Jean Lescoffier est un professeur de lettres français, né le Acte de naissance 8 de la vue 6 de 31 de Nicolas-Jean-Baptiste Lescoffier du registre d'état civil des naissances, mariages et décès de 1875-1877, coté 4E259/5-42618 de la commune de Jorxey L'acte a été rédigé le 28 mai 1875 et il est né ce jour. Avec mention marginale de la date et du lieu de son décès le 15 décembre 1947 à Vanves (Seine), en ligne sur le site des archives départementales des Vosges. à Jorxey, † le à Vanves. Ce certifié et agrégé de littérature française, par reconversion après 1904 chercheur spécialisé dans les lettres nordiques, a été un correspondant et organisateur des relations avec le monde scandinave, un traducteur des langues danoises et norvégiennes, en particulier un animateur des échanges associatifs entre la France et la Norvège, premier élu parmi d'autres pays nordiques.
Biographie Jean-Baptiste, ainsi que le nommait ses intimes, constamment fatigué par ses multiples activités dès 1946, est insensiblement tombé gravement malade l'année suivante, disparaissant brutalement le . Sa première esquisse biographique a été rédigée quelques semaines après sa disparition par sa sœur, Madame Lecoanet, qui l'a déposée à la permanence de la société philomatique vosgienne, tenue alors par l'accueillant bénévole Fernand Baldensperger, en villégiature à Saint-Dié après son retour d'AmériqueFernand Baldensperger, Bulletin de la société philomatique vosgienne, Notes de Madame Lecoanet citées.. Ce dernier professeur, apprenant de vive voix le décès de son confrère que la presse locale, à l'image de l'indifférence nationale, n'avait point relayé, n'a pas manqué de faire paraître dans le bulletin de ladite société, sous sa plume alerte, un article nécrologique, sans cacher les faits saillants de cette esquisse, qui a servi de canevas à sa nécrologie comme à cette présentation.
La famille Lescoffier est originaire des contrées d'Aouze et de Vicherey, et peut-être de manière plus lointaine de Bourgogne et de la région lyonnaise.
Né dans un village de la plaine des Vosges où Nicolas, son père, instituteur dirige l'école communale, Marie Jean Baptiste Lescoffier effectue de brillantes études secondaires au collège d’ÉpinalSes prénoms usuels sont Jean-Baptiste, complété en premier par Marie ou Nicolas, en référence respective à sa mère (registre de paroisse) et à son père (état civil). Selon la base Roglo, Nicolas Lescoffier né le 1er juin 1846 à Aouze, fils de Nicolas Lescoffier et Marguerite Lefebvre, a épousé à La Voivre le 12 novembre 1873 Marie Petitnicolas (1850-1913). En avril 1869, la filature de Poutay a engagé un instituteur breveté à 720 F, le payant 60 F par mois, pour enseigner aux enfants travaillant comme petits ouvriers et petites ouvrières, en accord avec la commune de Plaine dans le département des Vosges. Comme le traitement a été réduit de moitié, à la suite de la guerre de 70 et de l'occupation allemande entravant le bon fonctionnement de l'usine, le conseil municipal de Plaine a versé l'autre moitié restante à l'instituteur lésé, Monsieur Lescoffier, le 19 avril 1871. Gérard et Marie-Thérèse Fischer, L'Ancien ban de Plaine au fil du temps, Imprimerie Gyss, Obernai, 1979, 160 pages avec table de matières, en particulier p. 108. L'instituteur Nicolas Lescoffier obtient ensuite divers postes dans les Vosges, il est instituteur à Lépanges-sur-Vologne en 1896. En fin de carrière, l'instituteur itinérant acquiert une maison de la famille de son épouse, au Villé, en surplomb de la vieille route qui mène de La Voivre à Saint-Dié.. Le bachelier obtient une licence de lettres classiques à Nancy, puis poursuit ses études à Paris où il achève ses études supérieures par une agrégation de lettres obtenue à l’âge de 24 ans en 1899. Il effectue son service militaire de 1896 à 1897 au 79e régiment d'infanterieArchives départementales des Vosges, 1R1454-114063, fiche matricule ..
