La famille Lefebvre de Laboulaye olim Le Febvre est une famille française originaire de Mortagne-au-Perche (Orne) qui s'est installée à Paris au .
Elle compte parmi ses membres, des marchands et bourgeois de Paris, des hauts fonctionnaires, des diplomates, des militaires, deux scientifiques, des artistes.
La famille Lefebvre de Laboulaye compte plusieurs de ses membres décorés de l'ordre de la Légion d'honneur.
Histoire La famille Lefebvre de Laboulaye appartenait au au grand négoce parisien.
Gustave Chaix d'Est-Ange écrit sur cette famille : « Son auteur, François-Benoit le Febvre, seigneur des Joncherets, près de Mortagne, né le , était fils de René le Febvre (1679-1753), marchand bourgeois de Paris, marié à Marie-Anne Baroux. Il se qualifiait marchand bourgeois de Paris quand il fut pourvu de l'office anoblissant de président trésorier de France au bureau des finances de Montauban. Il avait épousé Geneviève Charlier ».
Cette information reportée d'une réponse de GP Le Lieur d'Avost de l'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux de 1904 contributeur anonyme (pseudo GP Le Lieur d’Avost), dans L'ICC du 10 février 1904 cité par l'auteur semble erronée : c'est un nommé Louis-Claude Lefebvre de Laboulaye (1721-1786), demeurant à Montereau qui fut reçu le trésorier de France à Montauban, succédant à son père Nicolas Lefebvre de LaboulayeBulletin archéologique, historique et artistique de la Société archéologique de Tarn-&-Garonne, Volumes 23 à 24, 1895, page 132.Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Tarn-et-Garonne, 1948, page 308.. Ce dernier, marié à Élisabeth-Marguerite Desprez, eut un fils prénommé Charles-César, né le à MontereauInventaire-sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Seine-et-Marne: Complément des séries E à H et série I, 1880, page 280., dont on ignore la postérité. (La branche subsistante de la famille ne descend pas du trésorier à Montauban).
Jean-Baptiste-René Lefebvre de la Boulaye (1743-1820), fils de François-Benoit Le Febvre et de Anne Baroux, marié à Agnès-Émilie-Thérèse Savin, était avocat en parlement, notaire royal (1778) et conseiller du roi, quand il fut pourvu, par lettres données à Versailles le , de l'office anoblissant de conseiller-secrétaire du roi, maison, couronne de France et des finances. Il obtint de d'Hozier, le , le règlement de ses armoiriesGustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , volume XVII, 1921, pages 303-304..
Entre le et le cette famille comptera plusieurs personnalités dont Édouard-René Lefebvre de Laboulaye (1811-1883), élu député de la Seine (1871) et sénateur inamovible (1875) sous la République, mais aussi des officiers et quatre ambassadeurs de France.
Personnalités thumb|Jean-Baptiste Le Febvre de Laboulaye (1743-1820), avocat en parlement, notaire au châtelet, conseiller secrétaire du roi en 1785
Liens de filiation entre les personnalités notoires
Informations complémentaires relatives à ces personnalités
Parmi les membres de cette famille présents dans les environs de Mortagne-au-Perche au , on connaît notamment :
Jacques le Febvre né à Mortagne le . René le Febvre, fils du précédent, marchand bourgeois de Paris, qui en 1786 dans le règlement d'armoiries accordé à son petit fils par Antoine Marie d'Hozier de Serigny est désigné « René Le Febvre seigneur de Marcouville, la Cour Pinte, la Lucazière et autres lieux »Nouveau d'Hozier volume 131 folio 27, né à Mortagne le . Il épouse Marie-Anne Baroux, fille d’un marchand bourgeois de Paris. René le Febvre et Marie-Anne Baroux eurent douze enfants : l’un né en 1700 fut prêtre, docteur en Sorbonne, curé de la paroisse Saint Romain de Dèvres; un autre qui portait le nom de le Febvre de la Noë était marchand et bourgeois de Paris; un autre Simon Auguste Lefèvre de Marcouville, avocat en parlement fut secrétaire du prince de Monaco et membre de l’académie royale des sciences de la RochellePhilippe Béchu, De la paume à la presse, pages 185 et 470..
