Alfred Pauletto (nom d'artiste Alfredo Pauletto, aussi APC), né le à Bischofszell (TG) et mort le à Arlesheim (BL)), est un peintre, dessinateur, graphiste et illustrateur suisse. Il est un représentant de l'art abstrait et de l'art informel en SuisseAlfred Pauletto et la ville de Bâle sur le diagramme du ..
Biographie Fils d'Alfredo et de Maria Candio, Alfred Pauletto est né dans le canton de Thurgovie et a grandi initialement à Gossau, jusqu'à ce que la famille déménage à Bâle en 1932 Regio Aktuell (Basel), NR. 2/2011 (février 2011), page 70.. Entre 1942 et 1947 il passe son diplôme auprès de l'école des arts et métiers de Bâle, au sein de la Section des arts appliqués., où il rencontre sa première épouse Maya Pauletto. Outre ses études en arts graphiques il suit les cours de dessin de Walter Bodmer et de Theo Eble et les cours de calligraphie de Theo Ballmer et Jan Tschichold. Il obtient son diplôme en 1947. À l'école il se lie d'amitié avec le graphiste juif réfugié d'Allemagne Cioma Schönhaus, qui écrira au sujet de la période des études de Pauletto :
Sur le plan professionnel il décide de se lancer dans le graphisme publicitaire en tant que source principale de revenu pour rester libre de réaliser ses inspirations artistiques sans pression matérielle et sans prescriptions de l'extérieurEnrico Ghidelli: Alfredo Pauletto: Zum 70. Geburtstag des Künstlers. Galerie Hilt, Bâle, 1997.. Et Cioma Schönhaus d'ajouterBasler Zeitung, 7 janvier 1986.:
Entre 1949 et 1961 il reçut à deux reprises la récompense du "Staatlicher Kunstkredit" de Bâle et deux fois le prix fédéral d'art suisse Schweizer Maler und Bildhauer ausgezeichnet mit einem eidgenössischen Kunststipendium seit 1950, Aargauer Kunsthaus, Aarau, 1963, page 15.. Sa toile intitulée Blechmusik qui a obtenu le premier prix au Kunstkredit a ensuite été acquise par le canton de Bâle pour orner l'édifice de l'école de Niederholz Jurybericht über die Resultate der Ausschreibungen des Jahres 1956. ay, "Die Ausstellung des Staatlichen Kunstkredits", Basler Nachrichten, 2. Beilage zur Nr. 501 Abendblatt, 23 novembre 1956, page 2. Franz Gerhard, Basilisk – unabhängige Basler Wochenzeitung, Nr. 1956/28, novembre 1956, page 3..
Il a été durant vingt ans expert examinateur pour la Section de graphisme de l'École des arts et métiers de Bâle. Dès 1950 il est graphiste indépendant (atelier de graphisme), et en cette qualité travaille presque exclusivement pour un mandant: la firme pharmaceutique Ciba S.A.. Pendant des années Alfred Pauletto a réalisé le magazine interne bimensuel CIBA Blätter ainsi que le CIBA Journal de même que des documents à caractère médical ou publicitaire. En tant que membre de la Fédération des Graphistes (Bundes Graphischer Gestalter - BGG) il en devint le président pour deux ans.
En 1948 Alfred Pauletto fait son premier voyage à Paris où il retourne de temps en temps afin de retrouver son ancien collègue d'études Jean Tinguely. Là il fait la découverte de l'art informel, une tendance de l'art abstrait qui avait été lancée peu avant dans les ateliers parisiens. Une autre destination préférée pour ses études était bien entendu l'Italie, du nord au sud, en particulier Florence qu'il visitait régulièrement. Il fait en outre un séjour d'études prolongé auprès de l'Institut suisse de Rome.
Alfred Pauletto participe pour la première fois à une exposition en 1955 à Zurich, tandis que sa première exposition personnelle se tient en 1958, également à Zurich. En 1962 il mène à terme avec Hans Erni, Celestino Piatti, Hugo Wetli et Kurt Wirth un projet sur le thème « Graphistes en tant que peintres » (Graphiker als Maler) auprès de la société des arts d'Olten Josef Rast. Grafiker als Maler: Hans Erni, Alfred Pauletto, Celestino Piatti, Hugo Wetli, Kurt Wirth. Olten: Kunstverein Olten, 1962.. La même année un article lui est consacré dans le Allgemeines Lexikon der bildenden Künstler des XX. Jahrhunderts (Dictionnaire général des artistes plasticiens du XX siècle).
