, ou plus formellement , est un quotidien national italien fondé le par le journaliste et homme politique Giuliano Ferrara.
Le titre doit son nom à sa présentation matérielle : il paraît sur une feuille unique de grand format, accompagnée d'un encart de quelques pages. Il se réclame d'une orientation libérale et accorde une place au commentaire et à l'analyse plus large qu'à l'information factuelle.
Ferrara en assure la direction pendant dix-neuf ans, jusqu'en , date à laquelle Claudio Cerasa, alors âgé de trente-deux ans, lui succède. Le journal est édité par une société coopérative, forme juridique qui lui donne accès aux contributions publiques à la presse.
En , il publie pendant quatre semaines un supplément intitulé , présenté comme le premier journal en kiosque au monde intégralement produit par intelligence artificielle. L'opération suscite une couverture internationale et alimente le débat sur l'automatisation du travail journalistique.
Histoire
Fondation
Giuliano Ferrara fonde le journal le , au terme d'un parcours qui l'avait conduit du Parti socialiste, pour lequel il fut député européen de 1989 à 1994, au ministère chargé des relations avec le Parlement dans le premier gouvernement Berlusconi.
Le titre naît, selon son fondateur, dans une Italie façonnée par l'action des parquets, à un moment où la gauche cherchait à s'appuyer sur le mouvement dit .
Débuts financiers
L'entreprise démarre avec des moyens réduits et sans contrat publicitaire. Ferrara a rapporté qu'entre 1996 et 1998 le journal accumula un déficit annuel de cinq cent mille euros, en dépit de la participation au capital de la société éditrice de Veronica Lario, alors épouse de Silvio Berlusconi, et de Sergio Zuncheddu.
Cette situation conduisit les fondateurs à recourir à une loi reconnaissant des subventions publiques aux titres constitués en organes de mouvements politiques et culturels, cadre que le journal trouva auprès du , constitué avec le concours des parlementaires Marcello Pera et Marco Boato.
Direction de Ferrara
Ferrara demeure directeur responsable pendant dix-neuf ans, à l'exception d'une interruption entre et , durant laquelle il dirige l'hebdomadaire tout en conservant la direction éditoriale du quotidien.
Le journal fut l'un des premiers quotidiens italiens intégralement consultables en ligne, et son site fut rendu payant pour des raisons que son fondateur rattachait à la valeur du travail journalistique.
Succession de 2015
Ferrara cède la direction à Claudio Cerasa le . Le nouveau directeur, âgé de trente-deux ans, travaillait au journal depuis 2005.
Ferrara a justifié ce choix par des motifs qu'il qualifiait de chronologiques — l'entrée du titre dans sa vingtième année et la nécessité de se renouveler — annonçant qu'il resterait collaborateur. Il a par la suite présenté cette succession comme une transmission effective, et non formelle comme il en advient souvent dans la presse.
Évolutions
Le journal s'est élargi au fil du temps : les signatures se sont ajoutées, les encarts multipliés, et la publication en ligne est venue s'ajouter aux trois pages des débuts.
L'année 2026 marque le trentième anniversaire du titre, à l'occasion duquel chaque numéro paraît accompagné d'une édition ancienne, à raison d'une par année depuis 1996.
Ligne éditoriale
Le journal se présente comme un quotidien national de politique et de culture d'orientation libérale, dont la ligne éditoriale est caractérisée par des lectures présentées comme originales et à contre-courant.
Ferrara a défini le projet comme situé à mi-chemin entre le pilier de la démocratie et le simple produit commercial, position qu'il jugeait propre à conserver une vivacité utile à la connaissance de l'opinion publique.
Selon la journaliste qui a rendu compte du trentième anniversaire, la lecture comparée des anciens numéros et des numéros récents donne l'image d'un journal demeuré constant dans sa ligne et dans son ton, chaque signataire disposant de son espace propre tout en respectant une cohérence stylistique d'ensemble.
Parmi les signatures figurent, outre Ferrara et Cerasa, Annalena Benini, Giuseppe Sottile, Adriano Sofri, Stefano Cingolani et Pietrangelo Buttafuoco.
Formats récurrents
Le journal consacre une rubrique intitulée à des ouvrages jugés difficiles d'accès ou controversés et publie chaque année une sélection de personnalités désignées comme les . Il pratique également l'édition en kiosque d'ouvrages littéraires : en 2024, il propose une édition italienne des Journalistes d'Honoré de Balzac.
Dispositif
À partir du et durant quatre semaines, le quotidien publie , supplément présenté comme le premier journal en kiosque au monde intégralement produit par intelligence artificielle.
Diffusé du mardi au vendredi, il comprend une vingtaine de sujets d'actualité allant de la politique à la finance, ainsi que plusieurs éditoriaux. Selon la présentation qu'en donne le journal, l'outil est mobilisé pour l'ensemble de la production : rédaction, titres, légendes, citations et résumés.
Une vingtaine de journalistes participent au dispositif, leur rôle se limitant à formuler des requêtes en précisant le sujet et le ton attendus ; le texte est ensuite généré à partir des informations disponibles en ligne.
Position de la rédaction
Claudio Cerasa présente l'objectif de l'opération non comme le remplacement des journalistes mais comme une revitalisation du journalisme. Il soutient que le contenu journalistique non reproductible est celui qui relève de la création, nourri de sources, d'informations, de reportages et de citations, et estime que la capacité de l'outil à imiter le travail humain oblige le journaliste à s'améliorer.
Réception
L'expérience est relayée par la presse internationale, notamment en Inde, en Australie et dans les pays francophones.
Le premier jour de parution, les ventes du quotidien progressent de 70 %, et neuf lecteurs sur dix se déclarent amusés par l'initiative, appréciation qu'il demeure difficile de distinguer d'un effet de nouveauté.
Le diffuseur public australien SBS recueille à cette occasion le point de vue de la journaliste du quotidien Giulia Pompili et de l'universitaire Monica Attard, spécialiste des médias.
Frédéric Antoine, professeur émérite de l'école de communication de l'université catholique de Louvain, relève que le journal propose des contenus où l'opinion et l'éclairage priment sur l'information d'actualité, et que le choix du format de supplément n'est probablement pas fortuit : il rend perceptibles les limites entre ce que l'outil peut fournir et ce que contient un quotidien traitant de l'actualité. Il estime par ailleurs que les fonctions d'enquête et de recueil de l'information ne sont pas menacées, l'outil ne pouvant tenir le rôle de lanceur d'alerte.
Rendant compte de l'expérience un an après, la revue de l'université Luiss observe que ce qui avait pu passer pour une provocation a gagné en crédibilité au fil des mois, et que la restitution du ton du journal par l'outil tient à ce que ce ton possède une structure codifiée.
Propriété et financement
Editeur et contributions publiques
Le journal est édité par .
Il figure parmi les titres bénéficiaires des contributions publiques à la presse italienne : au titre de la seconde tranche de l'exercice 2024, il perçoit . L'attribution de ces contributions est liée à la forme coopérative adoptée par l'éditeur, usage qui a fait l'objet d'un examen critique.
Ferrara a défendu publiquement le principe de l'aide publique à la presse.
Diffusion
Le journal ne figure pas parmi les titres certifiés par , organisme qui atteste les tirages et la diffusion de la presse périodique italienne. Ses chiffres de vente ne font donc pas l'objet d'une vérification externe.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes
Giuliano Ferrara Intelligence artificielle
Liens externes
Catégorie:Titre de presse créé en 1996 Catégorie:Presse quotidienne en Italie Catégorie:Presse quotidienne en italien