vignette|Page de couverture de la bande-dessinée du classique Dr Jekyll et Mr Hyde (1943) considéré comme la première œuvre de science-fiction d'horreur illustrée.

Lhistoire de la science-fiction retrace les points marquants de la science-fiction, un genre littéraire et cinématographique diversifié dont la trame narrative prend place dans un univers fictif où les différents aspects tirent leurs caractères de sciences, de technologies ou d'événements variés.

Les origines de la science-fiction remonteraient aux premiers travaux fantastiques tels que l'épopée de Gilgamesh. Cependant, certains estiment que l'avènement du genre n'a pu se produire qu'entre le et le début du , au tournant de la révolution scientifique et des grandes découvertes en astronomie, en physique et en mathématiques.

L'accroissement de l'application de la science dans le quotidien du grand public, pendant le , crée un terrain propice au développement de la science-fiction qui s'intéressait aux relations entre la technologie, la société et l'individu. Ainsi, il est dit de l'histoire de la science-fiction qu'elle reflète . Durant les dernières décennies, le genre s'est diversifié et apporte une influence culturelle et mondiale majeure.

Origines de la science-fiction vignette|upright=1|Tablette partiellement brisée de l'épopée de Gilgamesh datant de l'ère babylonienne (Mésopotamie, Irak).

Plusieurs textes, poèmes et épopées en provenance de cultures et d'époques différentes sont relatés dans la littérature. Ceux-ci recèlent des éléments fantastiques similaires à ceux de la science-fiction actuelle. Toutefois, ces écrits proviennent d'une ère antérieure à l'émergence du genre en tant que style distinct, affichant un manque de référence à la science ou à la technologie et relayés aux genres fantastiques ou fantaisistes. Figurent parmi eux, les Métamorphoses d'Ovide ou les poèmes héroïques Beowulf et Nibelungen.

De manière générale, c'est l'épopée sumérienne du roi Gilgamesh qui est reconnue comme étant le précurseur du genre de la science-fiction et dont les premières versions dateraient d'approximativement avant notre ère. Ce texte serait aussi le premier ouvrage connu de la littérature. Le genre y est reconnu à travers son traitement de la raison humaine et sa quête pour l'immortalité.. Plus spécifiquement, un déluge est mis en scène dans un passage dont les traits tendent vers la science-fiction apocalyptique.

Précurseurs dans la culture asiatique Dans la poésie indienne datée du au avant Jésus Christ (av. J.-C.), des oiseaux mécaniques voyageant dans l'espace sont dépeints dans le premier livre de la collection Rigveda d'hymnes sanskrit.

Du au , l'épopée mythologique hindoue du roi Kakudmi qui se rend au ciel afin de rencontrer le dieu Brahma se voit transporté dans le temps. Ainsi, ce récit aborde le concept de voyage temporel.. Plus tard, entre le et le , des machines volantes pouvant naviguer sous l'eau et dans l'espace, ainsi que la destruction intégrale de cités au moyen d'armes technologiquement avancées, font leur apparition par l'entremise de l'épopée hindoue de Ramayana.

vignette|left|Œuvre de Mitustani Kunishiro, présentée au Musée d'art de Kasama, représentant la princesse Kaguya-hime auprès du vieux coupeur de bambou.

Dans la littérature japonaise, le conte d'Urashima Tarō, qui implique un voyage temporel dans un futur lointain, a été initialement rédigé dans le Shoku Nihongi en l'an 720.. L'histoire relate la visite du palais sous-marin du roi de l'océan par le protagoniste qui y séjourne quelque temps. À son retour chez lui, il s'avère que trois cents ans se sont écoulés et qu'il a tout perdu (quelques variantes existent en ce qui a trait à la fin du conte).

Rédigé au , le récit du coupeur de bambou peut également être considéré comme étant une proto-science-fiction. Dans cette histoire, le personnage principal est une princesse de la Lune envoyée sur Terre pour sa sécurité lors d'une guerre céleste. Lorsqu'un coupeur de bambou la trouve, il la soulève et la ramène sur la Lune chez sa famille extraterrestre. Par ailleurs, un dessin de ce manuscrit illustre une machine volante ronde semblable à une soucoupe volante.

