Robert Pimienta, né le à Paris et mort le à Paris Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , n° 1219, vue 30/31.Droit et liberté, mai 1957, "Nos deuils", , est un professeur d'histoire-géographie, historien, journaliste et homme politique français.

Biographie

Moïse Robert Pimienta est issu d'une famille juive originaire d'Algérie et d'Alsace. Fils de Léon Pimienta, commissionnaire en marchandises, qui a été président du syndicat français des fabricants de courroies en cuir, il est le frère du sculpteur Gustave Pimienta et de l'avocat Paul PimientaLe Matin, 8 mars 1933, "Deuils". Son père et sa mère, Alice, ont été dreyfusardsLe Rappel, 9 décembre 1898 ( signataires d'une pétition ).

Il suit des études au lycée CarnotHenri Temerson, Biographies des principales personnalités françaises décédées au cours de l'année 1957, . Alors qu'il est étudiant à la Sorbonne depuis 1903, licencié ès lettres et en droit, diplômé d'études supérieures d'histoire et candidat à l'agrégation d'histoireL'Humanité, 16 mai 1908, L'Action française, 13 janvier 1909, il est frappé au front en par un militant royaliste, Maxime Real del Sarte, dans le contexte de l'agitation des camelots du roi au quartier latin. Dans un courrier adressé à l'Action française, il se présente comme , de et L'Action française, 13 janvier 1909. Il est alors un tenant d'une gauche patriote et attachée à la laïcité.

Il est mobilisé comme simple soldat en 1914, est blessé lors de la bataille de la Marne. Il est ensuite volontaire pour retourner au front. Il est promu caporal, puis sergent au 28e bataillon de chasseurs alpins, qui fait partie de « l'Alsacienne », surnom de la Division d'infanterieRevue d'histoire moderne et contemporaine, 1934, 9-14 (compte-rendu de son livre sur la DI, dont il a été plus tard l'historien. Décoré de la croix de guerre avec quatre citations, il reçoit la médaille militaire en 1921 puis la croix de chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire en 1931Le Figaro, 25 janvier 1932Henri Temerson, Biographies des principales personnalités françaises décédées au cours de l'année 1957, .

Il est vice-président du comité du arrondissement de la Ligue des chefs de sectionLa Presse, 5 juin 1920, Cherbourg-Eclair, 23 février 1923, une association d'anciens combattants anticommuniste et nationaliste. Il est aussi secrétaire puis archiviste en 1923 de l'Association amicale des anciens combattants de l'enseignement supérieur et de l'enseignement secondaireL'Action française, 14 avril 1920, L'Action française, 30 avril 1924, Cherbourg-Eclair, 17 avril 1923, préside en 1931 la section de Beauvais des Médaillés militaires et fait partie de l'Association des écrivains combattants. C'est un ancien combattant demeuré patriote, pour qui Cherbourg-Eclair, 24 janvier 1921 (conférence de Pimienta sur la défense de la patrie), « Le traité de Versailles jugé par les combattants », Le Matin, 17 octobre 1922. En 1924, dans la perspective des élections législatives, il fonde avec d'autres anciens combattants plus connus (José Germain, Jacques Péricard, René Le Gentil, Eugène Mittler) un mouvement appelé , qui s'oppose aux et réclame puisque les anciens combattants membres du Parlement ont été . Pimienta déplore que les dirigeants des associations d'anciens combattants aient pour être députés ou ministres« Les anciens combattants et la dernière croisade », Cherbourg-Eclair, 2 mai 1924, , « Parti des anciens combattants », Cherbourg-Eclair, 21 avril 1924 (Programme), , « La dernière croisade », Comoedia, 18 avril 1924, « Les anciens combattants et la politique », Le Matin, 2 mai 1924. Il s'en prend aux et aux et déclare :

Il a été professeur d'histoire-géographie aux lycées de Vendôme, d'Orléans, de Cherbourg, puis de Beauvais à partir d'Bulletin de la Société des professeurs d'histoire et de géographie de l'enseignement public, 1934. Il est membre de l'Association des professeurs d'histoire et de géographie de l'enseignement public, de la Société des agrégés - il a été son secrétaire général en 1928-29Le Temps, 30 novembre 1928, Cherbourg-Eclair, 10 avril 1934 -, de l'Association des professeurs de lycée, de l'Association d'histoire moderne, de la Société des études robespierristes, de la Société d'histoire de la Révolution française, de l'Association des géographes français, de la Société académique de l'OiseAnnuaire général des lettres, 1933. Il est professeur d'histoire militaire à l'École de l'air à partir de 1937Bulletin de l'Association des élèves et anciens élèves de la Faculté des lettres de Paris, décembre 1937, L'Action française, 31 décembre 1938.

