L'incident de Rendlesham se déroula dans le Suffolk, dans le sud-est de l'Angleterre, les nuits du 27 et du . Un détachement de militaires américains prétendit avoir observé aux alentours de la base aérienne de Woodbridge différents phénomènes inexpliqués.

C'est le cas le plus célèbre d'observation d'un ovni présumé en Grande-Bretagne ., comparable en importance à l'affaire de Roswell aux États-Unis (on parle parfois de « Roswell britannique »)..

L'enquêtrice ufologue Jenny Randles, pour sa part, soutient qu'aucun aéronef non terrestre n'a été observé dans la forêt de Rendlesham et que l'origine de l'affaire est une série de perceptions erronées d'événements ordinaires observés dans des circonstances peu ordinaires ..

Cadre gauche|vignette|Vision d'artiste du prétendu incident.

La forêt de Rendlesham est la propriété de la Commission des forêts du Royaume-Uni. Elle s'étend sur environ et comprend des plantations de conifères alternant avec des feuillus, des landes et des marais.

Les événements se déroulèrent au voisinage de deux anciennes bases aériennes, la base de Bentwaters, au nord de la forêt, et la base de Woodbridge à l'ouest de celle-ci, base dont la piste s'enfonce dans la forêt dans la direction de l'est. À l'époque de la guerre froide, les deux bases étaient occupées par l'armée de l'air des États-Unis et hébergeaient les bombardiers et les chasseurs qui patrouillaient au-dessus de la mer du Nord Rupert Matthews, UFOs: A History of Alien Activity from Sightings to Abductions to Global Threats, Arturus Publishing, 2009, n. p. : .. Elles se trouvaient sous le commandement du colonel Gordon E. Williams. Le commandant de la base était le colonel Ted Conrad, son adjoint étant le lieutenant-colonel .

Les principaux événements, notamment l'atterrissage supposé, eurent lieu dans la forêt près de la base de Woodbridge, à à l'est de l'entrée Est. La forêt s'étend sur environ au-delà de l'entrée Est, jusqu'à un champ où se déroulèrent d'autres événements.

Le phare de la péninsule d'Orford Ness, que les sceptiques identifient comme étant la source de la lumière clignotante aperçue au large de la côte par des aviateurs, se trouve dans la même ligne de visée à environ plus à l'Est de l'orée de la forêt.

Observations et témoignages Ébruitement de l'affaire Ce n'est qu'en , trois ans après les faits, que l'affaire est portée à l'attention du grand public, faisant la « une » du journal populaire britannique News of the World proclamant (« Officiel ! Un ovni a atterri dans le Suffolk »). L'informateur du journal est un ancien aviateur américain, Larry Warren, qui cache son identité réelle sous le pseudonyme d'Art Wallace. L'article fut suivi, en 1984, par un livre intitulé Sky Crash: A Cosmic Conspiracy et ayant pour auteurs Brenda Butler, Jenny Randles et Dot Street. Il reposait en partie sur les séances d'hypnose conduites sur la personne de Larry Warren, dont le colonel Halt lui-même devait, en 2011, mettre en doute le fait qu'il ait été témoin de quoi que ce soit.

Rapport du colonel Halt Un exemplaire du rapport du colonel Halt (the Halt memo), intitulé Unexplained Lights (« lumières inexpliquées ») et daté du (soit 15 jours après les événements) est déconfidentialisé en par le ministère de la Défense, en vertu de la loi sur la liberté d'information (Freedom Of Information Act ou FOIA) qui permet aux citoyens de demander à consulter, au bout d'une période donnée, des documents confidentialisés. Le délai de deux semaines explique peut-être les erreurs de dates et d'heures qu'il contient Rendlesham Forest UFO incident, sur le site crime-mystery.info..

