La Garçonnière () est un film américain réalisé par Billy Wilder, sorti en 1960. Il a remporté, entre autres récompenses, cinq Oscars en 1961 dont l'Oscar du meilleur film.
Synopsis thumb|Bande annonce du film. C. C. Baxter, dit « Brin d'amour » (« Bud » ou « Buddy » en VO)Dans la VO : « le pote », « le bon copain »., est un petit employé d'une importante compagnie d'assurances, très gentil, seul et célibataire au milieu de New York, ville hyperactive où l'être humain est soumis à la cohue, au productivisme, à la publicité et à la solitude. Il met son appartement à disposition de ses supérieurs comme garçonnière, par complaisance et servilité ; il espère des avantages professionnels... et il faut bien payer le loyer. La gestion des quatre « co-locataires » est un casse-tête, son appartement est laissé sens dessus-dessous, ses voisins et sa logeuse sont indignés de ce défilé de jolies filles et du bruit, qu'ils lui attribuent, et il doit parfois attendre dehors à des heures tardives ou dans le froid. Il attrape d'ailleurs un rhume carabiné lors du dernier prêt de son appartement.
Son directeur du personnel Jeff D. Sheldrake, apprenant les faits, lui demande d'arrêter de prêter son appartement à ses quatre supérieurs, et de le lui réserver pour lui seul. Il le gratifie en échange de la promotion tant attendue, et Baxter a désormais son propre bureau. Mais il ignore que Sheldrake souhaite utiliser cette garçonnière pour y retrouver Fran, une liftière de la compagnie d'assurance où travaille Baxter et dont il est lui-même vainement épris. Il n'est pas le seul à s'intéresser à elle mais elle semble être sérieuse et refuser les liaisons.
En réalité, Fran a eu une liaison avec Sheldrake, mais elle a rompu en apprenant qu'il était marié. Elle retombe cependant dans ses bras lorsqu'il lui annonce qu'il voit son avocat pour entamer une procédure de divorce. C'est ainsi qu'elle se retrouve elle aussi à passer un moment dans l'appartement de Baxter, qui l'attend au même moment à un spectacle auquel il l'avait invitée mais où elle ne viendra jamais, à son grand désespoir.
Elle oublie dans l'appartement un poudrier au miroir fendu, que Baxter a ensuite remis à Sheldrake, et alors que Baxter est très fier d'apprendre à Fran la promotion qu'il a eue, il voit dans ses mains le miroir de poche qu'elle avait oublié chez lui et il comprend que c'est elle que Sheldrake voit en secret. Baxter ne dit rien à Fran de ce qu'il a compris.
La veille de Noël, Fran, qui croit toujours que Sheldrake va quitter sa femme comme il le lui répète sans cesse, apprend par la secrétaire personnelle de ce dernier, qui fut également sa maîtresse, qu'elle n'est qu'une conquête de plus à laquelle il a raconté les mêmes mensonges sur son divorce prochain.
Sheldrake emmène Fran, très malheureuse, à nouveau chez Baxter et lui offre un billet de 100 dollars en guise de cadeau de Noël, invoquant le manque de temps et son incapacité à choisir un cadeau de Noël qui lui conviendrait. Blessée par ce geste maladroit, elle lui révèle tout ce qu'elle sait de ses liaisons et de ses mensonges. Il part rejoindre sa femme et ses enfants pour fêter Noël et Fran tente, après son départ, de se suicider en avalant des somnifères qu'elle a trouvés chez Baxter.
Lorsque ce dernier rentre chez lui, en compagnie d'une autre victime de la solitude rencontrée dans un bar, il la sauve in extremis à l'aide de son voisin médecin, qui, croyant à une énième conquête maltraitée, le morigène sévèrement, lui enjoignant de devenir enfin un «Mensch », terme Yiddish signifiant un être humain. Baxter obtient de ce dernier que la police ne soit pas prévenue, préservant ainsi à la fois les intérêts de Fran et ceux de son supérieur, qu'il informe des derniers événements et qui lui demande de prendre en charge sa maîtresse à sa place, invoquant son impossibilité à se libérer.