Il a maintenu ses liens d'amitié tout sa vie avec des peintres et graphistes suisses contemporains tels Donald Brun, Walter Bosshardt, Roger Humbert, et en particulier Herbert Leupin et Cioma Schönhaus.
À partir de 1978 Alfred Pauletto est actif aussi comme galeriste et fonde à Bâle un « centre de rencontre d'artistes » avec une galerie nommée Zur Löwenschmiede, dans laquelle divers peintres bâlois ont tenu des expositions"Künstler-Treffpunkt Zur Loewenschmiede", Baslerstab Stadt, janvier 1979..
Alfred Pauletto a choisi comme nom d'artiste Alfredo Pauletto, dont la consonance italienne lui semblait plus idoine pour un profil artistique. Dans les années 1970 il commence à signer ses œuvres avec les lettres APC, l'abréviation de "Alfredo Pauletto Candio", dont Hans Jürg Kupper explique l'origine ainsiHans Jürg Kupper, "Zur Löwenschmiede: Alfredo Pauletto", Basler Zeitung, Nr. 286, 6 décembre 1979, page 47. :
Œuvre Les premières peintures d'Alfredo Pauletto remontent à la période de ses études et appartiennent au courant cubisme et à l'art figuratif. En séparant les figures en leurs éléments il aboutit à l'abstraction. Avec des œuvres comme Gewebe il s'affirme comme représentant de l'art informel. Pendant les années 1950 il réalise surtout des peintures murales, des panneaux et d'autres grands formats, en référence évidente au fresco italien. Il utilisait surtout la technique de l'huile, et a aussi développé des techniques mixtes à partir d'huile, de sable et de goudron. Ces dernières permirent de mettre en évidence, outre la forme, la couleur et la perspective, aussi les structures, par lesquelles Pauletto a procuré à l'art informel de nouvelles dimensions. Il accordait une grande importance à des matériaux sélectionnés avec soin : il préparait lui-même ses couleurs avec des pigments et de la chaux, et a expérimenté également le glacis à l'albumine.
Les critiques d'art ont apprécié qu'Alfred Pauletto ait "assimilé" les impulsions de peintre abstraits étrangers, et depuis le début de sa carrière ont estimé que cela devait être "considéré comme tout à fait positif"gb, "Ein junger Basler malt abstrakt", National-Zeitung Basel, Nr. 71 Abendblatt, 12 février 1960, page 5..
En 1959 Pauletto fait son premier voyage au Japon, et séjourne à Osaka, Kyoto, Nara et enfin TokyoClaude Richard Stange. Alfred Pauletto - Roger Humbert. Malerei und Fotogramme, Katalog zu den Ausstellungen in Japan, 1959.Elise Grilli. "Art, East and West - A Young Swiss Painter in Tokyo", The Japan Times, août 1959.. Il emporte ses œuvres avec lui depuis la Suisse et fait trois expositions personnelles, dont une dans la Haku-ho Gallery à Osaka conjointement avec des photogrammes du photographe bâlois Roger Humbert, un ami de l'école des arts et métiersArticle "Basler Künstler in Japan", Basler Nachrichten, Nr. 291 Abendblatt, 14 juillet 1959, page 4.. Il "fut invité à l'académie des arts de Kyoto pour enseigner aux étudiant sa technique à base de goudron et de sable"Enrico Ghidelli: Alfredo Pauletto: Zum 70. Geburtstag des Künstlers. Galerie Hilt, Basel, 1997; "wurde an die Kunstakademie Kyoto berufen, um Studenten seine selbstentwickelte Teer- und Sandtechnik zu lehren".. Par la même occasion il étudie le dessin à l'encre auprès de maitres japonais. Les aquarelles de la série Schriftzeiche ("signes scripturaux"), créées après son séjour au Japon, témoignent de l'inspiration qu'il a retiré de la calligraphie.
En 1981 il voyage à nouveau à Kyoto et se confronte une nouvelle fois intensément avec le patrimoine artistique nippon. En témoignent la série de représentations des "Samouraï", des images mystérieuses dans lesquelles "les couleurs sombres et les représentations rappellent Alberto Giacometti"Helmut Kreis, "Unerschöpfliche Phantasien", Baslerstab Stadt, 14. novembre 1997, page 19; "die dunklen Farben und die Darstellungen an Alberto Giacometti gemahnen.". De même il crée à Kyoto la série de représentations de chevaux d'après les modèles du temple de Kiyomizu-dera.