Tôt dans la matinée du (en fait le 26), des patrouilleurs du service de sécurité voient des lumières inhabituelles à l'extérieur de l'entrée arrière de la base aérienne de Woodbridge. Pensant à un avion qui s'est écrasé ou qui a fait un atterrissage forcé, ils contactent la tour de contrôle de la base qui leur répond qu'aucun vol n'est en coursLe lieutenant colonel Halt contacta immédiatement la défense aérienne, qui confirma par deux fois n'avoir aucun écho radar dans la zone. Aucun autre témoignage visuel ou écho radar ne vint corroborer le témoignage du colonel Halt.. D'après le rapport, les deux gardes s'approchant de la source lumineuse, aperçoivent un objet d'apparence métallique et de forme triangulaire qui illumine la forêt d'une lumière blanche. Large de deux à trois mètres à la base et haut d'environ deux mètres, l'objet possède une lumière rouge pulsante sur le dessus et une rangée de lumières bleues en dessous et stationne au-dessus du sol ou repose sur des béquilles. À l'approche des gardes, il se dérobe et disparaît dans la forêt. C'est alors que les animaux d'une ferme voisine sont pris d'une agitation folle Rapport du colonel Halt..

Le lendemain, le colonel Halt (qui n'a pas assisté au premier incident) rassemble une équipe de militaires pour aller enquêter sur les lieux. Un soldat équipé d'un compteur Geiger relève, le lendemain, là où se trouvait l'objet, une ionisation de 0,1 milliröntgen, notamment dans trois creux disposés en triangle et au centre. Des marques de brûlures sont repérées sur des arbres et donnent lieu à des relevés. Dans la soirée, on aperçoit à travers les arbres comme un soleil rouge qui se déplace en pulsant. Halt rapporte que l'objet donne l'impression de projeter des particules lumineuses puis se sépare en cinq objets avant de disparaître. Tout de suite après, on aperçoit comme trois étoiles dans le ciel, deux au nord et une au sud. Les objets au nord restent dans le ciel pendant un peu plus d'une heure, celui au sud reste visible deux ou trois heures durant, émettant de temps à autre un rayon lumineux vers le sol.

Lettre de la police du Suffolk À la suite d'une demande d'informations que lui avait envoyée Ian Ridpath le , le chef de la police du Suffolk à Ipswich lui indiqua que ses services avaient été contactés à 4 h 11 du matin le par la base aérienne de Bentwaters (le lieu de l'atterrissage présumé se trouvant hors de la juridiction de la base). Leur message disait : Rendlesham Forest UFO incident, sur le site crime-mystery.info : .. Dépêchés immédiatement sur place, des agents de police déclarèrent n'avoir trouvé aucun ovni et que la seule lumière visible était celle du phare Rendlesham Forest UFO incident, sur le site crime-mystery.info : .. Puis, à 10 h 30 du matin, avertie par Bentwaters que le site de l'atterrissage avait été trouvé, la police y envoya un de ses agents, lequel déclara que les indentations trouvées sur place pouvaient avoir été laissées par des animaux.

Déclarations des gardes de Woodbridge Cinq des gardes américains concernés par les événements du remirent une déclaration écrite à l'issue de la première nuit. Il s'agit d'une part de John Burroughs, Jim Penniston et Edward N. Cabansag, qui s'enfoncèrent dans la forêt, et d'autre part de J. D. Chandler et Fred A. Buran, qui, depuis l'orée de la forêt, restèrent en communication avec leurs collègues partis en exploration. Selon ces documents, les gardes suivirent une lumière inconnue qui s'avéra plus lointaine qu'ils ne le pensaient et qu'ils finirent par identifier comme étant la lumière du phare d'Orford Ness. Il n'est question ni de rencontre avec un engin ayant atterri, ni de coupure dans les communications avec la base, ni de plage de temps manquante (missing time), autant d'éléments qui devaient venir embellir l'affaire par la suite. Ces témoignages servirent de base au rapport remis par le lieutenant-colonel Halt à ses supérieurs le . Plusieurs points se dégagent de ces déclarations : la date du premier incident est le 26 (Halt s'est trompé) ; le seul témoin prétendant avoir vu un engin est Penniston (les autres font état d'une lumière uniquement), lequel Penniston déclara que chaque fois qu'il cherchait à s'approcher de l'objet, celui-ci s'éloignait d'autant (il n'est pas question de rencontre, épisode qu'il rajouta plus tard à son récit).

