L’environnement au Kazakhstan se caractérise par une forte aridité, des steppes étendues, des déserts, des montagnes et un réseau hydrographique complexe. La biodiversité y est riche mais menacée, avec de nombreuses espèces végétales et animales en danger, dont le léopard des neiges et l’antilope saïga. L’industrialisation, l’exploitation minière, l’agriculture intensive et le chauffage au charbon génèrent une pollution importante et dégradent les sols, tandis que le secteur des transports reste très dépendant des carburants fossiles. Le pays subit déjà les effets du changement climatique, avec des sécheresses accrues, une fonte des glaciers et une raréfaction de l’eau, menaçant les écosystèmes et l’agriculture. Le Kazakhstan s’engage dans une politique de protection de la faune et de préservation des espaces naturels, avec la création de parcs nationaux et de réserves, soutenue par des programmes internationaux. La transition énergétique vise la neutralité carbone à l’horizon 2060, combinant réduction du charbon, développement des énergies renouvelables et modernisation des infrastructures pour un système énergétique plus propre et durable.

Écosystèmes et climat

vignette|alt=Carte du bassin de l'Oural|Le fleuve Oural, frontière entre la Russie et le Kazakhstan, perd en profondeur en raison de nombreux barrages et réservoirs et souffre d'une forte pollution industrielle.. Neuvième plus grand pays du monde avec ses 2,72 millions de km², le Kazakhstan est recouvert à plus de 75 % de terres arides et subhumides. Il se compose cependant d'une variété de complexes naturels (steppes, déserts, montagnes, importants cours d'eau intérieurs alimentés par des fleuves et de vastes deltas). Le pays connaît un climat continental marqué par de fortes amplitudes thermiques, des hivers longs et rigoureux, des étés courts mais très chauds, ainsi que des précipitations faibles dans l’ensemble du pays. Cette aridité, renforcée par des vents puissants dans les steppes et les déserts, rend le territoire particulièrement exposé aux sécheresses et à la désertification.

Les steppes et forêts-steppe du Kazakhstan forment un ensemble contrasté qui s’étend surtout au nord du pays. La zone forêt-steppe et prairie-steppe couvre environ d’hectares, comprenant hectares de forêts de bouleaux et de trembles alternant avec des prairies herbeuses sur sols noirs lessivés. Plus au sud, ces mosaïques laissent place à des peuplements de trembles et de bouleaux associés à des steppes riches en graminées et en plantes aromatiques. Les steppes proprement dites occupent d’hectares, soit près d’un tiers du territoire national. Dominées par des graminées à enracinement dense et par des sols humifères très structurés, elles se modifient progressivement du nord vers le sud sous l’effet d’un gradient climatique : la végétation devient plus clairsemée, plus résistante à la sécheresse et les horizons humifères s’amincissent, dessinant une série de sous-zones bien différenciées.

Les déserts couvrent près de 125 millions d’hectares, depuis les basses terres caspiennes jusqu’aux piémonts du Tian Shan et de l’Alataou. Leur végétation, pauvre en espèces mais hautement spécialisée, est dominée par des arbrisseaux xérophiles, des halophytes des sols salés et des buissons psammophytes dans les massifs dunaires. Trois grands types de désert — nord, médian, sud — se succèdent selon les conditions climatiques, auxquels s’ajoutent les déserts de piémont. Les zones montagneuses, qui représentent d’hectares, présentent une diversité écologique encore plus marquée : on y distingue trois grands ensembles correspondant aux chaînes de l’Altaï, du Djoungar et du Tian Shan occidental, chacun marqué par une succession altitudinale propre. Enfin, la steppe kazakhe est ponctuée de plus de lacs peu profonds — dont des ensembles majeurs comme Tengiz ou Shalkar — représentant 2 à 4 % de sa superficie et participant à la dynamique hydromorphique de cet immense paysage.

Le Kazakhstan, dont la couverture forestière est faible, ne compte que 5 % de surfaces boisées, soit environ d’hectares. Près de la moitié de ces forêts est constituée de saxaouls, auxquels s’ajoutent pour un quart d’autres formations arbustives propres aux zones désertiques et semi-désertiques. Le reste se répartit entre les forêts de conifères du nord (14 %) et les forêts de feuillus (12 %), présentes surtout dans les plaines inondables et les piémonts ..

L’hydrologie du Kazakhstan repose sur un réseau complexe de ressources de surface et souterraines, largement alimenté par des cours d’eau transfrontaliers. Le pays compte près de rivières — dont l’Ili, l’Irtych, le Syr-Daria et l’Oural — ainsi que de nombreux lacs, parmi lesquels le lac Balkhach joue un rôle central, tandis que les nappes souterraines, concentrées au nord et à l’est, laissent le sud et l’ouest en situation de pénurie. Des zones comme le bassin du Syr-Daria servent de réservoir vital pour les régions arides, mais des menaces majeures, notamment l’augmentation de la salinité du lac Balkhach, fragilisent ces ressources. La mer Caspienne forme la frontière occidentale du Kazakhstan, vaste étendue d’eau intérieure qui structure une partie de son territoire. À l’est, l’assèchement dramatique de la mer d’Aral, conséquence des anciens projets d’irrigation soviétiques, a provoqué de lourds impacts environnementaux et économiques.