Baxter passe alors 48 heures avec Fran, la protégeant de sa pulsion suicidaire, le temps qu'elle se rétablisse. Fran est secrètement émue par tous les soins attentionnés que Baxter lui prodigue mais elle lui avoue qu'elle aime encore Sheldrake. Baxter la rassure sur les bonnes intentions de Sheldrake, bien qu'il sache que son chef n'a aucune intention de divorcer. Ils jouent au gin rami.
Le beau-frère de Fran, inquiet au sujet de sa belle-sœur, passe la chercher chez celui qu'il croit responsable de son désespoir, non sans lui laisser un œil au beurre noir en souvenir.
Sheldrake fait de Baxter son assistant, nouvelle promotion éclair, pour s'être occupé de sa maîtresse. vignette|235x235px|Célèbre dernière réplique du film :
— Fran (Shirley MacLaine) à Buddy (Jack Lemmon) : (« Tais-toi et distribue »). Trahi par sa secrétaire, qu'il a renvoyée pour avoir parlé à Fran et qui dénonce ses infidélités à sa femme pour se venger, Sheldrake est jeté hors de chez lui par son épouse et reprend donc sa liaison avec Fran. Mais lorsqu'il redemande la clé de l'appartement, Baxter, très épris de Fran, ulcéré de l'ignominie de ce petit jeu, refuse, préférant être renvoyé, perdre ses avantages professionnels pour devenir enfin un « Mensch ». Lors de la soirée du Nouvel An, Fran, songeuse, dîne avec Sheldrake. Elle apprend de celui-ci que Baxter a préféré être renvoyé plutôt que de prêter son appartement pour la énième fois, surtout pour la faire venir elle, et elle s'éclipse soudainement pour rejoindre Baxter qui était sur le point de quitter sa garçonnière pour commencer une autre vie plus digne. Ils recommencent à jouer aux cartes. Baxter déclare son amour. Fran lui répond :
Fiche technique Titre original : Titre français : La Garçonnière Réalisation : Billy Wilder Assistant réalisation : Hal W. Polaire Scénario : Billy Wilder et I. A. L. Diamond Décors : Alexandre Trauner, Edward G. Boyle Costumes : Forrest T. Butler (acteurs), Irene Caine (actrices) Photographie : Joseph LaShelle Son : Gordon Sawyer, Fred Lau Montage : Daniel Mandell Musique : Adolph Deutsch, Producteurs : Billy Wilder et Doane Harrison (associé) Directeur de production : Allen K. Wood Sociétés de productions : Mirisch Company (États-Unis), (États-Unis) Sociétés de distribution : United Artists, Théâtre du Temple (France) Pays de production : Langue : anglais américain Format : noir et blanc — 35 mm — 2.35:1 (Panavision) — son : mono Genre : comédie dramatique Durée : Dates de sortie : États-Unis : France : Classifications CNC : tous publics, Art et Essai (visa d'exploitation délivré le )
Distribution
vignette|Shirley MacLaine interprète Fran Kubelik. Jack Lemmon (VF : Roger Carel) : Calvin Clifford (C. C.) Baxter dit « Brin d'amour » (« Bud » ou « Buddy » en VO), employé de bureau Shirley MacLaine (VF : Nicole Riche) : Fran Kubelik, liftière, convoitée par Calvin et Sheldrake Fred MacMurray (VF : Claude Péran) : Jeff D. Sheldrake, directeur du personnel et usager de l'appartement Jack Kruschen (VF : Alfred Pasquali) : David Dreyfuss, docteur, voisin de Calvin Ray Walston (VF : Jean-Claude Michel) : Joe Dobisch, usager de l'appartement (VF : Jean-Henri Chambois) : Al Kirkeby, usager de l'appartement David White (VF : Serge Nadaud) : Mr Eichelberger, usager de l'appartement Edie Adams (VF : Claude Gensac) : miss Olsen, la secrétaire de Sheldrake Naomi Stevens (VF : Madeleine Barbulée) : Mildred Dreyfuss, femme de David (VF : Henry Djanik) : Karl Matuschka, le beau-frère de Fran Joan Shawlee : Sylvia, petite amie de Kirkeby Hope Holiday (VF : Rolande Forest) : Margie Mac Dougall, la femme du bar (VF : Stéphane Audel) : Mr Vanderhof, usager de l'appartement Joyce Jameson (VF : Claire Guibert) : la blonde, imitation de Marilyn Monroe Hal Smith : le Père Noël au bar Frances Weintraub Lax : Mrs Lieberman, la propriétaire
Musique du film Thème principal : , musique de Thème qui deviendra une chanson sous le titre avec des paroles anglaises de Norman Newell. Adaptation française par Pierre Amel (alias Paul Pique) sous le titre Un nid d'amour et notamment interprétée par Luis Mariano, voir crédits SACEM, éditions Lawrence Wright Music/EMI Music Publishing. Lonely Room, musique d'Adolph Deutsch Musiques additionnelles : Adeste Fideles, paroles de Frederick Oakeley et musique de John Francis Wade Auld Lang Syne, poème de Robert Burns sur un thème traditionnel écossais (traduit en français sous le titre Ce n'est qu'un au revoir) , paroles et musique de James PierpontAdaptation française par Francis Blanche sous le titre Vive le vent. Capriccio italien de Pyotr Ilyich Tchaikovsky
Distinctions Œuvre classée dans les « 1001 films à voir avant de mourir ». Le film fait partie du top 100 du classement d'IMDb. 1960 : classé dans les dix meilleurs films de l'année. 1994 : film conservé à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis.
