Les fours à plâtre de Berzé-la-Ville sont des fours situés sur la commune française de Berzé-la-Ville, dans le département de Saône-et-Loire, en région Bourgogne-Franche-Comté.
Présentation
Ces fours à calcination, appelés localement fours à gypse, datent probablement du , ils font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques en 1994..
Propriété des moines de Cluny, la carrière de gypse attenante a d’abord servi à l'extraction de plaques utilisées à des fins décoratives (parement d'édifices religieux). Puis le site de production de plâtre (plâtrerie) s’est développé industriellement avec un apogée au . Les locaux ont enfin servi à la production de malt et comme champignonnière.
La roche est broyée, cuite dans les fours puis pulvérisée par un moulin pour donner le plâtre qui a une double usage suivant sa pureté : la construction ou l'amendement des sols argileux.
Les amis du Vieux Berzé, une association créée en 1982, s'est fixé comme but la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine architectural et naturel de Berzé-la-Ville et des communes limitrophes (Berzé-le-Châtel, La Roche-Vineuse, Milly, Sologny et Verzé en cas d’atteinte à l’environnement de Berzé-la-Ville). Les fours à plâtre en font partieAinsi que l'église communale, les lavoirs, puits, cadoles, murets et la grotte des Furtins..
Exploitation industrielle de 1840 à 1899 Le gisement de gypse, le plus important de Saône-et-Loire fait au moins 20 mètres d’épaisseur. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, le gypse était extrait de la carrière souterraine (plusieurs kilomètres de galeries) au moyen de wagonnets tirés par des chevaux. 1840 voit la création de l'établissement Étienne Bonin. Son usine va être équipée de neuf fours ; pour le tirage, une cheminée de 38 mètres est construite à proximité des fours (elle sera déconstruite en 1902).
Le moulinage s'effectuait initialement à l'aide d'une meule entrainée par un cheval. En 1838, Estève Deville, un meunier local, adopte un moulinage du plâtre plus performantBrevet de 1832 de Guillaume Debief.. Il adapte les installations d’un moulin à huile hydraulique du village de Saint-Sorlin (aujourd'hui La Roche-Vineuse), moulin installé sur la rivière Fil. Il moulinera le plâtre de l'usine Bonin à partir de 1841. En 1855, Étienne Bonin ajoute une machine à vapeur en complément du système hydraulique ; l’usine peut alors fonctionner en période d’étiage. À la mort de Bonin en 1879, son successeur Jean-Marie PréaudPar ailleurs ami de Victor Hugo . ramène le moulinage à Berzé-la-Ville en implantant la machine à vapeur dans le local dit "la plâtrerie".
L'usine dispose également de bâtiments pour loger le personnel (une malterie y sera installée) et d’un hangar d'expédition. Bonin conçoit une locomobile pour acheminer les sacs jusqu'aux péniches sur la Saône. La chaleur des fours est envoyée vers des trempoirs pour faire germer le malt. Concurrencé par Paris, il adapte ses fours, utilisant initialement du bois, au chauffage à charbonhttps://culture71.cir.ac-dijon.fr/wp-content/uploads/sites/19/FichesPatrimoine/fiche_four-%C3%A0-gypse_def.pdf.
La carrière et l'usine emploient 12 ouvriers en 1862. Elles fermeront en 1899, la champignonnière subsistant jusqu'au milieu du XXe siècle.
Références
Voir aussi
Article connexe Liste des monuments historiques de Saône-et-Loire
Fours platre Berze Ville Catégorie:Monument historique inscrit en 1994