Précurseurs de culture européenne Dans la culture grecque du figurent plusieurs œuvres du dramaturge Aristophane dans lesquelles des éléments liés au « voyage fantastique », tel que le voyage aérien vers un autre monde, sont dépeints. Parmi ces œuvres, se distinguent Les Nuées, Les Oiseaux et La Paix.

LHistoire vraie du satiriste Lucien de Samosate relate le voyage dans l'espace de son protagoniste, ainsi que des conversations avec des formes de vie inconnue de manière à émettre une critique de l'exagération dans la littérature et les débats. Dans cette œuvre souvent citée, les thèmes et les sujets typiques de la science-fiction se reflètent dans le voyage extra-atmosphérique, la première rencontre d'une forme de vie étrangère, la guerre interplanétaire, l'impérialisme planétaire, des mondes régis par des ensembles de lois physiques alternatives et aussi le goût du protagoniste pour l'aventure et l'exploration.. En résumé, lHistoire vraie est le récit d'une bataille interplanétaire entre le peuple de la Lune et le peuple du Soleil pour le droit de coloniser l'Étoile du Matin. Lucien y dépeint des araignées spatiales géantes qui ont été L. Sprague de Camp et un certain nombre d'autres auteurs affirment que c'est l'un des premiers, voire le premier, exemple de science-fiction ou de proto-science-fiction..... vignette|upright=1.15|Illustration réalisée par Aubrey Beardsley en 1894 et représentant les araignées géantes dépeintes par Lucien dans l'Histoire vraie lors de la bataille entre les armées de la Lune et du Soleil pour la colonisation de l'Étoile du matin.

Cependant, puisque le texte a été écrit explicitement de manière satirique et hyperbolique, d'autres critiques sont ambivalents au sujet de sa place légitime en tant que précurseur de la science-fiction. Par exemple, le critique anglais Kingsley Amis a écrit que , mais il a implicitement reconnu son caractère du genre en comparant son intrigue aux opéras de l'espace du début du . Par contre, la véracité et la sophistication de lHistoire vraie aborde un aspect comique au détriment de presque toutes les sciences fictions modernes écrites entre 1910 et 1940. D'ailleurs, le traducteur Lucian Bryan Reardon est plus explicite et dépeint l'œuvre comme étant le « récit d'un voyage fantastique vers la Lune, le monde souterrain, le ventre d'une baleine, etc. » et ajoute que « ce n'est pas vraiment de la science-fiction, bien qu'on l'ait parfois appelée ».

vignette|left|Ange déversant la septième coupe de la colère de Dieu, Apocalypse 16:17 à 16:21 dans la Bible.

Au sein de l'héritage chrétien, notamment certaines parties du livre de l'Apocalypse de la Bible, un langage similaire à celui de la science-fiction et de la science fantastique peut être perçu. En voici un extrait :

L'écrivain britannique Adam Roberts commente en disant que ..

Précurseurs de culture arabe

Écrit entre le et le , le recueil de contes des Mille et Une Nuits détient une place importante dans les cultures persane, indienne et arabe. Plusieurs de ces histoires comportent des éléments de science-fiction. Parmi celles-ci, figurent notamment Les aventures de Bulukiya, où la recherche de l'herbe de l'immortalité par le protagoniste l'amène à explorer les mers, le jardin d'Eden ainsi que le Jahannam. Il entreprend même un voyage à travers le cosmos vers des mondes beaucoup plus grands que le sien où il rencontre des sociétés de djinns, de sirènes, de serpents et d'arbres parlants ainsi que d'autres formes de vie diverses.

vignette|upright=1|Le manuscrit de Galland, conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris, est la plus vieille version des Mille et Une Nuits.

