Tametsi... (latin pour, même si...) est le titre du décret promulgué par le concile de Trente, en 1563, introduisant la nullité des mariages chrétiens ultérieurs qui n'auraient pas eu plusieurs témoins, dont au moins un prêtre catholique. La teneur du décret fut incorporée dans le code de droit canonique de 1917 et ainsi étendu à l'Église universelle. Tametsi... est le premier mot du chapitre 1 de la session du Concile de Trente.

Contexte La Tradition chrétienne, dans ses trois composantes a toujours reconnu (et reconnait encore aujourd’hui) que l’essence du mariage chrétien se trouve dans l’échange des promesses (les vœux de mariage) entre les époux, et leur consentement mutuel. Là se trouvait le sacrement de mariage. La présence de témoins était secondaire. La coutume faisait également que beaucoup de mariages étaient arrangés par les parents, contre le gré des futurs mariés. La validité du contrat de mariage des enfants, fait devant notaire par les parents, était reconnue par la coutume.

La multiplication de mariages « clandestins », c’est-à-dire d’échanges de consentement sans qu’aucun témoin ne puisse juger de la liberté personnelle d’engagement des partenaires, suivis plus tard de rupture, sous prétexte qu’aucun mariage n’avait réellement eu lieu, oblige l’Église à intervenir car, dans la grande majorité des cas, les femmes (avec leurs enfants) étaient victimes d’une grave injustice. C’est pour mettre fin à cet abus que les pères conciliaires interviennent. Ce décret est le seul décret du concile de Trente qui concerne directement la vie des laïcs dans l’Église.

Contenu du décret Le décret impose que, pour être valide, un mariage (l’échange des « vœux ») devait avoir été célébré devant un minimum de deux témoins et en présence du curé d'un des conjoints, ou tout autre prêtre autorisé.

Il impose de manière stricte le consentement des deux partenaires et stipule que l'accord des parents n'est pas nécessaire à la validité du mariage. En fait, par la présence obligatoire de témoins (dont le témoin privilégié qu’est le prêtre) le mariage chrétien devient ‘public’. Tametsi signe la fin (ou le début de la fin) du mariage arrangé par les parents, en Occident. À une époque où le consentement personnel n’allait pas de soi, l’Église a été émancipatrice pour les jeunes mariés, et libératrice pour les femmes.

Texte (latin et français)

Application, mise en œuvre et fin La norme du décret Tametsi ne s'appliquait que là où le Concile avait été reçu. L’ordonnance de Blois (), enregistrée au Parlement le marque l'adoption du décret Tametsi en France mais en modifie la teneur : conformément à la coutume de France, le consentement des parents est maintenu pour la légalité du mariage. L'esprit émancipateur de l'Église catholique se fond dans la lettre conservatrice de la coutume de France.

Il est remplacé en 1907, par Ne Temere, qui en modifie légèrement les provisions.

Le code de droit canonique de 1983 précise néanmoins qu'il est possible de se marier sans prêtre dans certaines circonstancesCode de droit canonique de 1983, voir Can. 1116, notamment en cas d'impossibilité prévisible d'obtenir l'assistance d'un prêtre sous un délai de un mois, ou en cas de danger de mort imminent.

Références

Voir aussi Articles connexes Mariage, Mariage religieux, Mariage chrétien Mariage à la gaumine

Liens externes Extraits de Tametsi dans le Denzinger

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