Récompenses Mostra de Venise 1960 : Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine à Shirley MacLaine New York Film Critics Circle Awards 1960 : Prix du meilleur film (ex æquo avec Amants et Fils) Prix du meilleur réalisateur à Billy Wilder (ex æquo avec Jack Cardiff pour Amants et Fils) Prix du meilleur scénario à Billy Wilder et I. A. L. Diamond Golden Globes 1960 : Golden Globe du meilleur film musical ou de comédie Golden Globe de la meilleure actrice dans un film musical ou une comédie à Shirley MacLaine Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie à Jack Lemmon Oscar du cinéma 1961 : Oscar du meilleur film à Billy Wilder Oscar du meilleur réalisateur à Billy Wilder Oscar du meilleur scénario original à Billy Wilder et I. A. L. Diamond Oscar de la meilleure direction artistique à Alexandre Trauner et Edward G. Boyle Oscar du meilleur montage à Daniel Mandell BAFTA 1961 : Prix du meilleur film (toutes sources) à Billy Wilder Prix du meilleur acteur étranger à Jack Lemmon Prix de la meilleure actrice étrangère à Shirley MacLaine Directors Guild of America 1961 : Prix de la meilleure réalisation à Billy Wilder Plaque à Hal W. Polaire, assistant réalisateur Laurel Awards 1961 : Prix de la meilleure comédie Prix de la meilleure interprète dramatique à Shirley MacLaine Prix du meilleure interprète de comédie à Jack Lemmon Writers Guild of America 1961 : meilleur scénario de comédie américaine à Billy Wilder et I. A. L. Diamond Círculo de Escritores Cinematográficos/Cercle des écrivains cinématographiques espagnols 1964 : prix du meilleur film étranger
Nominations Golden Globes 1960 : Billy Wilder nommé pour le Golden Globe du meilleur réalisateur Oscar du cinéma 1961 : Jack Lemmon nommé pour l'Oscar du meilleur acteur Shirley MacLaine nommée pour l'Oscar de la meilleure actrice Jack Kruschen nommé pour l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle Joseph LaShelle nommé pour l'Oscar de la meilleure photographie en noir et blanc Gordon Sawyer nommé pour l'Oscar du meilleur mixage de son Grammy Awards 1961 : Adolph Deutsch nommé pour le Grammy du meilleur album de bande originale ou de musique de film
Production
Genèse Dans un article du New York Times de 1960, Billy Wilder raconte qu'à l'origine il avait conçu l'histoire pour le théâtre, mais qu'à cause de la difficulté de montrer l'immensité des bureaux sur une scène, I. A. L. Diamond et lui en ont fait un film. Dans le même article, I. A. L. Diamond déclare que le film est une réflexion sur
Dans son livre de souvenirsTony Curtis, l'autobiographie, pages 171 et 172, Belfond, 1996 .,Tony Curtis raconte comment il a été à l'origine de l'idée du film :
Scénario thumb|upright=1.2|Scène de l'égouttage des spaghettis avec la raquette.Jack Lemmon et Shirley MacLaine.