Plus récemment, Penniston montra à la télévision un petit carnet dont il se serait servi pour consigner par écrit ses observations, mais la chose est démentie par Burroughs. Lors d'apparitions ultérieures à la télé, Burroughs et Penniston déclarèrent que l'engin avait décollé et s'était élevé au-dessus des arbres, alors que dans leurs déclarations de l'époque il n'est question que d'une lumière évoluant parmi les arbres puis disparaissant sans autre forme de procès.

Un sixième témoin des événements de la première nuit est Chris Arnold, l'officier américain qui alerta la police britannique. Interrogé en 1997 par James Eaton, il déclara qu'avec Burroughs il s'était avancé dans la forêt depuis la porte Est de la base de Woodbridge et qu'il n'y avait rien en dehors d'un faisceau de lumière balayant (ils ignoraient qu'il s'agissait d'un phare) et de lumières colorées indéterminées.

Enregistrement de Halt En 1984, une copie de ce qu'on devait appeler par la suite l'enregistrement de Halt, fut mise à la disposition des ovnilogues par le colonel Sam Morgan, qui avait succédé à Ted Conrad, le supérieur de Halt. Sur cette bande sont enregistrées par le menu les investigations conduites par Halt dans la forêt le , dont les relevés de radioactivité, l'observation d'une lumière intermittente entre les arbres et d'objets en forme d'étoiles qui évoluaient et scintillaient. Transcrite par le chercheur Ian Ridpath, la bande a été mise en ligne pour écoute, accompagnée d'une analyse méthodique de son contenu. Pour Ian Ridpath, elle ne contient rien qui ne puisse être expliqué et rien qui contredise ses déductions propres. Si certains ovnilogues, comme Georgina Bruni, ont prétendu que la bande était un faux ou qu'elle avait été trafiquée par Halt, celui-ci, pour sa part, a toujours démenti la chose. Cependant, depuis l'ébruitement de l'affaire, Halt n'a fait que l'embellir sous les encouragements des médias et des amateurs d'ovnis dépourvus d'esprit critique Ian Ridpath, Analysis of Col. Halt’s tape, 1 et Analysis of Col. Halt’s tape, 2 : ..

Déclaration sous serment de Halt En , Halt signe une déclaration sous serment (affidavit) dans laquelle il consigne ce qu'il se rappelle des événements survenus trente ans plus tôt dans la nuit du . Cependant, ce nouveau récit diffère de ses déclarations antérieures et comporte des incohérences flagrantes.

Halt dit avoir vu trois objets dans le ciel au nord, alors que dans son rapport et son enregistrement il déclarait en avoir vu deux seulement dans cette direction. Il affirme qu'un des objets en forme d'étoile avait projeté à leurs pieds un rayon laser alors que le rapport et l'enregistrement sont muets sur ce point. L'objet au sud, se dirigeant vers Bentwaters, aurait envoyé un rayon lumineux dans l'entrepôt d'armes alors que dans le rapport et l'enregistrement l'objet n'avait pas bougé du sud. Halt omet de signaler qu'un des aviateurs présents, Tim Egervic, a démenti cette histoire de rayon lumineux éclairant l'entrepôt d'armes.

Selon Ian Ridpath, cette déclaration décrédibilise le récit fait des événements par Halt et montre qu'on ne peut prendre ce dernier au sérieux ..

Réactions officielles La réaction des autorités britanniques nous est connue à travers les propos du colonel Conrad (le supérieur de Halt), du commandant britannique de la base Donald Moreland, et de Simon Needem, lequel reçut le rapport au service ovni du ministère de la Défense. Le ministère n'effectua qu'une enquête de pure forme, sans interroger les témoins, manifestant par là le peu d'importance qu'il accordait à l'incident. Le rapport resta sans suite, aussi bien chez les Britanniques que chez les Américains.

Le ministère de la défense britannique avait dans un premier temps mis les documents concernant « Rendlesham » en ligne avant de les archiver ..