Gustave Singier, né le à WarnetonTous éléments biographiques sont extraits de : Jean Lescure, Gustave Singier, Canicule à Patmos, Paris, Éditions Guitardes et Galerie Arnoux, 1988, et Philippe Leburgue, Gustave Singier, Neuchâtel, Ides et calendes, 2002., et mort le à ParisArchives en ligne de Paris, arrondissement, année 1984, acte de décès , cote 14D 648, vue 28/31, est un peintre, graveur et lithographe non figuratif français d'origine belge.
Biographie
Jeunesse et formation Son père, Gaston Singier, est ébéniste et sa mère, Germaine Casier, est tisserande. Son enfance est marquée par la Première Guerre mondiale car sa ville de naissance se situe sur le front de l'Yser.
En , la famille est d'abord évacuée à Comines, puis en Flandres et enfin dans les Ardennes, à Lignières. Après l'Armistice, ils sont logés à Paris au sein de l'hôtel de Montmorrency de la rue du Cherche-Midi.
En 1919, Gaston Singier parvient à s'installer avec un atelier d'ébénisterie à Paris. Gustave suit de 1923 à 1926 les cours de l'École Boulle qui le forment au dessin architectural et au design de mobilier. Il travaille de 1927 à 1939 comme dessinateur dans une société d'agencement de magasins avant de se tourner vers la peinture.
Carrière En 1936, Singier rencontre Charles Walch qui le met en contact avec le monde artistique et il commence d'exposer dans des Salons. En 1939, il fait la connaissance de son voisin, Alfred Manessier, de ses amis Elvire Jan et Jean Le Moal. Mobilisé l'année suivante dans l'armée belge, il est envoyé à Bagnols-sur-Cèze après l'invasion de la Belgique. De 1941 à 1944, il travaille dans l'atelier d'ébénisterie de son père.
Gustave Singier participe à l'exposition Vingt jeunes peintres de tradition française organisée en 1941 par Jean Bazaine, première exposition de peinture d'avant-garde (Galerie Braun à Paris) sous l'Occupation René Huyghe, L'Art et l'homme, Larousse, 1961, vol.3, .. Il se réfugie en 1944 chez Alfred Manessier, dans le Perche où séjourneront également Elvire Jan, Jean Le Moal, Jean Bertholle, l'écrivain Camille Bourniquel, les sculpteurs François Stahly et Étienne-Martin.
En 1945, il expose au Salon de Mai dont il est avec ses amis l'un des fondateurs. Il est naturalisé Français en 1947 et se lie d'amitié avec le poète Jean Lescure. La galerie Billiet-Caputo réalise en 1949 sa première exposition personnelle à Paris, la galerie de France de Myriam Prévot et Gildo Caputo présente ensuite régulièrement son travail.
De 1951 à 1954, il enseigne à l'académie Ranson ; de 1967 à 1978, à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris où l'on compte parmi ses élèves Michel Four et Ricardo Cavallo. Il est membre de la Société des peintres-graveurs français, membre fondateur en 1975 du Salon de Toulon, en 1976 du Salon de Vitry-sur-Seine, examinateur en 1978 au concours de Rome.
Singier a réalisé de nombreux cartons de tapisseries et des vitraux, des mosaïques, des costumes et décors (notamment pour le TNP de Jean Vilar et l'Opéra de Paris). Il a illustré de ses gravures ou lithographies plusieurs livres.
Il meurt le à Paris et est inhumé au cimetière du Montparnasse.
Singier fait partie des peintres réunis pour l'exposition L'envolée lyrique, Paris 1945-1956 présentée au musée du Luxembourg (Sénat), d'avril à (Sans titre, 1952)Catalogue : .
Style et influence Gustave Singier débute comme expressioniste et parvient à se forger une réputation importante. Après la Seconde Guerre mondiale, il est influencé par les œuvres de Vassily Kandinsky et Piet Mondrian. Il rejette l'abstraction pure et lui préfère une forme d'abstraction reliée à la réalité, en continuité avec les influences impressionnistes et cubistes. Dans les années 1950, son style est plus épuré et son approche privilégie une composition sobre avec une touche d'humour.
Œuvre thumb|Premier Salon de Mai, 1945.
Livre illustré Camille Bourniquel, Quatrains, texte et illustrations gravés au burin, 1947. André Frédérique, Le Traité des Appareils, avec six lithographies, Paris, Édition Galerie de France, 1955. Robert Marteau, Sibylles, 21 dessins, Paris, Édition Galanis, 1970. Julien Gracq, Un balcon en forêt, présentation de Jean Lescure, 21 lithographies de Singier, Société de bibliophiles Beaux livres grands amis de Nancy et Bibliophiles de Provence, 1973. Jean Lescure, Le Blason du corps blessé, avec 16 lithographies de Gustave Singier, Société des bibliophiles de Normandie, 1974. Jean Lescure, Traité des couleurs, poèmes autographiés avec 51 dessins de Singier, Sigean, Éditions de l'Orycte, 1980.