Biodiversité vignette|alt=Groupe de hérons cendrés en vol au-dessus d'un lac.|Groupe de hérons cendrés en vol au-dessus du lac Karakol, dans le district de Karakia. Sanctuaire de Karakiya-Karakol.

Le Kazakhstan compte aujourd’hui 835 espèces de vertébrés : 178 de mammifères, 489 d’oiseaux, 49 de reptiles et 104 de poissons, entre autres. Plusieurs espèces emblématiques comme le léopard des neiges, le kulan turkmène, le manul, le cygne chanteur ou le phoque de la Caspienne figurent sur la Liste rouge de l’UICN. Au total, 387 espèces végétales et 131 espèces de vertébrés y sont répertoriées comme menacées..

La flore du Kazakhstan compte plus de espèces, dont près de plantes vasculaires, , 485 lichens, plus de 2 000 algues et 500 bryophytes, avec environ 14 % d’espèces endémiques, souvent relictuelles. Cette diversité se reflète dans une grande variété de formations végétales : steppes et déserts dominants, mais aussi toundras froides, prairies, forêts, marais, ainsi que des types plus spécifiques aux zones arides d’Asie centrale ou aux montagnes continentales. Le pays abrite plusieurs foyers d’endémisme, notamment dans les montagnes Karataou et le Tian Shan occidental, ainsi que des écosystèmes uniques comme les forêts de pins sur sable, les steppes forestières du centre, les déserts floristiques de Betpak-Dala ou du bassin de l’Ili, et les zones humides des bassins du Tourgaï, du lac Alaköl ou du lac Tengiz. S’y ajoutent encore des forêts ripicoles remarquables le long du Syr-Daria, de l’Ili et du Charyn.

En 2015, au Kazakhstan, près de antilopes saïgas sont mortes d’une épidémie d’empoisonnement du sang (infection bactérienne) liée au climat.. Une hécatombe sans précédent et simultanée dans toutes les régions du pays. Classés en 2002 en « danger critique d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature, les saïgas sont par ailleurs victimes du braconnage : les cornes des mâles sont utilisées en Chine pour des remèdes de médecine traditionnelle.. En 2025, à la suite de mesures de protection, leur population atteint d'individus; une surpopulation qui n'est pas sans poser d'autres problèmes écologiques..

Pressions anthropiques majeures Industrialisation et exploitation minière Depuis son indépendance, le Kazakhstan a connu une forte croissance économique reposant sur le pétrole, les mines et l’industrialisation, mais cela a entraîné une pollution atmosphérique élevée, notamment en particules fines, SO2 et NOx. La production d’électricité et le chauffage urbain, dépendants de charbon de mauvaise qualité et d’infrastructures vétustes, sont responsables d’une grande partie de ces émissions. Cette situation compromet le développement du pays, alors que la pression internationale pour réduire les gaz à effet de serre s’intensifie et que le Kazakhstan n’a pas, d'après une source de 2019, ratifié les protocoles de la Convention sur la pollution transfrontière..

Agriculture L’agriculture intensive et l’élevage extensif représentent des pressions importantes sur les écosystèmes kazakhs. Le surpâturage dans les steppes et les zones semi-désertiques entraîne une réduction de la couverture végétale, favorisant l’érosion et la salinisation des sols. Le pays, malgré ses vastes ressources, est confronté à une dégradation croissante des sols due aux activités économiques non durables et au changement climatique, avec des risques de contamination par les pesticides et métaux lourds, de désertification et de déséquilibre hydrique. Environ 33 % du territoire, soit 90 millions d’hectares, subit divers types de dégradation, dont 29 millions d’hectares déjà fortement érodés, tandis que 27,1 millions d’hectares de pâturages sont détériorés, affectant la production agricole et l’élevage. Les experts ont également souligné le manque de réglementation sur les engrais et pesticides, et un projet de loi sur la protection des sols, présenté en 2024, vise à renforcer les mécanismes de contrôle et la responsabilité des utilisateurs de terres..

Infrastructures Depuis les années 2000, le Kazakhstan, première économie d’Asie centrale, mise fortement sur le développement de ses infrastructures pour diversifier son économie, notamment à travers des projets de transport, d’énergie et d’eau. Sa planification passe par des cadres stratégiques comme la Stratégie 2050 ou le Plan d’Infrastructure national 2024-2029, qui intègrent des objectifs de décarbonation, d’efficacité énergétique et de gestion durable des ressources. Cette orientation vise à réduire la dépendance aux hydrocarbures et au charbon, tout en modernisant les infrastructures telles que les réseaux de transport, de chauffage urbain ou d’électricité..

Sur le plan environnemental, les infrastructures actuelles posent des défis majeurs : le secteur énergétique est très fortement carboné, avec une grande part de production électrique liée au charbon et un réseau de chauffage urbain obsolète. Le transport, surtout routier, contribue de façon non négligeable aux émissions de gaz à effet de serre, tandis que la densité faible du réseau routier et ferroviaire dans les zones rurales complique l’accès aux services. Les réformes législatives récentes, notamment le Code de l’environnement de 2021, introduisent des évaluations d’impact environnemental, le principe « pollueur-payeur » et les meilleures techniques disponibles, mais leur application reste inégale. De plus, le plan de modernisation du chauffage vise à réduire la pollution issue du charbon, mais cette transformation est freinée par des infrastructures vétustes et des ressources financières limitées.

Risques environnementaux Changement climatique et ressources hydriques