Le reclusoir des Innocents, également appelé reclusoir des Saints-Innocents, était un reclusoir situé dans l'enceinte du cimetière des Saints-Innocents et adossé à l'église des Saints-Innocents dans le quartier des Halles de Paris.

Origine du nom Il tient son nom de l'église des Saints-Innocents qui était dédiée aux « saints Innocents », enfants de Judée massacrés sur l'ordre du roi Hérode.

Présentation Le reclusoir, dont la porte était murée dès l'entrée de la recluse, était une espèce de cellule de pierre, étroite et ne recevant le jour et l'air que par deux sortes de meurtrières grillagées, dont l'une ouvrait sur la voie publique et servait à la recluse à recevoir ses aliments tandis que l'autre, appelée hagioscope, donnant dans l'église même, lui permettait de prendre part aux cérémonies religieuses..

La coutume voulait au Moyen Âge que l'on construise, auprès des lieux de retraite ou de prière, des cellules dans lesquelles des femmes ou hommes dévots s'isolaient volontairement de la société en signe de pénitence et de dévotion. À ne pas confondre avec les ermites qui s’isolaient volontairement de la société en signe de contemplation et de dévotion.

Contrairement à l’ermitage, l’Eglise catholique a toujours critiqué la réclusion et a fini par l’interdire.

Historique Le cimetière des Saints-Innocents posséda jusqu'à deux reclusoirs à la fois, le premier entre l'église et la fontaine et le second du côté opposé.

De 1350 à 1421, on rencontre une recluse aux Innocents. Celle-ci reçoit régulièrement en aumône des rois de France une somme de vingt sous par an.

L'Histoire nous a laissé le nom de quatre recluses : Jeanne la Verrière, ou Jeanne la Vodrière, enfermée volontairement dans la cellule le . Alix la Burgotte, religieuse à l'hôpital Sainte-Catherine, enfermée volontairement, qui y mourut le après y avoir demeuré au moins 46 ans comme l'indiquait son tombeau situé dans l'église des Saints-Innocents. Renée de Vendômois, femme du seigneur Jean de Saint-Berthevin, seigneur de Souday, enfermée à partir de 1485. Ayant fait assassiner son mari et s'étant rendue coupable d'adultère, elle fut condamnée par le prévôt de Paris à être brûlée vive sur la place du Marché-aux-Pourceaux. Mais le roi Charles VIII lui ayant fait grâce de la vie, sa peine fut commuée en une prison perpétuelle et elle fut condamnée à subir le châtiment que d'ordinaire les recluses s'imposaient d'elles-mêmes en expiation d'une vie déréglée. La sentence de son jugement, inséré aux registres du parlement de Paris, porte qu'elle est condamnée . On peut donc penser que le reclusoir initial était détruit à l'époque de cette condamnation Un roman policier au Moyen Âge : Un reclusoir ou était enfermé Renée de Vendômois sur lefigaro.fr.. Jeanne Pannoncelle, originaire de Saumur.

Un passage extrait d'un testament laissé par une bourgeoise de Paris morte en 1247 nous prouve qu'il y en avait quatre à cette époque, car ce testament contient un legs de 20 livres en faveur de quatre recluses des Innocents : . En 1496, l'official de Paris ayant enjoint aux marguilliers des Innocents de lui construire une logette, et ces derniers s'y étant refusés, ils furent frappés d'excommunication jusqu'à ce qu'ils se soumissent à cette injonction. On en peut conclure qu'au il y avait encore simultanément plusieurs recluses dans cette église.

Alix la Burgotte Une femme nommée Alix La Bourgeotte, ou Alix la Burgotte, s'était retirée à l'hôpital Sainte-Catherine dans la rue Saint-Denis en tant que religieuse.

Après un certain temps, elle manifesta le désir de se cloîtrer complètement. Quand on eut éprouvé sa vocation, il lui fut permis d'exécuter son projet. Le , elle acquit de Jean Nicolas, papetier, bourgeois de Paris, un terrain d'environ cinq toises, entre l'église et la fontaine des Innocents (la fontaine n'existait pas à cette époque), en bordure de la rue Saint-Denis, afin d'y établir son reclusoir. Elle y vécut saintement jusqu'au .

À sa mort, le roi Louis XI lui fit élever dans l'église auprès de laquelle elle s'était sanctifiée un tombeau de bronze sur lequel était représentée une religieuse tenant un livre ouvert. Par son testament, elle avait donné aux marguillers de la paroisse son reclusoir, ses heures à fermoirs d'argent, sa chapelle garnie de calice, nappe d'autel, missel, chasubles, ses reliques et le reste de tous ses biens : .

Renée de Vendômois

Renée de Vendômois est une noble française condamnée, en 1486, à être traînée et brûlée pour adultère, vol, larcin des biens et complicité de l'assassinat de son mari, Jean de Saint-Berthevin, seigneur de Souday. Mais, le roi Charles VIII lui ayant fait grâce de la vie, sa peine fut commuée .

Jeanne la Verrière Il y avait dix-huit ans environ qu'Alix la Burgotte habitait sa cellule quand, sur la recommandation du curé de Sainte-Croix de la Cité, une certaine Jeanne La Verrière obtint l'autorisation de finir ses jours dans une maisonnette édifiée pour elle dans le jardin du même cimetière, auprès de l'église. Cette nouvelle construction formait probablement le pendant de celle d'Alix La Burgotte.

Jeanne La Verrière prit possession de son reclusoir le . La cérémonie fut présidée par l'évêque de Paris, Denis du Moulin.

Jeanne Pannoncelle Jeanne Pannoncelle, native de Saumur en Anjou, était veuve de Nicolas Boudet, marchand, et mère de Pierre Boudet, prêtre boursier du collège de Saint-Nicolas-du-Louvre à Paris. On trouve trace de cette recluse en 1496, 1509, 1511 et 1523..

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Le , une messe avait été fondée par cette recluse dans l'église des Saints-Innocents, en la chapelle Sainte-Anne. Elle demande une épitaphe dans l'église Sainte-Opportune et à être inscrite au martyrologe après sa mort.

Articles connexes Église des Saints-Innocents Cimetière des Saints-Innocents Reclusoir Enterrement vivant Renée de Vendômois

Bibliographie Julien de Gaulle : Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Tome 1

Notes et références

Catégorie:Vie religieuse Catégorie:Cimetière des Innocents Catégorie:Méthode d'exécution Catégorie:Peine d'Ancien Régime