Éric Sadin, né le , est un écrivain et philosophe français, principalement connu pour ses écrits technocritiques.
Biographie
Jeunesse, famille, formation
Éric Sadin est le fils d'une mère cheffe d'entreprise et d'un père avocat et directeur de cabinet ministériel.
En 2002, il est lauréat de la Villa Kujoyama., établissement artistique du réseau de coopération culturelle du ministère des affaires étrangères.
Carrière Éric Sadin explore à partir de la fin des années 1990 certaines des mutations décisives du monde numérique de la fin du ainsi que leurs implications politiques et civilisationnelles. Le déclic se produit en 1998, lorsqu'Éric Sadin acquiert pour la première fois une connexion internet et un téléphone portable. Constatant la facilité de communication et de circulation des informations entre individus malgré la distance, il va développer l'idée de l'émergence d'« un nouveau moment de l’histoire de l’humanité, tant dans nos comportements individuels que collectifs ».
En 1999, il fonde la revue éc/artS, dédiée aux pratiques artistiques et aux nouvelles technologies.. La publication de la revue s'achève en 2003.
Il commence à se faire connaître en publiant en 2009 son livre Surveillance globale : enquête sur les nouvelles formes de contrôle.. Selon Le Monde, ce livre fait d'Éric Sadin l'un « des rares penseurs à s’interroger sur les limites de la révolution numérique en cours » et à en proposer une analyse multidimensionnelle . Éric Sadin met en avant les aspects négatifs des nouvelles technologies, affirmant que la société de l'information est aussi une société de surveillance au service d'intérêts économiques. Il poursuit ses thèses dans L’Humanité augmentée. L’administration numérique du monde, publié en 2013, ou encore La Siliconisation du monde. L’irrésistible expansion du libéralisme numérique, publié en 2016. À partir de 2018, il consacre une grande part de son travail à l'intelligence artificielle.
Il devient un intervenant régulier à Sciences Po notamment à Paris.
Il a été aussi professeur à l’école supérieure d’art de Toulon, et professeur invité à l’ECAL de Lausanne et à l’université d’art IAMAS, à Ōgaki (Japon).
En 2022, dans L’Ère de l’individu tyran. La fin d’un monde commun, il affirme que les réseaux sociaux ont participé massivement à une exacerbation de l'individualisme, et une atomisation des sociétés. La subjectivité personnelle prendrait le pas sur les références universelles, et l'usage des réseaux sociaux conduiraient à des comportements de ressentiment et de colère permettant de compenser une dépossession de l'existence.
Sur l'intelligence artificielle En 2018, dans L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle, il estime que l'IA est une révolution à laquelle il faut résister, tant, selon lui, Il donne des exemples, comme le remplacement du diagnostic médical humain par l'IA, l'examen automatisé des conditions de délivrance d'un prêt bancaire, l'utilisation de robots pour effectuer le recrutement de candidats. Il alerte sur la marginalisation de l'évaluation humaine, face à la montée de l'automatisation, et va plus loin, y voyant une possibilité d'effacement du politique et d'asservissement aux analyses produites par les machines..
En 2023, il continue d'explorer les conséquences de l'utilisation de l'IA, s'inquiètant d'une soumission de l'humain aux machines dans l'essai La Vie spectrale. Penser l’ère du métavers et des IA génératives..
En février 2025, alors que se déroule à Paris le Sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle auquel participent de nombreux chefs d’État, il organise un contre-sommet avec le journaliste Éric Barbier, référent IA générative au sein du Syndicat national des journalistes. Intitulée « Pour un humanisme de notre temps », ce colloque se veut orienté ; il se tient le 10 février au Théâtre de la Concorde, à quelques centaines de mètres du Sommet, avec deux objectifs : faire entendre des témoignages sur des professions déjà touchées (écrivains, enseignants, journalistes, traducteurs, doubleurs, créateurs de films d'animation, certaines professions médicales), et créer une mobilisation, à l'image de la grève des scénaristes américains en 2023, dont l'une des revendications était de refuser que l'IA remplace les humains.. Sadin y déclare que l'usage de l'IA peut relever d'un , tandis que Barbier, qui travaille à L'Est républicain, affirme que l’IA générative y est utilisée pour retravailler les textes de correspondants locaux, et qu'elle devient .
En octobre 2025, il poursuit son analyse avec l'essai Le Désert de nous-mêmes, dans lequel il estime que l'intelligence artificielle générative, qui peut effectuer des tâches cognitives plus rapidement que l'être humain, représente un tournant dans l'histoire de l'humanité. Il en examine les probables conséquences sociales, notamment l'utilisation croissante de l'IA dans l'éducation, et appelle à une réflexion critique urgente. Il affirme que , sinon il sera trop tard pour les réguler. Libération, qui décrit le philosophe comme , estime que l'ouvrage pose une :
Publications Essais
« Éric Sadin : "Nos psychés sont marquées par des désillusions successives" », France Culture, La grande table Idées par Maylis Besserie, le .
Interview pour la sortie : .
Poésie
Notes et références
Voir aussi
Radio « IA générative, histoire d’une dépossession annoncée », France Inter, La Terre au carré, le , .
Vidéo Éric Sadin sur Thinkerview. « L'asservissement par l'Intelligence artificielle ? » « La fin d’un monde commun ? » « Désamorcer notre impuissance politique ? »
Articles connexes Technocritique Humanisme Philosophie Décroissance
Liens externes
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