., De Factory, 2014.
Musées