Décor et costume 1955 : costumes pour l’Orfeo de Monteverdi, Festival d'Aix-les-Bains. 1960 : décors et costumes pour Turcaret de Lesage, TNP ; décors et costumes pour Antigone de Sophocle, TNP ; décors et costumes pour L'heureux stratagème de Marivaux, TNP. 1962 : décors et costumes pour Pelléas et Mélisande de Debussy et Maeterlinck, Musée des Beaux-Arts, Bruxelles. 1964 : décors et costumes pour Saracenia, ballet, musique de Bela Bartok, Théâtre national de l'Opéra, Paris. 1967 : décors et costumes pour Hyppolyte et Hyacinthe de Mozart, Festival du Marais, Paris ; décors et costumes pour Pimpinone de Telemann, opéra-bouffe, Festival du Marais, Paris. 1968 : peinture murale pour Aquathème, ballet, Ballet Théâtre contemporain d'Amiens. 1971 : costumes pour le Combat de Tancrède et Clorinde de Monteverdi, chorégraphie de Norbert Schmouki, Festival de Provins ; costumes pour Trois Gymnopédies d'Éric Satie et pour Symphonie en trois mouvements de Stravinsky.
Tapisserie 1947 : L'Été, Manufacture Desborderie, Felletin (Creuse). 1949 : tapisserie pour l'Institut français de Londres. 1950 : Le Départ des voiliers, pour le Mobilier national, Manufacture des Gobelins. 1954 : tapisserie pour la Cour de cassation, palais de justice de Paris, Aubusson. 1958-1959 : quatre tapisseries tirées à quatre exemplaires, Ateliers Goubely-Gatien, Aubusson. 1961 : deux tapisseries pour la Maison de France à Tokyo, Manufactures de Beauvais et des Gobelins. 1967 : tapisserie pour le lycée pré-olympique de Font-Romeu, Aubusson. 1968 : deux tapisseries pour l'église Saint-Marcel (Paris), AubussonLa brochure paroissiale ne fait mention que d'une tapisserie tissée à la Manufacture nationale des Gobelins. 1973 : tapisserie pour la Faculté de pharmacie de Châtenay-Malabry.
Réalisation monumentale 1946 : Le Miracle des Pains, peinture pour le réfectoire du couvent des dominicains, rue de la Glacière, Paris. 1952 : six vitraux pour la chapelle des dominicaines de Monteils. 1960 : mosaïque () pour le lycée climatique d'Argelès-Gazost. 1961 : mosaïque pour le lycée de garçons de Guingamp. 1964 : mosaïque pour la Maison de la Radio, Paris. 1969 : peinture murale (polyuréthane sur béton) pour l'École des arts décoratifs d'Aubusson (); peinture murale (polyuréthane sur béton gravé) pour le lycée Carriat de Bourg-en-Bresse (). 1971 : panneau pour un Boeing 747 d'Air France (1,50 × ). 1972 : deux peintures murales pour les salles de réfectoire et de réunion du centre scolaire de Sélestat. 1973 : mosaïque pour une façade d'immeuble, rue Mario Capra, Vitry-sur-Seine. 1974 : bas-relief (acier forgé) pour l'école de Coligny ; deux décorations (éverit coloré) pour la faculté de droit de Villeneuve-d'Ascq. 1975 : enseigne de la Maison Pablo Neruda, Arles.
Expositions Expositions personnelles Galerie Billiet-Caputo, Paris, 1949, 1950 Lydia Harambourg, L'École de Paris, 1945(1965 - Dictionnaire des peintres, Ides et Calendes, 1993, .. Galerie Blanche, Stockholm, 1950. Galerie Apollo, Bruxelles, 1951. Galerie Lattes, Turin, 1953. Gustave Singier - Aquarelles, Galerie Ex-Libris, Bruxelles, 1953. Galerie de France, Paris, mars- « Les expositions : Singier, un peintre non-figuratif », Connaissance des arts, n°57, 15 mars 1955, ., 1967 Gustave Singier, « interview à propos de son exposition à la galerie de France », émission Arts d'aujourd'hui, France Culture, 28 janvier 1967.. Galerie Jean-Louis Roque, Paris, 1981. École nationale supérieure des beaux-arts, Paris, 1982. Gustave Singier, rétrospective, Centre culturel Noroît, Arras, 1992.