Dans le conte Abdullah le Pêcheur et Abdullah le Mérman, le protagoniste acquiert la capacité de respirer sous l'eau et découvre une société sous-marine subaquatique qui est dépeinte comme un reflet inversé de la société sur Terre. Cette société sous-marine suit une forme de communisme primitif où les concepts comme l'argent et les vêtements n'existent pas.

D'autres contes des Mille et Une Nuits traitent de technologies anciennes perdues, de civilisations anciennes avancées disparues lors de catastrophes les ayant submergées. La ville de laiton présente le récit d'un groupe d'archéologues voyageant à travers le Sahara pour dénicher un vase en laiton contenant un djinn piégé par Salomon dans une cité oubliée. Au courant de leur périple, le groupe rencontre une reine momifiée, des habitants pétrifiés, des robots humanoïdes et des automates réalistes, des marionnettes séduisantes dansant sans cordes ainsi qu'un cavalier robotisé fait de laiton qui dirige la fête vers la ville perdue.

Le conte du Cheval enchanté présente un robot sous les traits d'un cheval mécanique volant. Ce dernier est contrôlé à l'aide de clés et permettraient de voler dans l'espace et vers le Soleil. Par ailleurs, le conte du Troisième Qalandar comporte également un robot présenté sous les traits d'un étrange marin. Ainsi, les contes de La ville de laiton et du Cheval enchanté peuvent être considérés comme de premiers exemples de proto science-fiction. D'autres exemples de proto-science-fiction arabe comprennent les opinions d'al-Farabi sur les habitants d'une ville magnifique dans une société utopique, le récit futuriste de Awaj bin Anfaq écrit par Zakariya al-Qazwini sur un homme ayant voyagé sur Terre depuis une planète lointaine et certains éléments des Mille et Une Nuits tels que le tapis volant..

Précurseurs de l'époque médiévale

Au sein du moyen-âge arabe, le docteur Abu Shadi Al-Roubi. réfère les deux derniers chapitres du roman théologique Fâdil ibn Nātiq, aussi connu sous le nom Theologus Autodidactus, écrit en 1270 par le polymathe Ibn al-Nafis, au genre de la science-fiction. Cette nouvelle traite d'éléments typiques du genre tels que la génération spontanée, la futurologie, les thèmes apocalyptiques, l'eschatologie, la résurrection et l'au-delà. Al-Nafis a tenté d'expliquer ces éléments d'intrigue à l'aide de ses propres connaissances anatomique, biologique, physiologique, astronomique, cosmologique et géologique plutôt que de donner des explications surnaturelles ou mythologiques à ces événements. Ainsi, c'est à travers ce roman que l'auteur introduit sa théorie scientifique du métabolisme et qu'il réfère sa découverte scientifique de la circulation pulmonaire pour expliquer la résurrection corporelle.. Ce n'est qu'au début du que son œuvre fut traduite en anglais sous le nom de Theologus Autodidactus.

Au Moyen Âge européen, de nombreux romans chevaleresques et légendes présentent des passages relevant de la thématique de la science-fiction. Ainsi, à partir du , robots et automates sont présentés dans des romans tels que Le Pèlerinage de Charlemagne et Énéas. À la même époque, le roman de Troie présente la fameuse Chambre de Beautés contenant quatre automates. Dans ces œuvres, les automates étaient souvent associés de manière ambivalente à la nécromancie, surveillant des entrées ou donnant des avertissements aux intrus. L'association des automates à la nécromancie conduit souvent ces derniers à être postés à l'entrée de tombeaux tel qu'ils le font dans Énéas, dans Floire et Blancheflor, ainsi que dans le Roman d'Alexandre. Tandis que dans la légende arthurienne, ils apparaissent au personnage de Lancelot dans un palais souterrain. Les automates ne sont pas forcément représentés sous des traits humains. En effet, dans Le Conte de l'écuyer de l'écrivain britannique Geoffrey Chaucer, un cheval en cuivre est l'un des cadeaux offerts à Gengis Khan lors de son banquet.