À cette époque des membres de cette famille se fixèrent à Paris, notamment : François-Benoit le Febvre de la Boulaye, marchand et bourgeois de Paris, fils de René le Febvre, fut le premier à prendre dès 1756 le nom le Febvre de la Boulaye, nom d’une terre que possédait son père. Né à Paris en 1711, il épouse Victoire-Geneviève Charlier, fille de Guillaume Charlier et de Victoire Thérèse des Essarts. Il eut quatre enfants dont : René-François, substitut du procureur général de Monsieur, frère du roi. Jean-Baptiste-René dont il sera question plus loin, Jean-Louis, garde du corps du roi Louis XVI et Jacques. Jean-Baptiste-René le Febvre de la Boulaye, avocat en parlement, conseiller du roi, reçu notaire au châtelet en 1778 puis conseiller-secrétaire du roi, maison, couronne de France et des finances. Fils du précédent, naquit à Paris le , il épouse Agnès Émilie Thérèse SavinBase Léonore, acte de naissance de son fils Alexandre Louis (dite Savin de La Guerche). En 1771, Il portait la qualification d'avocat en parlement et acquit un office de notaire au châtelet en 1778, il acquiert en 1785 la charge de conseiller-secrétaire du roi, maison, couronne de France et des finances en la grande chancellerie. Il était franc-maçon et membre depuis 1774 de la loge Saint Charles des Frères Unis. Avant la Révolution, Il acheta à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem un terrain dans l'enclos du temple, pour y faire construire quarante maisonsRéponse de Lefebvre La Boulaye, ancien notaire de Paris, à un libelliste échappé des Petites-Maisons, 1802, page 14.. En 1788, il vendit son office de notaire pour livresPhilippe Bertholet, Études et notaires parisiens en 1803, 2004, page 563.. En 1802, il publia, pour défendre son honneur, une réponse au citoyen Auzat qui l’accuse d’être « banqueroutier, infâme et escroc » à la suite du non-paiement des intérêts et d’une créance de 7,362 livres. La lettre d'excuse du citoyen Auzat pour ces fausses accusations est publiée à la fin du documentRéponse de Lefebvre La Boulaye, ancien notaire de Paris, à un libelliste échappé des Petites-Maisons, 1802, page 7.. Auguste-René Lefebvre de Laboulaye (1779-1824), fils du précédent, régisseur de l’octroi de Paris, capitaine de la légion de la garde nationale de Paris, chevalier de la Légion d'honneur, il épouse Aglaé Charlotte Martinon de Saint-Ferréol, fille d’un conseiller du roi, notaire au Châtelet. De ce couple sont issus, Charles-Pierre Lefebvre de Laboulaye, scientifique, et Édouard Lefebvre de Laboulaye.
Au siècle suivant, parmi les descendants d'Auguste-René Lefebvre de Laboulaye, se sont notamment distingués : Alexandre-Louis Lefebvre de Laboulaye (1782-1826), frère du précédent. Il fut présenté de minorité à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à l'age de le Nicolas Viton de Saint-Allais, L ́ Ordre de Malte: Ses grands Maitres et ses chevaliers, 1839, page 278 mais ne put prononcer ses vœux, ni faire ses caravanes, du fait de la dissolution de l'Ordre par Napoléon Ier. Volontaire à en 1801 pour l'expédition de Saint-Domingue, lieutenant en 1802 et capitaine au 26 régiment d'infanterie en 1807, aide de camp du général Jean Barthélemot de Sorbier en 1808, chef de bataillon en 1812, il prit part aux campagnes de l'Empire de 1805 à 1814 et fut blessé d'un coup de feu à la bataille d'Eylau. Sous la Restauration, il prit part à l'expédition d'Espagne en 1823 et fut nommé lieutenant-colonel en 1824 à l’attaque du TrocadéroMort de Louis XVIII et avènement de Charles X au trône de France et de Navarre, 16 septembre 1824. Chant élégiaque., signé L.-P.