Fasciné et inspiré par le livre La Nef des fous de Sébastien Brant, l'ouvrage le plus populaire du Moyen Âge tardif, il réalise en 1979 une peinture éponymebge, Die Welt ist ein Narrenschiff: Pauletto-Ausstellung im Gymnasium Bodenacker in Liestal, 1992..
Un sujet principal qui a accompagné toute la création d'Alfredo Pauletto fut la musique. C'est précisément pour son panneau Blechmusik qu'il a reçu le premier prix du "Staatlicher kunstkredit". Très représentatif de ce genre est son œuvre Musiksaal (Salle de musique). Le tableau fut créé en 1980 à une époque où l'artiste suivait régulièrement les répétitions de l'Orchestre de chambre de Bâle (BKO) de Paul Sacher avec le photographe Niggi Bräuning et faisait des croquis. En fréquentant les musiciens de Paul Sacher Alfred Pauletto connut un tournant dans son expression artistique : un retour à la peinture figurative. Dès la fin des années 1970 de plus en plus de peintures figuratives voient le jour. Déjà en 1952 il avait réalisé une œuvre sur le thème musical, l'huile sur toile "Kathedrale", à l'époque dans le style cubiste. En 1980 Alfredo Pauletto peint une œuvre de même format et avec la même perspective et les mêmes structures. On y reconnaît la Cathédrale de Bâle. Durant cette période le rapprochement d'Alfred Pauletto vers la spiritualité devient de plus en plus patent. Il accorde de plus en plus d'importance à l'invisible dans sa création afin d'exprimer sa vision de la vie éternelle. Il doit s'approprier dans cet élan la symbolique des thèmes bibliques classiques comme le Golgotha, l'apocalypse ou la Genèse. Ce sont les thèmes qu'Alfred Pauletto utilise dans ses dernières œuvres de grand format.
Lorsqu'il était malade et présentait qu'il approchait de la fin de sa vie Alfredo Pauletto reproduit les thèmes qui l'entouraient, comme "la souffrance, les adieux et la mort"Helmut Kreis, "Unerschöpfliche Phantasien", Baslerstab Stadt, 14 novembre 1997, page 19.. Au début il s’agissait de petits formats légers à l'encre et au crayon. C'est ainsi qu'a vu le jour la série des Danses macabres. Il a retravaillé de manière novatrice mais fidèle ce thème remontant à la nuit des temps et qui met en scène des squelettes avec des humains :
Pendant les années 1980 Alfredo Pauletto se dirige toujours davantage vers la peinture figurative avec une préférence pour le portrait. Ce sont des représentations :
Dans certains portraits l'on reconnaît les traits d'artistes connus comme Igor Stravinsky, qui collabora étroitement avec l'Orchestre de chambre de Bâle dans les années 1950 et 1960, ou Beckett.
Technique et style Beaucoup a été écrit au sujet du style d'Alfredo Pauletto. L'impression générale que procure les œuvres de Pauletto a été résumée déjà en 1959 par Claude Richard Stange :
Au sujet du caractère très personnel du style d'Alfred Pauletto, le journal National-Zeitung a rapporté ce qui suitgb, "Ein junger Basler malt abstrakt", National-Zeitung Basel, Nr. 71 Abendblatt, 12. Februar 1960, Seite 5. :
Franz Gerhard décrit ainsi le panneau Blechmusik, qui a reçu en 1956 le premier prix du Kunstkredits de BâleFranz Gerhard, Basilisk – unabhängige Basler Wochenzeitung, Nr. 1956/28, November 1956, Seite 3. :
Et la critique d'art Elise Grilli a analysé ainsi la technique de l'artiste :
Ce qui est remarquable est que la force expressive extraordinaire d'Alfred Pauletto a déjà été perçue très tôt. C. R. Stange a déjà en 1960 rendu attentif la critique à ceciC. R. Stange, Basilisk – unabhängige Basler Wochenzeitung, Nr. 1960/4, 19. Februar 1960, Seite 2. :
Cette capacité et cette force d'exprimer ses sentiments les plus intimes est reconnaissable dans toute l'œuvre d'Alfred Pauletto. Enrico Ghidelli a écrit au sujet des œuvres tardives d’Alfredo PaulettoEnrico Ghidelli: Alfredo Pauletto: Zum 70. Geburtstag des Künstlers. Galerie Hilt, Basel, 1997. :
Récompenses 1949 : prix du Staatlicher Kunstkredit, Bâle