Joseph Lebbos (en arabe جوزف لبُّس), est un écrivain libanais, essayiste, professeur d'université et maître de conférences né à Beyrouth en 1966.
Il est passionné de littérature, de philosophie, d’art ou encore de musique. Il étend son univers littéraire essentiellement dans l’art et lui accorde une importance particulière pour la formation de sa pensée.
Ses œuvres abordent des thèmes variés : l'anthologie, l'autobiographie, la critique littéraire, les religions, le récit de voyage, mais aussi, le dialogue des arts ou l’informatique dans la langue et la littérature. Elles s’intéressent aussi à la traduction fragmentaire de l'érotisme dans l’œuvre de Georges Bataille, par exemple.
Biographie Issu d’une famille libanaise pieuse et modeste, il est l’aîné de quatre enfants. Il passe son enfance et son adolescence dans la maison familiale de Kab-Elias, village situé dans la partie est de la plaine de la Bekaa. Son père, Tanios Lebbos, est artiste peintre et sa mère, Jacqueline Achkar, est artisane couturière. À l’âge de douze ans et demi, il est admis au collège Notre-Dame-des-Apôtres à Kab-Elias où il poursuit ses études primaire et complémentaire.
En 1984, à 18 ans, il est engagé comme professeur de langue arabe, d'histoire et de géographie au collège de son enfance (NDA). Parallèlement, il entreprend des études de lettres arabes à l'Université libanaise. Il obtient une licence de lettres arabes en 1989. . Il crée une première anthologie Pommes d'or en paniers d'argent Selon l’écrivain libanais Elie Meouchy, « Quatre livres doivent être lus pour développer notre humanité : la Bible, la mère, la nature, et Pommes d'or en paniers d'argent de Joseph Lebbos ». Il y regroupe 1666 maximes morales et pensées philosophiques d'écrivains, philosophes, peintres, musiciens célèbres du monde entier. Son travail dure dix ans, et est publié en 1996. Cette première œuvre suscite sa passion pour l'étude biographique et autobiographique.
En 1991, il est enseignant au lycée Notre-Dame-des-Apôtres à New Rawda. À partir de 1995, il enseigne au Grand Lycée franco-libanais de Beyrouth la langue et la littérature arabes (jusqu'en 2010). Il est titulaire d’une maîtrise universitaire ès lettres arabes en 1994 pour son mémoire intitulé Les Contes d'animaux dans la littérature enfantine (1996).
Son père meurt d'un accident en 1995, son frère cadet se suicide en 2000. Il publie en 2009 Le Livre de mon frère, mémoires et souvenirs.
En 2003, il soutient avec succès sa thèse de doctorat sous la direction du dramaturge libanais Antoine Maalouf. Le titre est L'amour et la mort dans l'autobiographie entre l'Égypte et le Liban, (thèse éditée par Al-Machriq en 2009).
En 2009, il devient maître de conférences à l’université libanaise de Tripoli ; il y enseigne l’informatique dans la langue, la littérature et la civilisation jusqu'en 2011.
Entre 2011-2013, il enseigne la littérature et la religion, les chefs-d'œuvre de la littérature mondiale et l’approche textuelle à l'université Saint-Joseph de Beyrouth – Institut de lettres orientales (ILO) et poursuit son engagement à l’Université libanaise – faculté des lettres et des sciences humaines de Beyrouth.
En 2014, il participe à l'organisation et à la gestion du colloque : Les Sciences humaines dans l'enseignement supérieur, réalité et horizon. Il y prononce un discours intitulé : « Essai littéraire à l’ombre de l’informatique et de l’Internet. Point de vue ».
À l'Institut de lettres orientales (ILO), il dirige des sessions de formation pédagogique pour les cadres éducatifs et les enseignants, sur le thème La littérature et les religions ( et 2015). Il intervient dans le cycle des conférences organisées par l'Institut de lettres orientales et par le centre Louis-Pouzet d'étude des civilisations anciennes et médiévales.
En , il est nommé Professeur des Universités par l’Université libanaise de Beyrouth ; il continue de dispenser des cours magistraux en littérature, art et religions, approches textuelles…
Il encourage les débuts littéraires de jeunes talents et contribue à la publication de leurs œuvres, dont la jeune poétesse Basma Sayadi.
Son œuvre Son projet d’écriture s’inscrit dans un horizon culturel pluriel et multidisciplinaire. Il se révèle chercheur/professeur et écrivain/penseur . Son œuvre se caractérise par le sens de la forme et l’esprit de recherche. Il a une relation intime avec l’art, mêlant rigueur, perfection et simplicité; il veut conjuguer une faculté créatrice avec la lucidité intellectuelle ; enfin, son oeuvre comprend une importante représentation picturale par les peintres et les œuvres qu’il évoque ; il y ajoute une description qui distille en quelque sorte la multitude des faits pour en extraire une essence d’observation.
Pommes d'or en paniers d'argent Il passe dix années en recherches à travers les chefs-d’œuvre de la littérature mondiale : il en extrait maximes, pensées philosophiques, proverbes, et dictons (1986-1996). Il sélectionne 166 sujets, les classe selon une approche lexicale, adopte l’ordre alphabétique et thématique afin de faciliter la recherche. Chacun des sujets regroupe dix pensées célèbres ; une courte biographie présente chacun des auteurs à la fin de l’ouvrage.
Pommes d’or en paniers d’argent peut être considéré comme une ouverture dans la littérature mondiale, une ressource culturelle pour les chercheurs, écrivains, enseignants et étudiants, un ouvrage de vie, une école dans un livre.
Les contes d'animaux dans la littérature enfantine Une raison incite Joseph Lebbos à choisir la littérature enfantine pour se lancer dans l'itinéraire intellectuel : le regard qu'il porte sur l’enfant, « cette petite graine dont l’énergie gigantesque n’a pas de semblable ».