-P. Delamare, 1824, page 3., il termina sa carrière comme lieutenant-colonel du de ligne. Chevalier (1809) puis officier de la Légion d'honneur (1813), chevalier de l’ordre de Saint-Louis et de Saint-Ferdinand sous la Restauration, il mourut en 1826 célibataire et sans postéritéBase léonore, dossier de la Légion d'honneur LH/1547/82.. Charles-Pierre Lefebvre de Laboulaye nommé aussi Lefebvre-Laboulaye (1813-1886), fils du précédent. Fondeur français, École Polytechnique (1831-1833), élève de l'école d'application de l'artillerie et du génie de Metz, lieutenant d'artillerie de terre. En 1836, il démissionne de l'armée pour l'industrie et crée une fonderie. Auteur de diverses inventions, il obtint trois médailles d'or aux expositions industrielles de 1839 à 1849. Auteur de plusieurs ouvrages scientifiques, il a été l'éditeur et l'auteur principal du Dictionnaire des arts et manufactures. Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1863. Marié à Désirée de Goër de Herve, dont postérité. Charles-Albert Lefebvre de la Boulaye (1857- 1935), fils du précédent, capitaine d’infanterie. Il épouse Marie née Melon de Pradou. Ils eurent deux filles, Marie-Suzanne qui épouse Henri de Seguins Pazzis d'Aubignan, capitaine d'artillerie, mort pour la France, et Alberte Charlotte, qui épouse Maurice Ruellan du Créhu. Sans postérité masculine. Édouard-René Lefebvre de Laboulaye (1811-1883), né sous le nom Lefebvre Laboulaye (rectifié en 1859), frère du précédent. D'abord fondeur puis juriste et homme politique français. Avocat à la cour royale de Paris (1842), il fut élu député de la Seine (1871) et sénateur inamovible (1875) sous la RépubliqueDictionnaire universel des contemporains, 1880, pages 1049-1051. Il était membre de l'Institut et administrateur du Collège de France. Il épouse en premières noces, en 1832, Augusta Virginie Paradis. Deux fils naitront de cette union, Paul, futur ambassadeur de France à Madrid et à Saint-Pétersbourg, et Charles-Lucien, juge de première instance . Devenu veuf en 1841, il épousa en secondes noces Louise Alexandrine Valérie Michelin-Tronson du Coudray, fille de Louis-Hardouin Michelin de Choisy. Ils auront un fils René-Victor. Paul Lefebvre de Laboulaye (1833-1905), fils du précédent et de Virginie-Augustine Paradis. Entré en 1855 comme rédacteur au ministère des Affaires étrangères, en 1870, il fut envoyé comme secrétaire d'ambassade à Bruxelles. Nommé premier secrétaire d'ambassade à Berne en 1873 et à Saint-Pétersbourg en 1875, il devint ministre plénipotentiaire à Lisbonne en 1878. Nommé ambassadeur à Madrid en 1885 et à Saint-Petersbourg 1889. Il était membre de la cour internationale permanente d’arbitrage de la HayeDictionnaire nationale des contemporains, tome V, 1906, page 300.. Il fut chevalier (1862), officier (1870), commandeur (1888) et grand officier de la Légion d'honneurBase Léonore, dossier de la Légion d'honneur LH/1547/62. Marié à Louise Eugénie Calon, dont : Charlotte qui épouse Jean Bonnin de La Bonninière de Beaumont et Jean, caporal, mort pour la France. Sans postérité. René-Victor Lefebvre de Laboulaye (1845-1916), demi-frère du précédent. Avocat, chef du cabinet du ministre des Finances, administrateur des postes et télégraphes à la direction de la statistique, inspecteur général des Postes et Télégraphes, directeur de la Caisse nationale d’épargne, directeur honoraire au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes, capitaine d’état-major de la garde-nationale pendant le siège de Parisnotice du catalogue Bnf. Marié à Joséphine-Sophie Claire Musnier, dont seront issus Ernest, André, Édith et Édouard. Il est nommé chevalier (1878) puis officier de la Légion d'honneur en 1887Base Léonore, dossier de la Légion d'honneur LH/1547/65, officier de la Couronne de fer d’Autriche, chevalier de Léopold de Belgique, commandeur du Christ du Portugal etcDictionnaire national des contemporains, tome V, 1899-1919, page 301.