Il est nommé professeur de lettres au lycée de Bar-le-Duc. En 1904, il poursuit sa carrière professorale au lycée de Bourges. Il sera ensuite nommé au lycée Malherbe à Caen de 1906. à 1913, afin de rejoindre le lycée Michelet à Vanves, près de Paris, où il termine sa carrière en prenant sa retraite de l'enseignement en 1937.
Il épouse à Bar-le-Duc la belle-sœur d'un collègue de lycée à la fois professeur de philosophie et musicologue Paul Landormy. Sa jeune épouse l'initie à la musique et au chant, il découvre déjà la musique de Grieg et les fabuleuses musiques populaires du Nord, qui font redécouvrir la nature aux mélomanes français depuis 1890.
Mais le tournant de sa vie se passe au cours d'un voyage vers l'Europe scandinave en été 1903. Embarqué vers le Danemark et la Norvège, il découvre de manière inattendue un paysage, un peuple scrupuleux et réservé, et une littérature nordique aux multiples richesses. Enchanté par la découverte concrète de ce monde, il retrouve sa fascination de jeunesse pour les dramaturges du Nord, en particulier le débat norvégien incessant entre Henrik Ibsen et Bjørnstjerne Bjørnson à coup de grandes pièces de théâtreJean avait compris que la pièce d'Ibsen Un ennemi du peuple était une attaque violente contre la conception théâtrale et artistique masquée de Bjørnson, coup lui-même masqué portée au moment même où l'auteur Bjørnson traversait de grandes difficultés. En art, tous les coups sont permis.. Il décide de consacrer une thèse au secondIl faut signaler l'abondance des études sur Ibsen et Hans E. Kinck, qui forme avec Bjørnson le palmarès de ses coups de cœur littéraire..
Il s'efforce dès 1904 d'obtenir une bourse d'études, pour étudier la langue danoise et norvégienne et aller à la rencontre des littératures nordiques. Mais il est débouté par des universités et des institutions de recherches française, qui considèrent ce sujet d'étude comme superflu. Il rend visite à un professeur de lettres de l'université de Lyon, Fernand Baldensperger, un soir d'été dans sa propriété au centre de la ville de Saint-Dié en 1904Baldensperger, conseillé et aiguillé par un ancien universitaire lyonnais monté à Paris le professeur Ferdinand Brunot, obtient la première chaire de littérature comparée en 1910 à l'université de la Sorbonne.. Il n'ignore pas que ce germaniste, chantre de la littérature comparée, par ailleurs bon connaisseur de la péninsule danoise et des îles des détroits, car il y a séjourné avec son épouse Marguerite et ses enfants, pendant quelques paisibles vacances estivales, ne peut qu'être sensible à ses arguments concernant l'oubli alarmant de la littérature dano-norvégienneAprès 1920, il pourra séjourner chez son père qui a acquis une maison au Villé, hameau de Saint-Dié, pour y demeurer après sa retraite. Il rendra souvent visite à son mentor en recherche, et au bel observatoire sur la nuit étoilé qu'il possède au lieu-dit « Les Alouettes » au-dessus de Foucharupt. Fernand Baldensperger le décrit alors comme un jeune officier de réserve, franc et martial, plein de bonnes préoccupations démocratiques et formé par nature à un salubre réalisme littéraire.. Il obtient par cette entremise judicieuse vers Ferdinand Brunot l'ouverture d'un droit à une modeste bourse d'état de la Sorbonne et la possibilité d'étudier un an à Copenhague puis à Christiana.
L'étudiant tardif qui se perfectionne en langues nordiques, en danois classique et en dano-norvégien, en début de thèse, est accueilli par Georg Brandes et Kr Nyrop à Copenhague. Il devient vite un familier puis un ami de Christen Collin et Lorentz Eckhoff, ses quasi-voisins de Christiana. peut rendre visite au sujet de son étude Bjørnstjerne Bjørnson dans sa propriété d'Aulestad en 1904/1905. Ses relations avec la famille Bjørnson sont tellement intenses qu'il deviendra l'ami du couple Sautreau, Georges Sautreau et son épouse Dagny Bjørnson, propre fille du dramaturge, qui résident habituellement à ParisL'homme de lettres Georges Sautreau (1875–1952) a le même âge que Jean..