Il estime que la littérature peut influencer, orienter la formation de l’enfant. Les contes littéraires où les animaux pensent, ressentent, se comportent comme des êtres humains, visent à l'orienter vers des valeurs humaines (justice, bien, beauté), et à lui transmettre des principes éthiques et de bonne conduite, dans un style vivant, émouvant, plein d’imagination et de tendresse.
En 1990, il commence ses recherches : nombreuses lectures, visites de salons de livres, de maisons d’édition libanaises, de librairies ; il s’aperçoit que les contes d’animaux sont les plus convoités par les enfants ; ils occupent une place indéniable dans le secteur commercial des maisons d’édition ; le plus souvent préoccupées par le gain matériel, ces maisons ne distinguent pas le bénéfique du nuisible et minimisent leur responsabilité dans l'éducation.
Il découvre que les ouvrages littéraires et psychologiques sont rares dans la littérature libanaise. En particulier, peu d'études universitaires traitent de la littérature enfantine, par manque de créativité et de culture psychologique et sociale.
Sa recherche s’articule sur cinq axes principaux, basés sur la théorie et la pratique. Dans le premier chapitre, il analyse la relation entre l’enfant et l’animal, et le rôle que tient le monde des animaux dans la littérature enfantine. Dans les quatre chapitres suivants, il résume, analyse et critique 16 contes littéraires, 10 contes scientifiques, 10 contes religieux et 5 contes comiques.
Il réfute chaque conte séparément, en commençant par son titre, sa couverture, ses dessins, son contenu, sa langue, son impression, et la morale qu’il dégage. Il cherche à répondre à la question, fondamentale selon lui, d’une société : l’éducation de l’enfant. Pour lui, certains contes pour enfants déforment leur éducation, détournent leurs pensées vers l’intolérance, la nervosité, étouffent leur ouverture d’esprit. Il défend l'idée que les contes d’animaux doivent apporter une formation morale à l’enfant pour lui permettre d’intégrer le monde social.
Dans ses analyses, il relève de nombreux dangers, dépravations, dérèglements, auxquels sont exposés les enfants : Dans les 16 contes littéraires : la mauvaise communication des mœurs à l’enfant ; la mauvaise image que reflète le personnage de la femme, souvent considérée comme naïve, indigne de confiance ou victime ; l’échec des écrivains à créer un héros principal loin des contradictions, un héros qui transmet à l’enfant les valeurs humaines pures ; la négligence de l’âge de l’enfant, en ne précisant pas pour quel âge est destiné le conte ; l’impression et ses défauts (l’écriture, les fautes d’orthographe, de rédaction...).
Dans les 10 contes scientifiques : le manque d’informations et de culture liées au monde des animaux ; le manque de motivation nécessaire pour éveiller la curiosité de l’enfant ; la mauvaise traduction des contes étrangers ; la négligence des caractéristiques objectives de l’animal au regard des plus subjectives d’entre elles ; le mauvais choix des animaux, en particulier ceux disparus depuis des millénaires.
Dans les 10 contes religieux : la glorification d’une idéologie qui incite à l’intolérance ; la foi aveugle hors de toute explication ; la non précision du temps et de l’espace où se déroulent les faits religieux ; la marginalité du rôle de l’animal à qui on accorde peu d’importance ; le manque d’images représentant les personnages religieux.
Dans les 5 contes comiques : la rareté des contes comiques ; l’absence de moralité ; le mauvais choix des images et des caractéristiques de l’impression.
Le professeur et le poète libanais Georges Zaki el Hajj, considère que « l’étude de Joseph Lebbos a montré la grandeur de l’enfance face à l’avilissement du traitement auquel elle est exposée dans notre société ».
L'amour et la mort dans l'autobiographie entre l'Égypte et le Liban vignette|L'Amour et la mort dans l'autobiographie (2009)L'autobiographie est un art et une histoire. Est-ce que l’homme s'est trouvé en écrivant son autobiographie, alors que la recherche de soi est une quête perpétuelle sur un chemin sans fin ?
Les maîtres philosophes disent que la sagesse de Socrate est gravée à l’entrée du temple d'Apollon dans la ville de Delphes : « Connais-toi toi-même », et que cette sagesse nous invite à la solitude, afin de s’y pencher, et d'approfondir la recherche jusqu’à atteindre l’essence.
Les dernières paroles de Socrate furent : Je sais que je ne sais rien. Telle est la limite de l'homme : son incapacité à découvrir l’essence des objets, et par conséquent, sa propre essence. Mais personne n’ose l'inciter à cesser de rechercher, en soi ou en dehors, le secret, l’essence, l’absolu. La grandeur de l’homme tient précisément dans sa persévérance vers la connaissance de soi, bien qu’il soit conscient de son impuissance. L'autobiographie est alors une tentative de se connaître. Qu’elle reste une tentative augmente son charme et excite la curiositéAntoine Maalouf, dramaturge. l'Amour et de la Mort, Préface, p. 9-10.. L'autobiographie reste une harmonie tracée par une imagination, et l'écrivain continue à se chercher à l'ombre de lui-même. Les vérités réelles se mélangent aux vérités imaginaires.
L'autobiographie arabe a surgi après la première guerre mondiale, quand la liaison entre la pensée orientale et la pensée occidentale a pu se faire. Notamment, pendant l'occupation occidentale des pays arabes, après leur indépendance et le développement de leur classe moyenne. Les écrivains arabes se retrouvent influencés par Les Confessions de Saint Augustin, les Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand, Les Confessions de Rousseau, la Vie de Henry Brulard de Stendhal et tant d'autres.