Expositions collectives Jean Le Moal, Alfred Manessier, Gustave Singier, Galerie René Drouin, Paris, 1946 Camille Bourniquel, Trois peintres : Le Moal, Manessier, Singier, éditions Galerie René Drouin, 1946.. Biennale de Venise; 1954. Youngers European painters, Solomon R. Guggenheim Foundation, New York, 1954. L'École de Paris, Galerie Charpentier, Paris, 1954-1958. Art 1955 - Musique, peinture (Georges Rouault, Gérard Schneider, Robert Savary, Gaston Sébire, Gustave Singier, Pierre Soulages, Nicolas de Staël…), architecture, sculpture, mobilier, Musée des Beaux-Arts de Rouen, 1955 François Lespinasse, Robert Savary, Imprimerie SIC, Lagny-sur-Marne, 1990, .. Aquarelles et gouaches - Jean Bazaine, Marc Chagall, Roger Chastel, Georges Dayez, Maurice Estève, Alexandre Garbell, Léon Gischia, Jacques Lagrange, Charles Lapicque, Robert Lapoujade, Henri Matisse, Joan Miró, Pablo Picasso, Georges Rouault, André Dunoyer de Segonzac, Gustave Singier, Maria Elena Vieira da Silva, Jacques Villon, Galerie Cinq-Mars, Paris, 1962. Exposition organisée à l'occasion des États généraux du désarmement, Cercle Volney, Paris, . Promesses tenues - Robert Lapoujade, Pierre Fichet, Olivier Debré, Roger-Edgar Gillet, Yasse Tabuchi, Robert Wogensky, Gustave Singier, Kumi Sugaï, Mario Prassinos, Jean Messagier, Paul Rebeyrolle, Musée Galliera, Paris, septembre-. La nouvelle École de Paris, abbaye de Beaulieu-en-Rouergue, Ginals, juin-. L'envolée lyrique - Paris, 1945-1956, Musée du Luxembourg, Paris, avril-Musée du Luxembourg, L'envolée lyrique - Paris, 1945-1956, présentation de l'exposition, 2006. Abstraction et figuration - Les années 50 : Jean Bazaine, Georges Breuil, Roger Chastel, Jean Degottex, Eugène Leroy, Gustave Singier, Artheme Galerie, Paris, - Artheme Galerie, Abstraction et figuration - Les années 50, présentation de l'exposition, 2010. De Cuno Amiet à Zao Wou-Ki - Le fonds d'estampes Cailler, Musée d'art de Pully, février-Musée d'art de Pully, De Cuno Amiet à Zao Wou-Ki - Le fonds d'estampes Cailler, dossier de presse, 2013. Zao Wou-Ki collectionneur, musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun, juin-. 186 feuilles, Galerie municipale Jean-Collet, Vitry-sur-Seine, mars-Galerie municipale Jean-Collet, 186 feuilles, présentation de l'exposition, Vitry-sur-Seine, 2018. Reynold Arnould et le nouveau musée du Havre, Musée d'Art moderne André-Malraux, Le Havre, - Fondation Zao Wou-Ki, Reynold Arnould et le nouveau musée du Havre (1952-1965), présentation de l'exposition, 2019.
Réception critique thumb|120px|Camille Bourniquel thumb|120px|Yvon Taillandier thumb|120px|Simone de Beauvoir thumb|120px|Jean Lescure - Camille Bourniquel - Revue Connaissance des arts - Georges Charbonnier Georges Charbonnier, Singier, collection « Le musée de poche », Éditions Georges Fall, 1957. - Yvon Taillandier Yvon Taillandier, « Le peintre du mois : Singier, peintre d'impressions de la nature », Connaissance des arts, janvier 1959, . - Simone de Beauvoir Simone de Beauvoir, Tout compte fait, Gallimard, 1972, . - Jean Lescure Jean Lescure, Gustave Singier - Canicule à Patmos, éditions Guitardes / Galerie Arnoux, 1988. - Lydia Harambourg - Gérald Schurr Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993, .
Collections publiques
Afrique du Sud musée de Johannesburg. Allemagne musées d'Essen. musée de Hambourg. Autriche Palais Albertina, Vienne (Autriche). Belgique musée royal de Bruxelles. musée de Liège. Canada musée de Toronto. Musée national des beaux-arts du Québec. États-Unis Charlotte, Bechtler Museum of Modern Art. New York, Musée Solomon-R.-Guggenheim. Pittsburgh, Carnegie Museum of Art. France Lieu d'Art et d'Action contemporaine de Dunkerque.