Il s'investit dans les débats politiques à CherbourgCherbourg-Eclair, 28 avril 1925 (Lettre de Pimienta), Ibid., mai 1925, puis à Beauvais, passant de gauche à droite. À Cherbourg, il est partisan du maire de gauche Albert Mahieu et appartient au Parti républicain-socialiste« Élections municipales. Réunion du cartel des gauches à la salle des fêtes », Cherbourg-Eclair, 20 juin 1926. À Beauvais, Il est candidat malheureux des droites aux élections législatives de 1932Le Mouvement social, octobre-décembre 1970, contre le député sortant de gauche Jammy SchmidtLa France judiciaire, 13 décembre 1931, Le Courrier de l'Oise, 6 décembre 1931, Le Petit Parisien, 9 mai 1932. Il adhère à un parti politique de droite, la Fédération républicaine, et préside sa fédération de l'Oise, constituée en 1933La Croix, 20 juin 1933. Il est à nouveau candidat aux législatives de 1936, mais il se désiste pour un autre candidat, afin de Le Temps, 23 avril 1936, Le Courrier de l'Oise, 15 novembre 1936 (Lettre de Pimienta). Lors des meetings et des congrès de la Fédération républicaine, il se déclare hostile à l'école uniqueLe Temps, 23 février 1935, Le Temps, 14 janvier 1936, L'Express du Midi, 13 janvier 1936, , et dénonce la gratuité de l'enseignement secondaire accordée même aux familles richesLe Temps, 2 juin 1934.

En 1930, lors du débat sur l’admission des « agrégées masculines », il fait savoir qu’il repousse l’idée de l’invasion de la Société des agrégés par « une armée de femmes »Yves Verneuil, « Formation professionnelle, antiféminisme et masculinisme dans l’enseignement secondaire Fin XIXe siècle-premier tiers du XXe siècle », Recherche et formation, 2012/69 : Lire en ligne. Enseignant de droite dans les années 1930, il se présente sans succès en 1934 au Conseil supérieur de l'instruction publique, comme candidat anticommuniste hostile aux syndicats d'enseignants, et qui (allusion à la franc-maçonnerie), contre un collègue, Charles-André Julien - il rappelle son passée - et contre des collègues qui en viennent et Cherbourg-Eclair, 10 avril 1934, Bulletin de la Société des professeurs d'histoire et de géographie de l'enseignement public, 1934, Ibidem, profession de foi de Pimienta. Au premier tour, il n'a obtenu que 32 voix pour 259 votants, contre 107 à Julien et 105 à Albert Troux, professeur au lycée Poincaré de Nancy, finalement élu au second tour et pour qui Pimienta s'est désisté. Cf. Suzanne Citron, Positivisme, corporatisme et pouvoir dans la Société des professeurs d'histoire de 1910 à 1947, dans Revue française de science politique, 1977, vol. 27, , et Le Mouvement social, octobre-décembre 1970, . Il attaque dans le quotidien L'Ordre en les « agents moscoutaires » qui tentent de s'emparer du syndicat national des lycées et est exclu du syndicat. Il signe en 1935 le Manifeste des intellectuels français pour la défense de l'Occident et la paix en EuropeL'Action française, 5 octobre 1935 et prend part en 1937 au banquet du Cercle Fustel de Coulanges, qui rassemble des enseignants de droite et d'extrême droite, proches ou membres de l'Action françaiseL'Action française, 29 mai 1937.