Mobilisé en 1914, l'officier de réserve Lescoffier part au front. Il est blessé le à Tahure par une balle au poumon droit et rentre à Vanves. L'armée décide de mieux utiliser ses compétences en l'envoyant en mission officielle en 1916, en tant qu'attaché militaire, auprès de la légation de France en Norvège. Il rejoint le ministre en exercice Abel ChevalleyL'épouse du ministre ambassadeur, fille du publiciste anonyme et collaborateur caché du journal Le Temps des années 1880 et 1890, Auguste Sabatier, est férue de chant et de musique.. En 1916, il accueille Fernand Baldensperger, avec bienveillance, à Christiana qui accomplit en Norvège une mission diplomatique.
L'ordre est d'assurer la vie pacifique d'un pays neutre et bienveillant, et d'éviter une mainmise allemande sur les ressources techniques stratégiques de l'azote de synthèse de NotoddenLes chimistes du camp allié, et plus encore les hommes politiques français, semblent ignorer en grande partie l'usage massif du procédé Haber-Bosch dans la chimie de guerre allemande, en totale pénurie de nitrates du fait du blocus maritime de la Royal Navy ou marine britannique..
Alors qu’il est encore en poste à Christiania de 1916 à , il aide à la constitution de la section norvégienne du lycée Pierre-Corneille à Rouen.
De retour en France, il retrouve son poste de professeur de lettres classiques au lycée de Vanves et continue les recherches sur sa thèse. Il garde un grand nombre de liens avec la Norvège, d'abord par la vie associative et son réseau d'amitiés dano-norvégiennes.
Jean se charge à partir de 1919 du secrétariat général de l’Association franco-norvégienne. Il lui faut développer des liens culturels entre les deux nations et ne pas se contenter de quelques initiatives éparses. Il joue un rôle d'organisateur et d'interprète. Il organise ainsi la réception des jeunes boursiers norvégiens au lycée Corneille à Rouen de 1920 à 1939.
Mais, tout en continuant inlassablement ses lectures d'ouvrages sur la Norvège et les lettres nordiques, lectures conduisant parfois à des traductions pour ses proches, il est aussi un actif correspondant de presse à l'occasion. Il communique avec le journal norvégien Tidens Tegn. De 1925 à 1940, il livre des chroniques sur ses thèmes de prédilection au Mercure de France. Il s'efforce de corriger souvent les informations erronées des écrits romancés ou feuilletonnées ou des reportages à courtes vues qui parviennent souvent des pays nordiques.
Il est un ami proche de Johan Bojer, grand admirateur de l'œuvre de l'écrivain Maupassant. Il collabore à la revue Atlantis. En 1929, à la demande du rédacteur en chef Fernand Baldensperger, il fournit un article à la Revue de littérature comparée. Il y passe en revue la vie francophile du Nord, et l'influence lointaine et mystérieusement préservée de la littérature française, qui reste fondée sur les apports de Balzac et Victor Hugo.
Il effectue de nombreux voyages en Norvège durant l'entre-deux-guerres, et en particulier de 1929 à 1931 pour terminer ses deux travaux de thèse, en consultant les archives et en concluant par des enquêtes de terrain minutieuses.
Il obtient son docteur es lettres en 1932, après avoir soutenu sa thèse sur l'œuvre de Bjørnstjerne Bjørnson en Sorbonne. Il a choisi l'aboutissement de l'épopée du romantisme nationale, la fin du grundtvigianisme et la montée du réalisme des années 1860 et 1870, en privilégiant dix années de la vie de Bjørnstjerne Bjørnson de 1868 à 1878 qui voient l'affranchissement intellectuel norvégien vis-à-vis du Danemark et l'amorce de l'indépendance politique de l'état norvégien vis-à-vis de la SuèdeLe savant pasteur Nikolai Frederik Severin Grundtvig est l'inspirateur d'un courant d'éducation populaire nordique. Le programme européen Grundtvig en est un lointain héritier.. L'ensemble de sa thèse, en deux parties, reçoit le prix Bordin de l'Académie Française en 1934Prix Bordin de l'Académie française, au montant de 500 F..