Après avoir été avant la Première Guerre mondiale le rédacteur en chef du supplément universitaire hebdomadaire du Siècle et de L'Action, et critique littéraire de ces deux journaux d'Henry BérengerLa Phalange, 20 mars 1913, Bulletin de l'Association des élèves et anciens élèves de la Faculté des lettres de Paris, 1913, il est secrétaire général de Colonies et marine, collabore aux quotidiens parisiens Le Temps, jusqu'en 1942, et L'Ordre d'Émile Buré, à La France judiciaire, à Excelsior. Il est sociétaire de la Société des gens de lettres en 1938L'Action française, 21 décembre 1938.

Lieutenant de réserve, membre de l'Amicale des officiers de réserve à CherbourgL'Ouest-Eclair, 3 mars 1927, il est à nouveau mobilisé en 1940. Lieutenant au bataillon de chasseurs alpins, il est cité à l'ordre de son bataillon et reçoit la croix de guerre 1939-1945Le Temps, 9 avril 1940.

Sous l'Occupation, il est résistant, est arrêté lors de la manifestation du 11 novembre 1940, s'illustre au maquis des Glières et lors de la libération de ParisBulletin de la Société d'histoire moderne, 1957. À la Libération, il est vice-président de l'Association des écrivains combattantsLe Monde, 26 décembre 1944. Il reçoit en la médaille de la Résistance françaiseLe Monde, 18 mai 1946Journal officiel, 24 octobre 1945. Il est colonel de réserve de chasseurs alpins.

Il demeure membre de la Fédération républicaineJean Vavasseur-Desperriers, « Mise en sommeil et disparition : la Fédération républicaine, de 1940 à 1946 », Gilles Richard et Jacqueline Sainclivier (dir.), La recomposition des droites: en France à la Libération, 1944-1948, Presses universitaires de Rennes, 2004 : Lire en ligne. Ce parti le désigne en comme membre de l'Assemblée consultative provisoire, au titre de la résistance métropolitaine, afin de remplacer Alfred Oberkirch, invalidé. Il est nommé le Annexe du répertoire : Assemblée consultative provisoire (Paris) 1944-1945. En , il est candidat aux élections municipales à Paris, sur une liste menée par Hubert Lefèvre-Pontalis ; il est alors délégué à l'Assemblée consultative, membre du comité national de la Fédération républicaine et du Front nationalRaymond Millet, « Comment se présentent les élections municipales », Le Monde, 26 avril 1945. Comme Louis Marin ou son ami Jacques Debû-Bridel, il est en effet membre du Front national, initié par les communistes et il a collaboré au périodique du même nom, dirigé par ce dernierJacques Debû-Bridel, De Gaulle et le CNR, France-Empire, 1978Daniel Virieux, « Le Front national et la recomposition des droites à la Libération », Gilles Richard et Jacqueline Sainclivier (dir.), La recomposition des droites : en France à la Libération, 1944-1948, Presses universitaires de Rennes, 2004 : Lire en ligneLes Lettres françaises, 30 septembre 1944Raymond Millet, « Le congrès du Front national a précisé les raisons de son unanimité », Le Monde, 5 février 1945. En , à l'Assemblée consultative, il se montre le premier défenseur de la proposition d'accès des femmes à la magistrature soumise par Marianne VergerMichèle Cointet, Histoire des 16. Les premières femmes parlementaires en France, Fayard, 2017. Il fait figure d'original dans cette assemblée, portant l'uniforme vert du 27e bataillon de chasseurs alpinsGabriel Courtial, Par Fil spécial, éditions du Creuset, 1949, , . Désigné juré pour le procès du maréchal Pétain, il est récusé par la défenseBénédicte Vergez-Chaignon, Pétain, Paris, Perrin, 2018 (L'auteure le présente comme proche du PCF). car il est connu pour ses propos enflammés et ses emportementsMichèle Cointet, op. cit.Rafales, 16 août 1945. Il affirme alors : Fred Kupferman, Le Procès de Vichy – Pucheu, Pétain, Laval, Complexe, 2066, (l'auteur le présente faussement comme Corse), Le Nouvel observateur, 11 août 1965 (Il aurait ajouté selon cette source : ), « Ceux qui jugeront Pétain », L'Est républicain, 22/23 juillet 1945.